DES DUCS DE NORMANDIE
GUILLAUME I, dit LONGUE-ÉPÉE.
927. Guillaume I , successeur de Rollon , son père, signal* le commencement de son règne par divers exploits contre les Bretons, qui avalent a leur tête les comtes Bérenger et Alain. Vainqueur de l'un et de l'autre, il reçut en grâce le premier, et obligea l'autre à se réfugier en Angleterre , d'où il ne revint qu'en u36.
Guillaume , l'an 933, fait hommage au roi Raoul, qui lui donne les terres. des Bretons, situées sur la côte maritime, c'està-dire l'Avranchin et le Cotentim (frodoard.) Riulfe, comte, de Coutances, se révolte contre son nouveau suzerain; GuiU hume vient fondre sur les rebelles, dont il massacre un grand nombre; Biulfe se sauve avec peine. Le lieu du combat s'appela, depuis le pré de la bataille. ( IVillelm* Gemmetk. , lîv. 3 1 ch. a. ) Guillaume, l'an g36 , accompagne de Hugues le Grarul et d'Herbert, comte de Vermandois , va recevoir à Boulogne le nouveau roi Louis d'Outre-mer , qu'ils avaient £ai| revenir d'Angleterre , le conduit à Laon , et assiste à sou couronnement. Mais s'étaot brouillé, Tan 939, avec ce prince, il entre, dans la ligue formée contre lui par Hugues le Grand et, (ierbert , corapUuat pour rien l'excommunication prononcée contre les rebelles, pa,r les, évoques qui étaient avec le roi. Cette révolte ne fut pas durable, et la paix se fit le ier. juillet de La même année. (Frodovd», Chron.) Peu de te m s après , Guillaume marche au secours d'tjcr^ lui» r a qui Arnoul , comte de Flandre r avait enlevé la forte-* ressç de Mon treuil. 11 emporte d'emblée la place , et la read à. Herluin.
Guillaume ayant fait une nouvelle ligue, en 940 % av^c Hu>» gues le Grand et le comte Herbert contre le roi , ils assiègent ensemble Reims, qu'ils prennent au bout de six jours , chassent, l'archevêque Artaud, et mettent à sa place Hugues, fils de Herbert. Réconcilié avec le roi, Guillaume, l'an 945. , le reçoit magnifiquement à Rouen, et s ealrem -t ensuite pour faire la paix de ce rapnarque avec Oiton, roi de Germanie. Il se rend Tannée suivante, à Péquigni -sur- Somme , pour une entrevuequArnoul , comte de Flandre, lui avait demandée. Ces deux, princes, s'y jurent une amitié inviolable. Mai, au sortir de la. conférence, Arnoul lait assassiner le duc, le 17 décembre, pw un nommé Balzpn, ou Blazon, dit le Court, son chambrier, et) cela pour se venger de la prise de Mon treuil. (Iper* * Chr. &. Bertin. , part. IV, ch. 23.) Guillaume avait épousé, à la. danoise* djt Guillaume de Jumiége, Sprote , fille très-noble, dont il) e^t l\içhar.d , qui. suit, le même lïmlm ion ajoute qu'iÀ la, répu-n
dia ensuite pour épouser Leutgaube, fille de Herbert f i, comte de Vermanaois , qui lui survécut , ét donna sa main ensuite à Thibaut le Tricheur, comte de Blois. Un moderne confond mai * propos cette seconde femme avec la première.
RICHARD 1 , surnommé SANS-PEUR*
943. Richard I, né Tan q33, succède k Guillaume, son père, sous la tutelle de quatre seigneurs, nommés dans une assemblée de la noblesse de Normandie et de Bretagne. Peu de
{'ours après son inauguration, Louis d'Outre- mer, rot de rrance , vient a Rouen , où il est reçu avec de grands honneurs. Ayant fait venir , en sa présence , le jeune duc , il déclare à ses tuteurs le dessein où il est de l'emmener , pour le faire élever sous ses yeux avec des seigneurs de son âge. Cette nouvelle , s*étant répandue dans la ville, y jette la consternation. Les citoyens, mêlés avec des bandes de soldats , entrent arec impétuosité dans le palais l'épée à la main , pour s'opposer au dessein du roi. Mais leur fureur se calme à la vue de Richard, que le roi tient entre ses bras , comme un père tiendrait son fils, et qu'il promet de leur rendre , après lui avoir donné une éducation convenable à sa naissance et a sa destination. Pour leur ôter toute défiance , il ' donne à cet enfant l'investiture de la Normandie , après avoir reçu de lui l'hommage et le serment de fidélité. Les Normands alors consentent, sans défiance, qu'il parte avec le roi pour Laon. Arrivé dans cette ville, Louis reçoit d'Arnoul, comte de Flandre , un présent de dix mille livres en or, avec une lettre, par laquelle il lui conseille d'enfermer le jeune duc dans une étroite prison , de lui brûler les jarrets , et de faire ensuite la guerre aux Normânds , pour les contraindre à retourner dans le pays d'où ils étaient venus. Richard , voyant l'esprit du roi changé It son égard, contrefait le malade, par le conseil d'Osmond , son ' gouverneur. Profitant ensuite de la négligence des gardes de son maître, ce fidèle serviteur, après l'avoir tiré de son lit, et l'avoir soigneusement enveloppé dans un paquet de hardes, l'emporte sur ses épaules hors de la ville , puis , l'ayant mis sur un cheval , le mène en diligence à Couci, et de là à Senlis. ( Willelm. Gcmmet.) Louis, se voyant ainsi dupé, se concerte avec Hugues le Grand pour dépouiller le jeune duc à force ouverte. 11 entre en Normandie par le pays de Caux, tandis que Hugues y pénètre par 1 Evressin. Mais, au milieu des conquêtes rapides qu'ils font de part et d'autre, Bernard le Danois, l'un des tuteurs de Richard, sème adroitement la discorde entre eux. Hugues, mécontent du roi, *e relire avec ses troupes, et le laisse dans un embarras qui augmenta bientôt par