‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 84 sur 161 · CONAN II · texte numérisé non relu

CONAN II

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1040. CoifAK II , fils d'Alain III , ou V , lui succéda dansa première enfance. Le comte Eudon , son oncle, s'etant empare de sa personne et du gouvernement , tint le jeune prince , pendant sept ans, dans une espèce de captivité. Les seigneurs bretons , craignant pour les jours de Conan , font irruption dans le palais en 1047 , et le délivre des mains de cet usurpateur. L'année suivante , il est reconnu solennellement à Rennes souverain de Rrelagne. Eudon néanmoins, après avoir donné des assurances de sa fidélité , fut continué dans la régence pour huit ans. Conan, devenu majeur, en 1067, se brouille avec son oncle ( on ne sait pour quel sujet ) , lui livre bataille et le lait prison-

Googl

nier. Geoffroi , fils aîné d'Eu don, continue la guerre pendant cinq ans , soutenu dans ses actes d'hostilité par Hoël , comte de Nantes. Enfin la paix fut conclue ea loba. D'autres vassaux de Conan s'élevèrent ensuite contre lui, et mirent dans leurs intérêts Guillaume le Bâtard, duc de Normandie. H y eut des délits donnéo entre ces deux princes , et des places assiégées de part et d'autre. L'an io66\ Conan , voyant Guillaume prêt à passer la mer pour aller à la conquête de l'Angleterre,, rassemble toutes ses forces pour fondre -sur la Normandie , à laquelle il prétendait comme descendant du duc Richard L (.e contre - tems «jet Guillaume hors de mesures Un chambellan du aIuc de Bretagne qui avait des terres en Normandie, tire Guillaume d'embarras par un expédient abominable : il. empoi son 0£; les gants et le cornet de Conan. Ce prince les ayant approché de sa bouche , fut saisi de la violence 'do rçmsm y dont il expira peu de teins après. Son épitaphe met sa mort» au n décembre 1066 ; mais si elle a précédé le départ de Guillaume pDiir l'Angleterre , elle doit être arrivée au mois de septembre. (Juo'i qu'il en soitT il fut enterré à Saint- Mêlai r*e de l\enm\s. On ignore s'il fut marié. 11 ne laissa qu'un fris naturel 7 nommé Alain. ( Morice , hist* de Brct , t. 1^ pagi^i«t*^K/ ar r>£o/J >hi- im.. .. f ...

4Ui» ï6iÛfU6 fdf£lft ,J>, j »«; y .... >,* , -

io66. Hcrx , fils d'Alain iCagnart , comte de Coraouavlle , est r<M onsni duc de Bretagne , après la mort de Conan. L'an io;4t il donne retraite à Ralph de Gael , seigneur breton , établi en Angleterre , ët réwiité contre Guillaume le Conquérant. Guiliauitoe jétaut^ venu , Tannée suivante, mettre le siège devant Doi t Alain Fergeiit , fils d'il oël , et Ralph , se jettent dans la place, et la défendent avec vigueur. Mais,' vraisemblablement, ils eussent été forcés de la rendre à la fin, si Philippe 1, roi <le France , ne fût venu à le,ur secours. Guillaume, à l'approche de ee monarque, se retire avec: perte. C'est ainsi que les historiens anglais du. teois .parlent de ce .siège. Ceux de Bretagne, raxoutenfe la «chose d'une manière un peu différente. Hûël , disent —ils , ayant obtenu le duché de Bretagne , contre *t vien de plusieurs seigneurs du pays , qui aspiraient au màne honneur , engagea le roi Guillaume à se joindre à lui pour les assiéger dans le château de bol , où ils s'étaient retranchés. Mais Philippe , rot de France , étant venu au secours de la place , les obligea de se retirer. Quoi qu'il en soit f il est certain que ce fut le roi de France qui fit lever le siège , hien qu'Ordéric Vital ne fasse point mention de ce prince dans le récit de cette expédition. Sans parler de Siméon de XU1. a6

a0a CHROÎïOtOGïE mSTORIQTJE

Durham , de Brdmton , de Mathieu Paris et d'autres chronV queurs anglais, qui attestent cette circonstance; nous avons ua acte de Barlhelemi , abbé de Marmoutier , daté in anno et fit

ipsis diebus quando ibal rex Franciœ Philippus in Britanmam contra regem Anglurum , qui ibi obsi débat Dolum castrurh. (Mabil. Ann. Bened. tom. V, pag. 96. ) Peu de tems après le siège de Dol, Hoël va faire le dégât sux les terres d'Eucton v fib jk vicomte de Porhoet, qui le fait prisonnier; mais Alain, son fils , ayant ranimé le couraçe des soldats , a l'avantage de réridre la liberté à son père. Hoël mourut le i3 avril ioo\^ / labsant d'HAVOlSE, son épouse, fille à" Alain III, morte en 1072, cinq enfants: Alain Fergent, son successeur; Mathias, qui fut comte de Nantes ; Eudon ; Adèle , oui fut abbesse de Saint- Georges de Bennes , et une autre ulté , nommée Havoise. (Monce , hist. de Bret. tom. I , paç. fff^t \^ . ^

- " ' ALAIN FERGENT, " BW^Purf^L^.

: 1084. Alain Fergent , dit aussi le Roui^ , fils et sùccesseur de Hoël , ayant commencé son règne par déclarer la guerre à GeofTroi le Bâtard, comte de Rennes, le fait prisonnier, ejt l'envoie à Qu imper , où il mourut là même apnée. Peu. de, tems après cette expédition , Gùillaumele Conquérant exige d'Alain, comme il avait fait de son prédécesseur , l'hommage de la Bretagne ; et sur son refus, il va faire une seconde fois , pour .l'y contraindre , le siège de' Dol. Repoussé avec une perte considérable , il fait la paix avec Alain , et devient. son ami. ( Voy. les ducs de Normandie. ) Alain , à là sollicitation dé GuiWume;e marche contre Herbert , vicomte du Maine , qui de son gâteau de Sainte-Suzanne , faisait dès. courses fréquentes jet heureuses sur les Normands répandus dans le rià^S.' tTette

fuerre , où les enfants dé Guillaume combattirent sÛus'Alàin, ura trois ans, et fat terminée à l'avantage du vicorhie. Alain avait épousé , peu de tems après sa réconciliation avec

,duc d'Aquitaine, dont il eut deux fils et une fille : Conan^ïjui fsuit ; GeofTroi le Roux , qui finit ses jours à Jérusalem V Fan ni6; et Agnès, dite Havoise dans la chronique de Saint- JBrieux , fewne de Beaudoin Y1I , comte de Flandre , dont elle ftt

tnsuite séparée pour cause de parenté. Alain se croisa , l'an 1 096 , et Çt le voyage delà Terre-Sainte, où il passa cintj aiis. Il fournit, Pan 1106 , des troupes à Henri I , roi d'Angleterre, pour achever la conquête de la Normandie. ( Hernie. Uuniind. ) Frappé , vers Tan 11 12, d'une dangereuse maladie , il forma le dessein d'embrasser la vie religieuse, et lexcula en se relitirant dans le monastère de ttedon. Il y passa le reste de ses jours, et mourut le i3 octobre 11 19. Ermengardc renonça au monde à l'imitation de son mari, et se mit sous la conduite deRobert d'Arbrissel. Maisquoique retirée à Fontevrault, elle n'y embrassa, pas La profession religieuse : il est meme certain qu'elle rentra dans le monde ; ce qui lui attira les reproches de Geoffroi , abbé de Vendôme. Bille y renonça de nouveau , Tan 1 104 , ou au commencement de l'année suivante , pour aller s'enfermer dans le prieuré de Larrei sous-Dijon , où elle reçut le voile dos mains de Saint-Bernard , comme le témoigne (^onan , son fds , dans une charte du 28 juin 1 i35. (Bouquet, tom. XII , pa». 566.) Elle n'y persévéra néanmoins pas ; car nous la voyons assister, en 1140 \ à une assemblée de barons qui se tint à l'abbaye de Saint-Sulpice en Bretagne. Elle mourut quelquesmois après, et fut inhumée à l'abbaye de Redon. (Morice, hist. de Brel. tom. L, pag. 99. ) ( Voy. Guillaume le Bâtard , à* de Normandie.) 1 * ™

, , €ONAN III, dit LE GROS.

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ii,!2, Conas III , surnommé le Gros , fils d'Alain et d'Er-

mengarde, devint duc de Bretagne par la retraite de son père.

U prouva son zèle pour les intérêts de la France , l'an 1 124 ,

«njnarchant au secours du roi Louis le Gros , contre l'empereur,'

qui nèfles attendit pas , et se retira honteusement. L'amour de

la justice le porta , l'an 1 126 , à faire arrêter et enfermer dans

la tour de Nantes , Olivier , seigneur de Pont-Château , sur

les plaintes qu'il recevait de ses déprédations. : Il punit de

même quelques autres seigneurs coupables de pareils crimes,

ce qui excita un soulèvement des barons contre lui. On en

ftnt aux armes-, et il fut battu , suivant la chronique de Nantes ,

dans un combat qu'ils lui livrèrent. Ce prince mourut le 17

septembre 11 48, âgé de cinquante-neuf ans , après avoir désa*

▼oui publiquement Hoel , fds de Mathilde , son épouse , fille

naturelle de Henri I, roi d'Angleterre. Il laissa de plus une fille,

nonunée Berthe, qu'il avait mariée , vers l'an 1 i3y , à Alain II ,

dît I» Noir, comte de Richemont, fils d'Etienne, comte de

£en,thièvre. Cette princesse , devenue veuve d'Alain » épousa

ïudes, comte de Pprhoet, qui suit*

at>4- CHROWOtOGII HISTORIÇO*

EUDES * HOEL VI, et GEOFFROI l.

ii 48. Eudes, ou Eudon t comte de Porhoet, fut reconnu duc de Bretague , par ceux de Rennes, après la mort de Conan , et Hobl le fut par ceux de Nantes- et de Quimper. Les deux concurrents se livrèrent, l'a* ii54, une bataille, dans laquelle Eudes a l'avantage. L'an n5fe, Hoël est chassé par les Nantais , qui se donnent à &ROFjFRoi., frère de Henri II* roi d'Angleterre. Geoffroi mourut sans alliance, le 27 juillet de l'an 11 58 , et fut enterré dantf la cathédrale de Nantes*

CON AN IV ^ fcorLE HETTT; k.

>«n56. CoNAîi IV, surnommé le Petie , fils d'Alain, dit le Noir, comle de, Kicbemo^L , 1 et d^iBertbe , fiUe^du doc Conan 111 , revient d'Angleterre , bu il- «'était retiré , s'empare die la ville de Hennés, dépouille Eudes*, son. heau-père, et je fait prisonnier. Eudes , s'étant éebappé 4e ^a,priaqn , se réfugie auprès de Louis VU , roi de France* Dan n5$ , après la mort de Geoffroi , Conan se rend maître diif^omjé de Nantes , qui lui est enlevé, au, mois de^ septembre : dp U même, année * par Henri II, roâ d'Angleterre. Il epoqsç , l'an 4*(k>,r M\RGUlr rite, sœur de Malcolme , roi d'Ecosse. La duchesse Berthe étant morte , Eudes revient en Bretagne ^ et prend , le titre de comte de Vannes et de Cornouaille , soit que par un traité Conan lui eût cédé ces deux comtes, soit qu'il sea fût emparé de force. Il n'en demeura pas-l.i, s'étant ligué avee Harvé, vicomte de Léon , Guiornarch , son» fils , et d'autres seigneurs, i) fit en leur compagnie des courses sur les terres du du« ^;«ju il*

seulement il fiance Constance , sa fille , âgée pour lors de ciaq ans, avec Geoffroi, fils de ce monarque, quinen avait <jue ^îuit: mais il a la bassesse, quelque tems après 9 de lui abandonner la souveraineté de la Bretagne* ne se réservant que lq comtéde Guingamp» Tel lut le prix de la conquête que Henri fit pour lui du château de Fougères, dont le seigneur était l'uni de* confédérés. (Voy. les seigneurs de Fvugères. ) Henri était à peine sorti de Bretagne,, que la ligue se renouvcLa, Cennonarqueiviit en otage Alix, fille d'Eudes* sa cousine-gennaine t Henri et Berthe, mère #Alix , étant enfants des deux sœurs. Sans respecter ni le droit des gens, ni la liaion du sang, ni la religion , Henri se venge du père en ravissant l'honneur à la fille-

DES COMTÉS ET btfCS DE BRETAGNE. 2o5

Eudes fait à ce sujet retentir la Bretagne de ses plaintes. Un grand nombre de seigneurs en sont émus , et jurent de s'unir à loi pour lirer une vengeance éclatante d'un outrage aussi criant*. Henri les prévient avant qu'ils soient préparés à la guerre , 'et enlève rapidement à Eudes le comté rie Vannes avec la moitié de celui de Cornôuaille. Il triomphe également des autres confédérés, et fait couronner à Rennes, l'an 1169, son fils Geoffroi , duc de Bretagne. ( Robertus de Monte , Gervasiî Chron.) Conan IV ne survécut pas long-tems à cet événement qui achevait de le déshonorer. Il mourut le 20 février 1171 , n'étant plus alors considéré que comme simple comte de Richemont et de Guingamp. Il fut inhumé à 1 abbaye de Iiégar, au diocèse de Tréguier. Constance, dont on vient de parler, fut l'unique fruit de son mariage. Une tante de celte princesse \ soeur de son père , et nommée comme elle , ayant< té destinée par sa mère au roi d'Ecosse , avait refusé sa main lans ^espérance d'obtenir celle du roi de France , rouis le Jeune. On voit en effet qu'elle* la sollicita par la lettre suivante

* apportée par DuchéYne (totn. IV, pag. 725 ) , et dont la date appartient à Tan 1 160 , avant le mariage de Louis avec Alix de Uïatnpagrte. '« Je ne puis', dit la princesse bretonne , laisser -ignorer a votre excellence ( df^nitatl oestrm ), qu'elle occupe' » depuis long-tems mon esprit , et que d'un grand nombre de n présents que l'amour a porté divers princes 6 m'offrir, je

* n'en ai jamais von lu recevoir am un. Mais je fais une erteep— » lion en votre- faveur : et si, touché de l'amour extréYne que

* je vous porte , vous voulez - bien m'envoyer quelque gage de » votré retour ( aliquôd amoris insigne ) , soit anneau , soit otfel- » que autre présent , j'en ferai plus d'estime «pie de la chose

* 1» plu» précieuse du monde. Je vous rends grâces du bôri » accueil que vous avez fait à celui que je vous avais envovr. u S'il y a dans ce pays quelque chose qui puisse vous faire "plaisir, oiseaux de proie, chien*1, chevaux , on quelque

* autre chose que ce soit, je vous prie de me le faire savoir par *ie porteur; je vous l'enverrai avec toute la joie que peut " avoir à vous obliger une personne qui préférerait à l'honneur, u qui n'a dépendu que d'elle , d'être reine d'Ecosse (en épou- J' sant le roi Ma'eolme IV), celui d'être alliée au dernier des " vôtres, si la fortune ne veut pas à mon égard pousser plus ■ loin ses faveurs. Vous verrez , aussitôt que mon frère Conan

* sera revenu d'Angleterre , qu'il n'y a rien de plus vrai que

* ce que je vous dis. J'irai à Saint - Denis en dévotion et pour

* jnuir du bonheur de voire présence. Ayez soin de votre san'

* si la mienne vous est chère ». Des raisons d'état, ou qu' tootif inconnu , empêchèrent le monarque français de rè£

2o6. ^WRO'NOljOCfE HISTORIQUE

aux vœux de Constance de Bretagne , et déterminèrent sont choix pour la princesse de Champagne. Au reste , dans la traduction que nous donnons de cette singulière lettre , noua nous sommes écartés de celle qu'en a donnée l'historien moderne de Bretagne , parce qu'elle ne nous a point paru assez latérale.. La princesse Constance épousa depuis Alain 111 , vicomte dei Rohan. {Voy. Raoul II , baron de Fougères.), j , '

GEOFFROï IL

il 71. Geoffroi, llr fils de Henri II, roi d'Angleterre , Wl le 26 septembre ii58, fut universellement reconnu duc de- Bretagne, quoiqu'il n'eût pas encore épousé Constance, fille et héritière de Conan IV. 11 fit preuve dé valeur , Tan 1 179 * contre Guiomarch , vicomte de Léon, qui , à l'assassinat qu'il., avait commis , l'an 1 17 1 , sur la pèrsonnc d^Hàmon ? soa frère* évéque de Léon , joignait des brigandages qu'il ne cessait» d'exercer avec ses fils dans le pays. Geoffroi le poursuivit si. vivement, qu'il le réduisit à deux paroisses, dont il ne lui, laissa même la jouissance que jusqua Noël suivant, terme auquel il se proposait de partir avec sa femme pour la Terre- Sainte. Mais Guiomarch mourut , suivant dom Monçe, au* mois de septembre de la même ann^e 1179. Le mariage de* Geoffroi avec Côostance, fut ènfin célébré / l>n u8t , au» retour d'une expédition qu'il avait faite avec deux frères^ pour la défense du roi Philippe Auguste, contre le duc de Bourgogne , les comtes de Sancerre et "Hé Flandre, et la comtesse de Champagne. (Morice, 'ffist. de Brel. ,,tpm*lt pag^ Peu de tems après, îl marche avec ses frères au*

secours du roêmè monarque dans la guerre qu'il avaitrayec le roi^ leur père. La paix ayant été faite , l'an 11 82, en^ré ce» dernier et ses enfants , Geoffroi , par son ordre ^se s^iimitàrendre hommage de son duché au prince Ilcn/i i,.dji a^JÇpurt-^ Mantel, son frère aîné. Ce dernier étant mort l'an i i tfô, Geoffroi, qui avait pris part à sa dernière révolte, continuait défaire la guerre en Aquitaine. Pour Le contraindre à quitter çepays, son père fait passer en Bretagne des troupes > qui font lesiège de la tour de Bennes, Ouelles réduisent en cendres j e^, rebâtissent aussitôt. Mais Geoffroi ne les laissa point tranquilles* dans ce poste. Etant revenu prompteraent en Bretagne, il le* assiège à son tour , et les oblige de se rendre à discrétion. L'abbaye-de Saint. Georges et une partie de !a ville furent ta proie desflammes dans ce second siège. Geoffroi traita de même la ville* et le château de fiechérel, pour se venger de Roland de Dinan,T seigneur de ces lieux qui s'était déclaré contre, lui. S!élantt

réconcilié avec son père, Tan n84» suivit en Angleterre*

En Bretagne, de tems immémorial, les baron nies et chevaleries se partageaient entre tous les mâles de la même maison. Ceoltroi, 1 an 1 185 , tient une assise , appelée y assise du comte Gcuffroi, dans laquelle il règle , du consentement des barons t qu'elles appartiendront désormais en entier aux aînés, lesquels seront tenus seulement de faire une provision sortable à leurs cadets. L'assise laissa néarrnio^n,sau pouvoir des aînés, quand il y aurait dans la succession plusieurs terres, outre les baronnies et les chevaleries, de donner, quelques-unes (Je ces terres aux puînés au lieu d'une provision.

