GUILLAUME I
997 au plutôt. Guillaume I , fils d'Yves, lui succéda dans la seigneurie de Bellême , à laquelle il joignit le comté du Perche. Il avait déjà rendu à Hugues Capet , de grands scr-* vices contre Charles de Lorraine, son compétiteur pour la couronne de France. Il ne fut pas moins utile au roi Robert. Guillaume eut de fréquentes guerres avec Herbert Eveille-Chien 9 comte du Maine , dont il était le vassal pour le Sonnois. Le duc de Normandie, Richard H , dont il servait dans ses hostiles, la haine particulière contre Herbert, l'encouragea par le don (ju'il lui fit du château d'Alençon et de ses dépendances. Depuis ce tems, les seigneurs de Bellême se qualifièrent le plus souvent comtes d'Alençon. On croit que le pays de Domfront lui fut aussi donné, puisqu'il fit bâtir le château de ce nom, et fonda, vers Tan 1020, dans la forêt voisine, l'abbaye de l^onlai. 11 avait aussi augmenté la fondation faite par Yves, son père, d'une collégiale au château de Bellême. Malgré ces actes
nale du Maine , était anciennement une forêt où les Saxons , chasses d Angers par les Français , sous la première race de nos rois, vinrent s établir et bâtirent une forteresse appelée d'abord Sonne, et depuis Sogne, suivant M. de Valois. ( Notit. Gall , p 4g4- ) Yves ayant fonde, conjointement avec sa femme, une collégiale dans son château de Belize, la dota des revenus de plusieurs églises situées dans la viguerîe ûc Sonnois, in Pag9 Cinomanica , in Vicaria Sogontnsi. (Bry, comtes <*&rcà<iV. 34.)
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de pi été, Guillaume n'était pas plus réglé dans ses mœujt Envieux et sanguinaire, ce caractère lui avait fait commettre de grands désordres. Touché de repentir dans ses dernières années, il fit le voyage de Rome, confessa ses péchés au pape., et lui demanda pénitence. Dans le récit que Guillaume fait luithème de sa conversion ( Bry, p. 45), il nomme le pape Léon. Haïs il n'y en eut pas de ce nom depuis o,65 , époque de la 'mort de Léon VIII, jusqu'en 1048, que Léon IX monta sur le saint siège. Peut-être dira-t-on que ce trait regarde Guillaume 11, fils et successeur de Guillaume I, après Robert, son frère. Mais les personnages nommés comme vivants dans l'acte dont il s'agit, tels que le roi Robert, Richard, duc de Normandie, Avesgaud , êvêque du Mans, Arnoul, archevêque de Tours , n'étaient contemporains, ni du comte Guillaume 11, ni du pape Léon IX. Il y a donc une méprise ici , comme l'observe D. Mabillon, sur le nom du souverain pontife. Quel qu'il fût alors , ayant égard aux infirmités du comte Guillaume, il lui ordonna de bâtir une église sous la dépendance immédiate du saint siège , el de la doter suffisamment pour y faire avec décence le service divin. Telle est l'origine de l'église de Saint- Léonard de Belléme, qui fut d'abord une collégiale , et qui, ayant été donnée ensuite à l'abbaye de Marmoutier , devint on prieuré conventuel où la piété fut long-tems florissante. Ce monastère fut, depuis, transféré à Saint-Martin du vieux Belléme.
L'an 1034* mécontent de la conduite violente et perfide de l'un de ses fils (c'est, à ce qu'on croit, l'aîné), Guillaume Je fait mettre en prison avec promesse à l'évêque de Chartres diocésain (Fulbert) de ne point le relâcher sans son consentement C'est ce que nous apprend une lettre de ce prélat au roi Robert. (Duchéne, tom. IV, p. i85 ; Bouquet, tom. X, p. 4740 Du reste, nous devons avertir que la leçon de cette lettre de Fulbert, ^ur le point dont il s'agit , n'est pas la même dans toutes les éditions. Celles qui se trouvent dans les bibliothèques des Pères portent : hooerit tua prudentia quàd Guillelmus de Bel- Jismo ultus perfidfam Jiliï tui, conjecit eum in carcerem; ce qui donne à entendre que c'est l'un des fils du roi Robert que cette lettre désigne, au lieu que dans D. Bouquet il y a filii suif qui fait le sens que nous avons suivi. Guillaume, l'an 102S, comme on l'a dit , fonda l'abbaye de Lonlai , Longiledum , dans le Passais. 11 accompagna , l'an 1027 , le duc Richard 111 au siège de Falaise, dont Robert, son frère, s'était emparé. Celui-ci, étant parvenu , l'année suivante , au duché ; par la mort de Richard, fait sommer Guillaume de venir lui rendre hommage pour le château d'Alençon. Sur son refus, le duc vient l'assiéger dans
feKS COMTÉS D'ALENÇOÎC.* tfi
ttïïe place. L.e comte, près de 's'y voir forcé, sort pieds mis,' une selle de cheval sur le dos , et vient en cette équipage demander pardon au duc , qui se laisse fléchir. ( Guill. Gemmetl iiv. V7 c* 4» ) Mais son repentir ne fut pas sincère. Bientôt, tétant soulevé de nouveau, il assembla des troupes et les envoya , sous la" conduite de ses deux fils , Foulques et Robert f' faire le dégât sur les terres de Normandie et du Maine. Celles du duc ne tardèrent pas à venir à leur rencontre. Foulques périt dans un combat livré près de Blavon; et Robert, après avoir été blessé dangereusement , y fut fait prisonnier. Guillaume,* apprenant ce revers, en mourut de cnagrin l'an ioabV Outre les deux fils qu'on viept de nommer , il eut encore de Màthilde , sa femme, Warin ou Guerin, ( Voy. les comtes Ûu Perche) ; Yves, qui viendra ci-après, et Guillaume , qui le précédera, ' '
ROBERT l.
