CHARLES II DE VALOIS
L'an i32S, Charles II de Valois, surnommé le Ma<uiauime , second fds de Charles 1 , lui succéda , ou plutôt devait lui succéder , aux comtés d'Alençon et du Perche , en vertu du partage qu'il avait fait de ses domaines , entre ses enfants, au mois de janvier 1.H22 (v* st. ). Mais nous voyons que , par un autre partage t fait le £ avril i3a6 , Philippe de Valois, depuis roi de France , donna à ce même Charles II y son frère , le comté d'Alençon , dont il jouissait avec les châtellenies de Moulins et de Bons-Moulins, de Mortagne et de Manues; ce qui montre , suivant la remarque de la Clergerie , qu'après la mort de Charles 1 de Valois il y eut du changement fait aux dispositions du partage de Tan îàzz. Charles II assista , l'an l3.28, au sacre du roi Philippe , sou frère ; et , la même année, ayant accompagné ce monarque dans la guerre de Flandre, il fut blessé dangereusement à la bataille de Cassel r gagnée par les Français , ïe 24 août , sur les Flamands. A son retour, il fut récompensé de sa valeur par le don que le roi lui fit de la seigneurie de Fougères et du comté de Porhoet, par lettres du mois de mars îSatt (v. st.). {Mss. de Coislin, n°. 1 55.) Envoyé, Fan i33o , contré les Anglais en Guieune , il leur enleva plusieurs places, et fit avec eux une trêve d'un ah. Il assista, l'année suivante , comme pair de France, au jugeaient de Robert d'Artois ; et , ce qui est remarquable , il eut dans cette assemblée la préséance sur Louis 1 , duc de Bourbon, quoique celui-ci fût petit-fils du roi saint Louis. Il l'eut de même , en. d'autres rencontres , et ses descendants après lui, sur ce prince et ses successeurs au duché de Bourbon, jusqu'à ce que le duc ï Louis H fût devenu beau-frère du roi Charles V, et oncle maternel de Charles, VI. L'an i333 , par traité passé à Maubuisson au mois de mai » le roi Philippe de Valois céda à Charles, pout
DES COMTES d'aLENÇOF. l5g
b part qui revenait à celui-ci dans la succession de Louis, leur frère, les terres de Verneuil , de Chàteau-Neuf en Thimerais, de Champrond , de Sainte- Se ho lasse et de Nogent-le-Rotrou. (Chamb. des Campt., regisL Don. CarÔLI PULCURl ET Philippc Valfs. ) Charles ajouta, Tan i345, à ses domaines la terre de l'Aigle, dont le gratifia le roi, son frère , après l'avoir confisquée sur Jean de Bretagne, comte de Montfort. ( Mss. de ûû/<«, n°. i55.) \ la bataille de Créci , donnée le 26 août i346, Charles commanda Pavant-garde? il y périt , et fut pru regretté, parce qu'il l'avait engagée témérairement. Son corps fut rapporté a Paris et enterré aux Jacobins, il avait épousé f l'an i *i 4 , Je\nne , comtesse dtr Joignt , morte sans enfants , le 21 novembre i3>8. Au mois de décembre suivant, il donna sa main à M\aiE d'Espagne , fille de Ferdinand II , seigneur <*e Lara, et veuve de Charles d'Evreux, comte d'Etampes f dont il eut Charles, qui suit; Philippe, éirêque de Reauvats, pais archevêque de Rouen , et enfin cardinal ; Pierre et Kobert, qui viendront ci après. Leur mère finit ses jours le 19 novembre i3ix), suivant le P. Fleureau , ou dix ans plus tard, selon <1 antres. M. Brussel a publié deux lettres du roi Philippe de Valois, sans date , par lesquelles on voit que le comte Charles t son frère , lui avait vendu héritatlement tous les Juifs de ses ,erres , pour une somme de ao mille libres petits tournois ; eu conséquence de quoi Philippe envoya aussitôt un justicier et urt argent de par lui, pour garder, exploiterez juger ces Juifs.
( AW. exem. des Fiefs , pag. 604. )