La Bretagne, après de fréquentes altercations de ses principaux seigneurs avec Gcoffroi, subjuguée et pacifiée par ce prince, ne remplissait pas l'étendue de, son ambition. Il convoitait encore l'Anjou, lin ayant fait la demande au roi, son père, il essuya un refus, qui lui fit prendre la résolution de se rendre • maître de cette province par la voie des armes. Dans ce dessein « « il va trouver, au commencement de l'an n86, le roi Philippe Aûgcste , à Paris, afin d!en obtenir du secours. Le monarque, ravi de le voir de nouveau brouillé avec son pore, le reçut avec

rersé par terre et foulé aux pieds des chevau: Il mourut oeu de jours après de cet accident, le 19 août 1 i86f a l'âge de vingt -huit ans. Son corps fut inhumé , par ordre du roi, dans la cathédrale de Paris, et ce fut le premier qu'on y enterra. jfMartenné \ Atnpliss. Coll., tom. V, col. du.) Constance , sa femme , dont il laissait une fille , Eléonore, élaàt -enceinte^ lorsqu'il mourut , et accoucha , le #0 avril 1187 , d'un fils qui Tu 1 nommé Artur. Elle épousa, la morne année, Raoui- P^e, comte de Ch ester. Mais les Bretons le chassèrent après la mort du'rpî Henri II, son protecteur, arrivée l'an 1189. Cous- ; iance le rcgfétfa peu ; et dans la suite, prétendant .que son mariage âvec Ranulphe était nul, elle épousa, l'an 1199, Gui «cTltoùars, clout elle eut deux filles, Alix et Catherine. La chronique de Saint-Martin de Tours dit de Qepffroi qu'il était beau ^é visage, habile au métier de la guerre, et si libéral que, jorsrjjië l'ôn retenait dans ses arsenaux , faute de paiement , les aimes bue ses chevaliers y avaient commandées , il Les payait lui-môhi£ sans qu'ils l'en priassent, et les leur faisait remettie. Mais ses Fréquentes révoltes contre son père , ont imprimé à « mértiôire une tacite que ses bonnes qualités n'ont pi* e|Tacer.

.*.' ■ " ARTÛR 'ét' tôte»Ë.- " V"' ""

1 196. A a 1 1 a , fib po.nhume ,<le Geoffi») ei ,Jt Cmufaoce, né, comme on l'a dit, le 3o 4^ de J'wiify w„e*.feow*u comte de Bretagne dans une a^mblée, Ops ,éiats >„Aew< i Reni.es 1 an 1 1 90. Richard, rp* d'Angletqrre , «Wette

mari , et Ta fait conduire an< château, de, Sai^TJ«o«pies 4*3^ yron , ou elle resta prisonnière, Us w%nea^M*iomàtyuim ? ™hard* pqur pla^d^4« <*y*içpndniAe<< ^ raonarqm , loin de les satisfaire, envoie des, troupes;en Brejta^e f*^^ le dégât. Il arrive lui-même i'aajée s^ met tout à feu et à sa^ig. Cefcjdaq&la^emain^ les plus horribles ravages. ^ Jjarpo^ ayant a^embl^lw forces, marchent contre Richard ,,et Je incitent *n *jéro*tfjefrès de Carhais. Sûrs qu'il n>n, Jeni^W^f1 Pflint M$ s^isfrakitt le jeune Artur à sa furenr^ et.pj^vpje^^Ja.cQwr ide^hilippe Auguste. Bientôt la Bretagne. <?st,n> ^oupeauj dévafttàej p* te Brabançons, que Bichard y ^vaHv,f*it ^nîr-^ %etQlft |h portent leur* plaintes, mais ya^nc^^nit(an rol -d^f WÇfcfïl reste dans l'inaction. Artur tiaJÎ^Wen conseillé, ridait*, par#s députés, avec Je roi f son oncje^;^ piflçufle/fla 4*pr^« la comtesse V9u agçbesse, sa m^..,pi^a^9 &nlM^/ gagnai seigneurs bretons, et les peManMof, .partJ^Artufi^ce^^ velle , quitte fcruyemeiit la Irai^e* lïMQmmfarm oncle liichard ipeurfc le, 6 avril, 4p>XwwÇ mw& i « *an, son frère, s^mparedu t^ne d',W#We , :a^pr^çp #A*tur, Je légitime héritier par(4e 4ro4 de.jepr&enfcfcoo,, de Geofiroi , deuxième fils de Deonjlt Les '^urangea^^ tes Angevins, les Manseaux , se déclarent pour, Art W,^qu^iai|i son entrée solennelle le lendemain de P^ès de ee4t0 ftni|^ej)f jans la ville d Angers , au milieu des ap|rtau4issem?nte% foostance s'étant remariée dans ces^ eotrefaUes; 3vec Gui «de; ThoW* remet son fils entre les mains du roi, de Jvaujceu Artur rend à ce pi ince hommage-lige de la. Bretagne , jJn Poitou^ d$, }a Hjmr raine, de l'Anjou, et du Maine- Çet atfe/ de soumission je peut néanmoins attacher Philippe,; Auguste, à se^jnMk/to* '-Il oblige Artur, l'an iaopTa faire hommage oVjaf Br^tagn^au roi Jean. Constance ayant fini ses jours sur la lin 4e,^'atP flAOi» Artur aussitôt se. rend en Bretagne , Ên> s^a ejUrêç^îl^iu^s, et y reçoit solennellement la colonne ducale^Ti^rpis de France et d'Angleterre s'étant brouillés ^nnée suivante,,. Artur va joindre le premier au siège, de . Gfium*h m-,$mnw$* Philippe lui fournit deux çenu hommes d'armes, et lWoya

tots cbMTES r/r dùcs de Bretagne. hôg

faire la guerre en Poil ou. Plusieurs barons viennent se ranger sous sa bannière. 11 attaque Mirebeau , où la reine Eléonore, son aïeule, s'était renfermée. Il prend la ville, mais lé château lui rôwAte: 4 *e toi Jean survient lorsqu'on l'attendait le moins. totêt es* surpris ddrts son lit au milieu de la niiitdu 3i juillet au premier août $ fait prisonnier avec presque tous les siens, et conduit à Falaise. Le roi; son oncle, l'étant Venu trouver dans lechàteau de cette ville, où il était enfermé , n'oublie rien pour l'engager à Pômpré avei? le1 roi tJe France # et à se désister de ses ])fétentioil^ Artur, si iW eti croit Mathieu Paris, répondit à ce frince, qu'il ne renoncerai* jamais aux droits que sa naissance lut donnait surPAhjou, U Tburaine, le Maine, la Guiennc, et l'Angleterre. De Falaise, 'Jè*n le fait conduire à la Tour de Roue». €e fût aii piéU ôu1 peu 16tn de cette tour, que le roi i son oncle y 4'égorgea de ses propres mains , dans un bateau sur la Seine , le jeudi-saint f à avril i2o3 ( n. st. ) , puis le fit jeter dans la rv^ière, où ilfùl 'péch'é lé lendemain , et ensuite inhumé secrètement an prietiré de Notre-Dame du Pré , aujourd'hui Notfe-Darme de Bonne-Nouvelle. ( Gui!. Brit. apud Duchêne , T. W, p; Aniîàl. Marfc/Henr1. Krypt. , 'p. 241 4; Mal/h.

Paris ad art, 1207. y-Les" barons et lesévêques de Bretagne , indignés <le cet attentat, s'assemblent à Vannes et députent au roi - Philippe , Gui de Thôuars , qui avait pris le titré de duc dé Bretagne > pour lui jrorter leurs plaintes touchant le meurtre d'Artiir. L'an 1206, Philippe, craignant que le roi Jean, quiv #vait en sa puissance Eléonore * fille d'Artur, ne vînt à s'emparer de la Bretagne, voulut le prévenir. S'étant présenté devant Nantes, les portes lui en furent ouvertes par ordre de Ûui de ThouaYvqoi n'osa lui résister, quoiqu'il eût formé de mauvais desseins centre ce prince. Philippe fut alors reconnu pour seigneur ^>ar les Bretons , pendant la minorité de leur princesse , et Gui £e Thouars ne fut plus regardé que comme régent, en attendant qu'Alix, sa fiUe aînée, fut en état de gouverner. Il ïnounit , le i3 avril 12 i3j à Chëmillé , et fut inhumé à Ville- NeuVdy "auprès dé Gonstânce , son épouse , laissant de son mariagfe «ne seconde fille, Catherine, qui épousa, l'an 1212, André de Vitré. A Pégard d'Eléonore , fille d'Artur f elle finit »<*s^oursy l'an I24l * dans le château de Brissol, où le roi Jean* son oncle, Pavait fait enfermer, et fut enterrée, comme elle Pavait 'désiré , dans l'abbaye des religieuses d'Ambresburi. Sa mort calma les inemiétudes du duc de Bretagne, Jean I, régnant alors, qui Craignait toujours qu'Eléonore ne fût mariée à quelque prince qui voulût faire valoir ses droits. Commé elle était 1 aînée de la duchesse Alix, ses droits étaient incontestables sur la Bretagne. (Morice, tora. I-, pîg. 174.)

XUI. 27

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I2i3. Pierre Csurnoramé Mauclerc, parce qu'ayant; .fttér destiné à la clericature , il avait embrassé le parti des annts, ou , selon d'autres , parce que; , de conçu t ave Henri, il ne Je liourgogne , il avait, travaillé à diminuer la juridiction ecclésiastique), fils de Robert II , comte de Dreux , qui était peii^Bk de Louis le Gros, roi de France,, fut cl&oisi par )N&ifg>9uA*i guste, Tan i ai 2, pour épouser A,M*, fille aînée de G«i de Tbouarsetde la duchesse Constat.) A van* le mariage,» Philippe exigea de Pierre,, qu'il lui ferait fe^-,/^, (et, qUliljjwH^n vrait les hommages des Bretons aWQ)iCftltei cblHM.t4w^> JfcMIûV cfo<? au m de France* n4tre\sk*J^*&l-m-$mm& le 27 janvier 1216 , et . fut dès-lors ^^.vagwdé^omni^, dpcfde^ner tagne. Outre ce duché, sa femme . bil*gp«rtai,l«nCQrté de Richemont, en Angleterre. 1\ avait ^ 4$jw)n .<»dH , les serçtf&iries de Fere en Tardenois, de Loj^gjfutfeau* d* Brie^CaffltenJta bert, de Pontarci et de Chaiili. Ce prince était le plus soi rit net eL le plus habile de son tems , mais il avait plus de penebatat au mal qu'au bien ; et dans ce qu'il a\ ai t de bon , il se glissait toujours quelque vice qui en effaçait le mtu i te. Inquiet et. tui buknfo il eut presque toujours les armes à la mam , et. les emnloja lour à tour contre les ennemis de lï'tat , contre ses su je ts , confié son roi , et çqu,t<re les infidèles. §01* premier adversaifle fujjtfaj* sans-Terre, roi d'Angle terre. Ce monarque javatU .dé&iipqwé), lin 1214, à la Rochelle, avec une puissante armée, travSWnle Poitou, passe la Loire , se rend maître, d'Angers t el^wti/tf présenter devant, gantes , que le duc était Qficupé po*r 4o*f à fortifier. Le duc , après avoir considéré le «ambre et Ja. diapwi* tion des ennemis , marche a eux m bon ordre , fcsa charge avec tant de vigueur , qu'il les obligea pmd^h?(ml^C^9^^ de cet avantage , il ramène ses, trqupes;, et rentra 4an*( U >vjltfe. Robert, son frère., moins prudent nue hû» <$e laisse empester à son courage , poursuit les fuyards Péfée a Ja; main , *t fin lue un grand ^nombre ; mais, s'etant trop avancé. , il est pns par les ennemis, avec dix 1 -lie valiez. Ce fat tout l'avantage que les Anglais remportèrent île l'attaque de cette vilifc. <') nr/up

Pierre Ma uclei c , résolu de règne r «sur Ja Bre tagae avec une

autorité absolue , entreprit d'abattre également la puissance du clergé et celle de la noblesse de se* états. 11) commença par le clergé, dont il attaqua U juridiction et, lea privilèges, Ja vm$t lance qu'il trouva dans les, évêaues ne $ervit .«qu'à L'ttrUerJ CeJttf de Nantes, qui était le moins disposé à céder f éprouva ta,pW

DES COMTES ET DUCS DE BHETAGNE. ait

grandes marques de son courroux. Ce fut en vain que ce prélat fulmina contre lui, ftfth 1217; une séïitence d'excommunication , conGr^ée par l'archevêque de Tours : le duc sut la faire lever par U pape à des conditions qu'il se mit peu en peine de

remplir."' ' V ■ • 'î . ur%t y1 -uni .-.!;■ ; m;t 1 1

W*n i tei , on vit éclater la division dont le duc avait jeté tes semence* parmi la noblesse. Les vicomtes > de Léon, qu'il avait chassés de leurs terres sous prétexte quWs empiétaient sur ses droits , formèrent Ortie' ligue considérante pour se défendre. Leâueftd&ve moyeu d'en détacher le vicomte de Rohan, avec ses vassaux , qui étaient en très-grand nombre. Il se réconcilie mt Méque de Nantes, *t rassemble une grande année , avec laqaellé il va ehfireber les «nhemis^ occupée à faire le siège de Châteaû-Briant. Leur ayant livré bataille le 3 mars 1*22, il en xn0ti«#e partie en fuite7, « taille en pièces le reste. Les vicomtes de Léo* ne fiïrertt pôim découragés par cette victoire, continuèrent la igfcerrë avec le duc pendant quelque terns Và» V2a3 , Pierre Matfclevc jette les fondements de ïa ville et du château de Sainr-Auhin-du-Cnrmîer. Il prend la croix , Fan 1 a&6 et va joindre l'a rm ée que le1 roi Louis VIII avait âsaemMéé '* Botarges' îpowr^ faire lâr guerre aux Albigeois. Ce monarque ét<ânt moH: da-ns* cèlté expédition , le acj octobre de la rtàrrièiauriée, Pierre Maudlerc cabale avec plusieurs princes f contre h reiné Blanche, récente du royaume; Cfe f>f}iïte et le cohite- de 1* ;M&f< he y abandonnés de leurs partisans , sont contrmts^fcrA'' 1227 , «de tenir feir* hommage au roi dans le château de Vendôme. De retota* en Bretagne, Te duc recômmenre aferiéeutér le clergé.1 Les évêques l'ayant excômmunié, il saisit leuntem^orel > «tfcri châsse» trois de leurs sféges. Etant entré, raôi iki^ ilans une nouvelle Hgue contre h rëgèritë , il entreprenne* le>er \« roi sur 4a route d'Orléans ; mais sdn dessein eiN&oirvert , elle coup est manqué. (Voy. lès rois de Fronce ) (^gnabt leV suites de cet attentat, il vase jetter aux pieds du rwy et luidemande pardon;' Le roi lui fait grâce , et ne le rend P»«4i«^cmto4s. llésolus de se venger du comte de Champagne qtii test avait trahis \ te «lac W ses confédérés entrent l'année vivante dans la Champagne, qu'ils dévastent. Le roi marche contre eux , les oblige d'évacuer le p,vs , et les poursuit jusqu'au fond *lu Ttamerreris; X Vôy. les Comtes de Champagne. ) I^ducr^Wiâ rééenirs au roi d'Angleterre, et l'excite à foire ime descente «n France. H arrive luinnAerne, le 9 octobre, a Portsmouthyet y feit hommage au roi Henri 111. Saint Louis tient, l'an taâoyune assemblée des pairs et des barons, dans laquelle il fait déclarer Pierre de Dreux, coupable de félonie, «far4à, déchu du duché de Bretagne. La même année, le

CHROSOLOdlt HISTORIQUE roi d'Angleierrc ayant débarqué, ]e 3 mai avec une arm« .••nmdable, à Sain,-Ma!o, k L lui liv,, «V«Sg2 $ï e oblige «e pari,, de ses barons à lui faire I.onu, / iffi

fe;;: 'ir ,,mu. arna,7 rspn,ir' * étirai £

châteaux dans la résolution de s'opposer de toutes leurs

inia'S- L° TO> sa,,U, Lo.™ déminait cependant ,

pas ce deh les barons

eu d.Ugenreà leur rencontre. I! bat leur armée /léf rna« e ia,l «h grand nombre de prison****. C'est tout ce q« 1

brvtïgiw , ma.s la suite fa,t vo;r que les esprits demeurerai' ^flcœcnt ,rr,tes de part et d'autrl. A' V «onciirerau

