GEOFFROI IL
1079 au plutôt. Geoffroi II , seigneur de Mortagne, succéda dans le comté du Perche à Rotrou son père. Il avait accompagné Guillaume le Bàîavd à la conquête d'Angleterre. Geoffroi devait être fort jeune alors. Ordéric Vital (p. 676) nous le représente comme un seigneur plein de valeur et de générosité, réglé dans ses mœurs, craignant Dieu, respectant l'église , protecteur zélé des pauvres et du clergé , doux et aimable en tems de paix, terrible et heureux à la guerre. « Aussi * puissant qu'itlustre , dit-il , par sa naissance et par celle de M sa femme, il avait pour vassaux plusieurs barons d'un rang » distingué , et pour soldats un graud nombre de bourgeois » qui ne respiraient que la guerre et la faisaient avec ardeur. » Âyfcnt pris les armes , ajoute-t-il , contre Robert de Bellëme, » il lui enleva le bourg d'Echaufour, brûla plusieurs villages » aux environs, et s'en revint chez lui , traînant à sa suite mi ' tt grand nombre de prisonniers avec un riche butin. La guerre
» de Geoffroi contre Robert ne se termina point a cette eip& 1» dition. Il n'oublia rien pour arracher de ses mains le château » de Dom front et d'autres fonds sur lesquels il avait des pré- » tentions légitimes. Mais ce qui l'animait davantage contre » lui , ajoute Ordéric , c'était la tyrannie qu'il exerçait sur des » innocents qui étaient sans défense. Toutefois , il n'y avait » pas moyen d'attirer en campagne cet ennemi public, dont il p cherchait à tirer vengeance; car ce méchant homme, qui » foulait et opprimait tous les autres, les redoutait cependant » tous. C'est la raison pourquoi il n'osait hasarder de combats » en règle. Sa ruse était de se tenir caché dans ses forts , et de » lâcher, de terns en tems, ses gens pour aller foire le pillage, » craignant que , s'il se mettait à leur tête, ils ne le trahissent /» et le laissassent entre les mains de ses ennemis. Cette manière » de guerroyer entre ces deux seigneurs puissants dura long- -» tems, et causa, de part et d'autre, des pertes inestimables n d'hommes et de biens à leurs vassaux. » Le comte Geoffroi mourut au mois d'octobre 1100 (et non pas i-iio, comme il est marqué dans îîry de la Clergerie, par une faute d'impression ) , laissant 'le sa femme BÉatrix , fille , non pas d'un comte de Rorhefort , comme le marque Ordéric Vital (liv. t3, pag. oV>o), niais d'Hilduin, comte de Rouci, comme le prouve Bry de la Clergerie ( pag. 18} ) , Rotrou , qui suit ; Julienne ♦ mariée à Gilbert , seigneur de l'Aigle, neveu de Gilbert de l'Aigle, qui fut tué par les soldats de Geoffroi ; Marguerite, femme de Henri de Beaumont, comte de Warwick ; et Mahaut ou Mathilde, alliée, i°. à Raymond I, vicomte de Turenne; s", à Gui de las 'J ours ( de Twriùus), en Limos'm. Le comte Geoffroi H confirma et augmenta , par une charte, les donations faites par ses prédécesseurs au prieuré de logent, quil soumit à l'abbaye de Ou ni, .