SÉBASTIEN DE LUXEMBOURG
PREMIER DUC DE PECTH1ÈVRE.
}5È5. SiitoASTïEN de Luxembourg , fils de François de Luxembourg , vicomte de Martigues , seigneur de Baugé , tué ou siège de Terrouenne , et de Charlotte de Brosse ., sœur de Jean III de Bretagne , succéda à son oncle maternel dans le côioité de Penthièvre, de même qu'il avait succédé à son père dans îa vicomté Je Martigues. Il remplaça encore le premier dans ta charge de lieutenant-général de Bretagne, do.it u s'était montre 'digue par divers exploits , où ses talents et sa prudence avaient autant brillé que sa valeur. Il avait été l'un des défenseurs^ de Terrouen ne , et s'était signalé aux sièges de Calais , de Rb^en^ d^rléans. L'an i55p,, il avait mené du secours, en Ecosse , à la reine régente contre les Protestants rebelles de ses étatyet les Anglais qui voulaient envahir l'Ecosse à la faveur de$ trqubles domestiques. Nommé colonel -général d'infanterie apré$ la mort du comte de Randan, il contribua beaucoup au gain, des batailles de Dreux , de Jarnac et de Monconlour„ Le roi Charles IX, dont il était également aimé et estimé, pour couronner les services qu'il avait rendus à l'état , érigea, Tait 1 569 f en duché-pairie le comté de Penthièvre par ses lettres-* patentes du i5 septembre, où il fait un éloge pompeux de la forçe et prouesse , fidélité et magnanimité du vicomte de Martigues. Ce qu'il y a dé singulier dans ces lettres, c'est qu'il y est dit que avenant que nostredit cousin n 'eust non plus qu 'il a à présent f aucuns enfants mâles nés et procréés en loyal mariage , les enfants mâks qui seront procréés de ses filles , et les plus capables d'iceux 4 tiennent et jouissent ledict duché et pairie tout ainsi que s ils étaient &ès et procrées de nostredit cousin ou d'un sien enfant mâle en loyal mariage , comme dit est Et aussi qu'en défaut que les enfants mâles et femelles*. .... . qui pourront être procréés de nostredit
cousin en loyal mariage , n 'ayent aucuns héritiers mâles , ou les mâles descendants cTiceux enfants Payent aussi à l'avenir aucuns enfants mâles tellement que la ligne masculine vienne à défaillir , lu dignité de pair et duc demeurera éteinte et supprimée , et retour^ nera la terre et seigneurie de Penthièvre en son premier état dé comté, tout dinsi que si ladite création dè duché et pairie n'avait été faite. Ensuite le roi déràge à l'édit de juillet i566, suivant lequel lés terres , dorénavant érigées en duchés , marquisats et comtés, devaient être réunies au dom line faute d'hoirs mâles. CWlaoïem iére exception ; et Charl s IX la fit en considération de la grandeur, de la naissance et du mérite personnel d%
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Sébastien de Luxembourg, déclarant que Vint ention de cet *dit était plus pour exclure et empêcher ceux qui , par importunilé et sans mérite, voudraient aspirer à tel honneur, que pour autre intention. Sébastien de Luxembourg jouit à peine de cette récompense. Ayant accompagné le duc d Anjou au siège de Saint-Jean-d'Aueéli, U y reçut v le 29 novembre^ ïa même année, un coup d'arquebuse dont il mourut quelc" heures après en héros chrétien. Son corps fut porté .aux Xo1 liers de Guingamp. Il avait, épousé Marie, fille de 1 Beaucaire, sénéchal de Poitou, dont il ne ïâissa c^u'i v qui suit. ,~ /((f> rp j.t ( 0j. j ?<H(V
MARIE DE LUXEMBOURG ET PHlUPPE-EMMAKUEt
.,. DE LORRAINE. ,„ r,,
i569. Marie, fille de Sébastien 4e tuxem^ùr&et de^arje de Beaucaire, née à Lamballe , le 1 5 féyr^.i 56s succéda? son père dans le duché Je Penthièyre, la vicomte de Martigues et la seigneurie de Baugé , sous la tutelle, de sa mère. L an (et non i579)> le roi Henri 111 lui fit épouser, le 1 5 ^uillej, Phiuppe-Emmanuei. de I^rraihe,. son beau-trere y duc de Mercœur, né le 9 septembre i558, de Nicolas ^de Lorraine, comte ^le Vaudemont , créé duc de, Mercœur le i 5 février 1^, et de Marguerite tfEgmont. Héritier de la valeur de se$ apeurés, Philippe-Emmanuel s>ndurcit de bonne heure aux travaux, de la guerre Mais sou ambition tourna ses talent s militaires au détriment de la France et à la perte du monarque mu l'avait comblé de bienfaits. Le mariage avantageux que Henri