J.a trêve dont on vient de parler étant expirée l'an 13M

«faux secours, h ayant pu rien ohtemrJeVse voyant pressé d'un cote pariern.de France, prêt à l'écraser, cfe Ta'u re £ donne de ses barons, il prend le parti de vVnir s'humi^ 1-

SaieTîS^ Pa,i5- L>"4 1111 ?» saint o L L terrible, si i on s'en rapporte à Matthieu Pari* le vovant à

«s p,eds la co,d, au cou , Mauvais traître, lui .li -if , « que tu a,es mérité une mort infâme, cependant e e •- >• Jcnne<,,.çor)$Idora.io„ de la noblesse de ton Sanc • in s" » ne la^ra, la Bretagne à ton fils que pour sa v e seulemn » et,eyWx cp,'n;,réS samort les rois de France sô.Vnt les m , très de ta terre. „ L'historien , au TOS,r, nc gara^li pa 1^ et( déclare qu d ne le rapp,,, te que d'après un ouï-din Ce es cer.a.n, c est que Pie.r, Maùcterc se soumit à t ' ■ , mo, e, ,, ,,.,„e s, raète v^utlraiew ordonner: qu'il n o

S in? ,1 . r\TS t,U r°'' P°ur ,rois ans • le» « hâtèaux J 6a.n -Aiil,,„, de Châteaucçaux et. de Marn.il : qu'il sVnr,

de plus, dés que son fds serait majeur, d'aller e i rinofœ ses frais en Palestine : , , qu'enfin il s'obligea de r bï a Wc»c bretonne dans tous ses privilèges. Pierre Mai ère 1 parole ; et dès que e traité fut concfu , il cn4y?d££ •, SM - AnAle„„e qu'il renonçait a l'hommage AS pendant sa levolte. L'Anglais se vengea ^ ]a saisie dù S

DES COMTES ET DUCS DE BRETAGNE! 2l3 <Je Richcmont et des autres terres que le prince breton possédait dans les états dontre-mer. Celui ci ne laissa pas ce traitc- 1 1 aient impuni. Ayant équipe quelques vaisseaux , il se mit h l^n^H -$mcr' troubla partout le commerce des Anglais, et pilla tous ce„K quil put joindre. Enfin, pan Pierre irait son duché à Jean,, son fils aîné, et ne se qualifia plus dcnms que Pierre de Braine, chevalier. N'ayant alors plus rien î [*irc cn/.rancc i ll se croLsa > comme il l'avait promis, pour ? lc™rSa,nle, avec plusieurs princes et seigneurs français, dont d fut nomme le chef par le pape Grégoire IX, et partit, lan 12D9, pour Lvon, où ils devaient se rassembler. Mais ils

reçurent en cette ville un contre-ordre du pape, qui leur enioi«*nnU An c\.n n: ~. i 1 1

.«.^ lt 5,r^r uu marnas, us allèrent camper, ou ils s arrêtèrent quelque tems. Pendant qu'ils y séjournaient, tterre Ma- iclerc enleva un convoi considérable des infidèles, 'latine pour Damas , et passa au lil de Pépée la troupe qui Pes^ ctfrtait. Cette action, qui In couvrit de gloire, excita l'émula m àuLres croises. Ils se mirent en marche, contre la ^ense du roi de Navarre, pour aller surprendre les Turcs , n'rent c^x-mémes surpris par la garnison de Gaza, laquelle, tombée sur eux, en tua plusieurs, parmi lesquels se trouva le comte de Bar, et en fit un plus grand nombre pri~ sotohiPrs. .Pierre Mauclerc obtint leur dclm.uiœ au moyen d'une t;e^qud conclut en 124! avec les infidèles; après quoi il * «Marqua, au mois d'avril, pour revenir en France. 11 se 'misa de nouveau, Pan 1248, et accompagna saint Louis dans Wttpediriô'n d'Egypte. Son avis, en débarquant en ce pays, «ait que 1 on assiégeât Alexandrie, et cet avis était sans conufd.t e meilleur: mais il ne fut pas suivi, et celui du comte

AWis> 3ui e!.ait Pour a,]er droir.au Caire, prévalut. (Joino.

£ p. ^).) Pierre, ayant accompagne ce prince à la malneurpuso affaire de la Massoure, en réchappa, non sans Mes- - , 1 °{ ajourna joindre le ,01. A nous tout droit, dit Join-

* quittait reste avec le roi , vint le conte Pierre de Bretagne, . l'ivenoU tout droit de vers ia Massoure , et cstoil navré d'une spee parrrn le visage, si que le sanc H cheoit en la louche. Sur un bas ^ ai >icn fourni seoit ; ses rênes avoit getèe.s sur Vurron de sa selle y « tenoit u ses deux mains , pour ce que sa gent qui estaient dariere V munit te pressoicrU , ne le getassent du pas. Bien sembloit que il

< ti 1

le prisast pou ; car quant il crachoit le sanc de sa louche , 3 disoit : Foi pour le chief Dieu, a<ez-veu de ces rilausp (I/jùL p. 5i.) Il fut pris quelque teins après avec le saint roi , le 5 avril ia5o, et emmené à JpannVtle. Ayant été remis en liberté après au r payé sa rançon, le lendemain de l'Ascension, il partit aussitôt avec les comtes de Flandre et de Soissons, pour retourner en France. Mais il n'eut pas la satisfaction de revoir sa pairie, étant mort sur mer trois semaines après son départ, sur la fin de mai, comme le marque D. Morice, et non le 22 juin, comme le prétend l'historien de Valois. Son corps fut rapporte en Fiance, et inhumé, non à Ville-Neuve, près de fautes, ainsi que le marque le P. Anselme, mais à Saint-Ived de Braine, où Ton voit encore sa tombe, avec son épitaphe rapportée par I). Mal ienne. (Voy. Litt. p. 27.) Il eut d'AxiX. , sa première femme, morte le 2.1 octobre 1221, deux fils, Jean, qui lui succéda, et Artur, mort jeune, avec une fille nommée Yolande, u'il maria avec Hugues Xi de Lusignan , fds aîné du comte la Marche. Pierre avait épousé en secondes noces Maiw.it.- RITE de M ont A G u , veuve de Hugues , vicomte de Thouars, dont il eut Olivier, dit de Braine, seigneur de Moutagu.

Ce prince est le premier duc de Bretagne qui ait fait mettre des armoiries à son écu. Elles consistaient dans un échiquf te te] que les portait Robert de Dreux, son père, et daus u quartier d'hermines pour brism&, , IlfD *w\,jj

îiba onu nùna JiLJLi, i'iun^ ûwc ^titteXl'lb ' i lt

JEAN I , dit LE ROUX.

ter,

Paris, il tait hommage-fige au roi saint Louis, puis revient on Bretagne, et se fait couronner à Rennes, dans le mois de vembre i2.'6y. Le nouveau duc, après cette cérémonie , reç les hommages des barons, et promet de maintenir leurs libe tes; mais, il refuse la même sûreté au clergé. Ce prime 31 épousé, l'année précédente ( n. st. ), au mois de janvi 1>LANCHE, fille de Thibaut IV, dit le Posthume, comte de Champagne, et d'Agnes, sa seconde femme. Marchant sur kjj traces de son père, il s'attira, comme lui , des excommunications ; et , malgré sa fierté, il fut obligé , l'an 123(3 , d'aller * Rome pour se faire absoudre. Mais les conditions de son absolution le brouillèrent avec ses barons. (Morice.) L'an laâ/t Jean cède les droits qu'il avait, par sa femme, sur le royaume de Navarre.

Le roi d'Angleterre , Henri III , retenait toujours le comte

DES COMTES ET tolCS DE LR STAGNE. 2 1 j

»? Rirhemont , qu'il avait saisi sur Pierre Mauclerc. Le duc an s'était fiai té qu'en considération du mariage de son (ils aîné, contracté, l'an i25g, avec la fille de ce monarque, cette igueurie lui serait rendue. Mais Henri se contenta d'en pay«T h râleur, et retint le fonds. Pressé néanmoins par les imporlunitcs de son gendre, il lui en céda enfin la propriété , le W juillet 12^8: et lui permit d'en prendre le titre. Saint Louis .vint entrepris, l'an 1270, une nouvelle croisade , le duc et li duchesse de Bretagne, le comte et la comtesse de Richement , leurs fils et bru , voulurent être de cette expédition. Ar- ^ en Afrique, ils y furent témoins de la mort du roi de France , arrivée le 25 août de la même année. La plus grande partie des croisés s'étant alors déterminée à repasser en Europe^ Ip comte de Kichemont fait voile vers la Syrie, avec le prince r.douarèl d'Angleterre , cinq cents Frisons et d'autres troupes t îxfjuollcs vint se joindre sur la route le roi de Chypre avec les ienoes. Leur dessein était de forcer le fameux Bondochar à lever le siège de Ptolémaïde1 t5u Sarîrit-Jean-d'Acre, auquel il tobsrinait depuis long-tems. Cette expédition n'eut aucun succès. Le prince Edouard partit de Palestine le 22 septembre I272 , et ramena, comme on ne peut en douter, le comte de Bichemont avec lui, 9fOïrnq s

IM duc Jean le Roux eut de fréquentes altercations avec les *ques de ses états au sujet de la régale et de leurs droits temorels. Celui qui lui résista avec plus de force et de persévénce fut l'évêque de Nantes, avec lequel il fit enfin une paix lide. Son caractère entreprenant le compromit aussi avec ses nuis. Jl augmenta ses domaines par l'acquisition qu'il fit, en 1276, du comté de Léon. 11 changea , la mé*me année , le droit <le bail pour les mineurs, qui leur était fort onéreux, en celui de rach.it , et déclara que la succession des Juveigneurs , morts sans enfants , doit retourner aux aînés, nonobstant l'hommage fait au suzerain. Ce prince termina ses jours, le8 octobre 1280, e de soixante et dix ans, et fut inhumé à l'abbaye des ri. La duchesse, son épouse, était morte, le 12 août 1283, et avait vu sa sépulture à l'abbaye de la Joie , qu'elle avait fondée. De leur mariage sortirentsix fils: Jean, qui suit; Pierre,

né l'an 1241 , décédé le 19 octobre 1268 ; et quatre autres fils ,

I morts -»»»™* >za<ii, > m „ ttunai f * 1 a. . sa&ûaausrj

août

or, décédée dans un âge tendre.

Le duc Jean I quitta les armes de Dreux sur la fin de son gne, et prit les hermines, telles que les ont portées ses successeurs. ( JW. Tr. de Diplom. , tom. IV , pag. 180. )

2l(î CHRONOLOGIE UiSTCÀiQtifi

1286. Jea$ Il (comle Je Richement), fils aîné de 'ïeatit

il prit le parti de P Angle torercdltlïfe la France. Après avoir tenu ses osis à Ploërrael , le 19 août , il s'embarqua, dans, te mois d'octobre pour allée comman<ferl'arrhée* àrigfai& en Git* cogne. Il changea bientôt d'u&térâts } etfl^nnéestiivàtâeyâwbt reçu des Anglais plusieurs sujets <le méeohtentëinentrj îipuHîa léur parti pour rentrer dàrts celui do lia France/ 'Vàn rïtn \ if arrête le mariage de son petit-fils Jean f fils d^Arrurj a^et'Is-fl beau , (illc aînée de . Charles de Valois, Crèrë dè Phili^jfe lel Bel, Sgée seulement de trois ans; En considération oe ' cet k alliance, Jean II est créé duc et 1 pair de' France ati'mdfc,* septembre par le roi Philippe le Be). C'est le premier eSceJiifc qu'on ait de ces sortes de création**. La firetagne' to*âV5it)ÊÏ proprement jusqu'alors que dei tototcsF Pierre JHfaucleré: toujours appelé cornes Brilannus par': les autèufV dti 't'éu^ ; Jean I , son fils , n'a point d'autre* titre d^ns^pufllàYime à Naogîs. 11 est vrai que d'autre» fcts* cricris1! ui dôhnèhl celui duc t ainsi qu a quelques-uns de' se» ^predécésscùrs. Itfals Bretagne ne fut 'reconnue pour duché que lorsque ^hilipbë Bel, par son autorité royale, eut donné le titre dé dtrcva Jeinlf! Et , ne possit in dubium rwoeari, dit le rdi dans ses lettres d^ërec, tion , ducem fpsum , qui cornes aliquûndo nostris in ' fitterb ' fii voàatus , ducem fore^ et terram Bntunniœ ducatum existetè^ ijrl sumr/ue ducem in posierum dehere voeàn , auctoriiate fÇ'ghî'èt eA ce^ta scientia declaramus. Ces lettres , données à CouYtra^ sonl datées du mois de septembre 1297* fclles ont ser>î de taotfèll pour les érections qui se firent dans la suite dé terres én docfc'a pairie. , , - ^ ,

Le duc Jean tient , Pan i3ck>, une assise , où il interprjf celle du comte Geoffroi , et y ajoute de nouveàiw re^ememi L'an i3o5 , voulant terminer le différent qui subsistait tdii

malheureusement écrasé sous les ruines d\irt mur, le rXno vembre, et mourut de cet accident quelques jours1 après. Sb/i corps fut porté à Plaê'rmclj en Bretajpie, et inhumé 3àrtf

fcES ÊOMTES ET DUCS DE BRETAGNE. 21 7

leglise des Carmes. De Béatri* • riïle de Henri III ,,roi d'An-

ï^^^V^TVI^^^rfW^^^^^tt1^*1'"6 'Beâtrii d'Angleterre ; nefe a5 |q^|^i^ftl|^tiÇcè4e'iài3<MFi père, règne huit ans, et nu'urî , le 27 §G$L dfl ian.A^i 2 , au château de Vïsle, près de ^Ko^qfr-Berf ard, u Jaiesantltrmfc HW de Marie , sa première kmhie JUle ■Jhéfiit^ç id&lGéi IV , viromte de Limoges, qu'il avai t ppoufée^e } sasbir , Jean 111, son successeur Gui , do^nl*^^ de Limoges ; et Pierre,

™$?m 4A^|è ^«de iaf ddchcAé^ri^, ar-

rJYe,JfaA^^4,iÀrfufi awO dptfuse en secondes noces , en mai iiQgiJffl^X^tyfafetàp Rîibfirt IV y comte de Dreux, et de Bealrii, ^mmiêsse dfr jMontfbrt-l'AmaMri y fiant elle* fui héri— ù% > J^xe/XlW^ «IiMpi , morte en De

ceyeraIUw«AiArtliar -eut» JïatLLdè Montfort , qui disputa la BretagneTOkar,^^ lBtoi**I«aW,eq& Fut mariée à Robert de flana/e , sçigueur de Caasel ^Beatri* , qui épousa Gui X , seîgpçjff. fd^^ de Vendôme*; Blaache > morte «p bas âge ; et Marie', tjui fut religieuse de PjqUs?, Le duc Airtur fut enterré aux Carmes de Ploè'rmel ; A'olande, sa femme^-ie suivit ara toflilieau l'an i3aa. Le clergé de Bretagne exer§ait\depùis long-tems , lorscp'Artur II parvînt au duebé r deu* prétendus droits, nommés leiierçage et k pa$t nuptLil , que les laïques $ et sur-tout la noblesse, lui avaient vivement (contesté* souple règne précédent. Le premier de ç^,à^o\t$ consistait à; preuâdre le utiers des meubles de tout père de famille après sa mort ; par le second , on se faisait adT >uger une, «rt^nfr somme arbitraire pour le repâs des noces. Le duc J&d^ ce différent. Son^ successeur fert plus heureux. Ayant envoyé son

paroissien^ \e rectrur , ou cure , n'aurait que la neuvième partie des meubles , les ji£lte$: préalablement déduites ; que ceux, qui Sauraient, gaf la valeur de trente sous en meubles seraient exemuis du past nuptial , et c(ue ceux qui en auraient au-delà XIII, 28

HHRONOLOGÎÉ HISTORIQUE

i ... nou dl entai juh uïi «ui^ér al mot .

paieraient, les uns deux sous, les autres trois, suivant leurî facultés, le tout à la commodité des nouveaux mariés. Le droit (Je tierçage, ainsi réduit, fut appelé neume , et les nobles ep lurent exempts. I). Morice observe qu'il s'est conservé jusqu'à nos jours (17^0) quelques vestiges du droit de neume en basse £1 élague, el dans les diocèses de Nantes et de Saint-Malo.

14 ni

JEAN III , jjrç^LE B0NJtll0ViJC

Jean III, dit le Bon, fils d'Àrtur et de Marie de Limoges, né à Châteauceaux, le 8 mars 1286, reçoit les hommages des Bretons et des évéques de Bretagne aussitôt après la mort d'Artur II, son père. Vers Tan i338 , il marie sa nièce , Jeanne, (ill<* de Gui, comte de Penthièvre, avec Charles Je l£lob, fils puîné de Gui de ( hâlilîôn , comte de Blbis , et ii Marguerite de Valois , sœur de Philippe de Valois , roi Je France , et désigne Charles pour son successeur. Jeanne ûm dVbord été offerte à Philippe, roi de Navarre, pour son fits Charles, surnommé depuis le Mauvais, à condition qu'il prendrait le nom, le tri et les armes de Bretagne. Mais Philip; déclara qu'il ne souffrirait jamais que sou fils quittât les fleurs de Lis pour les hermines , et aima mieux laisser èchaf>pef fa Bretagne. Charles de Elois , dès le moment de son mariage, fut regardé comme héritier du duché de Bretagne. Le duc Jean ! Bon fut attaché au roi Philippe de Valois. L'an i339 , il sui ce prince à la tete de huit mdle hommes dans son expédition de Flandre. Il tomba malade à Caen , en retournant dans ses états, et mourut en cette ville, le 3o avril 1 -34 1 , ne laissant qu'un bâtard nommé Jean. Il avait épousé en premières noces, Pan 12^7 (u. st.), Isabeau , fille de Charles de France, corn: de Valois, morte l'an i3q6,l' et donna sa main, Pannec suivante, à Isabelle , fille de Sanche IV, roi de Castille i#de Léon, décédée le 24 juillet 1828. Enfin il s'allia en troisième noces, le 21 mars ^29, à Jeanne, fille d'Edouard , romi de Savoie, morte à Vincennes, le 29 juin i334, et inhnf] aux Cordeliers de Dijon. Jeanne, par son testament , avait légi ses droits ou ses prétentions sur le comté de Savoie et fa seigneurie de Beaugé à Philippe , duc d'Orléans , fils du roi I lippe de Valois. Lé comte Amédée VI , possesseur de ces domaines , fut obligé , pour les conserver , d'entrer en accommodement avec le roi de France. ( Voy les comtes de Sm*oie. ) U duc Jean, après la mort de sa troisième femme, avait penv' faire l'échange, de la Bretagne contre le duché d'Orléans. Mau l'opposition de ses barons ue lui permit pas d'exécuter ce ik*sein.

