‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 50 sur 161 · GUI XVIII · texte numérisé non relu

GUI XVIII

i547» Gui XVIII, nommé auparavant Louis de Sainte- Maure, chef des nom et armes de cette illustre maison, mar« quis de Nêle, comte de Joigni , succéda, Tan i547 , aux comté de Laval, baronnie de Vitré, vicomté de Rennes, du chef de sa femme , Renée de Rieux , petite-fille de Gui XVI, par Catherine , sa mère, femme de Claude de Rieux * comte d'Harcourt, qu'il avait épousée l'an i546. (v. st.). Renée, devenue comtesse de Laval , changea de nom comme son mari, et prit celui de Guionne XVIII. Elle recueillit encore, l'an 1548, la succession de Claude de Rieux, son frère unique, mort cette année sans enfants. Tant de richesses ne la rendirent pas plus heureuse. Enflée de sa haute fortune, elle commença à mépriser spn époux, et voulut avoir . l'administration de ses

terres. Gui , de son côté, ne pouvant souffrir l'empire que sa femme s'arrogeait, et voulant user de ses droits, obtint contre elle plusieurs arrêts qui n'eurent pas grand effet , par l'appui qu'elle trouva dans ses sujets, retirée dans ses châteaux et for~ teresses, où elle entretenait de bonnes garnisons* À la fin , il se fit entre les deux époux une espèce de réconciliation pendant laquelle Gui trouva moyen d'arrêter sa femme , qu'il amena prisonnière au château de Joignt , où il la retint assez longtems. S'étant échappée, Tan iSSj, avec le secours d'un de sej gardes, elle retourna dans ses terres , dont les habitants la reçurent avec joie. Gui la somma de revenir auprès de lui , et fit rendre un arrêt au parlement pour l'y contraindre. Sur le refus qu'elle fit d'obéir, il s'adressa au pape Paul IV, qui. d'après son exposé, donna contre elle une bulle d'excommunication que les ofèciaux de Paris et de Meaux furent chargés de fulminer. Cette sentence, qui lui fut signifiée au château de Meriais, près de Vitré , le 20 février 1507 (v. st.) , la porta à se jeter dans le parti des Protestants , et à embrasser la nouvelle religion. François d'Andelot, son beau -frère, voyant qu'elle n avait point d'enfants , la prit sous sa protection et la défendit contre i« poursuites de son mari. L'an 1567 , elle fut accusée d'avoir fomenté et fait éclore par ses intrigues la conspiration formée par les Huguenots d'enlever le roi Charles IX, lorsqu'il revenait de Meaux à Paris. Son procès lui ayant été fait au parlement de Paris, elle fut condamnée par arrêt , à être décapitée , avec confiscation de ses biens au profit du roi : jugement d'où les procureurs-généraux du parlement ont souvent pris occasion Se soutenir que le comté de Laval appartenait au roi, sans faire attention que tout avait été aboli par les édits de pacification. L'arrêt portait outre cela, que les armes de la comtesse de Laval seraient renversées et traînées par les rues de Paris, à la queue d'un cheval. Ce fut le seul article qui eut son exécution. La comtesse, retirée à Laval, y mourut paisiblement le i3 décembre de la même année 1567 , et fut inhumée à petit bruit dans l'église de Saint-Thugal, où l'on mis l'épitaphe suivante , gravée sur son tombeau : Cy repose le corps de trésillustre et excellente Guionne , comtesse de Laval, auparavant \ nommée Renée de Ricux , femme de très-haut et très-puissant seigneur messire Louis de Sainte- Maure , marauis de Nesle + comte de Joigni, chevalier de l'ordre du roi, et fille de feu illustre cl excellent seigneur messire Claude de Rieux, comte <f Harcourl, cl d'excellente Catherine de Laval, laquelle décéda au château àe Laval, le ifr. jour de décembre l'an , en Vannée des troubles de France, pour la religion réformée,... Les Catholiques, depuis qu'elle eut embrassé le Calvinisme , la pommaienl

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Quiomm ta folle. Il faut néanmoins convenir qu'elle avait dé grandes qualités, et que, dans ses démêlés avec son mari, tout le tort n'était pas de son côté. Le comte Gui XVIII n'était pas fait pour plaire à une femme d'esprit et de coût : outre qu'il avait le cou tordu et la figure ignoble , il était d'un caractère bifearre, et manquait de lumières et de "conduite dans les affaires. 11 mourut à Paris 9 le 9 septembre 1672, après avoir épousé en secondes noces Madeleine, fille du chancelier Olivier ùe Leuvîlle. ( Voy. Louis de Sainte-Maure, comte de Joigid.)

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