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Gui , frère et héritier de Hugues XIII, s'éfcant allié avec les
DES BAROJSS DÇ FOUGÈRES. *77
Anglais , fut condamné par la cour des pairs à la confiscation de ses biens, en i3oj. Le roi de France à cette époque laissa la jouissance de la baronie de Fougères à Yolande, sœur de Gui» Yolande étant morte en i3i4, le duc de Bretagne se saisit de Fougères.. Philippe le Bel , roi de France le cita aussitôt à comparaître à sa cour, et le duc se hâta de restituer Fougères, dont le roi investit , en i3o7 , Charles de France son fils. Ce prince , devenu roi de France, donne Fougères , à Philippe de France , comte de Valois, lequel, en 1022, le cède à son fils Jean , qui , lorsque son père fut parvenu à la couronne , le donna, en i3a8, à son oncle Charles de France , comte de Valois et d'Alcnçon. ( JA/tf. pag. i35o , i35i , i353. ) Ce prince ayant eu de son mariage avec Marie d'Espagne quatre fils, Charles, Pilippe , Pierre et Robert , les deux premières possédèrent successivement Fougères depuis i34fi jusqu'en 1061 , mais étant devenus , l'un archevêque dé Lyon, l'autre cardinal , ils cédèrent leurs droits à leur frère Pierre, qui étant mort en i4o4> e"t pour successeur son fils Jean 11 , duc d'Alençon ^qui mourut en 14^. Jean 111 , son fils , lui succéda : mais ayant été fait prisonnier aja bataille de Verneuil , pour payer sa rançon , il vendit Fougères à Jean V, duc de Bretagne, qui réunit cette baron nie au domaine du duché. Les ducs de Bretagne l'ont depuis possédée sans interruption jusqu'à la réunion de cette province à la couronne. Fougères par celte réunion s'est trouvé incorporé au domaine, du roi , dont il n'a pas cessé de faire partie jusqu'à ce jour.
Le roi François Ier. donna cette baronnie, le 2 février i524, étant au camp devant Pavie , au maréchal de Montejan ; pour en jouir seulement durant sa vie et sous la clause de réversion à la couronne, à la mort dudit maréchal.
Henri 11 la donna depuis au même titre, le 14 avril i547, à la célèbre Diane de Poitiers , duchesse de Valentinois.
Le duc de Mercoeur, pendant les troubles de la ligue , s'empara de Fougères, le 28 mars i588, et en fit l'une de ses places d'armes en Bretagne. Elle rentra sous l'obéissance du roi par le traité d'Angers, le 20 mars i5o,8.
Louis XV aliéna le domaine utile de cette baronnie, à titre d'engagement, en 1753, à son altesse monseigneur le duc de Pentïnèyre.
Louis XVI, enfin , aliéna à perpétuité, à titre à? af]eiigement% par arrêt du conseil du 20 juillet et lettres-patentes, du 8 août 1784, le chûteau de Fougères, son parc, moulins; et autres dépendances, à M. de Pommereul, lieutenant -colonel d'artiitaie , chevalier de Tordre de Saint-Louis.
Les droits seigneuriaux , tels que la juridiction et mfane une
partie des droits utiles, sont malgré ces aliénations , toujours j-estcs dépendants du domaine du roi.
Il n'est peut-être pas hors de propos de développer, au sujet de la baronni* de Fougères , un fait qui a échappé à presque tous nos historiens : c'est que la prise de la ville de ce nom a entraîné le plus grand événement de nos annales , l'expulsion totale des Anglais hors du royaume. >
La Fiance et l'Angleterre avaient siené , le 20 mai, i444 1 une trêve dans laquelle étart comprise la Bretagne, et qui ne devait finir que le premier juin i449- François l , duc de Rre^ tagne, sous le prétexte, vrai ou faux, que le prince Gilles, son frère, entretenait des correspondances avec les Anglais, l'avait fait renfermer dans la tour de la Hunaudaye. Les Anglais sollicitèrent vivement sa liberté, et sur le refus du duc, essayèrent de le forcer d'acejuiescer à leur demande , en relevant les fortifications de Saint -James et de Ponlorson,et en faisant des courses sur les terres de Bretagne. François l s'étant plaint de ces infractions au roi de France, des plénipotentiaires anglais eX français s'assemblèrent à Louviers pour terminer ces différends. Pendant cette négociation, le roi d' A ngleterre jeta les yeux sur François de Surîenne , déjà fameux par la prise de trente-deux villes, et le chargea de s'emparer de Fougères. Surienne , après avoir fait reconnaître la place , promet de s'en rendre maître. Le roi d'Angleterre, pour l'encourager à cette entreprise, lui donna Tordre de la jarretière, la seigneurie de Vorcester, le gouvernement de Verneuil et de Condé-sur-Noircau, et y joint mille livres de pension, trois cents nobles de renie, et la charge de conseiller du roi. Surîenne assemble ses troupes à Conde-sur-Noireau , en part le 19 mars i44°Vct arrive sous les murs de Fougères, la nuit du 2^ au 34 » il se gli*5? dans les fossés, dresse des échelles, escalade le château, surprend et égorge la garnison , met la ville au pillage , et y fait un butin estimé plus de deux millions de notre monnaie. François I, indigné de cette trahison, envoie Michel de Partent vers Surienne , pour savoir par quel ordre il avait pris Fougères. « Ne manquerez plus avant, lui répondit Surienne; ne voyes- » vous pas que je suis de l'ordre de la jarretière? — Mais, reprit » Parlhcnai , on dit que vous avez pris Fougères pour ravoir » monseigneur Gilles ; qui vous le rendrait avec un pot de » vin, seriez-vous content? — J'ai pouvoir de prendre et non » de rendre, » répliqua Surienne. Le duc, convaincu alors que Surienne n'a fait qu'exécuter les ordres du roi d'Angleterre , envoie un héraut au duc deSoramerset, pour le sommer de restituer Fougères et de réparer les dommages qu'y avaient faits les Anglais. Sommer set se contente de désavouer Surienne*