Sous le rèenc du duc Jean le Bon, Tan 1 3i -7 , Galcrari Kicolas, dit de la Grave, originaire de Quimpcr , fonda le collège de Cornouaille à Paris Un aulre breton , Geofiroi du Plessis , crime maison distingué? au diocèse de Saint-Malo t fonda, Tan i3^2, dans la même ville, le collège qui porte son nom, et le dola de fonds pour deux cent quinze bourses, dont il adjugea la collation à Fabbé de Marmoutier. C'est en wrlu du testament de Qeofjroi du Plessis que les abbés de Marmoutier ont gouverne ce collège pendant plus de trois cents ans.

CHARLES DE BLOIS et JEAN DE MONTFORT.

i34i. Charles de Blois et Jean de Montfort prétendirent tous deux au duché de Bretagne après la mort de Jean le Bon ; le premier, comme époux de la nièce de Jean le Bon , et désigné son successeur; le second , à titre de fils d'Artur II et d'Yolande , sa seconde femme. Jean de Montfort, ayant appris la mort de Jean III , son frère, se rend à Nantes , y est reconnu duc de Bretagne , et en peu de tems il s'empare de presque tout le duché. Charles de Blois en porte ses plaintes au roi de France : Montfort est cité à comparaître ; il vient à Paris avec quatre cents gentilshommes, se présente devant le roi, puis se relire avant la décision de son affaire. Les pairs , assemblés à Conflans , rendent, le 7 septembre , un arrêt ca faveur de Charles. Le roi , pour faire exécuter ce jugement , envoie une armée en Bretagne, sous la conduite du duc do Normandie, son fils aîné. Après avoir pris Châtcaureaux et ( arquefou , le duc assiège Nantes; et Montfort, qui s'y était renfermé , se rend prisonnier: ainsi la querelle semblait terminé*' ; mais la fermeté de Jeanne de Flandre , épouse de Monlfort ? empêcha les fâcheux effets qui devaient naturellement suivre <le.la captivité de son mari. Cette héroïne , Tune des plus courageuses princesses dont l'histoire fasse mention , rassura iws esprits, et soutint un parti qui paraissait abattu. On la vit faire toutes les fonctions du général le plus habile et le pîm expérimenté, et du plus brave soldat, marcher en campagne le casque en tète et Fépée à la main , soutenir des sièges, assicger des villes , combattre sur mer et sur terre.

Vers le même tems une autre héroïne signala sa valeur ea sifçUgne contre la France. C'était Jeanne de Belleville , veuve d'Olivier <1<> C Jisson , que le roi Philippe de Valois , sur des accusations d'intelligences avec le roi d'Angleterre , avait fait ^tapiter publiquement à Paris , sans aucune forme de procès* ( * oy. tom. î , pag. 5<jG , col. 2. ) Jeanne , dans la résolution ds

venger la mort de son époux y marche à la tête de -400 hommes Vers an château qui tenait pour Charles de Blois. Etant près <ïe h place , elle détache 40 hommes de sa troupe pour lV-cotapagner, laissant le resté en embuscade. «Sur la demande (jumelle fait d'entrer dans le château , le capitaine qui ne savait p» le sort de Clisson , lui fait ouvrir les- portes , dans la persaasioa qu'elle était en partie de chaise, Mais le son du cor avant aussitôt averti ceux oui étaient embusqué v^^oô^^V se renileiit •maîtres de la place, et passent tout *e qu'ils rencontrent au fil de répée , à l'exception du capitaine qui se sa* u va. Après oecoujy, la dame s'embarque avec sa troupe4, «Curt la mer y et immole aux mânes de son mari tous les niarehands français qui tombent j entre ses mains. Le roi de France 4 instruit de ces désordres , "bannit Jeanne du royaume, et confisque tous ses 'fcuetts. Eilese retire à Hennebon , auprès de la comtesse de Montfort , emmenant avec elle son fils , Olivier i'qéi- fut depuis connétable de France. ( Le Baud , fcsf. eh Br&.?n&%/<i\gfij!)< \nt<*\ : • '•#m Jean de Montfort s'étant évàdéiue sa prison j. l'ani^S» par l'adresse de quelques pauvres gctfc-qtft-le déguisèrent 'en marchand , va d?abord eri Angleterre v>pUrf revient en ftomcëi et «irneurt enfin le 26 septembre de la" môme afrnée , bissant un £fe-, nommé comme lai , qui fut datts Itt smte p^isiWe possesseur darduché de Bretagne* La comtesse de Montfort né» fut? pas plus déconcertée par la mort de soi* imaiv qu'elle l'avaie 4té> pa* sa {prison , et avec le secours' des Anglais , conduite par J homas » Agevfcorle r <elle> fit tôle' à Charles de Rlois piur lequel elle gagna « plusieurs batailles. La plus funeste pour celui-'C^fat'cfeUède la îloche-Dèrien, qu'il perdit le t8 (et rionlea©^ jirin l 'dfyjicïtito > Ageworte , général des Anglais, qui % après avoir été '"pris deux fois et délivré deux fois , remporta la victoire 'et f&cCnarlesde K' m s prisonnier. Ce prkice fut transféré l'année suivante en Angleterre , et renfermé dans la tour de Londres. Jeanne de Pffla- «ihièvre,; femme de Charles, fait alors pendant la captivité de. son mari ce qu'avait éait Jeanne de Flandre, épouscae Jeande Monlfort, pendant la captivité du sien, et ce qu'elle faisait encore depuis sa 'mort Ces deux femmes poussèrent «la guerre arec vigueur. L'an 1 ii5o , Cahburs attaque Ageworte , le tue , 'etfàit •raain basse sur cent hommes d'armes de sa suite» Lés paysans, que les ravages des Anglais avaient réduits au désespoir, s'étant rassemblés sous la conduite de Pierre de Craon et d autrës chevaliers, vont les assiéger dans la Roche-Derien * forcent la place et massacrent la garnison, v 1 On vit Pan ic»5 1 i un exemple singulier de> l'espèce de fanatisme où l'esprit d» chevalerie et de galanterie précipitait 'les jpobles deice tems*»là. Le maréohal de Beauirçatîqir $ attaché an

pirti de Charles de Blois , et Richard Bembrough, capitaine anglais de Ploërmel , s'etant provoqués , convinrent d'un duel , et se rendirent dans le champ clos qu'ils avaient choisi, accompagnés chacun de trente ebampionsj Avant qne d'en venir aux mains Beaumanoir s'écria que cette journée prouverait qui estce qui avait la plus belle maîtresse. Les Anglais furent défaits , Xm ou faits prisonniers ^et/les Bretons acquirent la pleine et ridicule liberté de vanter les attraits de leursdarnes. On sait , et on l'a déjà dit ailleurs , que, dans une des charges ( car il y en eut plusieurs ) , Beaumauoir blessé et succombant à la suit , ayant demandé à boire, Geoffroi du Bois , undeses compagnons^ lui ena 3 Beau manoir , boù> ion sang ; et que ce mot est devenu le ci i de cette maison, Une ancienne chronique date ce combat du samedi avant le dimanche Lœtare ( nb mars ) de l'an 1 35o ( finis-

saut à Pâques >/ A* ^-iIimui »J »■ o >f ••••• m .

L'an 1002 ou i3 53 Charles de Blois , après avoir éfcé traité à Londres pendant plusieurs années aussi dilrenotntj qu'il eût pu l'être à Maroc , recouvre la liberté pa i un traité faifcâvec Edouard 111 , roi d'Angleterre. Mais -le traité ayant e te rompu par Edouard, est obligé de retourner en Angleterre v et ne redevient libre qu* sur lajfi»,de ?ià96V>en donnant pourdôtages deux de de ses *o(ié6w i?es JbeatlUt«ë^bieànlnt après recoin mencent outre ]es deux i entendants* fcréc nir acharnement égal et dès succès varies* L'an a36£; commet* étaient sur le peint d'en venir à une bataille rangée dansi la lande d'Evran , des évoques les engagent à faire un accommodement par lequel ils partagent entre eux la Bretagne. Le traite fut signe le 12 juillet r maigre Jeanne (le Peut hlèvi e , femme de Charles' de Blois , laquelle refusa de Gratifier- Elle écrit à son mari qu'eRe l'avait prié de défendre mi héritage , et qu'étant armé $ û ne devait pas en sacrifier une ponie. Je ne suis qu'une femme , ajoute-t-elle , mais je perdrais pktâl la vie , el deux si je les avuLs . que de consentir a une chose • 'ù honteuse. Charles aime mieux violer sa parole que de déplaire \k Wffemme. Il est donc résolu déterminer le différent par la voie<desarmes, Enfin , l'an i364 , après une guerre de vingt ans , Charles de Blois , contre l'avis de: Bertrand du Gueschn, que le w>t Charles V lui avait envoyé, livre, le 29 septembre, la fameuse baiaUle d' Aurai , dans laquelle il perd la vie, du Guesclin la ■liberté, et Olivier Clisson qui combattait sous ce général , un <*u\ Charles de Blois était d'une rare dévotion , vivant au milieu -(ta .camps comme dans un cloître. Le jour de la bataille il avait • entendu trois messes , s'était confessé et avait communié. On lui trouva une haire sous ses armes avec une ceinture de cordes. Av^c tout cela le tort était de son côté , ne fut-ce. que pour n'avoir yas voulu , par déférence pour sa femme dont, il était

022 ï CHRONOLOGIE HISTORIQUE

esclave, tenir le traité de partage qu'il avait fait avec Je jeune Montfort. H le reconnut en expirant, si les dernières paroles «ju'on lui attribue sont vraies; J ai long^tems guerroyé , lui £auV on dire , contre mon escient , c'est-à-dire contre ma conscience?

sur ses vertus. Le jeune Montfort vit le cadavre de soi* r.hwl et donna des larmes à son sort. Ah ! mon: cousin , s'ecria-t-il , par vatre opiniâtreté vous avez été cause êe beaucoup de maux m tire ta g ne. Dieu vous le pardonne \ Je regrette beaucoup que vous estes vertu à cette maie fin. Son corps fut inhumé aux cordeliers de Guingamp. Charles laissa trois fils, dont deux étaient prisonniers en Angleterre ; Jean et Gui qui y mourut. Henri , le troisième, encore enfant , était auprès de Marie, duchesse d'Anjou , sa sœur. La duchesse Jeanne , femme de Charles ,

septembre *3o*4.

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Ua^j <.:.-»;. »£,j eb»t6 * rUtU a*JL* <TW£M In» *>/. .*f :»'i1!»h1su A L * 1 064. Jean de Monttort , fils de Jean de Montfort et de Jeanne de Flandre , petit fils d'Arlur 11 , devint paisible possesseur d* duché de Bretagne , par la mort de Charles <k Bioif m par le traité conclu à Guerande le 11 Avril, jour «doïvendreii* saint tm.i ItV s*. ) Mort fu hommage au roi Charles , V^U i3 Décembre suivant ; mais le souvenir des obligations qu'il avait airrAnghtty , •-ert'esuuir dW étre toujuurs efficacement secouru

dans le besoin , en leur demeurant attache , ne lui permirent pas de resjter fidèle à la F ra n ce dans la guerre que cette n u i ssa nce roui i nuai t de leur f a i re . S V l an t donc 1 i gn é a v ec eux , il se p 1 0 ngea lui-m^me et son duché dans do nouveaux malheurs. Poursuivi par les armes victorieuses des Français , il fut souvent obligé de quitter ses états, et d'aller chercher une re*raitfr<lûns le comté de Richcmont en Angleterre.' Sa mauvaise1 fdi rttfnfc ses affaires au lieu de les avancer. L'an VS'^a , Jean re\i^âvellè ses alliances avec les Anglais , et envoie dans le meraç ttmjià ambassadeurs aurai de Fcaw^paw Assurer de sa \\ «©tarda pas à désabuser ce monarque f en faisant kvenw#4,an 1373 , une flotte anglaise à Snim-Malo. Le roif pwmé de .<*tte perfidie , fait marcher en Bretagne une armée commandée par le Connétable Bertrand du Guescfin, qùl àe rend maître de Rafles, de Vannes, et de îà plupart des villés. Cependant Bretagne , qui s'était retiré en Angleterre t arrive à Calais '^iVec

le duc de Lamcastre, a la iète d'une nombreuse année , et ravage la Picardie ; il ose même en n e ;.u roi pour le délier. Ce trait d'audace loi aliéna les cœurs de ses su jets. L a u i3y4 »! se V4$apt haï et abandonné des Bretons, il repasse en- Àngleieri* av^c 4*

DES CoflrWS ET DUCS DE BUETAGNE* 3*3

duchesse son épouse. Charles , en mettant sous sa main les états de ce prince fugitif , ne comptait pas d'abord se les appropriât*. Mais après- avoir vainement attendu l'espace de quatre ans qu'il revint à résipiscence , il résolut de le poussera bout, ne voyant plus en lut qu'un irréconciliable ennemi. Dans ce dessein , il le h. citer à la cour des pairs, mais sans observer les formes légales. L'ajournement ne fut point signifié au duc , on ne lui envoya point de sauf-conduit ; le roi perla lui-même contre son vassel 9 et conclut à la confiscation de son duché. L'arrêt, conforme au* conclusions du monarque , lut rendu le ci décembre i3j8 ( i ). Plusieurs des pairs s'étaient dispensés , sots» divers prétextes | d'assister à ce jugeaient • et ceux qui furent présents n ysouscri^ rirent tju'à regret. Gharles l'année suivante , envoyé une année en Bretagne pour le faire exécuter , et commence par établir en ce duché la gabelle. Ce coup d'autorité , très déplacé * soulevé les Bretons. Ils avaient chassé leur duc, pour éviter le joug Anglais, ils le rappellèrent pour éviter le joug français. H revient d'Angleterre , et arrive au travers des plus grands dangers , le 20 août , à Rennes , où il est reçu comme en triomphe. L'an i'38o9 les états se tiennent dans cette ville , et écrivent, le i& avril'*, une lettre au roi ( c'était encore Charles V ) , dans laquelle ils témoignent beaucoup d/altaehement pour leur duc. Le 1 5 janvier de l'année suivante , la paix se fait à Guérande entre le nouveau licvft li'up «jnoilBgîldo /'ïL îrnovuot *jI 2ffiin * Hicvrn? oiJoim^d

*"" 1 I ■ I I ■ ■ ■ ■ ■ ■ Il —

(1) ta comtesse de Penthièvre, dit M. Gaillard, forma elle-même opposition, pour elle et pour ses enfants à l'arrêt de confiscation.

* Elle y était autorisée ; le traité de Guérande, qui avait exigé d'elle » le sacrifice de ses droits en faveur de la maison de Montfort , le* lui » avait expressément réservés dans le cas où la maison de Montfort » viendrait à s'éteindre. Ce traité s'était fait sous les yeux et par l'au-

* loiiié du roi , el la dernière ressource qu'il laissait à la maison de

* Biois-PentWièvre ..était un bien faible reste des droits jugés légitime* » par les rois prédécesseurs de Charles V , et par la cour des pairs.

* Montfort n'avait point d'enfants , et sa personne était proscrite. Le » cas prévu par le traité de Guérande était donc arrivé. La condam- » nation et la mort civile de Montfort ne devaient donc point donner » ticu à ra confiscation et à la réunion du fief, au préjudice d'un titre, » mais seulement taire renaître les droits de la maison de Penthièvre « qui n'avaient été que suspendus en faveur de la maison de Montfort » et pour le bien de la paix. Ces raisons étaient sans réplique ; les gens » du roi n'v opposèrent rien, et l'arrêt réserva expressément les droits » delà maison de Bîoi*. Mais cette réserve n'était qn'îllusoire ; oji fie

* s'en disposait pas moins à exécuter, dans toute sa rigueur, l'arrêt

* de ronfiscatïon , et à consommer la réunion de la Bretagne au do-

* maine de la couronne. On parvint enfin à unir d' intérêt les maison*

* de Blois et de Montfort. »

. *2>4 . CHftOKOLOGIB HïSTOftlQÛE

roi Cbarles VI et le duc Jean. Celui-ci vint à Paris le 27 sep* tembre, pour demander pardon au roi et lui rendre hommage. Ce devait être un hommage-Z^e qui engageait la personne ainsi que le duché , et qui incitait le vassal dans le cas d'encourir la peine du crime de félonie : mais le duc prétendait mie ce ne devait être qu'un 4*ommage simple* On se contenu de termes généraux , et l'hommage futreçu ït\qu*il devait être scion l'usage et le droit ancien. Le duc envoya , l'an i38a , une ambassade en Angleterre pour redemander sa femme , que le roi Richard, frère de cette princesse retenait prisonnière. Elle lui fut rendue ; mais l'Anglais fut sourd, a d'autres propositions que le duc lui fit faire dans le même tems. Le duc Jean , l'an i383 , accompagna le roi dans sa seconde expédition de Flandre. Les Français étant sur le point de prendre d'assaut la ville de Bourbourg, où les Anglais , poussés de poste en poste , s'étaient renfermés, il engage le roi à les laisser retirer ftants et quittes , après avoir rendu la place. Ce conseil fut taxé trahison par notre armée, qui s'attendait à Faire "ut* riche butin dans celte ville , où les Anglais avaient rassemblé celui qu'ils avaient fait dans la campagne^ et «qui était considérable. Le siège de Bourbourg fut commencé le 1 4 septembre , et finit le 17 du même mois.

