‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 124 sur 161 · NICOLAS · texte numérisé non relu

NICOLAS

1470. Nicolas , né de Jean , duc de Lorraine , et de Marie de Bourbon, Tan i44*S hérita de son père* du duché de Lorraine avec celui de Bar , ét les droits qu'il avait sur d'autres états. Il arriva de Paris, le Ier. août itoi , à Nanci, où il fit son entrée XIII. Sa

4lO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

solennelle. L'an 1472 , il se ligue avec Charles, duc de Bourgogne, contre le roi Louis XI, dont il avait à se plaindre, parce que , ftute de secours , il lui avait fait manquer la couronne d'Aragon. H fut de toutes les expéditions de Charles, durant cet;e année , en Picardie , çn Champagne et en Normandie. Mais, Tan i4?3, trois jours de maladie l'enlèvent à Nanci, le 24 juillet, et non le 12 août , comme quelques uns le prétendent. Son corps fut inhumé à Saint-Georges de la même ville , au milieu des larmes et des sanglots de ses sujets, dont il avait captivé les cœurs par ses grandes qualités^Il n'était pas encore marié. Anne , fille de Louis XI , lui avait'été promise dès le berceau , et il en avait touché deux fois la dot ; mais les sujets de mécontentement que lui donna dans la suite le monarque français, le firent renoncer à celte alliance. Le duc de Bourgogne ne contribua pas peu à l'en détacher , en lui promettant sa fillev C'était un leurre que Charles lui présentait, comme à tous les princes qu'il voulait attacher à son parti. Après l'avoir amusé pendant un an , le duc de Bourgogne relira sa parole , et révoqua l'engagement qu'il avait donné par écrit.

YOLANDE et RENÉ II.

i473. René II, (ils de Ferri II , comte de Vaudemont, et d'Yolande d'Anjou, fille de René 1, succéda, l'an i4y3,au duc Nicolas, à l'âge de vingt-deux ans , par la cession que sa mère lui fit de ses droits , sous la réserve de l'usufruit durant sa vie. C'est ainsi , dit M. l'abbé Garnier , que le duché de Lorraine , qui était tombé par un mariage dans la maison d'Anjou, rentra par un autre mariage dans la maison de Lorraine. René prit possession de la Lorraine le 4 août i4^3. Presque aussitôt Charles, duc de Bourgogne, qui ambitionnait cette principauté, fit enlever le jeune duc avec sa mère à Joinville. La duchesse implora le secours de Louis XI , et ne le fit pas en vain. Ce monarque envoya promptement une armée sur les frontières de la Lorraine , et par-la fit échouer les desseins ambitieux du duc de Bourgogne. René fut relâché , mais ce ne fut qu'après avoir été contraint de faire une alliance offensive et défensive avec le duc de Bourgogne contre le roi de France. Le ressentiment remporta bientôt sur cet engagement forcé. René se ligua, l'année suivante, avec Louis XI et l'empereur Frédéric 111 , contre le duc de Bourgogne , et lui déclara la guerre. L'an i475 ♦ Charles entre parle Luxembourg dans la Lorraioe avec une armée formidable , prend toutes les villes sur la route, et) le a5 octobre , met le siège devant Nanci , qu'il force , le

uigmze

DSS DUCS DE LORRAINE. 4ll

*7 novembre, à se rendre. Après y avoir tenu les états comme souverain, il en part , le 1 1 janvier 1476 , et marche en Suisse où il est battu , le 3 mars , à la journée de dranson, si funeste aux Bourguignons. René , à la nouvelle de cet événement 9 quitte Lyon , où il élait auprès de Louis XI , traverse la Lorraine avec un corps de troupes , et va se mettre à la tête des Suisses. Le 22 juin , il gagne sur le duc de Bourgogne la bataille de Morat. Dès que cette victoire fut annoncée en Lorraine , les villes à 1 envi chassèrent les garnisons bourguignonnes. René , à son retour , fut néanmoins obligé de faire le siège de Nanci , et n'y entra , le 5 octobre , que par capitulation. Le duc de Bourgogne, malgré sa défaite , revint presque aussitôt en Lorraine. Dès le a5 du même mois, il arrive devant Nanci, dont il fait de nouveau le siège. René, a son approche , en était parti pour aller solliciter du secours en Suisse. Il en ramena une bonne armée , avec laquelle il livra , sous les murs de sa capitale, le 5 janvier 1477 * cette furieuse bataille où son terrible rival perdit la vie. René , depuis ce tems , demeura paisible possesseur de ses états. On remarque qu'aux obsèques de Charles , René parut avec une barbe d'or f à la manière des anciens preux. 11 fit ensuite élever une croix à l'endroit où le duc de Bourgogne avait été tué* On y lit encore aujourd'hui celte inscription ( 1785) :

Ici l'an de l'Incarnation

Mil quatre cent septante-six (v. st.),*

Veille de l'apparition ,

Fut le duc de Bourgogne occis ,

Et en bataille ici transis;

Une croix fut mise pour mémoire,

René , duc des Lorraines , merci / Rendant à Dieu pour sa victoire. ,

Les corps des ennemis restés sur le champ de bataille furent enterrés dans une chapelle faite exprès par les ordres de René, sous le titre de chapelle des Bourguignons. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui Noire-Dame de Bon-Secours , monastère de minimes. ( Abrêg. de VHist de Lorr. ) René perdit , Tan 1482 , Yolande , sa m^re , décédée le ai février à Nanci, d'où il la fit transporter à Joinville, pour être inhumée auprès de son époux. La même année , il alla au secours des Vénitiens contre le duc de Ferrare , battit les Ferrarois devant Adria , et revint en Lorraine. L'an i4^4» il réclama aux états de Tours le comlé de Provence et le duché de Bar, dont le feu roi Louis XI s était emparé. Mais sur le premier article, il fut reconnu que le comté de Provence devait rester a la France en vertu du les-

