‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 27 sur 161 · HUGUES I · texte numérisé non relu

HUGUES I

955 ou environ. Hugues I, fils de David, seigneur puissant dans le Maine , et même issu de Charlemagne , suivant l'opinion qui avait cours du tems d'Ordéric Vital (1. 4» P- 53a), fut établi comte de cette province, l'an 955 au plus tard, par Hugues le Grand , duc de France. Il confirma, cette année, ia fondation faite par son père, d'une église collégiale , qui subsiste encore de nos jours (i;^5) au Mans, sous le titre de Saint- Pierre de la Cour. C'est -donc une erreur dans quelques modernes de ne faire commencer son gouvernement qu'en l'an 970. Hugues eut des démêlés fort vifs avec Sigenfroi, de la maison de Bellême , évêque du Mans. Bouchard , comte de Vendôme , auprès duquel le prélat s'était réfugié, prit son parti, et fit la guerre à Hugues avec assez peu de succès ; ce qui engagea Sigenfroi à se réconcilier avec Hugues. Ce comte fut du nombre de ceux qui vinrent au secours d'Eudes II , comte de Champagne, dans la guerre qu'il eut avec Richard II , duc de Normandie. Les troupes du Champenois ayant été fort maltraitées l'an 1006, devant le château Je Tillières, Hugues fut oblige de se réfugier dans une étable de moutons, d'où il regagna le Mans avec peine, déguisé en berger. (Bouquet, t. X, p. 187; Morice, Hist. de Bretagne, t. 1.) Foulques Nerra, comte d'Anjou , trouvant le Maine à sa bienséance , entreprit de l'envahir. Il subjugua par violence le comte Hugues , dit Ordéric Vital ; ce qui signifie au moins qu'il le força de se reconnaître son vassal. Hugues avait enlevé auparavant , à Ives de Bellême, une partie du Sonnois, enclavé dans le Maine, et donné, en présence de Sigenfroi , évêque du Mans ( décédé en 994) , plusieurs terres de ce canton , à l'abbaye de la Couture : Ùcdi et concessiy

!)ES COMTES DU MAtNE. ' fif

ûxïA\ dans la charte de donation , prœdkta nostra prvpria au et in terra Sagomnsi suni sita. (Le Courvaisier, HisL des évéijues du Mûris, p. 3^6.) Hugues signa, Tan ioi5, une charte en faveur de l'abbaye de Tuffé. ( Martenne, AmpL coll t. I, p. 973.) C'esfle dernier trait connu de sa vie , qu'il peut avoir termime cette année. 11 laissa de son mariage, Herbert, qui suit. Il avait eu deux autres fils , Hugues et Foulques , qui moururent avant lui. (Bouquet, t. XI, p. 63i.)

HERBERT \% dit ÉVEILLE-CHIEN.

ioi5. Herbert I, fils de Hugues I, lui succéda étant fort jeune, admodum juvenis (Spicil. , tom. X, pag. 538), dans le comté du Maine , en 101 S au plutôt. Il eut le surnom d'EvEiLLE- Chien , Evigilans - Canem , parce que , dans ses expéditions militaires, il prenait ordinairement le tems de la nuit pour surprendre ses ennemis. Foulques Nerra , toujours jaloux de joindre le Maine à ses états , profita de la jeunesse d Herbert , pour tâcher de consommer son projet ; mais il trouva dans le comte adolescent, une résistance à laquelle il ne s'attendait pas. Foulques , après avoir éprouvé la valeur d'Herbert , aima mieux l'avoir pour ami que pour ennemi : ils firent la paix, et marchèrent ensemble contre Eudes II , comte de Blois , qu'ils battirent, le 6 juillet 1016, près de Pontlevoi. Herbert avait dans sa capitale un antagoniste avec lequel il eut des démêlés , qui furent longs et produisirent de très-fâcheux effets. C'était l'évê-

?|ue Avesgaud de Bellême. Leur querelle éclata à l'occasion d'un ort, que le prélat avait fait bâtir à Duneau, près de Connerai. Herbert, jugeant cette entreprise préjudiciable à ses intérêts, part à l'entrée de la nuit , surprend le fort, et le rase avant le jour. Avesgaud n'étant pas en force pour se venger, se retire à Bellême, auprès du comte Guillaume , son frère , et lance de là une excommunication contre le comte du Maine. Mais , voyant qu'elle ne faisait nul effet sur l'esprit de son adversaire y il lève des troupes et marche contre lui , avec son frère. Guillaume de Jumiége dit qu'il y eut une bataille , où d'abord , Herbert fut vainqueur, mais ensuite battu et mis en fuite par Gerric , fils d'Ernaut le Gros , lieutenant du comte du Perche. Un accord , ménagé par des amis communs , mit fin à ces hostilités.