Le duc de Bretagne s'attira, l'an i388, une très-fâcheuse affaire, par une perfidie "insigne 'cfoé h jalousie lui avait inspirée, Depuis trente-sîx ans le cota te o*e fcmtnièvre gémissait dans les prisons d'Angleterre, faute de pouvoir fournir la somme de cent vingt mille livres (1) qu'on exigeait pôùr sa rançon. Le connétable Olivier Clisson s\>blige enfin , Tari i38y , à la payer , et délivre le prisonnier. Cet important service notait

Î>as absolument gratuit. Le prix que CRsson y avait mis était e mariage de Marguerite , sa fille cadette, avec le comte, qui , ayant accepté la condition , l'exécute l'année suivante. Le duc de Bretagne prend ombrage de cette alliance, qui rendait Clisson, à son gré, trop puissant en Bretagne, et imagute le moyen le plus violent pour en prévenir les suites. Il Vènint , de faire bâtir le château de l'Hermine; près de Vanriésl H'£

attire le connétable, et, l'ayant conduit d'appartement en

(1) En 1387, l'argent monnayé de la meilleure espèce s'appelait gras d'argent , et valait 6 liv. le marc, étant à 1 1 deir, 6 grains de fei;.. ainsi, la livre numéraire vaudrait aujourd'hui 8 liv. 7 s. 11/16, par la raisojL qu'un marc, au titre de. 11 den. ô grains, vaut actuellement 5oIiv. a s. 4 den. 1/8: donc iao,ooo liv. ou ao,ooo marcs, valent i,ooa,343 liv. i5 s. de notre monnaie courante ( en 1785 ). .

DES COMTES £T BUGS J)B METAGNE; 22$ 3

appartement, comme pour lui .faire Examiner le^ tout, il l^mèoe au donjon, où il le fait enfermer et charger de ierfc U : soir même , il ordonne à Bazvajen , un de ses officiers, de le^faire mourir dans la nuit. L?o*dre, à sou. insu, "est point exécuté. Le duq, doubla fureur alétait convertie. *n frayeur en remords , apprend le Jeii4*ûwin , avec joie ,

pour émis /

, j-^^j^- ^« venger de l'af-

ront. au i\ a reçu. Ses partisans se déclarent contre le duc et lui enlèvent plusieurs place* Celle guerre dura neuf ans, pendant lesquels 9n4u plusieurs , traités d'accommodement , oui turent presçjujfuœilôt v^lés. iiue, conclus, Euûn la médialioa du.«Writo,-$purgpgne rendit la paix à la Bretagne, par le tuile conclu à ,Aucfçr, pr,&\ de, Redon,, le 19 octobre kJ^V Ve fut -dans ,1e. cours de cette guerre que Pierre de Craon assas-, «na Cl^oa^ns, Paris, Van. 1%* 4 >à la, tête dW vingtaine dc W^s-M ^inetable n'étant pas mort de ses, blessures * }.. F^uivit . m . a^as^n çéfugiét c^e* le duc de Bretagne, qui

yoa/wtf; la première, d'avoir attaqué le connétable ; la seconde Y

Le duc Jean, aivait fort à$ceur,kr tta»j au ppuvpir des Anglais» il 1 >a uim iJy7 à la demaude duroi,<

'^ ^,^i^^^4çgo^mJ^ , IViI/

Lau i3f|gj le duc Jean.* après avoir, passé J* plua grande partie 4e sa, vie, dans des .guerres qu'il n'tfût tenu qirà lui d'évier, et dans des alternatives de bonne et de mauvaise fortune., meur^ à N^es , le ter. novembre , empoisonné , suivant le br"5 Pm¥^ 11 fat enterré dans la eatMdrale, de Nantes. « M pvmce éUit extrême lea tottt v aiHiant ijusxnj'à la folie,,

* haïssant jusqu^à la fureur ,., et ae revenant jamais de ses

* préventions.^ Ce fut lui qui .institua l'ordfe militaire de

* Hermmç, Ce qu il y avait, d^ particulier dans mte ehcva- - iertevc est que les dames pouvaient y entrer. La devise était,

* a ma vie. Deux chaînes formaient le collier , où pendait » uoe double, couronne. Le duc voulait marquer par la devise " qu'il avait exposé deux fois sa vie , pour conserver sa dignité ;

* fb W>w deux couronnes , qu'il avait conquis deux fois *l*B*etagne ». (N. D. H.) Il avait épousé , 1». Marie , fille

(«j 835a8Iiv. ia s. 11 deu.

ur.t,

im>: 1 * \ * •

CftKOXQrJOGIE HTSTORlQtiB

d'Edouard II!, roi d'Angleterre; a°. Jeakne , fille de Tto* mas HoHand , comte de-Kent ; 3°. Jeanne, blte de Chatksle Mauvais, roi de Navarre. De cette dernière épouse, qui se remaria avec Henri IV , roi d'Angleterre , il laissa quatre fils : Jean , qui suit ; Artur III ; Gilles 5 Richard, et tmis 611e; Marie, femme de Jean le Sage,* duc d'Alençon ; Marguerite et Blanche. {Voyez Charles V ét Charles VI, parqu ^ms de France. ) > 1- • k

JEAN V ou Vî, dît LE BON ET LE S AG &

i3gq. Jean V , né !e 24 décembre i38g $ succède à son père» Jean de Montfort, sous la tuf elle et la régence de la duenesse Jeanne sa mère. L'année suivante y Jeanne traite i avec lè sire de Clisson , et assure par-là* le r?pos de la Bretagne. Le jeune duc fait, Tan 1401, son entrée solennelle a Rennes, le 22 roais. La duchesse, sa mère, ayant épousé par procureur ^ le 3 avril 1402 , Henri IV , roi d'Angleterre \ le duc de Itourgojme vient en Bretagne , et y est déclaré } le 19 octobre, régent du duché >et tuteur du jeune duc et de se* frère» ^ parle pis s grand nombre i des prélats et des barons; 11 part de Nantes , lé ô décembre suivant , pour retourner à Paris y emmenant les princes4 s» 1 pupilles avec lui. La duchesse Jeanne se rends le 26 du même | mois , à Camaret , ou h 'flotte anglaise l'attendait- pour Ja 1 conduire en Angleterre. La' guerre s^étant ralkratée^i l'an «4^ t entre la France et t'Ànôleteritey'Uhe escadre^ an glaise faitaioe prise considérable sur les côtés de, Bretagne, J^es Bretoni, excités par le connétable de Clisson , grand ennemi des-Ânglais, mettent en mer une flotte de trente vaisseau* , qui, v wiu atteint celle des ^Anglais dans la Manche , au mois de juillet r l'attaque , lut prend quarante vartssecrox , et fait miike^prisbDiiiers, outre cinq ccuts hommes des ennemis ^ui furent' twêSndan> le combat. Animés par ce succès , les Breton» £cmb uo nourel armement , avec lequel ils vont piller et brûler- Plimofùth, et reviennent chargés de butin.

L'an r4<>4 < *e duc Jean ayant été déclaré majeur + »fait*ton> mage au roi le 7 janvier. Deu* ans après, il se brouille ares le nouveau duc de Bourgogne, fils de son tuteur, et prend le parti do dwc d'Orléans. Le connétable de Clissorif ayant été dépouillé de ses charges par le duc de Bourgogne, «adisgrice réveilla la haine des ennemis cpi'il - avait en- Bretagqej Retiré dans son château de losselin , il y tombe malade. Cè fut alors qu'il se vit assigné pour répondre devant le juge de Ploërmel, sur plusieurs crimes et maléfices dont les officiers du d«c ue Bretagne l'accusaient. Clisson n'ayant point répondu a cet ajoar-

«entent le duo marche avec des troupes pour l'assiéger Cent mille francs qu'Olivier fait offrir au duc i détournent cet- orage* U meurt le zS avr U , laissant une fille , héritière de ses ressentiments contre la maison régnante , et jalouse de celle de Penthièvre , Qu'elle gouvernait absorumen U

L'an 1.4 1-, Gifles de Bretagne, frèce du duc, jeune prince de grande espérance , meurt le 19 juillet à Gosne-sur- Loire. Il est inhumé dans L'église de Saint-Pierre de Mantes. Le duc Jean était plus sincèrement attaché que son pére à la France. L'an i^iS , il marche au secours des Français, contre les Anglais , avec dix mille hommes ; mais ce secours arrive après la funeste bataille d'Azincourt. Le roi, pour le dédommager delà dépense qu'il avait fa ite* 4ui rend la ville de Saint-Malo. Il va, l'an 14 16» par c^Jre de ce monarque, trouver à Lagni , le duc de Bourgogne, pour le sommer de-se retirer dans les Pays-Bas, çt n'est point écouté. Après avoir séjourné à Paris et dans les environs pendant le coursée Phiarer y ii reprend, au printems de l'an 1417 *• route de «ses états , résolu de passer en Angleterre pour y veir la reine sa xnère.î En passant à Angers , il conclut !e mariage de sa fille Isabelle, avec Louis , roi de Sicile. Arrivé à Rerme&vtl.y tient ses états** pourvoit à la sûreté de ses frontières. Voyant la; guerre sa rewu vêler eu ire la France et FAngleterrev fiiw trouver le roi H envi V dans la ville d'Aiençon , et obtient une trêve de dix mois pour son duebé. Il revient à Paris , l'an 1 4*8 , pour travailler à la pacifie at ion des troubles dont lè royaume est agi Le. La peste qui désolait la capitale lavant obligé d'aller se loger à Charentoo , il y établit des conférences qui n'ont aucun succès. K tant retourné de ià en Bretagne,.»! reçoit, l'année suivante (l4*9) * deux hérauts du ioi m «Angleterre , qui PinvLteat à venir le trouver a Rouen , Joot ilr venait jde s'emparer. Cette nouvelle entrevue des deux prù&ces devint également ioutile pour la paix*

Les Pènthièvres étaient toujours les rivaux , tantôt à découvert , tantôt en secret, des ducs de Bretagne. L'an 14.20, le i3 février ils arrêtent le duc Jean., prisonnier avec Richard , son frète, dans le tems qu'il leur témoignait la ni us grande confiance 1 tous, deux sont enfermés dans une tour de Châteauseau , d'où ils sont transférés en diverses places , et en dernier lieu dans celle de Clisson. La duchesse de Bretagne, sœur dudaupbin, assemble les états, fait retentir de ses plaintes toutes tes cours , et implore leur secours pour venger l'insulte &te à son époux. Toute la Bretagne se met en mouvement , prend les armes, et oblige les Penthièvres à rendre le duc, qui est reçu, avec une joie extrême de ses sujets, après cinq

2S>8 CflROîioiOGrî; HKTOltlQTJR

mois de captivité. Il lin en coûta plus de 32G,ôon livrés (i), *>our recouvrer la liberté, outre plusieurs vceux qu'il accoaplit, comme de donner a Notre-Dame de Nantis son pesant d'or, et à Saint-lved son pesant d'argent (le duc pesaû &o marcs 7 onces) (2). Ce prince, Tan rfoi , fait un traité a*ec le dauphin. Mais peu après , intimidé par le roi d'Angleterre, il en signe un tout contraire , ctTatine celur de Troyes; Le duc de Bretagne tint à peu • près la même conduite peudMt tout son règne , reconnaissant tantôt Charte* VU , tantôt Henri VI, pour roi de France. Par ce moyen , il entretint la paix chez lui et fut assez tranquille.

Gilles de Laval , décoré du bâton de maréchal de France en 1429, ét depuis appelé le maréchal de Retz , .se déshonorait, en Bretagne par des actions infâmes qui excitaient le cri du public contre lui. J^ procur^tf régénérai de Bretagne Tayaut «fait arrêter en i44a> il fut v-'p** jûgpnient , brûlé le 26 octobre de la même année , dans la prairie* de Manies , après avoir donné de grandes! marges ds pénitence. Ce fut le goût du faste et de la débauche qui h? pre cipita dans tous les malheurs dont il fut si cruellement puhiv 11 consuma en folles dépenses deux cent mille cens »d'on comptent , dont j il avait hérité à l'âge de< vingt ans , et trente m livres- de renie qu'il possédait ,' et mil formaient alors »oi> revenu très consiaWJe. il ne voyageait point, dit-orr, sans traîner à sa îsuite; des troupes de cuisiniers , de musiciens y de danseurs de l'un «t l'autre sexe , des meutes de chiens, et deux cents chevaux demain. Malheureusement il avait cru devoir faire, entrer dans d* cortège des prétendus devins et magiciens : ce qui fit <jo?on;lui - imputa des horreurs dont il n'était peut-être point «toupaMe. \htct. des Lie. Franc, vol. F ^ p. 221.)

L'an 1442 , le duc Jean meurt, le 28 août , au chÂleaudela Touche, près de Nantes, justement regretté de <&es sujets. C'était le plus beau prince de l'Europe. Magnifiée dansées habits dans ses meubles et dans sa dépense , honnête dans ses manières , juste et charitable , il ne ptxha que par trop

(1) Le marc d'argent fin , en 1420, e'tait à 18 liv.; et comméle gros d'argent e'tait à 11 deniers 16 grains de loi, le marc de cette *«p*« devait valoir au moins 17 liv. 10 s. Ainsi, 326,000 liv. , ou i6\62#tïrçr« 20/35, à Si liv. io s. 5 derï. 11/18 le marc , produiraient aujourd'hui (1706) 900, 10g \. i5 s. 9 d.

(1) Trois cent quatre-vingts marcs sept onces <t'or fin, ; Valent actiiellemehf; (178O) 3t5.5q3 liv. o s. 6 den;,' et cette men^ 4datffiȎ d argent 2o,36ol. 18 s. 10 den.

DBS DUCS T)E BRETAGNE.

de facilité et de bonté. De Jeanne, son épouse, décédée le 20 septembre <43S\, il eut lca\& (ils : . François , comte de Montfort; Pierre, tomte de ;Guingamp , marié, Tan i43av avec Françoise 4* A mboise ; ,Gjlles, seigneur de Chautocé ; et Isai>eaa de, Bretagne , mariée à Gui XIV, premier comte de Laval, qniieut .d'elle trois fils, et cinq filles. Le corps du duc Jean fut inhumn dans .la, cathédrale de Nantes , d^où il fut ensuite transporté dans celle de Jrégujer,, où il avait choisi sa sépulture. ( \t i i.'.f îsk^»». n " 1 ' * *to ii ,.», „. i FRANÇOIS h »

.*H . J ÎJ

i4f2. François ï, fils de Jean V et de Jeanne de France , né Pan 1410 , succède à son père le 28 août. U attend l'arrivée; d'Is&BE AU , tjlic de Jacques 1, roi d'Ecosse, pour faire son entrée solennelle. Après la cérémonie de son mariage avec cette princesse , célébré le à& octobre 1442 , il prend la route de Rennes , et descenoj , le ,6 décembre , dans l'abbaye de Saint-Mélaiae. De là il va, le lendemain , à la cathédrale, où il est couronne par ré>pqùef et fait en même tems chevalier parle connétable de- Richemont. lise rend, Tan i444,aux etals^généraux , nu Tc^YConclut , avec les ambassadeurs d'An? ^ctcire, une trêve v à commencer du i5 mai de cette année, jusqu'au^ jvin d« l'année suivante. Le prince Gilles murmurait cependant de son partage , qu'il croyait trop inégal, comparé a celui de ses: .frères. S étant brouillé avec eux à ce sujet m, il quitte la cour en i44^5 et se retire au Guiîdo. De là il entretient , avec l'Angleterre , des correspondances préjudiciables à l'état. Le connétable s'étan t. rendu en Bretagne ? travaille à Ja réconciliation de ses neveux , et y réussit, en apparence. Mais le prince Gilles reprend bientôt ses liaisons atec l'Anglais. Le duc, son frère, va trouver à Chinon , fan 144^1 le roi Charles VII , auquel il fait hommage dans la forme que désirait ce monarque (1). En conséquence d'une

(1) Les historiens de Bretagne ont rapporte' l'acte de cet hommage, en termes si différents de la manière dont il est conçu , qu'il est a propos de le rapporter avec, toutes ses circonstances. Le lundi i4 mars *-*4^ (,n. st. ) , on fit venir au rhateau de Chînon, où était le roi Charles VU , vers les cinq heures du soir, deux notaires , qu'on introduisit dans la chambre à parer dit roi ', pour dresser acte de.ee qui s'y passerait. Vers le même tems arriva le duc de Bretagne , ayant à sa suite Artur, comte de Richemont, connétahle de France, son oncle, lesevêques de Dol . et de Saint-Btieux , le sire de Guingamp, Robert d'Epinai. Jean l'Abbé, Jean Loisel, sénéchal de Dinan, Ro de la Rivière IW, Rouault , Artur de Montauban, Jean Ruffier, Artur de Ville-

CftRONOMXnE HISTORIQUE

délibération prise dans cette entrevue , six cents hommes <W troupes du roi vont arrêter, au Guildo , le prince Gilles, et le conduisent à Dinan. Le duc fait de vakis efforts pour te faire condamner en justice réglée. Résolu de s'en défaire , il

Manche, et JeandeSt.-Paul, tous conseitters, officiers ft serviteurs. ment après , le roi sortit de sa chambre de retrait ( de son appartenir*!) suivi du dauphin, des comtes de Vendôme et de Foix , du chancelier de France , des comtes de TancaryilUî et de Laval , de l'archevêque 4c "Vienne et de l'évèque de Maguelone , deMM.de la Trémoille. «Je Chauvi gni f de Châtillon . de Montgascon et de Culant , du mare'rhal de Jaloignes, de MM. de Précignl, de Blainville, de Lotie, de Ville, de Maupas, de Regnault de Drosnoy, de Gilles de Saint-Simon, île maître Guillaume Cousiuot * Gui Bot nard , Robert Thibaùt , Je»n Baille l , J. de Bouty, Jean Barb o, Hébede Pompadour, Gabriel de Bennes , Robert de Floquc. dit Flocrtiet , Charles Chaligaat, iYlallhuu Beauvarlct, Adam Roland,, et Etienne Chevalier. Alors* U dur* debout, sans chaj tt.-int également liant la parole

» hommage-lige de la duché dé Bretagne et de ses appart*

> roi vostre souverain et lige Sei^ur: par la foV et serment de

> torps , lui promettez foy et loyauté , ét fe«ervir «t obéir envers tous a» et contre tous vivans et mourans. murs quclcowque» personnes en » excepter, et n avouerei jamais auitre seigneur souverain, Cors 1er r*f » et ses successeurs roys de France ^ et à ce, le roy vous reçoit, *auf » son droict et Taultruy, en vous baisant en la bouche. » Le duc répondit: « Monseigneur, je vous fais hommage de la duché 4e >» Bretagne , tel que mes préde'resseurs ont accoustumé taire à vos » prédécesseurs roys de France » Ensuite le roi le baisa à1 la bouche, et lui dit : « Beau nepveu , je sais bien que vous avec bon vouloir à ■>* moi, et du vivant de nostre père naèmtf ». A ces paroles obligeantes et flatteuses, le duc répliqua : « Monseigneur* je vous serai bon, vray » et loyal sujet et parent, et vous serviray envers tous et contre tous; » et aurois le cœur bien dur , veu que je^ suis si prochain vostre parent, 9» si aultrement je le faisois » Après avoir fait l'hommage pour le duché de Bretagne, le duc fit ensuite celui du comté de MontforUt delà terre dé Néaufle, ses appartenances et oppendanecs , dans les mêmes termes que le premier Apre* quoi , iriaitre Jean Barbin , conseiller et avocat du roi, requit lesdits notaires, pour le roi, d'en dresser l'acte , ce qui fut exécuté sur-le-champ , pour servir et valoir audit seigneur ce qu'il appartiendra par raison. On fit une expédition double de ces foi et hommage. Dom Morice , dans l'Histoire de Bretagne , en a publié une en latin. Celle-ci , tirée du château de Nantes, armoire L, cassette H, cote V, est en français, et au bas est écrit , Transsumptum câ/usdnm instramenii eristentis in thestturo chartaram régis Pari si us ; et au bas , signé Budê arec paraphe , ei est pareiiîe^tnt escript : Collatio fit ; et n'est point scellé. VoHà , dans l'exacte véHté, ce qui se passa à la prestation de la foi et hommage du duc François.

