DES BARONS DE FOUGERES
sans promettre satisfaction. Alors François envoie vers le roi de France, le chancelier de Guéménée et l'évoque de Rennes. L.e roi promet secours , et veut tenter d'abord les voies de négociation ; des conférences s'ouvrent au port Saint-Ouen. Le roi d'Angleterre desavoue Surienne , traîne l'affaire en longueur, et ne promet ni restitution ni indemnité. Révolté de cette mauvaise foi , le roi de France s'empare de Pont-de- PArche, de Couches et de Gerberoi , et propose leur restitution en échange de Fougères. Les Anglais refusent. Alors le roi de France s'engaee, par un traité aver le duc de Bretagne , à lui faire rendre Fougères ou à déclarer la guerre aux Anglais. Sur un nouveau refus de. leur cour,' les années de France et de Bretagne s'assemblent ■> le siège de Fougères est résolu et confié à inessire Pierre, frère du duc. La place, en bon état, était défendue par Surienne et une nombreuse garnison. Pendant le siège, le duc de Bretagne s'emparait, de Saint James, Mortain , Coutances, Saint-Lo , Carentan , Vaiognes , etc. et le roi de France soumettait Vernouil , Pont- Audemer, Lisieux, Mantes, Joigny, Vcrnon, Gouruai , Harcourt , Kécnmp. Messire Pierre. avait amené au siège de Fom gères ^ les seigneurs de Gv.ingamp , de Uieux, de Montauban, «te Combourg, de Derval , et de Villebtanche, et fait bâtir deux forts pour ^opposer aux sorties des Anglais. Le duc f après ses conquêtes , revint , avèc le connétable de r\ichemonft au siège de Fougères. Surienne se défendait avec autant d intelligence que de courage; des maladies contagieuses infestaient le camp des assiégeants ; on murrtiurait de la longueur du siège, et quelques seigneurs s'en étaient déjà retirés. Le duc , forcé 'par les murmures et la crainte d'une plus grande désertion , profita d'une nouvelle demande de capitulation des assiégés , fct leur permit de sortir vies et bagues sauves, le 4 novembre 1449* vivres manquaient à la garnison, la place était délabrée , et Surienne , qui l'avait si vaillamment défendue , quitta 1* service de l'Angleterre, et passa à celui de France. La guerre continua l'année suivante, et les Français enlevèrent toute la Normandie aux Anglais, et successivement toutes les provinces qu'ils possédaient depuis long tems en France, et les induisirent enfin à n'y avoir plus que la seule ville de Calais, qu'il*, perdirent dans le siècle suivant.
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■^A Flandre, portion considérable de l'ancienne Belgique, s étend sur les contrées autrefois habitées par les Morins, une partie des Nerviens , des Atuatiqucs et les Menapiens. Les p,em.ers occupaient les côtes de la mer entre la Somme et l'Escaut: les seconds , les terres situées entre l'Escaut et la Sambre- les troisièmes, le pays de Namur; les derniers , les bords du Rhin. , "?m V.t • 1 . rc' emPloyé pour la première fois dans la vie île sa.nl Eloi , écrite an septième siècle par saint QWa , ne désigna.! alors que le territoire de Bruges, Mumdplum Flandres, Muniapn.m immense; deux expressions synonymes en ce teras- U 'J,,™ olaU onco,c rt-nlermée dans des bornes étroites, sous Charles le Chauve , en 853. Le territoire de Coui irai n'y elail pas mOme compris. Les historiens flamands prétendent mKOh le lems de Charlemagne, et tong-i<„,s même auparavant , la Flandre était possédée par des seigneurs qui la gouvernaient sous h- litre- de forestiers, titre qu'on leur donnait à cause des forets donld éla.t rempli. J|s décorent successivement de cette quahte Lidéric, établi, disent-ils, par ( harlemagne, vers I an 7Q2, Inghelrand , ou Enguerand, son fils, et Odacrf, son petit-fils. Mail i! n'y a aucune preuve que ces seigneurs (en les supposant des êtres réels) aient gouverné la Flandre, ai même qu .ls y a.ent hab.lé. Tous les anciens écrivains s".
