‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 83 sur 161 · Conan ï , dit le Tort , comte de Rennes , commença · texte numérisé non relu

Conan ï , dit le Tort , comte de Rennes , commença

aprèg'la mort d'Alain , à régner sans concurrent. Mais à peine, 4tau*il en jouissance paisible , qu'il c

commença à se former un

J9& tmOftOLOGIZ HISTORIQU»

©rage qui renversa toute sa fortune. Le vicomte Hamon^ frère, utérin d'Hoël , comte de Nantes r et oncle des deux enfants.

3u'il avait laissés, implora le secours de Foulques Nerra , comte ' Anjou, pour les faire rétablir dans leur patrimoine. Foulques,, prince entreprenant et hardi , saisit l'occasion de se rendre maître du comté de Nantes, sous le titre de- protecteur des princes mineurs. S'étant mis à la tête de leurs troupes, il va faire le siège de Nantes. Conan, son beau-frère, ayant de son côté assemblé les siennes , le défie au combat. Les deux armées se rencontrent dans la plaine de Conquéreux. Conan, y étant arrivé le premier ^ avait fait creuser devant la sienne un large et profond fossé, qu'il avait recouvert de branchages et de terre. L'ennemi , en commençant l'action , donne dans le piège , et une partie de sa cavalerie est culbutée dans le fossé. Mais la présence d'esprit de Foulques et son intrépidité réparent aussitôt cet échec. Après avoir ranimé ses troupes, il fond sur les Bretons et les délai! entièrement. Conan fut du nombre des morts. Après -ceHe victoire, Foulques retourne au siège de Nantes; tpn tte tarda pas à lui ouvrir ses portes. Il prend possessict* de fcetto viWe au otmv de Judicaël , fils aîné de Hoël , et en' donné le gouvernement à Atmeri , vicomte de Thouars , qui prit aussitôt le titre doeofiata de Nantes et le garda le reste de sa vie. Le coïps de Conan fut porté à l'abbaye du mont Saint-Slichel. H avait été marié deux lois- Le nom et la naissance de sa première femme sont ignorés. 11 épousa en secondes noces, l'an 970 , ErmEM>àRdê , fille de Geoffroi Grisegonelle , comte d'Anjou. Du premier mariage il laissa Geoffroi qui suit, et quatre autres fils. Bu second il eut Judith, femme de Richard II , duc de Normandie, il laissa d* plus un (ils naturel , nommé Judicaël.

GEOFFROI 1 , duc Bretagne

nqa» Geoffroi I, l'aîné des fils de Conan, lui succède et prend* \f* titre de duc de Bretagne. Depuis lui les comte de Rennesont: toujours pris ce titré, et les vicomtes de la même ville se sont donné celui de comte de Bretagne ; mais à la cour de France 00 »'a point connu de ducs en Bretagne > avant (me ce pays ait étéérigé en duché-pairie.

Geoffroi, l'an 1008, fait le voyage de Rome. Cette année es* ]a dernière de sa vie. On prétend quHl fut tué ervltalie tfinrcoupde pierre que lui jeta une femme , pour se venger de ce que Pépervier de ce prince avait tué une de ses poules. ( Bouquet ) 11 laissa de son épouse , Havoise , sœur de Richard II , xluc d* Normandie , qu'il avait épousée l'an 9g6rd«ux fil*», Alain*

t>ES COMTES ET fctfCS DE BRETAGNE. igg

lui succéda , et Eudon , comte de Pentbievre , avec une fille nommée Adèle , qui fut religieuse.

L'abbaye de Redon eut part aux libéralités de Geofïroi, qui lui fil don de l'île de Guedel , ou de Bélier lie. Cette île, sous le réçne suivant , fut donnée par Alain Cagnart , comte de Cor* nouadle, à l'abbaye de Quimperlé , qu'il avait fondée. Les religieux de ce monastère la gouvernèrent jusqu'en iSjsl avec si peu de profit , qu'ils la cédèrent au roi Charles IX i comme un domaine qui leur était k charge. Ce monarque la donna au maréchal t|ç JRetz , à condition d'y faire bâtir un château , pour là défieadrfe contre les pirates qui jusqu'alors l'avaient désolée.

i ALAIN 111 f oit V.