DES DUCS DE BRETAGNE. s3l

prend le parti de le laisser périr en prison. Le roi d'Angleterre intercède pour cet infortuné prince , et n'est pas mieux écouté. Pour se venger de cet affront, il charge François de Surienne , dit l'Aragonnais, d'aller surprendre Fougères; ce qui est exécuté. Les Anglais refusant de rendre cette place f" le roi Charles Vil leur déclare la guerre. Le duc ayant fait, «tu mois de juin 1 449 v un traité avec le roi Charles Vil, se jette sur la Normandie, et soumet rapidement le Cotentin* De retour en Bretagne , il achève le siège de Fougères, commencé par le prince Pierre , son frère , et force la garnison à se rendre le 4 novembre de la même année i449» Surienne alors , prévoyant les suites funestes qu'allait avoir cette guerre pour les Anglais, les abandonne , et embrasse le parti du roi et du duc. ,i

L'an i45o, le duc fait le siège d Avranches avec le connétable, et s'en rend maître. Ce'fut a ce siégé qu'il apprit la mort de Gilles de Bretagne , son frère , qu'il retenait depuis quatre années en prison. Ce prince, plus malheureux que coupable , hvré à ses plus cruels ennemis, après avoir essuyé de leur part tous les traitements les plus [ndignes et les plus barbares , mourut encore oVune mort violente ,( étouffé , selon quelques-uns, entre deux matelas) au château? de la liandinaiet , la nuit du 24 a» .aS avril 1 45o. Un cordolier, qui l'avait confessé , cita, diton, de sa part le duc François au jugement de Dieu, pour j comparaître à un certain jour, qu'il lui marqua mfome par écrit. Quoi qu'jl en soit, François mourut cette année i4bo f lè 17 ou le 19 juillet , et fut enterré dans l église; de l'abbaye de ftedon François , n'ayant point d'enfants miles, avait institué, avant sa mort -9 Pierre, sou, fière , pour lui succéder; et en cas tjwe Piètre ne Laissât point d'en fan4s mâles, le duché de ïii e— ta^ue devait revenir» à Artur de Bretagne , comte de Bichemont, connétable de France, puis à ses tils après lui. François avait épousé en premières noces, au mois d'août 1 43 1, Yolande, fiHe de Louis 11 , duc d'Anjou et roi de Sicile, et veuve d* Jean d'AJençon , morte le 17 juillet 1440. U épousa ensuite, le ^ octobre .441, Isabeau Stu art, fille de Jacques 1, roi u Ecosse, dont d eut deux filles, Marguerite, mariée à r ran- Vois 11, qui viendra ci-après , et Marie, qui épousa Jean H, vicomte de Rohan. ,

•t>! k i\ ■ 1 • pierre il;

ï45o. Rieurs II de Bretagne succède au duc François, son frère. Après avoir rendu hommage au roi le 3 novembre, il se transporte à Nantes, où il fait travailler au procès des

zZl CHRONOLOGIE HISTORIQUE

meurtriers de Gilles dé Bretagne, son frère. Ils avaient pris la fuite et s'étaient sauvés en France. Les gens du duc, envdWà' leur poursuite, lés ayant découverts à Marcoussi, pr&tie Montlhéri, les arrêtent a les'emnièhént eh Bretagne. Lé Toi dë « France se formalise de ce coup d^irtbrhé commis rfairs ses états par le duc de Biètag«e. H réclame les coupables, prbmettant d en faire bonne justice*. Lë duc répond qu'ils sont sé*joV : ticiables, étant naturels bretons ; v\ le crime Vêtant côifomis dans ses états. On oonvieut enfin nuMs Seront fàrîienés à ^tïïcoussi pour être livrés aox ofliciers du'roi ,' qui îes'Vemetifa ensuite aux officiers du duc i ce qui f\ït fexëc'ù le. Olivier de Meel', chef des assassins , eut la "tôle ;\rantttée 5 le S juin iffiil wà Vannes, ainsi que ses complicesy uVh't les corps , coupés en. quartiers, furent portés en dhiers lieux, ét exposés' Sur lè!s

de la justi

qui est surprenant, il devint archeVâqrué Je Bordeaux. ( GalU Ckr. no., t. H, col. 844.) ^Kivnntq

U ne affaire qu?on jugeait alors aussi tnipôrtahte1 qu'elle éaraîtrait frivole aujourd'hui, fut portée4 /Vàn i'ftS , au conseil du duc, et traitée avec toute l'attentiort qu'on éût donnée à une affaire d'état. C'était le pas aux processions, disputé à Fabbé de Saint-Melaine de Rennes par labbesse de Saint- Georges. Le pape Nicolas V, devant qui la contestation avait déjà été portée, s'était expliqué en faveur de Tabbé ; mais son Jugement élâtlî demeuré snns éxecution. Celui du duc Pierre il fut le même pour le fond ; mais on y mit des modifications dont ;la principale était qu'avant de prendre te pas , l'abbé l'offrirait par courtoisie à l'abbesse , qui le refuserait par humilité. (/fi&. de Bret. , tonte H , page 5a. > \ îs\ «V io3v^.^,h-

L'an 14S7, Pierre 11 meurt le 22 (et non le 12) Septembre au château de Nantes, après un règne dè sept aos. f& flrîntt isVàr*4i$i , Françoise d'Amboise , fille aîneë dè

avait épouse Louis d'Ami

ans, laquelle lui avait apporté

Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, âgée pour lorsMde bnie

vait apporté en dot la teire de Betîaon ôti ,

attaché. Mais il eut la faiblesse (te don porter sé ^rà(%ry dans, les accès de sa jalousie, il s'oublia jusqu'à la 'fra'ppefc Françoise n'opposa que la douceur H la potieneé à cette^ brutalité. Son mari reconnut bientôt son tfrnocencé, fet depuis il vécut constamment avec elle daus là' plus parfaite union* t-'clàiJç

DfeS BtCS DÈ BRETAGNE. A33

^ effet ime femme non-seulement irréprochable dans sa conduite et dans ses mœurs t mais distinguée par les sentiments les plus eminents de la piété chrétienne. Elle inspira ces mêmes sentiments à son époux , réforma , par son exemple , le luxe des dames de sa cour, et ne fut occupée que de bonnes œuvres et du soulagement des pauvres. Les médecin* ne connaissant ni les causes m la nature de la dernière, maladie du duc Pierre, on s imagina qu'un magicien avait jeté un soi t sur lui, et Ton se proposait d'appeler un sorcier pour détruire le charme l.e duc, «nsi que la duchesse, rejeta avec horreur ce projet sacrilège, disant - qu'il aimait mieux mourir de p^r Vieu que de vivre de par U diable. 11 rendit l'àme entre les bras de son épouse d'une manière trwMïdifiante. On dit qu'en mourant il déclara qu'il laissait cette princesse telle qu'il l'avait reçue, et que, d7un consentement muluel, ils avaient vécu dans une continence parfaite : dévotion singulière dans un prince héréditaire ét souverain. 11 eut néanmoins Une fille naturelle, nommée Jeanne ,

par un* faiblesse trop ordinaire aux princes , et dont il est trèsrare au m fourni un* nAnit^n^a o.»fc.;

ARTCJR Ilï.

457. Awur III, comte de Richemont , connétable de France, fils de Jean IV, succéda à son neveu Pierre il à l'âge ««soixante ans. Il conserva sa charge de connétable malgré les remontrances de ses barons, qui prétendaient qu'elle était aud^usd'iin duc de Bretagne Je veux, leur dit- il , honorer dans *<* titillesse une charge qui m 'a fait honneur dans ma jeunesse. ttaat, parti de Nantes, il fait son entrée à Rennes, où il avait convoqué tes étals le 3o octobre 1457. De retour à Nantes , il ▼«joindre à Tours, peu de tems après, le roi Charles, VII , l y avait invité pour assister à la demande que les ambassadeurs de Hongrie venaient faire de la princesse Madeleine de Jjrance pour le jeune n i , leur maître. Mais il apprit avant son wçart Ja mort de ce prince vet n'en fit pas moins le voyage. Il e,ait depuis un mois à Tours, lorsqu'il demanda à faire homjûage au roi pour son duché : mais Charles VII ayant exigé qu'il le rendît, lige, il le refusa, prétendant qu'il ne le devait simple. Pour modifier néanmoins ce refus , il demanda permission au, roi d'aller consulter ses états, et partit dans la lesqluiion de ne plus revenir en France.

J-e roi , déterminé k faire le procès au duc d'Aicnçon accusé XIII, A 3o

de crimes d'état} avait convoqué pour cet objet le parleifhent avec les pairs à Montargis. Le duc de Bretagne , invité^ s'y rendre en qualité de nair , répondit par écrit1 le u inâi^, te que de tout terris il avait servi le roi et son royaume : qu'il » était connétable de France; qu'en cette quati té il était tenu » de se rendre aux ordres du roi , et qu'il était disposé à te fctttrj » mais qu'en qualité de duc il ne dépendait de la courobneque » dans le cas de l'appel du parlement de Bretagne à «lûA de » Paris, ou dans le cas de déni Je justice; tj«ie duebé » n avait jamais fait partie du royaume de France, et ^u il tffca » était pas un démembrement ; qu'il était très-déterminé à ne » point violer le serment qu'il avait êm| de conserver les pre- » rogalives de son duché; qu'il n'était pas pair de France jet » qu'il ne voulait point comparaître en cette qualité à Mon- » targts ou ailleurs ». Le duc Artor ne persista point dans cette résolution. 11 était oncle du due d'Àlençon , et cette considération ne lui permit pas d'abandonner* ce prince dans le péril imminent où il se trouvait. Le parlement ayant donc été transféré de Montargis à Vendôme pour s'ouvrir le 1 5 août de la môme année, le duc de Bretagne s'y rendit ; mais n'ayant pu empêcher son neveu d'êtré condamné i^altik ••par1 fugenaent du 10 octobre'^ ir se joignit à tous le* ami* lit ^awmts dut capable pour demander au roi sa grâce fêV l'obtint, «tdtit parti de Vendôme après ùn séjour assexcourtY^feVieiU a>«&Més**ec m maladie de langueur qui îe conduisit au tombeari l& fenilemain lie Noël i458. La Bretagne perdit eu lui le plus grand prince qu'elle eût jamais eu. Artur réunissait les plu^ èfccellèWtesqôalites, la religion, la pureté des mcéurs, teaèle prtûfl&joslie*. la valeur, l'habileté dans le tohmian dément des artfléés ? en* ^aa mot , rien de ce" qui fait le grand' homme ne lui manquait. C prince ne laissa point d'enfants, quoiq^'îreût^^f'marw^rois fois; i**: l*an \ 4$3 , avec M argue rite , soeur de Philippe Bon, duc de Bourgogne , et veuve du duc de Guienne, morte lé 2. février *44' î l'an i442V avec lJE4NWfc!l**A?l»Blutt,

' nlorte Fan i444 î 3°« l>an *44^ » avét CkTflfeHiNE ©Ef;Lux^* l ou hg , fïUë de Pierre I de Luxembourg , comte de «aUit**1»

'* i ' : :'?-l I»; . '; \L t •• .n:*j d>s .no* ^ti w alj'jj i«'

•> ■ : --.^ F^V^OlSr Ù* ; ;!î1 « ?"l,ut

i458. François H, fils aîné de Ttïdiard i comte d'Eta*^ "mïàtriènie fils de Jj^n IV et de Mar^ërite1 d'Orléans jm** Tertnsy et fitte de Louis, duc d'Orléans, frère du rot Charles % successeur de son oncle Artur III, fait son enrréé sc/lénnelle à Hennés, lè 3 février 1 4^9, accompagné de sa mère ; et èi ^f •'étant rendu à Montbazon , où était la cour de France , t f &

DES mJCS DE BRETAGNE. 235

au roi, le 38 du même mois , hommage simple du .duché dé Bretagne, debout , l'épée au çpté* sans s'incjiner et sans prêter serment; puis U lui fait hommage-lige pour le comte de Mont«fort et pour 4a terre de Néapfle-kri.hâtel. Le chancelier prélendait.qu'il le rendît aussi pour la pairie; mais le duc répondit ; fin* je m le f ah point y et , sur ce je nui point délibéré à mon conseil il envoie, la même année , une ambassade d obédience •tt pftpe suivaajt la coutume de ses prédécesseurs. Le saint pèré fa c^utoyee^ distinction ; el Tanuée suivante , il fit expédier une buUe^ datée du 4 avril, n pour l'érection d'une université * Nantes, v^onfpjmémenj:^ la demande que les ambassadeurs lui enavaien*. faii e de la paft de -leur maître,, te l& çqi Louis X 1 étant Venu en Bretagne Tan 1462 , le duc va le recevoir à liednu. Ce monarque était en route pour porter du secours au roi d'Aragon attaqué par lès Castijlans, et les N a- **TOHr;>dei Redon le. due le suivit à Nantes, où H; s'arrêta quelques jours. Taudis que le roi séjournait en cet^e ville, on y vit arriver la duchesse t rançoise, f ve ¥ ve du duc Pierre II, I^e trai- 4emfth^u'elle essuva 4^ Up^t du roi dévoila l'un des motifs qilijl-av^ipiU co^duitrei^ ^ta^ne. On avait amené la duchesse poi|fr& .eoiitra^aVer.jdJépoes^ Je duc de Savoie., .Elle résisU tt^filftrueru am^Qllk|iWVOils,,et auï menaces de sa famille Wéyee du^rpi pour la fcjjtf c*msenjir à cette alliance. Qn était *sdoM^ i'e^EVer.îU^MC ^i ^igrié qu'on voulût ainsi faiir vieknce à cette princesse sous! ses yeux. De lâ Fosse, où elle eiatUomme captive, JîayAnt fait venir d4hs la villç, il établit gardes pour veiller* sa sûreté ; et fit échouerpar là le projet dtt.rw.et des vu^mtes de XUoaiars. Louis XI notait pas de çj£« Wthe 4 pardo tiper a** duc, ^^ wie fésisUnce aus^i formelle à se* Ytlqnfcés- fU n'eu! pas de peine à trouver l'occasion de se venger. 1* d uc a va i t ui]l, il i f l e re u t , qu'il p< > u ssa i L tVèV.V* venant , avec fév^Mfcde Nantes , Amauri ji'^jcigné, qui se prétendait exempt de^ jiKidjctio» ducale. Le roi voulut prendre;cojJnaissanee oV celle affaire en première instance* et nomma, le i(,>y octobre Mfth le comte du Maine pour enleudre ce que le duc avait a> dire pour le sou lien de ses droit s , e i prononcer juridiquement sur cette contestation. î-e comte, après plusieurs délais accordés au duc, rendit enfin à Çhinpn, le ae, octobre 1464, un juge-

a36 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

liance, des le 18 Juillet 1 4G3 , avec le comte de CharoLais. La plupart des aut res princes et des grands de Pétai, ineonnenis du roi, se montrent disposés à seconder ses vues. Le roi, qui est instruit de ces intrigues, convoqua, pour les rompre, l'assemblée des états à Tours pour le iS décembre 1464. Il y padt avec force conlre les perturbateurs du repos public. Les princes parurent ton* lies de son discours, et lui firent des prouvions d'aftacbement, que bientôt réveneinent démentit. Des le commencement de 1 année suivante, le duc de Bretagne reçoit dans ses éWts le duc de Berri , et mande au duc de Bourgogne qu'il s'est misa la tete des princes et des grands pour remédier aux abus du gouvernement. Le comte de^ Çharolais , avec la permission de son père, lève des troupes. La guerre éclate sous le spécieux titre du bien public. Le duc de Bretagne, sYtaut mis en marche a la télé de dix mille hommes pour aller joindre le comte de Charolais, campé djns la plaine de l.ongjumeau , est arrêté à Châteaudun par Tannée du roi ; ce qui t'empêchi de se trouver à la bataille de Monllbéri , donnée le 16 juilhi i465. Peu de jours après, les deux armées, bretonne et bour-

vivait sur ses coffre s. I

; Tandis que Tarméc des princes tient Parisbloque, les Créions ^emparent de Pontoise et font une vaine tentative sur Meulent; ïttm , le 8 orloh.e, ils se rendent maîtres d'Lvreux. Le roi était alors en conférence avec les princes pour la paix. Les intérêts du duc de Bretagne étaient peut-être les plus difficiles à manier. Par la composition que le roi fit avec lui, la sentence du comte <lu Maine, rendue contre le duc, fut cassée, et le roi déclara

que la régale des ëvêchés vacants de Bretagne, la garde des églises , le serment de fidélité des évèques el le ressort de leurs juridictions appartenaient au duc. Les lettres-patentes expédiées à ce suie* furent enregistrées au parlement le 3o octobre UnsS finit la guerre du bien public Par le traite de paix, le frère du roi venait d'être pourvu du duché de Normandie. Le duc de Bretagne, ainsi que plusieurs autres princes, Pa< lompagncnt dans le voyage qu'il fait pour aller prendre po* session de ce n< irvel apanage. Mais la discorde s étant mise entre eux , le duc de Bretagne reprend la route de ses états. Louis XI, ayant appris leur désunion à Orléans, va trouver le duc de Bretagne 0 Cacn , et fait avec lui, le :>3 décembre, un traite par lequel ils se h omettent des Secours, réciproques rontre leurs ennemis. Lé 1 uc n'excepta de sou cfite que te duc de Cahiore et le comte de Qiarolais. Le roi, n'ayant plus, Heu à craiwdie