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tament de Charles d'Anjou , fait en faveur de Louis XI. À l'égard du duché de Bar, le roi Charles VIII ne fit aucune difficulté de le lui rendre. L'an i486, la noblesse napolitaine, soulevée contre le roi Ferdinand , appela René II , duc de lorraine , offrant de se soumettre à lui. Le conseil devance, loin de s'opposer^ à la fortune de ce prince , lui fournit îles secours pour cette expédition. 11 part ; mais sur ce qu'on apprend qu'il trame des intrigues en Provence pour recouvrer ce comté , le roi lui retire ses bienfaits , et lui défend de songer à une conquête qu'il veut lui-même entreprendre. René , qui "n'était encore qu'à Lyon, s'en, retourne confus. Quoiqu'il eût perdu dès-lors toute espérance a la succession qu'il réclamait, il n'y renonça cependant pas. René continua de porter les titres de roi de Sicile et de comte de Provence , et les ducs de Lorraine, issus de lui, ont toujours écartelc de Jérusalem et de ^Sicile : mais ce ne fut qu'un vain titre. La même année, Charles VI II , par ses lettres-patentes du mois d'octobre, réunit, ou, pour mieux dire, annexe à perpétuité la Provence à sa couronne. Irrité de ce coup, le duc de Lorraine se jette dans le parti des princes français contre la cour. Il mourut d'apoplexie à Fains, près de Bar-le-Duc, le 10 décembre iSotf, , à l'âge de cinquante-sept ans, et 'fut enterré aux Cordeliers de Nanci. René avait épousé en premières noces, l'an 1 4? 1 > Jeanne d'Harcourt, morte en novembre i£H&, dont il se sépara , l'an i4$5 , pour cause de stérilité. M. le président Hénaut reproche à René d'avoir engagé Jeanne d'Harcourt, avant de la répudier , à lui faire donation de tous les biens Je la branche de Tancarville dont elle était hérit-ère. C'est une accusation qui n'a pas l'ombre de vraisemblance , quoique tirée de la harangue de la Renaudie aux conjurés d'Amboise, telle que la rapporte M. de Thou dans le récit de cette conjuration. Il est en effet certain , par les monuments historiques du teras et les actes les plus authentiques , que Jeanne d'Harcourt , ta veille de sa mort , en 1488 , disposa par testament du comté de Tancarville et de tous les autres biens dont elle était héritière, en faveur de son cousin germain , François d'Orléans, comte de Longueville, dont la maison les a depuis constamment possédés jusqu'à son extinction. À la vérité , la maison de Lorraine a hérité des domaines considérables venant de la maison d'Harcourt , mais de la branche aînée : les uns à cause de l'alliance de Marie , fille de Guillaume VII , comte d'Harcourt, avec Antoine de Lorraine , comte de Vaudemont, aïeul du duc René II ; les autres à cause du mariage de René de Lorraine, marquis d'Elboeuf, avec une héritière de la maison de Rieux , dans laquelle ces biens étaient tombés aussi par alliance:

DES DUCS DE LORRAINE. fa'd

Triais jamais la maison de Lorraine n'a possédé aucun des biens de Jeanne d'Harcourt-Tancarville , première femme du duc IVené 11. Philippine de Gueldre, sa seconde femme , fille d'Adolfe d'iigraond , duc de Gneldre, qu'il épousa le icr. décembre 14.0*5 (morte le 26 février 1 547 1 ^ Pont-à Mousson , dans l'état de religieuse de Sainte-Claire, qu'elle avait embrassé Tan i5^o), lui donna, entr autres enfants , Antoine , oui suit *? Claude , comte , puis duc de Guise , tige des princes de Lorraine établis en Fiance; .lean, cardinal, célèbre sous le nom de cardinal de Lorraine. (Il fut ministre d'élat sous les rois François l et Henri II, et réunissait tant d'évêchés et cl 'abbayes sur sa tête , qu'on disait qu'il rassemblait dans lui seul un concile. Du reste, il était extrêmement libéral et aumônier. Etant à Rome un jour, il mit une poignée de pièces d'or dans la main d'un aveuele qui lui demandait l'aumône. Celui-ci , dans son étonnement, s'écria : O tu sei il Christo , o il cardinale de Lorrena : ou tu es le Christ , ou le cardinal de Lorraine. ) Il mourut en i55o. Les autres enfants de René et de Philippine , sont : Louis , comte de Vandemont t mort au voyage de Naples en i5a8; François, comte de Lambesc, tué, Tan 1 5a5 , à la bataille de Pavie. On supprime les enfants morts en b?is âge. Il est le premier duc de Lorraine qui ait orné son écusson des couronnes de Hongrie , Naples , Jérusalem et Aragon , comme bêtifier des prétentions d'Yolande , sa mère , à ces quatre royaumes.

ANTOINE, dit LE BON.

i5o8. Antoine, né à Bar, le 4 juin i4fy), succéda au duc René , son père, à l'âge de dix-n^uf ans. Il était à la cour de France , depuis l'an i5oi. Le 14 février 1609, il fit sou entrée solennelle à Nanci. S'élant ensuite rendu à l'armée du roi Louis Xll en Italie, il eut part à la victoire d'Agnadel, que ce prince remporta sur les Vénitiens , le 14 mai de la même année. L'an 1 5 1 5 , il épouse, le iSmai, dans le château d'Amboise, "Heure , bile de Gilbert de Bourbon , comte de Montpensier, en présence du roi François I , qui fit les frais de la noce. Entre les divertissements que ce monarque donna aux dames à cette occasion , on rapporte qu'il fit prendre dans la forêt un sanglier vif, et que l'ayant fait amener dans la cour du château , il en fit fermer toutes les avenues. L'anima) , agacé par des torches allumées de paille qu'on lui jelait des fenêtres, entre en fureur, va droit à la porte du grand escalier, et la pousse avec tant d'impétuosité, qu'elle s'ouvre. Ne trouvant plus de barrières, il monte les degrés, cl entre datis Tapparte-

