‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 51 sur 161 · GUI XIX · texte numérisé non relu

GUI XIX

1567. GfJlXIXfut le nom que prit, ert succédant a Guionne, sa tante, dans le comté de Laval, Paul de Coligni , né, le 11 août i555, de François de Coligni , seigneur d'Andelot, colonelgénéral de l'infanterie française, dit le chevalier Sans-peur, et de Claude de Rieux , fille de Claude de Ri eux, comte d'Harcourt, et de Catherine de Laval, fille aînée de Gui XVI, comte deLavalf et de Charlotte d'Aragon , sa première femme. Toute la succession de sa tante ne lui échut point : les terres qu'elle avait en Normandie furent divisées entre Gui XIX et le marqui$ d'Elbeuf, suivant la coutume du pays; mais, pour les domaines situés en d'autres provinces , ils demeurèrent entièrement au premier, lequel, dans les actes, est qualifié comte de Laval, de Montfort, de Quintin 9 d'Harcourt , dont il n'avait que ti moitié, vicomte de Rennes et de Donges , baron de Vitré;, dé la Roche-Bernard , sire de Rieux, de Jlochefort, de l'ArgouesL de LiHebonne , d'Aubigné , de Bécherel , etc. Son père , qui le premier de sa maison , avait embrassé les nouvelles opinions ét y avait entraîné ses frères , Féleva dans les marnes principes. La mort ayant enlevé François d'Andelot, le 38 juin i56g, n6 lui permit pas d'achever l'éducation de son fils. Elle le fut par l'amiral de Coligni , son oncle , qu'il perdit * én 1 572 , à U funeste nuit de Saint-Barthélemi, L'an 1578, il se rendit, accompagné de 1700 gentilshommes, aux états de Rennes, pourjf disputer, en qualité de baron de Vitré, la préséance au vicomte de nohan. Les évêques et les seigneurs des états accommodèrent le différept par une convention qui portait, que M. deRohail ferait l'ouverture de l'assemblée , et signerait te cahier du premier jour, 'séance à laquelle M, de Laval ne se trouverait pas, et que celui-ci présiderait les autres jours, et signerait la clôture des états.

L'an i58i , le comte de Laval se rendit à l'armée crue W duc d'Alençon assembla vers Château-Thierrî, pour aller a? iecours de Cambrai, dont les Espagnols faisaient le siège. IÀ

Î>ES COMTES DE LAVAL» tij

place fut délivrée aux approches de nos troupes , par la retraite précipitée îles assiégeants. Le comte de Laval accompagna, l'an 1^2 , le même duc dans sqn voyage d'Angleterre, d'où ce prince repartit au mois de février , pour aller se faire reconnaître et inaugurer duc de Brabant, à Anvers. Il le suivit en cette ville , et fut témoin de la cérémonie. L'an iS83, arriva ce qu'on nomma la folie d'Anvers ; entreprise mal concertée du duc d'Alençon , pour surprendre cette ville et s'en rendre absolument le maître. Le comte de Laval , qui se trouvait à cette expédition , qu'il n'approuvait pas, sauva la vie à plusieurs français, qui se rangèrent autour de lui, et cela par le respect que les habitants (l'Anvers conservaient pour la mémoire de son père et de son oncle. Il se rendit, Tan i586, en Sa in longe, avec ses deux frères , les sires de Rieux et de Sailli , auprès du prince de Condé, qui faisait la guerre en ce pays la. Un jour, le prince fut averti que lemestre de camp Tiercefin, dit la Roche du Maine, passait avec quatre cents hommes de son régiment, tous a pied, . pour aller à Saintes. Aussitôt il monta à cheval , avec environ quatre- vingt* soldats, et ayant atteint la troupe de Tiercelin, il Vattaque, et lui tue près de quarante hommes. Tiercelin, ayant soutenu cette première charge , se servit de l'avantage du terrein, où il y avait beaucoup de haies et de fossés, derrière lesquels il se posla. Le prince , dans le moment , reçut un renfort du comte de Laval , qui arriva avec sa compagnie d'hommes d'armes. Excité par ce seigneur , il fit une seconde charge malgré le désavantage du tcrrein. Les chevaux franchirent les fossés , et le comte de Laval , poussant jusqu'à renseigne colonelle , Parracha de la main de celui qui la portait. Tiercelin, voyant la déroute de ses gens, et lui-même blessé, en rallia une partie, et secouru d'un détachement de la garnison de Saintes , il gagna les faubourgs de la ville. Ce combat , qui se donna le 7 avril , fut très-sanglant. La Trémoille , duc de Thouars, beau-frère du prince, y courut risque de la vie, ayant eu son cheval tué sons lui. Les sires de Rieux et de Sailli, frères du comte de Laval , y furent blessés à mort ; l'un mourut le lendemain, et l'autre deux jours après. Ils venaient de perdre, peu de tems auparavant, le sire deTanlai, leur autre frère , mort de maladie à Saint-Jean-d'Angeli. Le comte de Laval ressentit une si vive douleur de ces. trois pertes, qu'il en mourut lui-même au bout de quelques jours dans le château de Taillebourg. On éleva aux quatre frères un même tombeau dans la chapelle de ce château. Le comte de Laval avait épousé, le premier septembre i583, AnbE, fille aînée de Christophe, marquis d' Alègre , dont il laissa un fils , qui suit. Le comtt XIII. 18

l38 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Gui XIX , dit un auteur du tems , était né pour de grandes choses, si la mort ne l'eût pas sitôt mis au tombeau.

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