DÉS DUCS DE BRETAGNE. ->3t

du duc de Bretagne, part de Cacn pour aller faire le siège de Kouen, dans la résolution Enlever à sou frère la Normandie , quil ne loi avait accordée qu'à regret. La place lui ayant été We après quelque résistance, il se dispose à faire la conquête de tout ce duché. Monsieur, dépouillé de toutes les villes de son apanage, a recours à la gén-rosité du duc de B.claene , qui lui ouvre un asile dans ses états. Le roi lui ùh défense de

our lui faire savoir

garder ce prince. Il dépêcha au monarque po le peû de succès des démarches qu'il a faites pour cnga^r Monsieur a sortir de Bretagne. La guerre avec le roi paraissant inévitable au duc, il se met en état de la soutenir par des traites d al lance avec l'Angleterre , le Danemarck, la Savoie et le duc d Alençon. Les Bretons, étant entrés dans la Normandie s emparent ., l'an 1467, de Çaén , de Bayeux, et de presque toute a basse Normandie. Mais, Tannée suivante, ils pwdertl toutes leurs conquêtes, à l'exception de Caen. Le 10 septembre i^-mS, traite d Anfcenis, qui rétabit la paix entre le roi et le duc. Ce dernier perd, le i5 septembre 1460 , la duchesse Ma nc.UMUTE, tille du duc François I*', qu'il avait épousée Fan i455. File a sa sépulture aux Carmes de Nantes.

La réconciliation du duc de Bretagne avec le roi de France était plus apparente que sincère; et, semblable à mi feu qui couve sous la cendre, leur .aversion réciproque était toujours pr«Wéclaler à la première occasion. Le. duc mandata ses dispommons, 1 an i476, par le refus qu'il fît du cordon de Saint- Michel, que le roi, nouvel instituteur de cet ordre , lui avait envoyé. En vain, il voulut colorer ce refus par des prétextes spécieux qu il déduisit dans un long mémoire ; le roi ne fui point wmpe de son artifice, et comprit qu'il avait toujours en lui un «Anemt cacbé. Il en fut pleinement convaincu, l'an 1471, en voyant le duc prendre, hautement le parti de Monsieur, irrité d* échange que le roî l'avait contraint de faire du duché de Normandie contre relui J<> Guienne. La guerre paraisse alors 'p»tah,e , le duc , pour se mettre en état de la soutenir, connut I année suivante, à Ch;Uel-Giron , un traite d'alliance "Pc l«s ambassadeurs d Angleterre. Mais les secours qu'il espérâtde cette puissance lui avant manqué, son courage l'abandonne, et , sur le point de se voir accable par les forces du

Sonl,ttranCe' ll ld CnV°ie CÎemander U"C *d ^

lie duc de Bretagne fit preuve de générosité, l'an i474, par

•cnieil favorable qu'il Ct aux comtes de Bichemont et de Pem- WOtk tous deux de l'a maison de Lancastre, qui, pour se sons-

raireà la fureur d'Kdôuard IV, usurpateur dû trône d'Anglewe, s enfuyant en France, furent jetés sur les cotes de Bretagne,

et abordèrent ara:Çôn<taet. Edouard les ayant redemandés pour les immolèr à son amnition , le duc refusa poliment dé les livrer, alléguant qii'il leur avait donné sa foi. Mais, pourtarmier Edouard, il luHit dire de n'avoir aucune inquiétude >uï compte, qu'il allait les mettre hors d'état de lui rrotreVèt* rien machiner contre sa personne él son royaume. b'*!lti,iè duc les fit arrêter et garder sûrement , le tbmte de Kftnem'ont a Elven, et Pembrock a Josselm , d'bù ils furent tra^stèr& i Vannes. Quelque envie qu'eût le tyran de les avoir en* sa pbïs^sance, il fut obligé de dissimuler i et pour engager1 ïè1 duc à* les jamais relâcher, il lui fit les plus magnifiques promesses. Ck fut en vain que Louis XI, dans la vue aé brouiller te diré'avec le roi d'Angleterre, revendiqua ces deuVseÇgneurs gMïètaien^ ses parents et ses alliés, et qui de plus étaient venus efiérehertih asile en France : le duc, qui tfevihà Tsans peirtë st>À Intfntidn, lui opposa uh refus , dont il se fit un mérite auprès d'fcdoïfàfd. :Les deux comte* ne fuient délivrés que long^enu après; et cëlui de Richemont ne sortit de prisow que pour monter suttetrone sous le nom de Henri VII. u L n; -<je\ Wap mit .1 »m *\ tvt Le duc, cependant, entretenait des intelligences très -étroites avec Edouard. Le résultat de leurs négociions , dans lesquelles centra le duc de Bôurgogne , fut une ligue entré» cés prince «entre le roi «de France. Louis XI , qui fa soupçonnait 7 en eut depuis la conviction par les lettres du dutn de'Brotagne, qu'il acheta d'un secrétaire d' Edouard , pour soixante marcs d'argent. Ce fut alors qu'il fit de nouvelles trêves avwltr:rbr^l' Angleterre. Le duc, voyant alors que le projet de ligne serait sain effet, fit proposer au roi , par ses ambassadeurs , un trait? Je paix, qui fui conclu , le g octobre i 4.7 h , a l'abbaye de la Victoire , près de Se idi s . Cette paix ne rétablit J>as *la- "Confiance entre les deux princes. Le dur , toujours en garde contre fa mauvaise foi du monarque, continua ses liaisons avec letai ^l'Angleterre , afin d'en, ohMmii? du secours <lans, Je besoin, uis *lfiqui avait des émissaires partout, éclaira . ^ies *s marches; et, l'an 1477 y Chauvin , chancelier de Bretagne» nt vfmi assurer le roj de la fidélité de son maître à AlT»**11 Sentit en lui montraat vingt-deuxjettres ep orignal* idoot uae étaient signées de la main du dut, e* <hx autres du roi ^d'Angleterre , qu'il luLfit lice. Chauvin, qui ne savait rietufo mystère, découvrit dans ces lettres le fond d'une intrigue conduite par Landois, premier ministre du duc , et les promesse* que faisait le roi d'Angleterre de passer en Frartcè', à la première réquisition de ce prince. Chauvin se retîr*' crinfaSv^f5 avoir protesté de son innocence au roi ', Iqirî ,1 cohntfs^fl^» probité, ajouta foi sâiis peine à soft discours. A iàxr relouV; <fa

reconnut que c'était Gourmel, secrétaire de Lan Jais, qui s'é-* tait laisse corrompre pour livrer ces lettres. Il fut arrêté , confit au château a Aurai , et , peu de tems après, mis dans un saç,et jeté dans la rivière. (Morice, ibid,, pae. i33 et i34. ) Jusqu alors le duc François 11, comme descendant de Richard j$e Ityetagne et de Marguerite d'Orléans t prenait le titre de

pour le punir, fit juger définitivement ce procès par arrêt du parlement, du 18 mars 1478, qui débouta le duc de sa demande*. JLe parti de la soumission fut la seule ressource du duc. Mais set nouveaux serments de fidélité, prononcés sur la croix de Saint- Lot n'empêchèrent pas le roi de disposer, dans le mois d'août suivaDt, du comté d'Etarapes en faveur de Jean de Foix, vir comte de Nacbonnc. . , , j

io' L'archiduc Max iiru lien , par son mariage avec l'héritière de Bourgogne, était devenu l'ennemi irréconciliable «le Louis XI. Sur les menaces qu'il faisait d'entrer en France, ce monarque «^oublia rien pour, mettre dians ses intérêts tous le» princes v*oisins, par de* traités d'alliance. Mais, s?étant adressé * l'an i479» au duc de Bretagne , il éprouva un refus. Jugeant par- la qu'il étaià lui^mâme allié <ïe Maximllien, il cherche à lui donner de ll^i^quiét^ide y:ct ,jr. réussit en se faisant céder, par le comte et la comtesse de Penthièvre , leurs droits ou prétentions sur le duché de Bretagne. Le duc, pour se venger des Peuthièvres , fait revivre l'ancienne baron nie d'Avaugour comprise dans leur comté 5 et en investit, il u consentement des était}, François de Bretagne* son fils naturel, qu'il fit ensuite (l'ut i4#5)» comte <k Vertus* Ce fils a été la tige des comtes de Yertus, qui, n'ont £ni qu'en la personne de Henn-rFrançois de Bretagne , mort x toris ,)tet27 {Septembre 1746 (*)• , 1 a i-j i »'* .»-t > vît

"^pfès la rnèrt de Louts XI , le duc envoie , l'an 1484, une 'airibassade à Charles VIH , son successeur, pour lui faire dès

nfv«? >-y fZ'Jp xi: uiùfix zl A. iv$u%i* inzilvj usucp

$hîni wti'l Lin»: -»l ei> 1 r 3 * * ?o 1 :::ûL ihv;:?39u f'yiôJ?(in ^Htjnri^rançoîs a eu pour héritiers; d tasses biens paternels , le prince de Rohan Soubise* et datis ses bien» éternels , le marquis de fc Grangè-Fouyilk, et sa sœur, Rene'e leLïtyvre de la Grange, marine, !e,#ja<mer i748;à Gudlaume-François-Louis-Jos.eph J9ly de FWi, proçureufrgénéral au parlement de Paris depuis

5»4o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

d'habits était parvenu, par degrés , à ce poste ('minent, excitait l'indignation des grands et du peuple. L'un des forfait» qu'on pouvait le moins lui pardonner, était la mort du chancelier Chauvin , l'un des hommes les plus vertueux de la Bretagne, qu'il avait fait périr de misère en prison , Tan 1482, sur une fausse accusation. Allant toujours de vexations en vexations envers ceux qui lui faisaient ombrage, ou dont il enviait la fortune , à la fin il poussa à bout la patience des Bretons. SVtaut formés en corps d'armée sous la conduite du sire de Guéraené et d'autres seigneurs, ils s'emparèrent de plusieurs places. Le duc , à la sollicitation de son ministre , fait dresser contre la ligue des lettres patentes, que Chrétien , nouveau chancelier , quoique créature de Landois , refuse d'enregistrer. Le peuple de Nantes , où résidait le duc , à cette nouvelle , s'attroupe et court au château. Le comte de Foix, envoyé pour appaiser la sédition , revient et dit aU duc : Monseigneur , je vous jure que fuimerais mieux être prince d'un million dè sangliers que de tel pcttpk que sont vos Bretons. Il vous faut de nécessité délivrer votre trésorier ( c'était le ministre ) , autrement nous sommes fous en danfier. Le chancelier arrive peu de tems après, et déclare au duc quil est contraint d'arrêter Landois, et qu'il lé supplie de ne pas s'y opposer. Le duc y consentit*/] sous la promesse que le chancelier lui fit de rendre justice à son favori. Livré à ses juges qui étaient en même tems ses parties, Landois fut condamné, le 19 juillet i4B5, à être pendu à l insu du duc , et fut exécuté le même jour. La mort de Chauvir! fut le seul crime dont il s'avoua coupable. Le duc apprend avec un vif regret celle de son ministre. 11 assemble les états à Nantes , et y déclare son parlement sédentaire par lettres patentes du 22 septembre. (Morice, %Iém. , tom. 111 , col. 478. )

Le comte de Comminges et le prince d'Orange, principaux auteurs de la chute de Landois, le remplacèrent auprès du duc François II , qui les déclara ses lieutenants- généraux en Bretagne. Ce fut vraisemblablement par leur conseil qu'il assembla, le <S février 148b , les états à Rennes, pour assurer sa succession à ses deux filles, Anne et Isabelle. L'assemblée applaudit unanimement à ses vues, et promit avec serment d'observer la déclaration qu'il rendit à ce sujet. Mais on ne s'accorda pas également sur l'époux qu'il fallait donner à la princesse Anne : Je prince d'Orange était pour le roi des Romains , le comte de Comminges voulait la faire épouser au sire d'Albret , et le maréchal de Lieux la demandait pour le fils du vicomte de Rohan. Personne ne pensait alors au duc d'Orléans, parce qu'il n'était pas libre, ayant en ce moment pour épouse Jeanne, fille de Louis XL Mécontent de la dame de Beaujeu , régente de France, il culrcr

bfeS DlTCS DE kllETÀGNfc. 2^1

tenait néanmoins des correspondances infimes à la cour de Bretagne. La régente, attentive à suivre s.< s démarches , ne put le» tgnorer.&Iais le comte d : < oniiningrs, qn i gouvernait absolument le duc Je Bretagne, do un a Le change a celte princesse, en lui faisant entendre quelles n'avaient rien de contraire au servieç du roi. Lomminges trompaji ia princesse, et disposait le duc de Bretagne à ouvrir un as)Ie dans ses étals au duc d'Orléans. On vit enfin ce prince, Tan 1-^7, arriver, le i3 janvier, à Nantes. Les seigneurs bretous s/a Urinèrent de son arrivée, dans ta crainte d'attirer les armes Je la France dans leur pays Mëcon* tents d a rj leurs de leur duc , à cause de la préfêretiaee (ju'il donnait aux elraugers dans le gouvernement de se;» états, ils s'assemblent a Chaleau-rBriant, et tonnent une confedcralion contre lui : ils se lignent ensuite avec le roi de France . a certaines conditions. Charles Vlil fait entrer trois armées en Bretagne, et s'avance lui-méfrne jusqu'à Ancenis. Après s être rendu maître de Ploermel et de Vannes, il fait assiéger, le it, juin, Nantes, où le duc s'était renferme. La place est défendue avec tant dû vigueur, que , le 6 août , le roi. désespérant de la prendre , ordonne au seigneur de la TrémoiHc de lever le siège. Le roi se dédommage de cet échec par la prise de Vitré , de Saint-Aubin, du Cormier, et J'rVurai. L'an i48<S, les Bretons reprennent Vannes , mais ils perdent Châleau-Briant et Ancenis. Le zft juif- Ut , bataille de Saint-Autin du. Cormier, gagnée sur les Bre~ tons par laTrémoille. Le duc ci'Orléans et le prin ce d'Orange y sont laits prisonniers (1). Cette victoire est suivie de la perte de

(1) Ge j >ur même la Trémoille invite à souper le dur. d'Orléans , le prince d Orange, et les principaux officiers de leur armée qui avaient été pris avec eux. Vers la fin du repas, deux cordelière paraissent, les prince* pali sont d* effroi. La Trémoille s'en aperçoit, «t leur dit : « Rassurez-vous mc>seigneurà . vous n'avez rieu à craindr* . Il appar-

* tient au roi seul d'ordonner de votre sort. Quant à vous. «jouta-t il » en s ndressarit au< autres capitaines, vous qui avez fausse votre set~ « ment, me<tei ordn a vos consciences*, u Prières, humes. rleVi ne put «knoiivoir la Trémoill-e ; et m- > victimes furent égorgées. « Nous ne «Miions point la vérité de cette anecdocte , disent les éditeurs des » mémoires de Louis de la Trérnoilte : niai* le rédacteur de ces N mémoires n'en fait aucune mention ; mais saint Gelais, cet apoloj g^sle zélé de la révolte du duc d'Orléans, n'en parle point ; mais » Jaligni . tout mi milieux qu'il est, n'en dit pas un seul mot. Érifin

* cette action est si I • > î n de l'idée qu'on se forme d'un chevalier sans » reproche ( c'est ainsi qu'on appelait Louis de la Trémoiîle) , qu'elle

