CHRON. HIST. DES COMTÉS ET VICOMTES DE VERDUN
Charles le Simple, et tige de la maison d'Ardennes, approuva par sa signature, en qualité de comte de Verdun, l'acte de la fondation du monastère de Saint- Vanne , faite par Bérenger , évêcjue de cette ville. (Spicil., t. XII , p. 262.) C'est le nlus ancien ^oaimleijt de l'autorité qtie~ ce' comte exerça dans Verdun. L'an , après la mort de Qarnier et de Renaud , comtes de Hainaut , Godefroi fut nommé avec Arnoul, par l'empereur Otlon II, pour les remplacer. Mais, l'an 977» Charles de France , duc de lapasse Lorraine, les destitua. Godefroi , n'ayant pu obtenir d'Otton II , justice de ce traitement , se retira dans son comté de Verdun. Il n'en demeura cependant pas moins attaché à ce prince. L'an 978, il l'accompagna dans l'expédition qu'il fit en France, pour se venger de la surprise qde le réi Lothaire avait faite d'Aix-la-Chapelle , tandis qu'il était près de se mettre à table, et du risque qu'il avait couru d'être fait prisonnier. Ce fut lui nui , au retour de l'armée impériale , sur la fin de novembre , donna le conseil à l'empereur, de lui faire passer la rivière d'Aisne , et épargna par-là une grande effusion sang, qu'une bataille avec les troupes de Lothaire , qui parurent le lendemain , aurait occasionée de part et d'autre. (Chron. Camerac. , 1. 1 , chap. 96.) Pou xie tems après, Gfodefroi, joint au comte Arnoul, détruisit, dans une xnatinéc , un château cju'Otton , fils d'Albert, comte Je Vermandois , faisait élever à Viachi dans le Cambresis, malgré Roihard, évêque de Cambrai, et dans le dessein de lui nuire. Après' la naîort 4e l'empereur Otton ll, arrivée l'an 96^^ le roi Lothaire voulut profiter: des troqbles/que la- minorité de son fils, Otlon Ml, occasion* dans l'empire + pour recouvrer la Lorraine. Dans ce dessein, il entra subitement dans ce pays, l'an" 9&M sons prétexte de punir quelques sei-. gueurs des rapines- qnUls avaient exercées sur les frontières de France* S'étant présenté devant Verdun, il en forma le siège, que Godefroi, par sa brave défense , l'obligea de lever. Pour se dédommager de cet échec, Lothaire fait le dégât dans le pays. Godefroi marche à sa poursuite , accompagné de Sigc^froi, son oncle, comte de Luxembourg. Ayant atteint l'armée française , H lui livre bataille ; mais il est battu et fait prisonnier avec son oncle et d'autres personnes de distinction. Consternée de ce revers-, la ville de Verdun députe au vainqueur,, un seigneur nommé Gober, pour lui en présenter les clefs, espérant que cette soumission lui fera rendre ses citoyens captifs. Lothaire entre dans la ville, et délivre quelques prisonniers ; mais il retient Godefroi et Sigefroi, qu'il envoie, l'un et l'autre , dans un château sur la Marne, pour y être renfermés sous la garda
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d'OtAoo, comU de Bourgogne, eL d'Herbert, comte de Troyes* (Bouq., t. V III, pp, 4^4-297- 3 16; t. IX, pp. 54-cta; Spir.it. f in- fui. t. il, p. a3o.) Godefroi, pendant sa prison , essuya Tua des plus vifs chagrins , par la défense que Lothatre fit à (a ville de Verdun de recevoir Adalbéron, fils de ce comte , qu'elle élut pour évéque à la fin de celte année, ou au commencement de la suivante. (Bouquet, l, IX, pp. 67-136.) Ce prince fit rejaillir son ressentiment sur Adalbéron, archevêque de Reims , frère du comte et oncle du prélat élu * pour lui avoir donné les ordres sacrés , jtl l'avoir envoyé demandera l'empereur la confirmation de son élection. N'ayant pu le contraindre à excommunier son neveu, > Lothaire le fit arrêter et mettre en prison , menaçant même de lui ôfer la vie. ( Gerbert, Enist. 4o-5a-58 , pp. *66-a83-atf4- ) Cependant , le jeune empereur Otton 111, sollicité par les parents de Godefroi , pressait le monarque français de rendre Verdun , et de relâcher le comte, Lothaire y consentit » maie à trois conditions : 1". que Gode^ froi rendît la ville de Mon*, avec les autres places qu'il retenait duHainaut, au comte Ramier; ou il obligeât son fils à renoncer à Pévêché de Verdun, et se dépouillât lui-même du comté de cette ville; 3*i qu'il lui lit hommage des autre* terres qu'il possédait dans . les Ardennes. Godefroi, dont les sentiments étaient élevés, «ne voulut point acheter sa liberté à dés conditions si bumiliatitesw 11 engagea même le fameux Gerbert t d écrire à la comtesse Mathilde , sa femme, pour l'exhorter à ne point s'abandonner à la tristesse, pour l'amour de lui* à demeurer fidèle à l'impératrice Théophanie, mère et tutrice d'Otton III, à ne faire aucun traité avec la France, ni sous prétexte de lui procurer la liberté, ni dans l'espérance de le .garantir de la mort, lai «t Frédéric, leur fils, et à bien garder ses forteresses. C'est ce qu'exécuta Gerbert par sa lettre du aa mars p,#5. (Bouquet, t. IX, p. a83. ) Gerbert, dans une autre lettre* marqua les mêmes ohoses à-peu-près aux fils de Godefroi et de Sigefroi, par ordre de leur. père. Entre les places qu'il leur re et un mande de garder avec soin , il nomme Scarponne (c'est aujourd'hui le village de Chaspaigne , sur la JVloseUe , vis-à-vis de Oieulouard)^ et un lieu nommé Haidon~< Chàtel , lluidunU-CasUlUim. Gerbert les exhorte à ramasser des troupes, à combattre pour la patrie, et à faire voir aux ennemis qu'après s'être saisis de la personne de Godefroi, ils ne l'avaient pas tout entier en leur pouvoir: hentiant in vobis hostes non se totum cepisse Godefridum, Enfin, il leur conseille de s'attacher à Hugues Capet, duc de France, en les assurant qu'avec la protection de ce prince , ils n'ont rien à craindre de la par*