GUI X
i333. Gui X, fils et successeur de Gui IX dans la terre de Laval, la baronnie de Vitré et la vicomte cle Rennes, avait épousé^, dès le 2 mars i3i5, Béatrix, deuxième- fille d'Art ur II, duc de Bretagne. Gui X accompagna, l'an 1 » le roi Philippe de Valois dans ses guerres de Flandre t où i
t>ES SIRE5 DE LAVAL. 1 t$
soutint la gloire de ses ancêtres, à ta tête d'une compagnie d'hommes d'armes. La guerre ayant recommencé en Flandre f Pan i34o, par le siège de Tournai, que firent les Anglais appelés par les Flamands, Jean, duc de Normandie, fut envoyé au secours de la place , accompagné du duc de Bretagne et du sire de Laval. Voici la lettre que le monarque écrivit au dernier quelque tems avant l'ouverture de la campagne: Sire de Laval, noussçavons et sommes certains que vous amcz f honneur et profit de nous et de nos besognes. Et pour ce que premièrement pour lu dèfension de nostre royauime nous convient faire frais et missions innombrables , nous avons faict parler à aucuns nobles de nos pays 4*s comtes d^n/ou et du Maine , comme le vicomte de lieauinonti le sire de Mathefelon , Geoffroi de Beaumont , et aucuns aultres nobles , que pour ce nous veuillent octroyer une composition de quatre deniers pour livre à estre levée pour un an pour le faict de ia guerre , oins y comme nul tre fuis nous fut octroyé ; laquelle imposition ils nous ont gracieusement octroyé ; et ainsy ont faict les bonnes villes* Si vous prions chèrement et à certe que ladicle imposition vous imitiez graciéuscment estre levée pour un an en voslre terre que vous avez ezdicies comtés ; et de ce vous veuille faillir, et nous écrivez sur ce vostrt volonté. Et aussi tenez-vous presl et garni toutefois que ndus le ferons sçavoir. Donné à la Suze au Maine , h 18 juillet* Tel était le ton que nos rois prenaient alors avec leurs grands vassaux lorsqu'ils avaient besoin de leurs services* Ai* retou* dé la guerre de Flandre, Gui entra dans celle qui sékv*, l'àta i3£i , entre Charles» de Blois et Jean de Montforr, pour la succession au duché de Bretagne. Quoique beau-frère yu second f il embrassa le parti du premier, parce que ce parti ItfÎDarut le pLus juste. 11 contribua par sa valeur et son habileté * plusieurs victoires que Charles remporta sur son rival. Mais w bataille de la Roche-Derien , qui fut donnée le 18 juin 1.347 1 et dans laquelle il eut le principal commandement, termina le cours de ses exploits avec celui de sa vie : il y fut tué après avoir vu deux fois la victoire échapper de ses mains. Son corps tyant été apporté à Vitré, y fut inhumé dans l'église collégiale de 'a Madeleine,- où l'on voit son tombeauélevé dans le chœur aveè cette inscription: Cygist noble et puissant seigneur Gui, sire de Laval *dt Vitré, qui trépassa à la bataille de la Roche-Derien le 18 juin tâfyPriez Dieu pour luy.On ne peut omettre ici un trait du res- •cntmiént de la duchesse Anne, reine de France , contre la mémoire de ce seigneur , trait rapporté par d'Àrgentré et certifié encore aujourd'hui parles chanoines de Vitré. Cette princesse, passant à Vitré et étant allée entendre la messe à la Madeleine, exatii\na ce tombeau , et , en ayant lu l'épitaphe , elle corn- ^atufc qu'on, crevât un œil à la statue de Gui , disant qu'il
avait été le plus cruel ennemi de sa maison. Mais on ajoute mie, bientôt après, elle eut honte de cette basse vengeance , et s en repentit. Toujours est-il vrai qu'il manque un œil à la statue. Gui laissa de Béatrix (morte le 7 décembre i384), Gui, qui suit; Jean, qui vient ensuite; et Catherine, femme du connétable Olivier de Clissog.