1008, Alain III succéda en bas âge au duc Geoffroi , son père/ sous la tutelle d1 Ha voi se, sa mère. Sa minorité fut troublée par des événements fâcheux, {j'évêqne et le comte de Nantes s'étant brouillés pour des violences que le second avait commises , pendant le voyage du premier à Rome , en vinrent aux armes, et la duchesse embrassa le parti du prélat avec l'evêque de Vanités. Le comte de Nantes implora de son côté le secours de Foulques Nerra, comte d'Anjou?, son ancien allié, qui ne lui manquai pas. Apres divers Combats; 1Jc$:partics s'accommodèrent, par trr soins de Jqnkeneus» archevêque de Dol. (Giron. Namtct.) Ces troubles pacifiés furent sjui vis, vers Tan ioio, d'une sédition de» paysans, excités par des esprits brouillons contre la noblesse. Quoique le jeune duc ne, fut pas encore en âge de porter. les armes , Je danger était si ^pressant 4 que la duchesse sa mère le fit monter à cheval et le mit à la tête des nobles.. Sa présencè releva leur courage abattu , et les paysans , abandonnés de leurs chefs , furent contraints de rentrer dans la soumission.

La Bretagne jouissait de la paix depuis pluVréurs ânnées , lorsque Judicaèl , ou Judhaè'l , fils naturel de Conan-le-Tort , se souleva contre le gouvernement. Le duc Alain; son» neveu «, marcha promptement contre lui , et l'ayant forcé, l^n ioa4< dans le château de Malestroit où, il s'était renfermé , il l'obligea <le reconnaître son autorité. (Moiice, hist. de Brct. tome 1>

67 ) rrA ■ , i .y 5.;

Alain était ami d'Herbert , comte du Maine. Sensible au traitement perfide et inhumain que Foulques Nerra lui avait fait, il

♦ l'an 1027 , foire par surprise le siège du château de Ludeen Anjou t et déclare à Foulques, qui notait point préparé à celte attaque, qu'il ne se retirera pas qu'il n'ait rendu au comte du Maine les otages qu'il avait, exigés dfc lui , et ne l'ait dégagé des promesses onéreuses qu'il avait été obligé de lui faire dans sa capll*

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vite. Le fier Angevin fut contraint tk plier et, d'accorder h justice qu'on lui demandait. Alain Cagnart , comte & U, ■« nouaillc , avait accompagné le duc dans celle eâpédiiibfc Avant de s'en rclourcr, il lui rendit un autre services ce fut de lui amener pour épuise la princesse Berthi- , aprc3 l'avoir cnlevu à son père Eudes II , comte de Blois.

Le duc Alain perdit sa mère , la duchesse Havoise, en 1044. Elle ne s'était pas dessaisie du gouvernement de la Bretagne, et avait toujours tenu ses enfants dans la subordination. Apws sa mort , Alain et Eudon son frère firent un partage qui , Lien qu'avantageux au second , ne le satisfit pas. Les deux frères en vinrent à une guerre qui fut promplement terminée par la médiation de Robert , duc de Normandie. Ce dernier, en parlant peu de tems après pour la Terre-Sainte, laissa la tutelle de Guillaume , son fils naturel , et le gouvernement de la Normandie, au duc de Bretagne, comme à son plus proche parent et ^fôn plus fidèle ami. Robert étant mort, le 2. juillet ioa5,a Mcée , le duc Alain se déclare pour Guillaume contre ses cmd- • pôtiteurs , et marche en Normandie , l'an 1 <> U3 , à la tète d'une année, pour soutenir ses droits. Alain réduisit les rébelles au bout de quatre ans, après avoir pris Roger de Montgommen leur .chef, dans une de ses places. Mais, aussitôt après cette expédition, il fut empoisonné, et mourut le 1 octobre io4o. Son corps fut inhumé dans le chapitre de Fécamp. Son épitaphe nous apprend qu'il était beau , bien fait , très-liberal , plein de valeur et de piété. Il laissa de Rerthe un fils âgé seulement de trois mois , ou d un an tout au plus, et une fille nommée Havoise, femme d'Hoël , qui devint duc de Bretagne. Il eut de plus un fils naturel, nommé Gcoffroi , oui fut comte de Rennes. Berthe se remai ia , peu après la mort d' Uain , avec Hugues H , comte du Maine , fils du fameux Eveille-Chien. aaskj

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