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ment des dames. Le roi , qui n'avait alors que vingt et un ans , le voyant venir a lui , défend à ses officiers d'en approcher ; et s'étant détourne deux pas pour- éviter la première fougue de la bête, il la perce de part en part, de sorte que, renversée sans pouvoir se relever, elle mourut deux heures après. (Carreau , Hisl. manuscrite de Tour,) Le duc Antoine accompagna, la même année, le roi dans son expédition du Milanès. il combattit, suivant D. Cal met , avec une valeur extraordinaire , à la bataille de Marignan , gagnée par les Français, le i3 octobre (il fallait dire le i > et le 14 septembre , car elle dura deux jours). Le duc de Guise , son frère , y reçut vingt-deux blessures , dont aucune ne fut mortelle. Antoine, en i525, fit la guerre avec Claude , comte de Guise, son frère, aux paysans révoltes d'Alsace, connus sous le nom de Rustauds, qui menaçaient ses états, les défit a Loupstein et à Chenonville, les força d'évacuer Saverne dont ils s'étaient emparés, et revint à Nanci après les avoir dissipés. C'étaient des sectaires luthériens, anabaptistes, vaudois , qui séduisaient les peuples par le double appât de la liberté de religion et de l'affranchissement de la servitude féodale. (Voyez Claude de Lorraine, comte d'Aumale.) Après la mort de Charles d'Egmond , duc de Gueldre , il se présenta, l'an 1 538,» comme plus proche parent pour lui succéder; mais il fut rejeté. Il passa, le 26 août i54* , à Nuremberg, avec lè roi Ferdinand et le corps germanique, une transaction qui déclarait la Lorraine souveraineté libre et indépendante. I* duc Antoine joignait à la valeur la prudence et 1 amour de ses peuples. La position de la Lorraine ne lui permettant pas de prendre part aux démêlés de François I et de Charles Quint, ?l eut la dextérité de faire approuver aux deux monarques l'exacte neutralité où l'engageait la nécessité. Il ne sortit de son duché que pour travailler à les accorder , et peu s'en fallut qu'il n'y réussît. Le principal fruit qu'il recueillit de la tranquillité qu'il fit réçner en Lorraine , fut de pouvoir s'occuper du bonheur de ses sujets. 11 y réussit , et sa bienfaisance lui mérita le surnom de Mon , préférable à celui de conquérant. On ne peut exprimer le deuil où sa mort, arrivée à Bar-ie-Duc, le 14 juin i544* plongea la Lorraine : on eût dit qu'un ançe exterminateur eût frappé du même coup le père de chaque famille. Le spectacle attendrissant de cette désolation générale , fit impression sur les âmes les moins accessibles à la pitié. Les troupes de Charles- Quint traversaient alors la Lorraine et le Barrois pour se rendre au siège de Saint-Dizier. Le soldat , quoique dans ce tems-là aussi féroce que mal discipliné , en fut touché au point de respecter la douleur de ce peuple consterné : pour ne nomt ajouter de nouvelles peines à l'affliction publique, il n osait

DES DtJCS DE LORRAINE. 4>S

demander ce que dans d'autres tems il eût exigé avec rigueur. Le corps de cet excellent prince fut transporté aux Cordeliers de Nanci. Antoine laissa cj^e son épouse , morte en i53o, , François, qui suit; Nicolas, evêque de Verdun et de Metz , pois en i54$ , comte de Vaudemont, tige de la branche de Mercœur; et Anne, mariée à René de Cnâlons , prince d'Orange.

FRANÇOIS h

i544« François I, marquis de Pont-à-Mousson , né le i5 février 1S17 , élevé à la cour de François I , son parrain , et très-estimé de ce monarque, succéda, Tan i54* , au duc Antoine, son père. La même année, tandis que Charles-Quint assiégeait la ville de Saint- Dizier, il alla trouver ce monarque et le roi François I , pour les engager à faire la paix. Il avançait dans sa négociation lorsqu'il fut surpris d'une attaque d'apoplexie qui l'obligea de se faire transporter à Bar-le-Duc. H mourut, le 12 juin de l'année suivante , a Remiremont, fort regretté de ses sujets , qui fondaient de grandes espérances sur son règne. Ses entrailles restèrent à Remiremont, et son corps fut inhumé, le 18 août i545, aux Cordeliers de Nanci. 11 eut de Christine, fille de Christiern H , roi de Danemarck, et veuve de François-Marie Sforce , duc de Milan , qu'il avait épousée l'an 1 S40 , ou , selon Pontanus , l'année suivante , Charles t son successeur ; Renée , femme de Guillaume II , duc de Bavière , et Dorothée , mariée à Eric , duc de Brunswick. (D. Calmet.)

CHARLES II ou III , dit LE GRAND.

1S4B. Charles, né à Nanci, le 18 février i543, succéda au duc François, son père , sous la régence de Christine, sa mère , et du .prince Nicolas , son oncle. Henri II , roi de France, arrive, le 14 avril i55a, à Nanci, pour. s'assurer de la Lorraine contre l'empereur Charles-Quint. Dans cette vue, il dépouille de la régence la duchessee Christine, nièce de l'empereur, fait prêter serment au jeune duc, et l'emmène avec lui pour être élevé à sa cour. Charles revint, l'an i55(), en Lorraine, après le sacre du roi François II, auquel il avait assisté. Ce monarque , dont il avait épousé la sœur , les accom pagna jusqu'à Bar. Le duc Charles termina , l'an 1571 , avec le roi Charles IX , les difficultés qui concernaient le Barrois mouvant , par traité passé , le a5 janvier, à Boulogne- lez-Paris. Le monarque , par cet acte, confirme au duc la jouissance des droits régaliens sur cette partie du Barrois , se réservant néanmoins