III lui avait procuré vlm«^exciter sa rea)niwUsance^Lui servit de moyen pour travailler à soustraire à ce prince une des plus grandes provinces de la France. Marie de Luxembourg.,) sa femme, était pet ite-lille de Charlotte, héritière delà maison de Penthicvre. Il entreprit de faire revivre les droits de cette maison sur le duché de Bretagne/ et çe fut dans celte VueuuSl traita du gouvernement de celte province avec le duc de Mt>nt. pensier et le prince, de Dombes. Le roi , trop facile , a à m ordinaire aveuglé par l'amitié, donna le&mains,, en i,58a,|ce dangereux traité sans en prévoir les suites. Le duc;de Mercosur entra dans la Bretagne comme dans un pays dont il se proposait de faire la conquête. Pendant neuf ans, à cômpter depuis la mort du duc de Guise, arrivée le 26 décembre 1 588, cette malheureuse province fut un théâtre de meurtres, de trahisons, de massacres,, dont il était Fauteur. On ne peut surtout lire sans horreur le técit des cruautés que ses troupes exerwefit *ur les habitants de BÎavet, aujourd'hui Port lT Louis , Lapra
DES D*CS DE PBWTÉlMfe. àSf
fVojiç epiporié d'assaut le n juin i5o/>. Sa perfidie ne partît
Sas moins en livrant cette place , comme il fit dans le mois ^octobre suivant, aux Espagnols avec lesquels il était en traité depuis quelque tems, pour leur servir de placé de sûreté. C'est ainsi, qu'en feignant tragir pour l'intérêt commun de la ligue , il travaillait à rétablissement de sa propre fortune. Les plus clairvoyants n'y furent pas trompés. Un conseiller au parlement
depuis dix ans. On assure même qu'il porti vues plus loin , et qu'aux états de la ligue il osa se mettre sur les rangs pour être élu roi. Mais Henri IV fit évanouir ses chiîuènqueS prétentions. Après avoir* soumis toutes les autres parties de son royaume , i! s'approcha enfin, l'an 1598, des frontières de la Bretagne. L'épouvante saisit le duc de Mcrcœur. Au lieu de penser à se défendre, il envoie promptement sar mère et sa femme au-devant du monarque, pour tâcher de le fléchir. Elles trouvèrent la cour à Angers , et s'adressèrent d'abord à Gabrielle d'Estrées, qui jusqu'alors avait été l'objet de léuT mépris. Ce fut un triomphe bien flatteur pour cette iL^iu. * • * , *f ^,^ fondant
îde duc furent
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avec un air déconcerté, et s'en retourna avec son pardon et le Repris de îa cour. BléntÔt après, il prit le parti de s'absenter
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(1) Comme alors César de V«ndô*ie nWit que quatre ans, i \ mademoiselle de Mercœur que six, on se content* de les fiancer, Mais» Taa 1609, lorsqu'il fallutprocéder au mariage, la mère et la graod'mère de là jeune princesse > douairières Tune et l'autre de Mercœur, témoignèrent qu'elles aimeraient mieux donner leur fille et petite-dite au pnuce cte Condé qu'à un fils fe'gitimé du rut. Elles inspirèrent même à celle-ci une si grande répugnance pour5 te ddc de Vendôme, qu'elle ne pdtivait en entendre parler. Henri IV, qui avait extrêmement à coeur ei-tte alliance , fut très-pique de ce changement de dispositions. 11 menaça ; et y voyant que les menaces n'opéraient rien , il oégocia, par le inoyen do P. Cotton , fort habile dans Part de manier les consciences;
«e juillet 1609, avec beaucoup de magnificence. Henri I V y parut tou* «rUbm de pierreries , courut la bague , el Remporta presque, t
268 CHRONOLOGIE H ISTOftIQUE
du royaume j où il se voyait sans nulle considération, les Tarn faisant alors la guerre à l'empereur en Hongrie, i^y raenaq>uae cents gentilshommes à ses frais, et s'y distingua noa-seulenjent par des actions courageuses , mais par des opérations dont \# plus habiles capitaines se seraient fait honneur. (3«nt-FooV^ il mourut à Nuremberg, en revenant en France ^ d^e^fiàvrf pourprée, le 19 février 1603, à F âge de quarante^ rois ans. Henri IV, qui estimait sa valeur, lui lit faire un service, Uj»} avril suivant v à N. D. Je Paris, au -milieu duquel saint François <}e Sales , alors coadjuteur de Genève, prononça, son ocaisoQ funèbre avec beaucoup de discrétion , jiftr louant que ce qui était vraiment digne d'éloges dans la vie du duc de Mercœur.