Herbert, dont le père avait enlevé à Ives, seigneur de Bellême, une partie du Sonnois , enclavé dans le Maine, jalousait fort l'autre portion de ce canton. Ce fut l'occasion d'une guerre qu'il eut avec Guillaume I, fils d'ives, et comte du Perche. Celui-ci la soutint valeureusement , encouragé par Richard II,

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duc de Normandie, et secondé par un des plus braves chevalier! de son tems. C'était Géroie , de Curte Sedaldi^ qui de Bretagne était venu s'établir dans le Perche. Géroie fit tète long-tems au comte du Maine; mais enfin il fut défait dans un combat et obligé de prendre la fuite. Il répara néanmoins ce revers; et, ayant rassemblé les débris de l'armée de Guillaume , il battit Herbert à son tour, et l'obligea d'évacuer le Sonnois (Bouq. , tora. XI, pag. 63:* , ex IV ili. Gemm. et Orderico,)

L'an 1026, Foulques ÎSerra , toujours ami, en apparence j d'Herbert, l'attire à Saintes, dunt il était maître, sous prétexte de lui donner cette ville en fief. L'ayant en son pouvoir, il le promène, le 4 mars, dans toutes les parties du château, et l'enferme dans la plus reculée , tandis que la comtesse d'Anjou amuse la femme d'Herbert. Celle ci trouva le moyen de s'échapper; et sa fuite sauva la vie à son époux, parce que Foulques craignit que les Manseaux, par elle excités, ne cherchassent à venger la moTt de leur Comte. Herbert en fut quitte pour environ deux ans de prison , au bout desquels il fut relâché moyennant une très- forte rançon. (Wilelm. Matmesb.^ liv. 3.) A son retour, les hostilités recommencèrent entre lui et l'évêque Avesgaud. L'historien des évêques du Mans prétend que ce fut Herbert qui viola les conditions du traité qu'ils avaient fait ensemble. Quoi qu'il eh soit , le prélat ne se croyant pas en sûreté dans sa ville épiscopale, en sortit pour se retirera la Ferté-sur-Huigne , autrement la Ferté-Bernard , place assez forte pour ne pouvoir être emportée que par un siège dans les formes. Herbert , ayant appelé à son secours Alain 111 , duc de Bretagne, vint se présenter devant la Ferlé , qu'ils assiégèrent, et dont ils se rendirent maîtres par composition. Chassé de cette retraite , Avesgaud employa la médiation de Fulbert , évé*que de Chartres , pour ramener Herbert à des sentiments de paix. Fulbert écrivit au comte une lettre très-forte qui fit son effet. Herbert l'engagea par sa réponse à venir au Mans, et là, en sa présence, il rendit la Ferté à son évèque , avec lequel il se réconcilia. Cependant le duc de Bretagne , après la prise de la Ferté, avait été faire le siège du Lude , en Anjou. Foulques Nerra, étonné de cette incartade, lui en envoya demander la raison. Il répondit que c'était pour venger le comte Herbert du traitement perfide et hartare qu'il lui avait fait, protestant et jurant qu'il ne se retirerait point, que Foulques ne lui eût remis sa rançon et rendu les otages qu'il avait reçus de lui. Foulques aima mieux le satisfaire , que de s'exposer au risque de perdre une de ses meilleurs places. Herbert, en faisant la paix avec Avesgaud, s'était raccommodé en même tems avec toute la maison du prélat. Guillaume, seigneur de Belléme,

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Voulut i én vertu de cette réunion , l'engager dans une guerre qu'il avait avec Richard III, duc de Normandie. Mais Herbert avant refusé d'y entrer, Guillaume envoya ses deux fils faire le dégât dans le Maine. Le duc étant venu au secours d'Herbert ^ livra bataille aux deux fils de Guillaume , dont l'un périt dans l'action, et l'autre y fut dangereusement blessé : double événe-* ment qui causa la mort au père par le chagrin qu'il en eut.' Son troisième fils et son successeur, Robert, voulut continuer! la guerre, et n'eut pas un meilleur sort» 11 tomba , l'an io3i , entre les mains des Manseaux , qui le retinrent prisonnier pendant deux ans au château de Bâlon. Ses vassaux entreprirent ce le délivrer; mais, avant battu les Manseaux, ils usèrent si mal de leur victoire , que ceux-ci * pour se venger , assommèrent Robert dans sa prison. Les brouilleries entre Herbert et l'évêque Avesgaud s'étant renouvelées , lé prélat , poussé à bout par ce comte , l'avait excommunié pour la deuxième fois, après quoi il partit, l'an io32, pour la Terre- Sain te. H ne revit plus son diocèse, et mourut à son retour, l'an io36 à Verdun. Herbert finit ses jours la même année* le i3 avril suivant le NécroWe de la Couture du Mans. 11 laissa de son mariage un fils en bas âge , nui suit , avec trois filles; Gersendé ou Herse n de , femme de Thibaut III i comte de Blois , puis dWtfcon, marquis de Ligurie; Biote, mariée à Gauthier, comte d'Amiens ; et Paule , femme de Lançelin , sire de BaUgenci

( V oyez Alain III , comte de Bretagne, ) ;

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