4 1 G CHRONOLOGIE HlSTOaiQttr

^hommage et te ressdrt , à l'égard duouel tl^«t dit que les moindres causes seront portées par appel an bailliage de Sera, et -par suite à celui de thàlons , et les grandes immédiatement au parlement de Paris. Peu de tems après, le duc C.biriei réunit le comté de Bitche au duché de. Lorraine , sur le refus tjue Philippe le Jeune, comte de Hanau, Et de lui en rendre hommage. L'an iS^u., selon Df Calmet, ou t58o, suivant Baleicourt , le duc Charles fonde l'université de Pqnt-à-Mousson. Le célèbre Guillaume Bar klai, gentilhomme écossafs ét disciple de Cujas, fut choisi pour y enseigner le droit. Charles emrâ; l'an i588, au mois de mai , dans Ta ligne, pour venger la flwrt du duc de Guise. 11 reprit, l'an i'5g3, au milieu cfurt rigoureux hiver, Stenai , Dun et Beaumont, que le duc de Bonillon lui avait enlevés ; et l'année suivante, il conclut, le3t juillet , par l'entremise de Bassompierre , un traité de paix avec le roi Henri IV, se réservant , parle second article, ses prétentions sur le duché d'Anjou , le comté de Provence et la terre de Louri. Il érigea, l'an 1601 , une église prîmâtiale à Nanci j après avoir inutilement essayé d'y établir un éveché. ïl mourut en cette ville, le i4 mai 1608, dans la 65*. année dp son ;\gc, et fut enterré aux Cordeliers de Nanci. Ce prince eut de Claude , fille du roi Henri 11 , qu'il avait épousée le iS février iS5f) (n. st.) , Henri, qui suit; Charles , cardinal de Lorraine, évêque de Strasbourg, mort le 24 novembre 1607, et enterré dans la primatiale de Nanci; François, comte de Vauderaont, Christine, mariée à Ferdinand, grand-duc de Toscane; Antoinette , femme de Jean-Guillaume , duc de Juliers et de Clèvcs; Elisabeth, mariée à Maximilien , duc de Bavière. Don Calmet fait un portrait magnifique du duc Charles le Grand. La Lorraine, en efie^ , lui doit beaucoup. Il réforma sa coutume , lit des ordonnances très-sages pour l'utilité publique, favorisa les arts et les sciences , forma lui-même ses soldats, chérit son peuple, auquel il donnait audience six heures par jour, et respecta les privilèges de la noblesse. Voici un trait d'équité que l'histoire ne doit pas omettre. 11 avait fixé en 1 5y3 , l'intérêt de l'argent à sept pour cent. Ses ministres, dans la .suite , le voyant accablé de dettes, lui conseillèrent de réduire cet intérêt à cinq pour cent. Le duc , sur les représentations du marquis de Beauvau , rejeta cet expédient , persuadé <juc les conventions étant des chaînes respectables qui lient les souverains.comme les autres hommes, il ne popvait se dispenser de remplir à la lettre les engagements contractés avec ses créanciers; que de réduire les intérêts de leurs contrats, ce serait abuser de leur bonne foi et anéantir la confiance entre le prince et les particuliers. Son économie lui fournit une meilleure

ÉES DtJCS B£ LORRAINE. $i>f

ressource, 40 moyen de laquelle il vint à front aè liquider ses dettes. C'est à ce prince que la Lorraine est redevable des traité* ^pi règlent tes limites et les prétentions de tous ses voisins k Soit

HENRI II, wt LE BON»

r€o8. HeîîRï ft, né le so novembre i563, ou le* 8 de c* ris, suivant Baleicourt et le père Benoît ■, appelé le doc de Bar du vivant de Charles, son père , loi succéda au (taché d# Lorraine» IL signala ses premières armes par la poursuite et la? défaite des troupes allemandes qoi étaient restées en Lorrain» et en France poor le secours des Protestants. L'an 1021 , il< marrie à Charles, son* îveveo, Nicole, sa Bile aînée, après avoir? fait insérer dans le contrat de mariage , que le duché , faut» d'enfants mâles , appartenait à cette princesse. Charles et son frère protestent en secret contre cette clause , prétendant que la Lorraine leur était dévolue de plein droit après la mort de Henri, comme fief masculin. L'an 16249 Henri meurt à Nanci ^ le 3i juillet. Son corps fut enterré dans l'église de Saint-Georges* d'où il fut transporté t en 1723, avec celui de sa femme, aux Cordelière* Il avait épousé en premières noces , le 29 ou le 3i janvier 1699, Catherine de Bourbon, sœur du roi Henri IV^ sélée protestante (1) , qui mourut sans enfants , fe i3 février 1604 , à L'âge de quarante-cinq ans. Cette princesse , petite et boiteuse, était fort spirituelle. On sait le bon mot qu'elle dit à laVarenner qui, de son cuisinier , était devenu le favori de Henri IV, et un homme très-opulent en servant les amours de ce prince , X»a V arenne f lui dit-elle, tu as plus gagné à porterie? poulets de mont frère% qu 'à piquer les miens (2). Llle avait d'abord été

(1) Le duc son mari faisait tenir devant elle des conférences par des théologiens catholiques , à dessein de la convertir. Elle s'ea moquait, et manda un jour à du Plessis-Mornai qu'elle irait à* la messe quand il serait pape. C'est ce qui a fait dire à Henri IV, qui connaissait i'obstinatiotf de sa sœtft- : Les Lorrains se content d'être la causé que paye été à la messe : je m 'en trouve bien. En donnant ma s*ur au due do Zorraïne, elle l9s fera peut-être aller au prêche , et je ne sais comment its s en trcravertmt

(2) Le toi voyant un jour le fils de la Varenne accompagné d'un homme d'un certain âge, demanda au père quel était cet homme. d'est , dît la Varenne, un gentilhomme qué j'ai donné a mon fils. — Tu) te trompes, lui dit le roi, ta peux diré un gentilhomme auquel td as donné ton fils,

* Après la mort dPHenri IV, la Varenne s'éfent retiré au collège de 1* Flèche , qu'il avait procuré aux Jésuites, s'y exerçait souvCntli tirer a* XIII. 5*

promise par ce monarque* n'étant encore' que roi de Navarre} à Charles de Bourbon t comte de. Soissons : mais an moment qu'on croyait qu'il allait les unir , il rétracta sa promesse sur des préventions qu'on lui inspira contre ce jeune prince» Plusieurs prétendent. qu'il ne voulait point marier sa sœur , et que, dans les conjonctures embarassantes où il se trouvait , il la regardait politiquement comme un appât qu'il présentait , tantôt à va prince, tantôt à un autre , pour les attirer ou les engager plus fortement dans ses intérêts. Il est certain que cette, princesse disait qnelqucfois en plaisantant que son frère V aimait §ijçfi§ qu i/ ne voulait point se défaire d'elle. Le duc Henri prit en secondes noces , Tan 1606 1 M AROUEfiïTK. VtàifoW&Whfi M§ de Vincent 1 , duc de Manloue , qui lui donna deux filles ,.ÎJf cole , dont on vient de parler, et Claude , mariée au priact Nicolas-François , qui viendra ci-après, ... j > : , , . 3 , : 9 v& £,,CL