ioa8, Robert , fils aîné de Guillaume I, devint son successeur dans la seigneurie de Belléme et le comté d'Alençon* A la mort de son père , il était prisonnier et grièvement blessé t' comme on l'a dit ; mais bientôt après, il recouvra sa liberté. Dès qu'il fut guéri de ses blessures , il continua la guerre commencée par son père contre Herbert, comte du Maine , et la fit d'abord avec succès ; car, ayant assiégé le château de Bâlon , il s'en rendit maître. Mais cette conquête bientôt lui échappa • par la valeur d'Herbert, qui reprit Bâfou l'an io3i , et y fit renfermer IVobert à la suite d'une bataille où il Pavait fait prisonnier avec plusieurs autres.Les vassaux du seigneur de Belléme sollicitèrent vainement, l'espace de deux ans, sa délivrance. Voyant le comte du Maine inflexible, ils prirent à la fin les armes sous la conduite de -Guillaume Giroye , seigneur d'Echaufour, et lui livrèrent un combat où ils le défirent. Mais cette victoire devint funeste à celui dont la liberté devait en être le prix : car les vainqueurs ayant fait pendre, malgré leur général , le che- 'valier Gauthier Sore ou de Sardene , et deux de ses fils , qu'ils avaient pris dans l'action , trois autres enfants de ce chevalier t irrités de cette barbarie , entrèrent dans la prison de Robert , dont ils avaient la garde, et lui fendirent la tête à coups de hache, l'an io33 ou ioo4- (Chron. de Norm.) 11 mourut »ns lignée , et l'on ignore même s'il fut marié.
GUILLAUME II, surnommé TALVAS.
io33 ou io34. Guillaume II succéda au comte Roiert^ son frère , Tan io33 bu io34. Sa férocité lui mérita le surnom
xi.u. t ,9
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de TÀLVAS ou T àlvat, qui pro durilia jure Taloatius vocc&atut) dit Odéric Vital. Un comte de Ponthieu, nommé aussi Guillaume , son petit-fils, lui donne le même surnom dans une de ses chartes , rapportée par le P. H. a Jesu Maria ( Samson ) dans son histoire de Ponthieu, et le portait lui-même. Ce n'était donc pas un sobriquet aussi injurieux que le fait entendre le passage cité. Ducange ( Glossar. ) et Ménage ( DicL étym. ) en donnent une explication plus vraisemblable en disant qu'il venait d'une espèce de bouclier nommé talvas , dont Guillaume se servait. On raconte de lui que, passant à Falaise, et y ayant vu le jeune Guillaume, fils naturel du duc Robert f il dit en l'envisageant : Hélas \je prévois que toi et tes descendants porterez de rudes atteintes à mon fief et à ma puissance. Un de ses premiers soins fut de travailler à venger . la mort de son frère. Avec l'aide de Guillaume Giroye, seigneur d'Echaufour9 il reconquit ce que les Manseaux lui avaient enlevé dans le Sonnois et le Perche ; mais il paya de la plus noire ingratitude les services de Giroye. L'ayant invité à ses noces avec Hade* BURGB , sa seconde femme, fille de Raoul, vicomte de Beauxhont, et veuve de Tescelin, seigneur de Monrevau, il lui fit crever les yeux, et le fit mutiler d'une manière barbare. L'histoire ne dit point ce qui le porta à commettre une action si détestable. Quoi qu'il en soit du motif, les frères de Giroye ne la laissèrent pas impunie. Ils se jetèrent sur les terres du
de Jumiège. Il se retira chez Roger de Montgommeri , comte d'Hiéme , à qui il donna Mabile, sa fille , en mariage, et passa le reste de ses jours auprès de son gendre. Guillaume avait épousé , en premières noces, Hildeburge, fille d'un chevalier pommé Arnoul, que Guillaume de Jumiège qualifie homme très- noble. Cette épouse n'ayant point voulu consentir à ses cruautés , et les condamnant même ouvertement , il la fît étrangler après avoir eu d'elle Arnoul, qui suit , et Mabile, qui viendra ci-après. Son deuxième mariage fut stérile. On. ignore Tannée précise de sa mort. (La Clergerie, p. 55. )