* nous parair invraisemblable. Au surplus, nos recherches nous ont » appris que les mod«mes qui l'ont er.ueiKie l'avaient puisée dans une »-UUtoire latine de Louis Xll, insérée par Godefrot à la suite de celle w de Charles Vlff par Jaligni, p. 274. »

xui, 1 3t

24* CHRONOLOGIE. HLSTORICjUE

Saint-Malo. Le~duc alors demande humblement la paix. Elle est signée au Verger , le 21 août , entre les commissaires du rot et les ambassadeurs du duc. Le 9 septembre, suivant , lé duc François meurt de chagrin à Coiron. Son armée , détruite à la journée de Saint-Aubin, et son pays dévasté, causèrent le désespoir (jui termina sa carrière : « cai auparavant , dit saint Gelais, son » peuple estoit riche à merveilles, et n'eussiez sc^u aller en » maison de laboureur , n'y autre sur le plat pays que n'y cus- 1* siez trouvé de la vaisselle d'argent ; mais y depuis lesdiles » guerres commencées, leurs biens se diminuèrent fort De sa seconde femme, Marguerite , tille de Gaston IV, comte de Foix , qu'il avait épousée à Clisson le ^7 juin 1471 , morte à Tuantes le i5 mai 14^6 , il laissa deux filles, Anne, qui suit, et Isabelle, décédée en 1490. L'inhumation de ce prince se lit aux Carmes de Nantes, où la duchesse , sa fille aînée, lit ériger, en 1607, un magnifique tombeau , pour lui et sa seconde femme. Outre ses deux filles légitimes, le duc François II eut plusieurs enfants naturels, dont le plus distingué, nommé aussi François, fut gratifié par son père, Tan \$fiJtrÂ^s chatellenies de Château -Landon, de Lanvallon et de Pempos , et créé premier

baron «le JJrelagne. . „ 93 ; lu^Dtnq :

loute la vie du duc François II se passa dans un cercle de guerres, d'intrigues, d'ambassades et de traités d'alliance. Sans ses maîtresses et ses favoris, dit D. Lobineau, on n'auiait presque rien à lui reprocher que de s'être trop mêlé des affaire* étrangères. Ne pourrait- on pas lui reprocher encore le peu de fidélité dans l'exécution des traités? car on sait assez ou il n'était pas trop esclave de sa parole. Ce prince d'ailleurs avait de l'amour pour son peuple et les manières extrêmement, populaires. On raconte qu'ayant établi , du consentement des étais, un tribut considérable, il trouva dans la campagne ou paysan

3 ui portait une poule, accompagné de sa femme. Lui ayant éinandé , sans se faire connaître , où il allait : « Je vais , dit » le paysan , à la ville me défaire de ces deux bel es : de celier a là, en montrant sa femme , en la mettant au service; de » celle-ci, sa poule, en la vendant pour avoir de quoi pa\er » l'impôt extraordinaire de notre duc, qui nous en change plus » que nous n'en pouvons porter. » Le prince, frappe de cette réponse, cassa le tribut, et ne voulut plus qu'il en entrât rica dans ses coffres. ( Voy. Charles VI II , roi de France. \

ANNE, duchesse de Bretagne. ..,} 1LOfj

* < ,«*^ ... r 4 ... . 1 uTifc'* f,L h ?sC iorrrofr*1*

i4^8. ÀNNE, fille aînée du duc François II et de Marguerite de Foix , sa seconde femme , née à Nantes le 2.6 jainiec

% DES TWé$ DE BRETACNE. ifî

del\m 1477 (n. st.), est reconnue duchesse Je Bretagne aussitôt après la mort du duc son père. Les' commencements de son Tegneson! tres-orageux. La Bretagne, partagée én plusieurs fac-r lions, inondée de soldats fi ançais, espagnols, anglais>allemands et bretons, est pillée et ravagée impunément. L'usage de conclure les mariages des pnnfces et princesses au berceau , et quelque— fois m£rae avant leur naissance, s'était établi en Europe. Anne avait été promise, dès Tan i , a Edouard, prince de Galles, fils d'Edouard IV, roi d' Angleterre. Mais la mort viole ite de

Richard , tut en-

ce jeune prince , assassiné, au mois de mai iJJSS'jJ par Ri son oncle, à l'Age d'orxifè aWs, rompit ce mariage. Anne suite recherchée 'bar iVl^lrr', sire d'Albrct , par Louis, duc

• d'Orléans, par le roi Charles'Vffl "Vt par 1 archiduc Maximilien, roi des Romains, liàttaûvaisc mine du premier, sou peu d'esprit , son (àracfèfrè 'grossier , le firent bientôt rejeter malgré les efforts de la dame de Taxai, gouvernante de la princesse, du comté âé' Cb^toîHge? et du maréchal de Rieux, pour le faire prévaloir sur se^riVàt^,' inclinai ion d'Anne était pour

> le duc d'Orléans : mais son conseil , par des raisons d'une fausse

; politique, la décida [^'rtfaximilien , qui l'épousa effectivement par procureur ; ce qui se fit avec tant de mystère, que les

. domestiques mêmes île la princesse nVn eurent pour lors aucune.

i connaissance, et que jusqu'à ce jour on n'a pu découvrir la date précise de ce mariage. On sait néanmoins que, pour le mieux

'* assurer, la nouvelle épouse se mit au lit, et que le principal ambassadeur de Maximilien , tenant en main la procuration de

• son maître , mit une jambe nue dans la couche nuptiale : cérémonie indécente, qui fit tourner en ridicule Maximilien lor^-

; qnVlle fut divulguée , et bien plus encore lorsqu'on vit le ma- ' manqué ; car il le fut en effet, et , Tan i£cji , Anne épousa en personne Charles VIII , roi de France, pour lequel nie avait témoigné d'abord beaucoup dVloignement. L'année précédente , Isabelle, sœur de la duchesse Anne, était morte! à Rennes le 24 août. Anne devint veuve , le 7 avril i4q^ 7 du roi Charles, quelle regretta beaucoup, jusques-là qu'elle demeura trois jours sans prendre de nourriture ni de repos, ne disant autre chose à ceux qui Venaient la consoler, sinon qu'elle avait résolu de suivre son cher époux au tombeau. Les reines avaient jusqir alors porté le deuil en blanc ; elle le prit en noir , comme plus propre à nourrir sa douleur. Le dur d'Orléans x devenu le roi Louis Xll , qui n'avait point cessé de l'aimer % mais pour lequel elle s'était beaucoup refroidie, vint à bout

perpétuer la souveraineté de la Bretagne. Il était dit , par le contrat de mariage de Charles Vlll avec la princesse, que, s7il mourait avant elle , sans enfanls mâles , elle serait obluji* (d'épouser le roi successeur, au 'diannu'il fut libre» , ou à soo défaut le prince le plus proche de la couronne; et cela pour ne pas laisser tomber la BretagÉet»(eç -Jes mains étranger». Anne avait fait une espèce de di\orce avec Maximilien pû*f épouser Charles Vlll , et Louis XII en fit un autre plus réel, ru répudiant sa femme (Jeanne, fille de Louis XI), eou épouser Arme. Cette princesse fit insérer, dans soo Montrai if mariage, que si elle donnait plusieurs enfants à son cpoui, ce serait le second qui bernerait de lâ Bretagne 5 et (jui relèverait le nom et les armes des anciens ducs, ce qui contredisait son contrat de mariage avec Charles Vlll ; et que, si elle n'en laissait point , la itretagne re tournerait à ses héritiers.

Louis Xll étant tombé malade Tan iSo5, la reine pense \ se retirer en Bretagne, et dans ce dessein, elle fait emballer ses meubles les plus précieux et ses joyaux , pour les onvo\ à Nantes par la Loire : le maréchal de G ie les fait arrêter. la reine, extrêmement piquée de ce procédé, obtient du roi , vt veuu en santé , que le maréchal soit arrêté , <st que son proc»* lui soit fait. Il est conduit à Toulouse , et, par arrêt rendit le 9 février ( iSob'j , il est suspendu de sa charge de marécM pendant cinq ans. Il se retire alors dans sa maison dn Verger, en Anjou. Vi us peu de lems avant sa mort , arrivée à Paris le 22 avril i5i3, il fut rappelé à la cour et rétabli pn grâce.

L'an ioi 4 ( n. st. ) , la reine Anne meurt a lilois , le g janvier, dans sa trente-septième année. Son corps fut porté a Saint-Denis , et son cœur à Nantes , pour c*trc mis dans le. tombeau de ses père et mère. De soo premier mariag« , . Annu avait eu quatre enfants, morts tous au berceau. Du second, elle laissa deux filles, Madame Claude , mariée , en i S ■ 4 , a François, comte d'Angoulème, héritier présomptif de la couronne, et madame Hcnée, femme d'Hercule, duc de France. « En mourant , dit , parlant d'elle dans ses Mémoires, Louis* a» de Savoie, sa bMlc-sœur, mère du roi François I, elle ma *> laissa l'administration de ses biens , de sa fortune et de ses » filles, mesmêment de madame (Jaudc . (depuis) re>uie.de i> France, femme de mon fils, laquelle j'ay honuorabiement » et amiablement conduite ». Cela prouve que . malgré son sion pour Louise de Savoie , la reine Anne avait un grand fonds d'estime pour elle.

Aune de Bretagne remplit fidèlement tous ses devoirs envers ses deux maris; mais elle lut plus tendrement aimée du second çu/elle ne l'aima. Fière , impérieuse , toute occupée de sou

D ES DUCS I>E BBE TAoNE. *(5

duché de Bretagne, qu'elle gouverna toujours en souveraine*

opiniâtreté de l'esprit de k roi** » Ù,É| nommait, en pjai ttntani v ja./fc^ra>Cj*<fc&)jfe. r (il faut, l'ay^uer, étajent rar bhetés par de jpraodei qualités , ôt wtpul par Cfiljds qui aAtiren* le plus l>mour et i la vénération, des peuples, ^neétaU, magnifique, et faisèit Je plu^nQl>le et Je pUis louage <fe ses immenses revenu* « glWe* employait Ja. rafcUteure Partie, » dit M. Qamier, à réamme^^^

h ou à -soulager Jes malheureux f assignant des jgralifi^tmns , i » sur son trésor, $ tous les officiers qui s'étaient distingues i » par «uelmie ^clton d'éclat , ou assurant une retraite k CCUf L » que la vieillesse ou des blessures forçaient au repos ; le surî * pkp servait à le nt retien d'un grand nombre de jeunes filles » de condition t qu'elle formait dans sou palais, qu'elle nom-' >» mai t ses filles , et qu'elle mariait avantageusement .sans qu'il » en ■ coûtât rien aux parents, *t ( Tel est le premie r e t ablissement des filles d'honneur à laicour. Il subsista jusqu'en J$73 • qu'il f»t lupnnmé pfwiair^.frfajce aux dômes du wifas. ) Aine étaU petite- de Janjle et un peu boiteuse. Ç e# la premiers dç.

des gardes à

p XU f après ^amoft/de la rdne Anne » céda > dwhé ta$ne, lè 17 octobre; à madame CJaud/V tyûve#ue mot de Franc*, 'cette princesse transporta au rp} JTranopis I, son époupe }lë don que Louis XII lui avait fait du duché de J&re-r l agnè , et le lui donna a titre d'héi itage .perpétuel , en cas

3'i'\\ lui survérOt sans avoir <l'enfants d'elle. L'acte de celte onation est du 20 juin i5i5. Après la mort delà reine Clau.de, arrivée le 20 juillet 1 524, François envoya des commissaires fn Bretagne pour recevoir» en son nom , 4e serment et les hoThSrnages de la province : ce qui fut e*écuté dans rassemblée -des» éjats, ternie à Rennes le 26 novembre de cette année.

•ai

L*ao* ihhii François 1 , voulant que le duché lui irrévocablement réuni à la couronne , avant que le dauphin à qui ) a reine Claude avait donné lei titre de duc île Bretagne par son testament , en prît possession, se rendit en Bretagne pour b tenue des états. La réunion fut demandée par les états, et

"•buot br*e .y :,n ■ ;4a/: «»"Crj / ~. «»j «ï ' • J •;• ro».

Ti) « Anne de Bretagne. dit l'abbé de Longuerue , fit traduire le teNouveau Testament en bas-breton ; c'est un ouvrage rare : je l'ai vu » !T»cbercW avec grand sqin,par leAAnglaist' /(tojtyvtrucnj.) .....

246 vn CMO^ HIST. DES TOCS BE BRETAGNE. . accordée par le roi , avec les conditions auxquelles ils la de-

tagne le 8 décembre de la même année. C'est ainsi que la Bretagne a cessé d'avoir des souverains particuliers. ( Voy ez Charles VIII et Louis XII, rois de France ) François l, pour inarquer au dauphin la satisfait îdn que lui donnaient sa valeur et toutes ses belles qualités, lui donna, l'an i53c), la jouissance vdu duché de Bretagne , sans en rien retenir que la foi

L'an ibù'ô ( v. st. ) , le roi Henri II , par édit donné à Fontainebleau dans le mois de mars , supprima les grands jours de Bretagne , et créa un parlement à Bennes. L'un des motifs exprimés dans le préambole , estv qutTte*s grands jours ne se tenaient que trente-six jours. par an , depuis le Ier. septembre jusqu'au 8 octobre , et que d'ailleurs les jugements qui y étaient, rendus éiaieitf sujet* * l'appel , . se.jpo^t ,Sm p^taae*? ue Pans. , . . . v È*m v*i

Les états de Bretagne de tenaient ajitrefqisj pus \cs ans^wai* ; dep dll^ixm^^Vôht plus été assemblés que tou^ î^ ans , si ce n'est dans des circonstances pressantes °où les besoins de l'état ou d'autres affaires importâmes ont déterminé à convoquer des assemblées extraordinaires , comme en 1741, à

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ifl. ;.; .... ;i, ..S,",* !.iWUi.m> ni mI B*#im«w

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-Eùotâfr-'/ 6uvEtTBfES , deuxième' fjïs (le Geoftroî comte de KèàntsWdùç de Bretagne ^ inbrt en ipoSV^U^vpise, filles*

comme co- propriétaire de Bretagne, avec Alain, son frère aîné, tant que vécut la duchesse leur mère, qui conserva 9 même depuis leur majorité , la principale autorité dans le gouvernement de la Bretagne. La mort de cette princesse étant arrivée l'an io34, les deux frères procédèrent alors à un partage. Eudon eut pour sa part les diocèses de Saint-Brieux: et de Tréguier, avec une partie de ceux de Dol et d'Aleth 9 ou de Saint-Malo. Alain eut le surplus de ces deux diocèses avec, ceux de Vannes et de Rennes; mais en récompense il se réserva la propriété des grandes villes qui étaient dans le partage de son frère, et la souveraineté sur tout le reste. Cette réserve rendit les partages à peu-près égaux , et la condition

et commença par s'emparer d'Aleth et de. Dol. A la nouvelle

t$8 CHlUttOLOGIE ttlSTOHiQriÊ

de cette invasion , le duc Alain marche contre son tthté î lui livre bataille près du château de Lehon , et remporte la victoire après une grande perte de part et d'autre. Les deux frères ensuite , par la médiation de l'évéque de Vânwrt et du duc de Normandie , font la paix sans qu'il en coûte rien au vaincu. Il paraît même qu'Eudon garde la propriété de la ville de Dol , dont la souveraineté resta au duc son frère. Du reste Eudon et ses descendants, jusqu'au treizième siècle, se qualifièrent comtes de Bretagne , et se comportèrent connue s'ils n'avaient point de supérieur en ce duché.

L'an io^o, après la mort d'Alain , Eudon se rendit maître du gouvernement et de la personne de Conan , son neveu oui n'avait encore qu'un an ou environ. Une conspiration des Seigneurs bretons tira Conan, l'an 1047 » ^e l'espace de prison où son oncle le retenait ; et Tannée suivante il fut sonnellement reconnu duc derBretagHe à Retffles. Eudon néanmoins conserva la régence de la Bretagne pendant la minorité de ce prince. La guerre s'alluma , l'an 1087 , entre l'oncle et le neveu. Le premier, tandis qu'il cherche à surprendre la ville de Rennes, est battu et fait prisonnier par le second. Les hostilités ne laissèrent pas d'être continuées pénrfàrrt cinq ans j>at GeofTroi, fils d'Eodon. La paix sd fit enfin l'an 1062, è( depuis ce tems il paraît qu'Eudon demeura tranquille jusqu'à sa mort arrivée à Saint-Brieux l'an io7û. D'Enoguent ou Innoguënt, ou Aônès, son épôuSé, filfe d'Alain Cagnart, comte de Cornouaille, il laissa GeofTroi, qui suit; Brient, dont descendent les vicomtes de Chat eau-Brin nt ; Alain le Noir, et Alain lé Roux , tous trois successivement comtes dé Riche^ mont , én' Angleterre , domaine qui fut lé prix dés services1 qu'ils avaient rendus a Guillaume le Bâtard pour là coriquÊlé de l'Ahgtetcrref; Etienne, comte de* Pènthjèvre' et Derien, fondateur du cnâtéau de la Koéhe-Derién. i\ eut dussi d'uné concubine deux autres fils établis èh Angleterre , et une fille j mariée a Guisandl Je ttuveno.

GfEOFFHOr ÏSOTËREf; T;

1079. 6fô**ro/ ÈotEiiÊL , fils aîné du comté Êudon, est regardé comme son successeur au comté de Pénthièvre,

Î|uoiqu'il ait partagé par égales portions àVec-ses autres frères a succession de ses père et mèré ; car alors on ne connaissait pas encore en firélagne ta loi qui adjuge à Paîné les deux parts danS l'héritage et encore sa part dans le troisième ïot. ï#a guerre, qu'il soutint pendant cinq ans avec l'aidé de tioel, comté Je Kantés, contré Conan it f duc de Brétagriê -, pour venger

DES COMTES DtE PENTHIEVRE. a^g

l'emprisonnement de son père , fait l'éloge de son cœur. Il y > avait trente et un ans qu'elle était terminée par un traité de paix , lorsqu'il fut tué à Dol le 24 août 1 og3 , sans qu'on nous apprenne la cause de cet accident II n'avait point été marié ; mais il eut un fils naturel , nommé Conan , qui mourut en Svrie la même année que son père. , *

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