, ,i; FRANÇOIS) Ifr ^ uhr.aa f«*tûyii -»J H

16^4. François, fils puîné du duc CKkrîës II - ïi février 1572, comte de Vaudemont , se fit reconnaître duc Lorraine après la mort de Henri If , son frère. Mâts , au bout de quelques mois, il abdiqua en faveur de son fils Charles , qui suit (le 26 novembre). Ce prince mourut en i63a , laissant (Je Christine , fille unique de Paul , comte dé Salm, qu'il avait épousée, le 12 mars i5gi , Charles, dont on vient de parler; J^icolas-François, qui suit; Henriette , femme , i*. du prince de Phatahourg, de Charles de Guasco , 3°. dé Christophe de Moura, 4^. de François Grimai Ji ; et Marguerite, mariée en i63i, à Gaston de France, duc d'Orléans, morte en i6^x. Le duc François 11 , pendant le^peu de tems qu'il régna , Sut si bien profiter de son pouvoir, qu'il vint à Lout cTacqiiitler le* dettes que son frère lui avait laissées. On voit encore des monnaies de lui qui ont pour légende : Benè numerat qui nihâ Met. M ' s " ( ■ ,'1 u

rr CHARLES III ou IV, et NICOLAS-FRANÇOIS,

*6a4« Charles, fils de François, comte de Vaudemont* frère du duc Henri II et de Christine de Salin* né le 5* âvnl

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.ilesse , la fièvre le saisit, et il mourut au bout de trois jours . qu'on put lui persuader que c'était un oiseau domestique échappé dfc chez quelque vobin , où il avait appris à parler ainsi. IL

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Sçn DES DUCS DE LORRAINE. m ^ ?, 4l9

1604 , prit possession de la Lorraine , avec la duchesse Nicole, sa femme , après l'abdication du duc François , son père. L'an i63i , Gaston, frère de Louis XIII, arrive pour la seconde fois au mois de mars en Lorraine (il y était déjà venu en 1629), et épouse à Nanci, le 3 janvier de l'an i632, Marguerite, sœur de Charles. Le roi Louis XIII, s'étant transporté à Metz avec sa cour , s'empare de Vie, et fait assiéger Moyenvie , qui se rend au bout de quinze jours. Le duc de Lorraine vient à Metz pour traiter avec le roi. Les conditions que le monarque exigea de lui , furent qu'il renoncerait à toutes les alliances qu'il avait contractées avec les ennemis de la France, qu'il n'en ferait aucune désormais sans le consentement du roi , qu'il ne permettrait aucune levée de gens de guerre dans ses états contre le service de sa majesté , et qu'il lui livrerait Marsal pour trois ans. Charles se soumet à ces conditions; et le traité , conclu à Metz le 1 1 décembre , est signé à Vie le 6 janvier suivant. Charles fait avec le roi, le 26 juin, un nouveau traité à Liverdun ; mais presque aussitôt il le viole , en faisant passer des troupes en Allemagne au secours des Impériaux. La guerre, après cela, ne tarda jpas à lui être déclarée par la France. Elfe fut courte. Nanci, assiégé par le roi, lui ouvre ses portes le 24 septembre 1600, par traité fait à Neufville , entre ce monarque et le duc. Le roi fait dire au fameux graveur Callot, né sujet du duc, de graver ce siège. Je me couperais plutôt lé pouce , répond ce généreux citoyen. Louis XI II le loue de son affection pour son princé. L'an i634 y Charles fait, le 19 janvier , la démission de ses états en faveur du cardinaj Nicolas-François, son frère, puis se retire avec son armée en Allemagne. Le nouveau duc épouse , à Lunéville , Claude, sa belle-sœur et sa cousine, fille d a duc Henri II et sœur de la duchesse Nicole. Le maréchal de la Force , averti de ce mariage qui contrariait les vues du cardinal de Richelieu, investit Lunéville, et s'assure des deux époux qu'il fait conduire avec la princesse de Phalzbourg, sœur de Charles , à Nanci , où ils sont gardés à vue. lis trouvent cependant moyen de s'échapper le Ier avril , déguisés, le duc François en paysan, la duchesse Claude et la prit cesse de Phalzbourg en pauvres femmes, portant une hotte chacune sur le dos. Ayant trouvé des chevaux à une demi-lieue de Nanci, ils se rendent auprès du duc Charles à Besançon, De là, François et son épouse se retirent à Florence, auprès de la grande duchesse , leur tante. Charles en même tems val se joindre à Ferdinand, roi de Hongrie, occupé contre les Suédois. 11 commande en chef les troupes de la ligue catholique, et gagne, le 6 septembre 9 la bataille de Nortlîngua

(2d CHRONOLOGIE HISTORTQUÇ

Contre Weiraar. L'an i635 , il rentre en Lorraine , où il faif des progrès qui attirent Louis XIII en personne dans ce pays. H passe, l'an i636* à Bruxelles, d'où il .est «nvofé coritreJk prince d« Condé qui assiégeait D6le. Coudé, je x6 août, lève Je siège à l'arrivée du duc. Charles ne fut pas également heureux au siège de Sain t-Jean-de- Losnc , qu'il entreprit sur ia fin du mois suivant avec le rom te de Galas. Cette mauvaise place, où Rantssau s'était jeté peur la Je tendre , fit une résistance si vigoureuse , que les deux généraux , après ta >ssaut où ils» perdirent beaucoup de monde t furent obligé le 3 novembre, de se retirer. Charles bat , Pan i63£, le duc de Longueville près de Poligéw Lan i6<+o , il faitde* prodiges de valeur pour forceriez Français à lever le siège d'Axras; il emporte le fort de Baoizau , qu'il est obligé eor suite d'abandonner faute de secours de la part des Espagnols. Op lui demandait depuis, qui l'avait soutea» dans cette occasion périlleuse. La terre ♦ répond itr- il. LW tf>49 » il A&ivtt la ville de Cambrai, as^égee par -la Français, il arrive i Paris, le a juin iGôaiv, pour se joindre aux princes soi* levés contre la cou*. Le 6 du mémo mois >, il signe u« accommodement avec la rerne^ par lequel ses «tata lui sont rendus à certaines conditions. 11 paact pour s'y rendre ; mais sur le refus que la garnison française rte>Bar4e-Dwo * lui en ouvrir les portes, îl reprend la route de Flandre. 3U , il renoue ses liaisons avec U fronde et l'Espagne , et revient à Paris le 6 septembre suivant* Il en sort , le â5 octobre , pour se retirer aux Pays-Bas,, et prend Verviai sur sa route* L'an 1 654, il est arrêté, le af3 février, è Bruxelles par le comte de Fuensaldagne , avec lequel il s'était brouillé. ( Desespéré de cet af&onu, il icrit au comte de Ligneville, qui commandait son année, ua billet caché dans un pain. Ce billet finissait par ces mots : Quittez promptema^ L s Espagnol*., tuez tout , brûlez tout; et souoexez vous dé Chark* Je Lorraine. ) , Le» duc est conduit à Anvers, et de-là à Tolède , où il demeura prisonnier l'espace fie cinq ans. U duc François , son frère , continuait cependant de servir i'Es-

