‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 22 sur 161 · LOUIS I · texte numérisé non relu

LOUIS I

L'an i356, Louis I, 2*. fils du roi Jean, né le 23 juillet i33q, à Vinrennes , reçut en apanage les comtés d'Anjou et du Maine, avec la baronnie de Château-du-Loir et la seigneurie de Chantoceaux. H combattit, le 19 septembre de la même année, à la funeste journée de Poitiers, où le roi, son pèra fut fait prisonnier. Ce monarque ayant recouvré sa liberté , le 20 octobre i36<>,' par le traité de Rretigni , érigea, par lettrespatentes, données à Boulogne, dans le même mois , l'Anjou en duché- pairie. Cette faveur accordée à Louis, eut son revers; car il fut un de ceux que le roi désigna pour aller tenir sa place à Londres, en qualité d'ôtage. Mais, l'an i3tf3, ennuyé de sa captivité , il s'évada et revint furtivement à Paris, alléguant Pour excuse que , quand On saurait la raison de son retour , on l'approuverait^ Le public ne l'a jamais sue , et le roi ne l'approuva pas.

Le duc Louis fut envoyé, l'an i365 , par le nouveau roi Charles V, son frère , en Bretagne , pour ménager la paix entre le duc Jean de Montfort et la princesse Jeanne , veuve de Charles de Blois. Créé, depuis, lieutenant de roi dans le Languedoc et la Guienne , il réduisit plusieurs villes de Querci f de languedoc et de Poitou , sous l'obéissance du roi. Il ne réprima pas , avec moins de succès , les séditions qu'excitèrent tes nouveaux impôts dans son dépai ornent *, mais les châtiments

qu'il fît subir aux coupables, ne firent pas l'éloge de son humanité. Il lut encore nommé , par lettres du 3o avril i3-7o , lieutenant de roi du Dauphiné. (Rec. de Colbert y vol. 20, toi. 33q.) 11 se démit, la même année, du comté du Maine entre les mains du roi, qui lui donna en échange, pour sa vie seulement, le duché de Touraine, par lettres du 16 mars i3yo (v. st.) (Martenne, Anecd. , tome I, col. a5i. ) Mais il les conserva tous les deux par une concession subséquente du roi , datée du 1 7 mai suivant. {CartuLdu Chancel. du Prat.) Ce prince entendait la guerre. Il défit , Pan 1377, une armée anglaisé, commandée par Thomas Felton , qu'il fit prisonnier. Après la mort de Charles V , il fut nommé régent du royaume , puis chef du conseil , pendant la minorité de son neveu Charles VI. Toute son occupation , dans l'un et l'autre emploi , fut d'amasser des fonds par toutes sortes de voies , pour aller se mettre en possession du royaume de Naples , que la reine Jeanne première lui avait transmis en l'adoptant , par ses lettres du 29 juin i38o. Lorsqu'il eut épuisé le trésor de l'épargne, le conseil, qui ne cherchait qu'à hâter son éloignement, arrêta qu'il lui serait délivré jusqu à la somme de 5o à 60 mille livres sur les aides du royaume. La noblesse murmura, le peuple se révolta. Le duc d'Anjou couvrait son ambition du prétexte de la cause de l'église, parce que le pape Clément VII protégeait la reine de Naples, attaquée par Charles de Duras , compétiteur de Louis. Celui-ci, pour servir le pape , osant tout exiger de ses sujets , ne fut pas timide pour demander tout ce que l'autorité du saint siège pouvait lui concéder : dîmes , terres de l'église, tout lui fut accordé. Le Journal du chancelier du duc d'Anjou rend compte de toutes les vicissitudes qu'essuyait l'entreprise, et fait voir que ce prince , pour tout fruit de l'adoption de Jeanne , se serait contenté de la Provence , sans vouloir s'emparer du surplus, si Je pape lui eût permis de céder à ses pressentiments qui ne furent que trop vérifiés. 11 balança surtout lorsqu'il apprit que Charles de Duras tenait Jeanne assiégée dans le château de l'Œuf. Enfin, le 22 février i382, il se rendit à Avignon aurès du pape Clément VII, qui fixa ses irrésolutions, par les elles espérances dont il le leurra. Il part de Provence , le i3 juin, avec une florissante armée qu'il avait amenée de France, et arrive, au mois d'octobre suivant, dans le royaume de Naples. Il y éprouva les malheurs qu'il avait appréhendés : son armée se fondit par les maladies sans avoir du livrer aucun combat ; ses trésors se dissipèrent sans lui avoir acquis aucun ami capable de le servir avec fruit. Privé de toute ressource, et prêt à tomber entre les mains de son rival , il mourut de chagrin à Biseglia , près de Bari , le 20 septembre i384, laissant

; hts comtes* d'anjotj. y5

<âe WAftiB r>£ Blois, fille de Charles deBlois, duc de Brene, qu'il avait épousée le q juillet i36o (morte à Angers,

1« 1 2 novembre i4<>4) , deux fils : Louis, qui suit ; et Charles, oui porta le titre de duc de Calabre. Le corps du duc Louis I , tut rapporté à Angers par ordre de Charles de Duras, qui prit même le deuil à sa mort; et son inhumation se fit à la cathédrale, dans un tombeau où les cendres de sa femme vinrent dans la suite se réunir aux siennes.

r.e duc Louis I eut pour principal favori Pierre d'Avoir, sire île Château-Frémont , chevalier angevin , son grand-chambellan et sénéchal d'Anjou. En quittant cette province, il le mit à la tête du conseil qu'il avait composé pour la duchesse son épouse. Il lui enjoignit même de se qualifier lieutenant-général de monseigneur ie duc et de madame la duchesse. Ainsi , la principale autorité, pendant son absence, résida dans ce seigneurs A la mort de Louis, sa veuve fit éclater le ressentiment que lui avait causé le pouvoir accordé par son époux a Pierre d'Avoir. Celui-ci en prévint les effets en se dépouillant de tous les titres dont le duc l'avait revêtu. Cette démission, qu'il fit dans le* formes, est du 17 novembre i384. Le lendemain il prit congé delà princesse, et se retira dans ses terres, où il mourut l'ait 1390, laissant une riche succession aux enfants de Jean, sire de Beuil, et d'Anne d'Avoir, sa sœur. C'est en mémoire de cette grande fortune , et pour conserver des traces de cette ancienne ttlustre maison d Avoir, que les de Beuil écarterèrent de ses armes ; savoir, aux t et 4 d'azur, au croissant d'argent, accom-

Signé de six croisettes recroisetées et fichées d'or, qui est de euil; aux 2 et 3 de gueules, à la croix ancrée d'or, qui est d'Avoir. Leurs descendants, devenus comtes de Sancerre, y ajoutèrent un sur le tout écart elé de > D au phi ne et de Champagne,

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