HUGUES II
to36. Hugues 11 , fils d*Herbert Eveille-Chien , lui succéda en bas âge, l'an to36, sous la tutelle d'Herbert Baccon» Son grand-oncle. Ce tuteur infidèle entreprit de dépouiller son pupille. "Mais il fut traversé dans ses vues ambitieuses par l'évêque Gervais de Château-du-Loir i qui était parrain du jeune comte. Les Manseaux se joignirent au prélat. Mais Baccon , étant plus fort , le chassa du Mans , où il ne rentra qu'après deux ans d'exil. Les querelles s'étant depuis renouvelées entre lui et l'usurpateur , il eut recours à GeofTroi Martel , comte d'Anjou , dont il obtint la protection en s'engageant à lui faire avoir du roi , pour sa vie, la garde de l'évêché du Mans (i).
(i) Videns verb prtesul suum èpiseopatum nec per regem nec perse ipsum à Baccone posse defendi, pctiïit quiddam à rege Henrico quoi utinam non pâtis s et ; scilicet ut dont èpiseopatum Gaufrido Andegaçorum Comiti, scilicet dum werctut Merius à Comité Cenomanico itjtum de/en*
XUI,
Avec ce secours les Manseâux vinrent à bout de chasser Baccon ^ kl Je mettre Hugues en jouissance du comté du Maine. Mais Gervais, n'ayant plus besoin du comte d'Anjou ♦ négligea Ten-» gagement qu il avait pris avec lui. Geoffroi Martel n était pas un prince à qui l'on pût manquer impunément. Pour se venger *Je la mauvaise foi du prélat , il vint l'assiéger dans le château* du Loir. On donne encore une autre raison de cet acte d'hostilité; c'est, dit-on, parce que Gervais avait fait épouser à Hugues, l'an 104.0, IÎerthe , fille d'Eudes 11, comte de Blois, èt veuve d'Alain III, duc de Bretagne, malgré le comte d'Anjou, qui désapprouvait ce mariage, et peut-être toute autre alliance du jeune comte, dans l'espérance de lui succéder. (Bouquet, tom. XI, pag. i36.) Quoi qu'il en 'soit, le comte d'Anjou , trouvant dans les assiégés plus dé résistance qu'il n'avait espéré, substiluâ la ruse à U force. Ayant donc attiré Gervais dans son camp, sous pétexte d'une conférence amiable, îl se rendit maître de sa personne, et le retint prisonnier pen-» dant l'espace de sept ans , comme on le voit par les actes du concile de Reims, tenu en 1049, ou est xnenacé d'excommunication , s'il ne rend la liberté au prélat. Geoffroi déféra k cette menace; mais pour prix de sa liberté, il obligea Gervais
éerel ; Mo cienim mortuo% in regiam manu m redire t. Quod facium çersum. est in malum. {Mabill. Analect, tome M, page 3o5. ) Les comte* d'Anjou , successeurs de Geoffroi Martel , se maintinrent dansja possession de ce droit de régale , dont ils abusèrent pour vexer l'église du IVIans, ainsi que celle d'Angers, sur laquelle ils avaient acquis le même droit. Mais quand nos rois, successeurs de Philippe Auguste, dans la main duquel étaient rentrés l'Anjou et le Maine, donnèrent en apanage cés comté*, ils eurent soin de se réserver la régale de leurs évêchus. C'est ce que fit le roi Philippe le Bel dans ses lettres-patentes du mois d'avril i3ga, pat lesquelles il donne à Charles, son frère, comte de Valois, d'Àtençon et du Maine, la garde de 'toutes les* églises d'Anjou et du Maine ; car il en excepta la garde des églises cathédrales d'Angers et du Mans, comme «aussi des autres églises qui étaient en la garde spéciale du roi par un privilège particulier, et il en excepta en-
que les cômtés d'Anjou et du Maine avaient commencé d'être p< par Charlés 1. roi de Sicile èt comte desdits comtés. Toutefois, Philippe dë valôis, qui, par son avènement à la couronne, avait réuni au domaine royal 1 Anjou et le Maine , donnant à Jean, son fils ainé f ces deux cômtés avec le duché de Normandie . lui abandonna la régale de leurs éyèchés, ne s'eu réservant que le service du fief, le ressort et la fcouveraineté royale. Mais cet exemple ne peut être tiré à consé— queuce, parce que Jean était héritier présomptif de la couronne. 4 Brunei , pp. 499 W teç. )
DES COMTES DU MAINT. f*T
à lui céder le château du Loir , avec d'autres places qui étaient à sa bienséance, et à promettre de ne point rentrer au Mans, tant que lui Geoffroi vivrait. Le prélat se retira en Normandie auprès du duc Guillaume, qui le retint a *a cour, où il fut traité avec distinction. Mais, l'an io55, il fut pleinement dédommagé de ses infortunes, en montant sur le siège de Reims, et par la dignité de chancelier du royaume , qui était comme annexée à ce siège, dont elle fut néanmoins séparée après la mort de Gervais. A l'égard du comte Hugues, il resta sous la tutelle de Geoffroi, qui commanda en souverain dans le Maine. Une mort prématurée termina cette espèce de captivité. Hugues finit ses jours le 7 avril io5i , laissant de son mariage Herbert, qui suit, et N. , n^ariée à Geoffroi, seigneur de Mayenne. Après la mort de Hugues, les jVlanseaux, découragés, se rendirent 4 Geoffroi Martel , qui entra par une porte de leur ville, tandis que la comtesse I}ertbe sortait par une autre avec ses enfants.