Sagne en Flandre. Le iÔ décembre i655, il passe au service e la France avec ses troupes. ~

Charles obtient son élargissement l'an i65g, et se trouve aux conférences pour la paix des Pyrénées. A son arrivée, on avait déjà réglé son article. La Lorraine lui était rendue 9 et le Barrois demeurait à la France. L'an 16&1 , le aô janvier, il obtient du cardinal de Mazarin la restitution du Barrois. 11 part alors pour ses états , et arrive. à Bar le 14 avril. Séduit far les insinuations 4u mai ijuis de Xionne, qui lui avait «#>

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»iré des défiances contre le prince Charles son neveu , il cède à la F rance ses états, après sa mort, par traité signé , le (J février ï66a , à Montmartre. Cette étonnante cession avait pour mudit ion que les princes lorrains seraient déclarés habiles à suc-r céder à la couronne au défaut des princes de Bourbon. Le prince Charles, neveu du duc, fait ses protestations contre ce traité le 7 mars , et passe en Allemagne.

Louis XIV ayant fait demander Marsal au duc Charles , sur le refus qu'il fait de s'en dessaisir* se rend à Met z Tan |J663 , pouf aller de- là faire le siège de la place , déjà investie par ses troupes* Charles vient le trouver, et s'oblige à livrer Marsal dans trois Jours, par un «traité signé le 3i août. La place fut en effet livrée, mais Charles n'en demeura pas moins ennemi de la France. Le roi, Tan 1&70, instruit des mouvements qu'il se donnait pour rompre la paix, envoie M. de Créqui à la téle de vingt-cinq mille hommes pour s'emparer de la Lorraine. Charles se retire a Cologne. Il propose , l'an 1670 , et fait conclure une alliance entre I empereur, l'Espagne et la Hollande , contre la France. L'an 1674 , il commande , avec le comte Caprara , l'armée des coq fédérés à la bataille de Sintzeim, donnée le 16 juin. Le champ de bataille resta aux Français , commandés par M. de Tin enne, mais tout couvert de. leurs morts , suivant les partit* sans des alliés. L'an 1676, Charles et le duo de Lunebourg ayant mis le siège devant Trêves, le maréchal (k Créqui vient au secours de la place* Battu, le 11. août, à Consarbrick par les Allemands et Les Lorrains , commandés par les ducs de Brunswick, de Zejl et de Jiolstein le général Chauve! , il va se •renfermer dans: Trêves. Charles étant venu l'assiéger dans cette place, le fait prisonnier ie 6 septembre, et l'envoie à Coblentz. Le 18 du même mois fut le terme des jours de ce prince. Il mourut à Larback, dans le pays de Birkenfeld, appartenant à l'électeur de Trêves, à l'âge de soixante et onze ans cinq mois et quatorze jours. Son corps fut déposé dans l'église des Capucins de Coblentz t d'où il fut porte, le 20 mai 1717, à la Chartreuse 4e Bocerville, qu'il avait fondée près de Nanci. Charles, avec fies ^qualités de héros, mena la vie d'un aventurier. Son inquiétude^ son imprudence et son indiscrétion, furent la source de ses malheurs , et entraînèrent la ruine de sa maison. Il n'eut point ^•enfants de Nicole, qu'il avait épousée le a3 mai |£*i« et qu'il répudia, l'an 1637, pour donner sa main à BÉA.TJWX »£ CU6AMCE, veuve du prince de Cantecroix. Ce second mariage, contracté sur l'avis du P. Cheminot , jésuite , qui prétendait «fuel* premier , dans son principe, était nul par défaut de liberté, fut cassé., l'an par le pape Urbain VIII, Le duc ^ nue sa

fission aveuglait, n'en demeura pas moins attaché à sa nou^

|m chuonologie histoiuqùe . f,.,oirnod slijai

vçlle épouse. Elle 1 accompagnait souvent dans ses voyagM^afc. partout où le» occasions de la guerre l'appelaient^ ce qoi la fit smviomnuT sa femme de campagne. Il eut d'elle deux? enfants , Henri, conate de Vaudemortt, né le-i^-avptbfibli^rineflde^ janvier 1723, et Anne, fiée le s3 août i63^r mariée à JwW^ prince de I il lebonne. Charles, après la mort de Béa trix, arrivée le 5 juin i<&$4 épousa, le 17 juillet x665 1 Louisb jMai-k guérite , fille de Charles, comte d'Apremont^NanteuîT^dai»tj il n'eut point d'enfants. Le duc sNicobs-Françots^ frèw^dèi Charles IV, etjûen différent de lui pour le caractère y tfavai* précédé de cinq ans au tombeau, çtarit mort è i\aneif [leiUfc janvier 1 670 , à l'âge d!envinon soixante ans. ( Il ftaitaonrf l&G cjécembre 1609.) De Ci^AWfi, son éjpouse ( morte le i août 1648), il eut Ferdinand, né le 3o novembre *fi&9^et jne*i le* xV. avril 1659; Anne, décidée au berceau ; Marie-sAnne^a^ besse de Remi remont, morte à Pacisy le 17 jnio* l'Gfii^ i^'ttg». de treize ans; et Charles, ijMfrattlUîïîcnrf* n'« > ;n'-n H zn-m * « •' M *?♦ - .:r Lrm : - , ril/5 A w-z