soixante et un ans, et fut enterrée aux Capucines de Pans. &
FRANÇOISE DE MERCŒUR et CÉS AR DE VENDOMt
162 3. Françoise de Lorraine, née Fan 159a, fille unique de Philippe - Emmanuel , duc de Merçpeur, et de Marie de Luxembourg, alliée en 1609, par den* 'contrats de mariage %
6assés, L'un en 1.S98 , Tau.tTe.eil i6p8 , à César , fils naturel de lenri IV et de .Gabriel d'Est rées, duc de VendAme , succéd* avec son mari, Tan ibV3, à sa mère dans le duché- pairie de Penthièvre , comme elle avait succédé à son père en t6bi, dans le duché de Mercœur et autres domaines de ce prince. Cependant, le duché-pairie de Penthièvre, aux termes des lettres d'érection, devait être éteint a la mort de sa mère, puis* qu'elle n'avait point laissé d'enfants mâles. Il faut donc qu'il y ait eu quelque dérogation à ces lettres. Mais on ne trouve aucun acte où elle soit énoncée. On pourrait dire que la donation du duché-pairie de Penthièvre, faite à Françoise de Lorraine et à César de Vendôme t dans. les deux contrats dont on vient de parler, fut agréée par le roi Henri IV , en présence et par la volonté duquel ces actes furent passés, sa majesté ayant voulu que la duchesse de Vendôme jouît de la terre de Pen* thièvre à titre de duché-pairie, comme avait fait sa mère, et ayant par conséquent étendu à la peâte-fille de Sébastien de Luxembourg, la grâce que les lettres of érection de i56y, attribuent à sa fille. Mais dans la suite , les duc et duchesse de Vendôme ayant plusieurs enfants et petits-enfants, furent bien aises qu'il ne restât aucun d>ute sur la qualité de duché e( pairie attachée à la terre de Penthièvre , qui pouvait devenir ie je de quelque puîné ; et Ton voit par les lettres de i658
fet de i6Sg , qu'ils eurent soin de faire confirmer ce titre k la terre de Penthièvre, conformément aux lettres de et sans déroger à l'ancienneté d'érection ni la rang de séance, avec la clause néanmoins d'extinction de duché-pairie, faute d'hoirs mâles. C'est ainsi qu'ils tâchèrent de rectifier ce défaut d'exécution des conditions des lettres de 1569 , suivant lesquelles le duché-pairie devait être éteint, si la fille de Sébastien de Luxembourg n'avait point d'enfants mâles. Devenue vettfe en if>65, la duchesse française termina ses jours le S septembre 1669, un mois après là mort de Louis de Vendôme *
son fils aîné. ( Voy. les ducs de Vendôme. )
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1669. L0U15-J03EPH , fils aîné de Louis, duc de Vendôme; et de Laure Mancini , né le 3o juin 16S4 , devint le successeur de son aïeule paternelle au duché de Penthièvre. Mais, Tan 1607. ce duché foi axijwgé ,p>r,4&*et W <Je 1 <? décembre f à Anne-Marie de Bourbon , princesse de Conti. ( Voy. les
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BARONS DE FOUGERES (*). i.'
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J^a baronnie de Fougères est l'nnè des premières et des ptos anciennes de Bretagne , et de la m^me dignifé que les aneietw comtés et vicomtes de cette province , les unes et les autres de ces terres étant également 1 apanage donné à des puînés dei anciens souverains de Bretagne.
La préséance sur le baron de Vitré avait été reconnue , par lAlain Fergent et par les états , appartenir à ceux de Fougères; «t le ducPiemné , en accordant, en i45ï , lalternative aux bàroni de Léon et èe Vitré , et? réservant les droits de ceux d'Avaugour et de Fougères, donnait en effet lé premier rang parmi les parrs de Bretagne * ces deux derniers barons. ( Morfcej Hist. de Brtt.pr. çoll aS^ )
r (*) Cet article a été dressé par M. de Poramereul, Heutenanl-côlopei
^artillerie. * , «wj.iii