GUI XII
■ i348. Jean , second fils de Gui X, ainsi nommé au baptême par Jean 111, duc de Bretagne, son oncle , prit , en succédant à son frère aîné, le nom de Gui suivant la loi de sa maison. Peu de teins après, il épousa Louise, fille de Geoffroi VII, sire de Château-Briant, et de Jeanne de Belleville, et sœur de Geoffroi VIII, leauel, étant mort sans enfants, la laissa héritière de la terre de Château-Briant, la cinquième des neuf grandes baronnies de Bretagne. Jeanne de Belleville , mère de Louise , se remaria avec Olivier de Clisson , qu'elle fit père du fameux connétable de ce nom. Celui-ci ayant épousé , comme on Ta dit, Catherine de Laval, devint par-là double-*
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toent brauAtrère du sire de Laval; et de là l'étroite liaison <jui fut entre eux , et qui fut encore cimentée par une fraternité d'armes. Cependant , quoique les guerres continuassent ett Bretagne, il ne paraît pas que le sire de Laval y ait pris beaucoup de part jusqu'à la bataille d'Aurai. Nous voyons seulement qu'en i356, il se jeta dans Rennes avec le vicomte de Robari et d'autres seigneurs , pour défendre cette place assiégée par le duc de Lan castre, (Morice, Illst de Bref, tom. I, p. 287.) Mais, l'an 1370, comme les Anglais couraient la France sous la conduite de Robert Knoles, le foi Charles V lui donna commission de lever deux compagnies d'hommes d'armes pour s'opposer aux passage et ravages de ces ennemis. La défaite que ce général essuya cette même année au lieu dit Pontvalain, fut due en grande partie à la valeur du sire de faval ; et le roi Charles V le reconnut lui-même par le don qu'il lui fit de quatre mille livres d'or avec une pension de trois cents livres par mois pour son étal. ( Arch. de Laval , et chambre des comptes de Paris.) Il suivit, l'an , le connétable du Guesclin en Poitou, et eut part aux * conquêtes qu'il y fît sur les Anglais, j
L'an i373, Louis, duc d'Anjou, gendre de Jeanne, duchesse de Bretagne , et du Guesclin , rentrent en Bretagne avec de grandes forces, dans la vue de punir le duc Jean le Vaillant de ses pratiques secrètes avec l'Angleterre. Le sire de Laval se joignit aux seigneurs bretons soulevés contre leur prince ; et, tandis que le vicomte de Rohan s'emparait de Vannes , et Clisson d'autres villes , il marcha contre Rennes dont il se rendit maître. Ces échecs obligèrent le duc de Bretagne à se retirer en Angleterre. Si ce n'était pas l'intention de la plupart de ses vassaux qui servaient la France contre lui , de le dépouiller de ses états , c'était bien à la vérité celle du roi Charles V. En effet , ayant mandé les trois seigneurs de Rohan , de Clisson et de Laval , ce prince leur déclara en confidence la disposition où il était de garder le duché de Bretagne^ et de le réunir à la couronne comme un moyen assuré d'établir la tranquillité du royaume , avec promesse de leur en faire bonne part; et , pour cela , il leur demanda les places et forteresses qu'ils y possédaient. L'histoire dit que le vicomte de Rohan et Clisson commençaient à prêter l'oreille à ces offres, mais que le sire de Laval répondit qu'il ne consentirait jamais au dépouillement du duc de Bretagne , son cousin germain ; qu'il garderait bien ses places , et qu'il n'en arriverait aucun inconvénient; que lui et ses ancêtres n'avaient jamais varié dans leur attachement au service de la couronne et de l'état ; qu'il suppliait le roi de rendre au duc ses bonnes grâces et
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Iii CHRONOLOGIE HIStOHIQtTfi
qu'ils demeureraient tous pleiges de sa fidélité à l'avenu*, et l'em pocheraient bien de faire du mal. Charles V , mortifié de cette réponse, dissimula son chagrin, et ne cessa de travailler sous main à gagner les esprits des seigneurs bretons. Mais le sire de Laval, dans une conférence qu'il tint en son hôtel avec les deux seigneurs qui viennent d'être nommés , leur remontra la conséquence de la prétention du roi. « Vous êtes » princes leur dit-il , en Bretagne , et vous ne serez plus rien » en France. Bientôt sa majesté vous suscitera des querelles » pour vous rabaisser. Le roi commande , le duc prie. Quand » le duc refuse de vous faire justice , vous êtes assez forts pour » le ranger à la raison. » Et en effet ils appelaient de ses ordonnances et procédures de ses officiers 3u parlement de Paris ou au conseil du roi , et souvent ils étaient maintenus dans leurs prétentions ; le duc ne faisait aucune levée sans leur consentement et sans qu'ils y eussent leur part; ils participaient aux fouages et aux droits de la souveraineté : tous avantages dont ils seraient privés par la réduction de la Bretagne en simple province du royaume de France. L'effet de la harangue du sire de Laval fut que les trois seigneurs quittèrent la cour sans dire adieu , et se retirèrent dans leurs places, sous prétexte de les garder et de pourvoir aux besoins de la Bretagne menacée par les Anglais. A leur retour, les autres seigneurs bretons, ayant à leur tête Montfoi t et Montafilant , firent une association pour rappeler leur duc ; elle eut son effet sous la condition qu'on imposa au duc de ne point confier ses places aux étrangers. (Froissart, d'Argentré , du Tillet.) Ce rappel fut suivi au traité de Guerande, conclu eu forme d'amnistie le 1 5 janvier i38i. (n. st.) Les députés qui le négocièrent furent, de la part du roi , le sire de Couci ; le sire de Raineval ; Arnaud de Corbie , premier président au parlement de Paris; Anseau de Plaisans , sire de Montferrand et messire Jean de Baiz : de la part du duc , Gui , sire de Laval ; Charles de Dînan , sire de Montafilant; Gui de Rochefort, sire d'Acerac ; et messire Guillaume l'Evêque. ( Arch, de Laval. )
Le duc étant réconcilié avec la France , accompagna le roi Charles VI, l'an i38a, dans son expédition de Flandre. Avant son départ , il donna commission au sire de Laval , par lettres scellées le 22 juillet de la même année, de gouverner la Bretagne en qualité de son lieutenant - général , avec pouvoir d'agir comme sa propre personne , de donner des grâces , d'établir des gouverneurs et des capitaines dans toutes les places, d'accorder des trêves. Gui , Tannée précédente , avait fait luimême la campagne de Flandre avec le vicomte de Rohan et le sire de Clisson. Tous trois y avaient combattu avec distinction,