•V CHARLES IV w V. **qs ti

•r. . : -iT . , lifttfï îc Mioh f >i h»hjwj1 L '»n;q *e£l$

,1675. ChablEs IV ou V, fils du duc Nicola^Françoâs y de Claude de .Lorraine ,c ne a Vienne le 3 avril 1 640 , prit <fei titre de duc de Lorraine et de Bar après la mort de Charles iVç<j son oncle. 11 était déjà célèbre par plusieurs exploits militaires, Lan 1664, il s'était signale à la bataille de Saint- Gotha rd , gagnée par les Impériaux contre les Turcs f le x«r. août. Il avait fait la compagne de Hongrie en 1671; sous le général Sporckjk qui le chargea du siège de Murau , dont il se rendit maître : il avait commandé la cavalerie impériale dans la campagne de 1G72, sous le général Monlécueulli. 11 combattit répéé à W main, le 11 août 1674, à la bataille de Senef , en Flandre, et y reçut une blessure à la tète; L an 1676 ^ chargé du commandement de l'armée impériale après la retraite de Montécuculli, H; rouvrit le siège de Philisbourg, qui fut pris le 17 septembre par le prince de Bade , à la vue d'une armée de quarante-cinq mille français, commandée par le maréchal de Luxembourg. Se trouvant , l'an 1677, à la téte de soixante mille hommes , il se flatte de rentrer en possession de ses états; et dans cette persuasion, il fait mettre sur ses étfn tards "ces mots latins : Aut nunc , oui nunquam. Mais le maréchal de Créquu avec trertte mille conv Battants, fit évanouir des espérances qui paraissaient si bien fondées, et contraignit le prince de repasser le Rhin à CobtehTzr Nommé , l'an i.6^3 1 généralissime. de l'armée impériale destinée contre les Turcs , (maries marcha ait secouer de^iè^ne , âsiiè-» ' gée par ces infidèles , avec une armée de deux cent quarant*

DES MJCS M LORRAINE. 4«3

mille hommes , les harcela par îles courses continuelles; et, âf l'arrivée du roi de IV)logne , ayant attaqué leur camp , de concert avec-ce prince t il les obligea de prendre la fuite, et délivrât la place. La méirie année, et les deux suivantes, il fit plusieurs; conquêtes en Hotagrîe, et battit les Turcs en diverses rencontres* l'an ï686> le a septembre , il prend Bude à la vue du grandi visirv apxfès quarante-cinq jours de siège. L'an 1687, le 12 août^ . il remporte une victoire complète sur les Turcs, à la tête du pont d*Esseck. Voyant l'empereur disposé, l'an 1688, à reconimencer la guerre contre la France, il s'oppose généreusement à ce dessein, quoique ce fût l'unique moyen pour lui d'être ré-»' tabli dans ses états. « Ce grand homme représenta fortement # £ dit le maréchal de Berwick , qu'il fallait préférer le bien géné- » rai de la chrétienté à des inimitiés par tien lières , et que, sï m Von voulait employer toutes ses forces en Hongrie , il oserait »- presque répondre de chasser les Turcs de l'Europe en peu dë\ » campagnes. Cet avis , ajoute le maréchal , ne fut pas suivi ; » mais il n'en était pas moins louable ». Charles, envoyé, l'an' 1689, sur Ie Rhin , se rend maître de Mayence le 8 , et non le 11 septembre, après cinquante-deux jours Je siège. L'an 1 690 , étant parti d'inspruck, dont il était gouverneur, pour se rendre à Vienne, il tombe malade à \Veliz , le 17 avril, et y meurt le lendemain dans sa quarante - huitième année. Ce prince , digne

Î>ar ses vertus militaires , politiques et chrétiennes, d'occuper e premier trône de l'Univers, ne jouit jamais de ses états. À la' paix de Nimégue, ils lui lurent offerts par la France, mais à des conditions qu il ne voulut jamais accepter» Louis XIV dit , en apprenant sa mort, que c'était le plus grand , le plus sage et le plus généreux de ses ennemis. Il avait épousé, le 6 février 167&V' Eleonore , sœur de l'empereur Léopold (î), et veuve dé Michel Wiecnowiecki , roi de Pologne , àveedequel et après la 11 mort duquel il concourut , mais sans succès , pour cette cou-* ronne^ Eléonore (morte le 1 1 décembre 1697)', lui donna Léo-" pold , qui suit ; Charles , électeur de Trêves , mort 'en 17 1 5 ;T; Joseph , tué à la bataille de Cassano, le 1 5 août 1 700 ; et Fran-» ; ÇeifiaWifideSèavelp./

Mifih^r :i .î-nrmvJ ' iLEOPOLD*

16 90. Léopold, fils du duc Charles V et d'Eléonore d'Autriche , né le 11 septembre 1679 , succède au titre de duc

n -ni itJKv.P-ihM.. »tf|* - « M**»V. lnL iS.'ft.il" * ' V*1 ~" * , T ■ ■ 1 ' ■■ '■

(0 Et non sa fille . comme porte f édition des Bénédictin». £11 e ^UU ÛUe de Ferdinand LU, foi dt Bohème. >

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4*4 cmoKtttaetE mmwmr.

de Lorraine après la mort de son père. RétabK, î*an i6n-fi dans ses érats par le tratfé de par* de HisKfick, il arrive, te 17 août 1698, à Nanci, et va faire nommage au roi , le a5 • * Novembre 1699, dans Versailles, pour la mouvance? Af Bar rois. £'an 1707, par traité passe à Met* entre les commissaire* respectifs, le roi de France resmoe.att.4tc de Lorraine it souveraineté Je Commérci, Léopold en fart présent , le 3i décembre suivant , à Charies-Henrî , comte de Vaudemont, Le* prétendant , Jacques III T roi <F An^ierre , objigér ptf tm des articles de la paix d Utrecht de sortir de France , s 'étant relire en Lorraine , arrive le ai février 1 7 r 3 à Bar-le-Duc , où Léopold j quelques jours après , vient le saluer. Le prince fugitif quitta cette retraite au mois d'octobre 171$ pour s* rendre en Ecosse, t • , ,r«. ....irilf A p 'rXnm

