‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 3 sur 161 · ROBERT , PREMIER DUC DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

ROBERT , PREMIER DUC DE NORMANDIE

L'an 876 , suivant la Chronique de Bretagne , Rollon f fils du comte Regnald , surnommé le Riche, étant sorti de Norwège anrèsavoir eu, pendant cinq ans, de grands démêlés avec Harald. roi de Danemarck , fait une descente, par l'Es-r çaut , dans les Pays-Bas , qu'il désole ; puis élant remonté sur sa flotte, il la conduit, par Pembouchure de la Seine, dans la Neustrie , et s'avance jusqu'à Rouen. Les habitants de cette ville lui députent leur archevêque pour traiter avec lui. Rollon, ayant reçu la ville à composition , continue de remonter la Seine peut-être jusque dans la Bourgogne, pillant et saccageant toutes les villes qu'il rencontre sur sa route. Neuf ans après , il fit une nouvelle descente dans la Neustrie, et vint assiéger Paris vers la fin d'octobre 8tt5. La brave résistance des Parisiens, commandés par Eudes, comte cje Paris, et depuis roi de France, l'obligea de lever le siège le 60 novembre de l'année suivante , après avoir néanmoins fait un traité aVec l'empereur Charles le Gros. De

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Pans il poussa jusqu'à Auxerre , où il brûla l'abbaye de Saint- Germain. S'étant rendu ensuité maître de Meaux, de Troyesf de Toul , de Verdun , et d'autres villes qu'il livra au piU lage et aux flammes , il revint devant Paris Tan 889. Eudes marcha à sa rencontre, et le défit , le ^4 juin , dans le bois de Montfaucon. Cet échec ne l'empêcha pas de prendre Saintf.o l'année suivante , Bayeux en 891 , Evreux en 892, après quoi il s'embarqua, la même année,' pour passer en Angleterre. On le voit, l'an 89 5 , reparaître en France, où le «uccès de ses armes répand une nouvelle consternation. Il est battu , Pan 911, devant Chartres , dont il faisait le siège 9 et mis en fuite, le samedi 20 juillet, par Richard, duc de Bourgogne , Eblés , comte de Poitiers , et Robert , duc de France , qui lui tuent 68,000 hommes. {Hugo Floriac.) Habile et prompt à réparer ses pertes, il fait de nouveaux progrès qui déterminent enfin le roi Charles le Simple à lui faire des propositions de paix. Francon , archevêque de Rouen , en fut le porteur : elles furent agréées , et le traité fut conclu à Saint- Clair-sur- Epte. Le roi céda au prince normand cette partie de la Neustrie qui s'étend au nord de la Seine , depuis l'Andèle jusqu'à l'Océan , pour la posséder, lui et ses descendants, à titre de duché relevant de la couronne. Charles lui accorda de plus Gisle , ou Gisèle, sa fille , en mariage : le tout à condition de recevoir le baptême. La condition fut remplie l'an 912. Rollon prit au baptême , qu'il reçut des mains oV l'archevêque de Rouen , le nom de Robert , qui lui fut donné par Robert , duc de France , son parrain. Cette cérémonie avait été précédée de l'hommage , dont une des formalités était de baiser le pied du roi. Le fier Rollon dédaigna de faire , en personne, cet acte humiliant , et l'officier qui le fit pour lui leva si haut le pied du monarque, qu'il le fit tomber en arrière. Telle était la triste situation des affaires , qu'on feignit de prendre cette insolence pour une mal-adresse qui n'apprêta qu'à rire. Les Normands , imitant l'exemple de leur prince , s'empressèrent de recevoir le baptême. « Le moine » de Saint-Gai , dit un moderne , rapporte qu'un Jour ils » se présentèrent en si grand nombre , qu'il ne se trouva pas » assez" d'habits , tels qu'on en donnait alors aux néophites , » pour tant de personnes. On en fit à la hâte d'assez grossiers. » Un seigneur normand, à qui on en donna un de cette es- » pèce , le refusa et dit tout en colère : Garde ta casaque pour » des bouviers. Voilà , grâce au ciel , la vingtième fois que je me » fais baptiser ; jamais on n'avait eu l'insolence de m* offrir oareitles » guenilles » Là-dessus l'observateur n'hésite pas à dire qu 'en général t c* étaient d'étranges Chrétiens que ces Normands convèrtism

Nous ne connaissons point de Ipgique qui autorise à conclure ainsi du particulier au général. Il y a plus , le fait dont il s'agit ne regarde point les Normands sujets de Rollon , mais d'antres Normand-;, qui vinrent en France sous le règne de Louis le Débonnaire. ( Voy. le moine de Saint Gai dons Duchesney t. Il , p. i34.) Lan 9^3, Rollon , voyant la couronne de France usurpée par flaoul , se jette dans le Beauvaisis qu'il dévaste. l\aoul enlre , par représailles, dans la Normandie, où il met tout à feu et à sang. L'année suivante , les deux princes font la paix , et Rollon y gagne le Bessin , qui lui fut cédé par Raoul, avec une partie du Maine. Rollon , épuisé de fatigues et accablé pai le poids des années, abdique, l'an 927 , en faveur de Guillaume , son fils. Cette abdication se fit en présence des seigneurs de Normandie , à qui Rollon dit ces paroles remarquables : « C'est à moi de mettre mon fils à ma place, et à j> vous de lui garder fidélité » ( IVillelm. Gemrn ) Rollon était encoie en vie l année suivante , selon Frodoard , et vécut même un lustre, ou cinq ans, depuis son abdication, suivant Guillaume de Jumiége. C'est donc une erreur visible, dans Ordéric Vital, de placer sa mort, comme il fait, en 917. Rollon gouverna son peuple avec tant de sagesse , que son nom, invoqué contre quelqu'un , l'obligeait de se présenter devant les juges. C'est l'origine, suivant la plus commune opinion , du fameux cri de haro , qui est encore aujourd'hui (17^7 ) en usage dans la Normandie. Les lois qu'il fit contre le vol furent observées si exactement, qu'on n'osait mfrme ramasser ce qu'on rencontrait par hasard, dans la crainte de passer pour lavoir volé ; sur quoi l'on raconte qu'un jour ce prince ayant suspendu un de ses bracelets aux branches d'un chêne, sous lequel il s'était reposé dans une partie de chasse, et l'ayant oublié , ce bracelet y resta trois ans, sans que personne eût la hardiesse de l'enlever, tant on était persuadé que rien ne pouvait échapper aux recherches et a la sévérité de Rollon. On rapporte 4 ce prince l'institution de l'échiquier, où parlement ambulatoire , qui fut depuis rendu sédentaire à Rouen. Rollon avait épousé , i°. Pope, ou Papie , fille du comte Bérenger (et non de Waleran, comte de Vexin), qu'il répudia pour épouser la fille de Charles le Simple. Celle-ci étant morte , vers l'an 919 , des mauvais traitements, dit-on, de son mari , qui ne l'aimait pas parce qu'elle était française , Rollon reprit Pope , dont il eut Guillaume et Adèle, dite aussi Heloys et Gerloc (trois noms de la même personne;, femme de Guillaume , Têted "Ktnupc, comte de Poitiers. Le cri de guerre des Normands était DUx ai*. Dieu aide.

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