L'an 1729, le 27 mars, Léopold meurt à Lu névrite âsfci la cinquantième année de son âge. Son corps* fut porté dans* le tombeau de ses ancêtres, aux Cordehers de Nanti. Ge prince mit toute son application, pendant son règne, à faire du bien & ses sujets?. H trouva la Lorraine désolée et déserte, dit un moderne; il la repeupla, il Fenrichit y il la conserva toujours en paix , pendant qne le reste de l'Europe était ravagé par la guerre. H eut la prudence d'être toujours bien avec la France et de se faire airner de l'empire. Léopold cultivait lés sciences et kg protégeait. Il établit à Luné ville uûe école où la jeune Noblesse de Lorraine et d3 Allemagne venait se former. On t Apprenait les sciences utiles à la société y et la physique y était démontrée aux yeux par des machines admirables. Enfin il fit consister son bonheur à faire celai de son peuple , et regarda la bienfaisance comme la vertu la plus glorieuse pouf les princes et la plus" essentielle à la souveraineté. * Je quitte-» » rais mon duché , disai t-il , si je ne pouvais faire dû bien. » Àûssi goûta-J-il le plaisir d'être aiméj et long-tems après sa mdrt, on ne prononçait en Lorraine sott' nom Ojû'en versant des larmes. 11 avait épousé, par procureur, à Fontainebleau , fe i3* octobre 1698 , L l 1 sa b etd- C n a rjlotte r - fille de Monsieur , frère du rot* morte à Gommer ci le a3 décembre 1744* emportant an tombeau les mêmes regrets que son épou* Léopold laissa de cette princesse , François-Etienne , qui suitf Elisabeth-Thérèse , née le 16 octobre r mariée , le 5

mars <7^r, à Charles-Emmanuel, roi de Saîrdaigne, mort* Te 3 jniliet 1 741 ; Cljarles , prince delwaine, né le r* décembre 17 12 , gouverneur des Pays-Bas , marié à Mane- Ànne-Eléonore d'Autriche , morte Je, 16 décembre, i,j44 i Amie-eharlotte, neele 17 mai tpt% abbesse deKemiremooli morte le 7 d&ttmbr* 1773*

; >t - ,,h :• , -i MUNÇ01S-ETIEH8Ê.. ,,' .:-.-..,.>. V.,^.

1710. FaAWOOîs^TiBHMB , fil» aîné du duc Léopold et fl^lwàbeth^ChirJotle itfOrleïins^ hé le 8 décembre 170b, fut reconnu ddc «Je ^Ijorrairfe npre* la mort de son père, le .17 'ffiars i 7:^ j. Il était alors a ta cour de \ lenoe , d'où ii arriva en Lorraine ! te*) ttovrmbre de la même année. S' e tant transporté, l'an 17^0, à Vtïrsai iït'i, il v rend la foi (M hommage au roi de France , re rtr^ février, èpoér ié Jrttlié de* Bar. Il part do Lu nevil li* , le 2S avril I -».'■! r T pour Bruxelles , (l^ù ^ après avoir par-» couru la Flamba autrichienne , il passe eu Hollande, île là en Angleterre. Klant repasse, à son retour, par la Hollande pour se reqdre en Allemagne, il parcourt -les et. ils d Hanovre, oe Wolfteributu4 de Prti$se,>t arHve, le ac* màrti i;3i , à Aires laiv. Le 28 dû mime moi*, pendant son séjour ert cette- ville,

est nommé par l'empereur vice-roi de Hongrie. 11 arrive, le 14 av[ il suivant , à Vienne. Par le trai4é conclu-, le S octobre f^ÔS, entre Temperexmet le toi de France ^ M était dit dit le duc Fi^nçois^Etlerïrte cedërdit à Stanislas 4 rot dfc P©logneT léa duchés de lorraine et de Bar pour la Toscane opj'on loi donnerait en échange. François^ Etienne aoquiesça à ce traité pour le bien de la paix. L'an 170^4 il épouse , le 12 février, à Vienne , Marie Thérèse, fille aînée de l'empereur, et, le 1 3 décembre suivant , il ratifie les conventions de l'empereur et du rot de France, portant nue Stanislas serait mis dès-lors en possession des duchés de -Lorraine et de Bar, pour &re ^rès lui réunis à la couronne de France ; que, cependant , le duc François- Etienne n'entrerait en possession de la Toscane qu'après la mort du

f and -duc régnant, ( Voy. les empereurs et les grands-ducs de oscane. ) ■ ' .« q -« •• : «.f^r

r 1737. Stanislas LECZ1XSK1, roi titulaire de Pologne* est reconnu duc de Lorraine et de Bar i'an 1737 , en vertu du traité fait, le 3 octobre *735, èntre l'empereur et le roi de France. Le baron de M échec prend possession du duché de Bar; au nom de ce prince', le S février 1737 , et du duché de Lorraine, le 21 mars suivant. Le 3 avril , Stanislas arrive à Lunéville avec la reine, son épouse, et y établit son séjour. Ce prince , durant l'espace de 29 ans qu'il a gouverne la Lorraine, a été comme un astre bienfaisant qui ne cesse de répandre ses douces influences sur les terres soumises à son aspect. H a protégé l'agriculture , animé le commerce, encourage lea arts ; son économie lui a fourni des ressources pour faire , X1U. 54

chaque année , un ou plusieurs établissements utiles. L'un des plus glorieux a la mémoire de Stanislas, est celui de l académie de Nanci, qui fut érigée le ^8 septembre i75o. Stanislas y parut moins >o fondaieuf $u'er» ta^cf*. \»f^m^ S y paya le tribut o*e ses talents. Éhfid Wf fii^/^Mwl par tant de revers, et si digne néanmoins de la plus constante prospérité , termina ses -jours par un accident des plus funestes. Le S février 1766, commlji;é*b#Mffto*lin dans sa chambre, s'étant approché de sa cheminée , le feu prit a sa robe de chambre, et Ht un progrès si rapide , qu'avant qu'on pût y apporter du secours , il avait affecté tout le côté gauche du roi- Ou le mit en hâte au listes ,>Ûies , peadanjt : <B« jours, parurent répondre aux désirs des médecin*. Mais, le 21 , il tomba daos issoupisse dans la c

jsuin-Opaunska , morte à Lunéville , âgée de 66 ans, le

iq mars 1747. Ce mariage ne produisit que deux tilles : « ,

morte dans le célibat à Wissembourg , âgée de seize ans , | Marie-Charlotte-Félicité , fembte de Loui* XV* xo\ dfi m™>* morte k *4 juin 1768. ( Voy. Ju rais de Pologne. .)>.,. i/m A j «J

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