dent a reconnaître, pour le premier comte de ce pays, Baudouin, TrraT1' ***** des flauian«s fut dans la suite
' tttAON. BIS*. MS COMTES DS FLANDRE* ztt
BAUDOUIN I, dit BRAS-DE-FER,
Vqij 86* #k , surnommé Bras-de-tkr, à cause de sa force extraordinaire, filsd'Odacre et arrière-petit-fils, par son père, et Enguerand son aïeul, de Lideric, suivant d'anciennes généalogies qui nous sont à la vérité fort suspectes, enlève Judith, fille du roi Charles le Chauve et veuve d'Etelwolphe , roi d'Angleterre , de concert avec Louis , frère de la princesse. C'était le second amant dans les bras duquel elle passait depuis la mort de son époux. Adhelbald ou Ethelbad , son Leau-nls , l'avait déjà prise pour épouse au commencement de son veuvage par un inceste dont son aveugle passion dérobait à ses yeux l'énormité. Renvoyée depuis en France, soit par ce prince revenu de son égarement , soit après son décès , par son frère Ethelbcrt qui lui survécut, elle se retira par ordre de son père dans le palais de Senlts. Ce fut là que l'enlèvement se fit, Baudouin l'ayant en son pouvoir , s'enfuit avec elle en Lorraine pour se soustraire au ressentiment de Charles le Chauve. Le monarque, irrité de cet attentat , fit excommunier, la même annfiCj le ravisseur dans un concile tenu à Soissons. fiaudouin ne vit point alors de meilleur parti à prendre que d'aller se jeter aux pieds du pape. C'était Nicolas I , dont la sagesse était , pour ceux qui se trouvaient dans là peine , un grand motif de recourir à loi. S^étarit rendu à Rome, Baudouin réussit à le mettre dans ses intérêts, en lui exposant que Judith s'étantt donnée volontairement à lui , il ne pouvait être qu'injustement accusé du crime de rapt. Le pontife écrivit , le 26 novembre $6a, en faveur des deux coupables , au foi et à la reine Her- Eientrude, et chargea de sa lettre deux légats qu'il envoya pour ce sujet en France. Il revint à la charge l'année suivante par ceux autres lettres, l'une au roi , Faurre au concile de Soissons. (Bouq. , tom. VU, pag. 391-397.) Elles produisirent leur effet; et sur la fin de la même année, Baudouin épousa Judith à Auxerre , en présence des envoyés de Charles , qui bientôt après lui rendit suas honores , comme s'exprime Iiincmar, écrivant au pape. {Ibid. p 214.) Mais il ne paraît pas cju'il ait alors neo ajouté à ce qu'avait Baudouin avant d'encourir la disgrâce du roi. C'est ce qu'insinue une lettre du même, écrite au roi Tan 866, par laquelle, en lui rendant grâces d'avoir pardonné a Baudouin , il le prie de consommer cette faveur par des effets marqués de sa libéralité. (Ibid. p. 4 16.)
L an 079, suivant les Annales deSaint-Waast et Ipérius, Baudouin meurt à Arras, quoi qu'il n'en fût pas encore maître. Il tut inhumé dans l'abbaye de Saint-Bertin. L'auteur de la yi% XIII. , 36
C'HROîfOLOOlE HtSTOfUQtJE
de saint "VVïnoc , écrivain du onzième siècle, parle ainsi de Baudouin : Vir eu jus ingenio et mflitid m'I in vins cJarûsimis glo-
riosius unquam habuil Fiandria milite emm rnuito et militià de
hbslibus triumphare non parum erat strenutts. (Ibid* p. 379.) 11 laissa deux fils , Baudouin, son successeur, et Baoul , comte de Cambrai , avec une fille , Winidilde , épouse de Wifreà le Velu , comte de Barcelonne. « Dans le comté de Baudouin , » ou Je Flandre, dit Lambert d'Aschaffem bourg (adann. 1071^ » c'est une coutume immémoriale que le père transmette ea » héritage son nom et le comté à celui de ses fils qu'il loi plaît »- de choisir; et la condition des frères de celui-ci est telle » qu'ils sont réduits à mener une vie obscure en lui demeurant » assujettis , ou à s'expatrier pour aller acquérir de la gloire \m » leurs propres exploits , plutôt que de se consoler dans la pa- » resse et l'indigence par le souvenir des beaux faits de leurs « ancêtres. La raison de cet établissement est d'empêcher que, » la province étant divisée én plusieurs portions -, la pauvreléne » ternisse la splendeur de celte illustre famille ». Ce récit de Xambert n'est nullement exact, puisqu'on vient devoir ftaoal propriétaire du comté de Cambrai , quoique fils puîné de Baudouin, On verra dans la suité d'autres exemples qui prouvent que la condition des cadets, dans la maison des comtes de llandre , n'était pas aussi déplorable <Jue Lambert le veut 6ire entendre.
« Après que Charles le Chauve , rôï de France, eut érigé la » Flandre en comté , en faveur du mariage de sa fille Judith » avec Baudouin Bhas-de-fer , ce comte, voulant affermir » et donner du lustre à son état, y créa divers officiers hérédi- » taires, à guise des rois ses voisins, dont le premier estoit j> Vévesque de Tournay, et après luy te prévost de Saint-Dotfat » de Bruges fut faict héréditaire. 11 ordonna de plus doûze
* pairs des premiers seigneurs dè son pays, et les honora tous » du titre de comtes, dont ceux qui avoient séance, à droite
du comte Baudouin , estoient les comtes de Garni , d'Har-
* lebeke , de ïherrouenne , de Tournay, d'Hesdin et de » Guise ; et à gauche les comtes de Blangts, dè Bruges, x d'Arras, de Boulogne, de Saint - Pol et de Messines ». (Franc. Vinchant , Annal de Hainaut , pag. 8.) Sans vouloir garantir la haute antiquité qu'on donne ici à cette institution, nous dirons que les pairs de Flandre n'ont pas toujours été les mêmes, et que la pairie a été appliquée tantôt à un fief, tantôt à un autre.
BAUDOUIN II, dit LE CHAUVE.
87g. Baudouin II, dit lb Chauve , non qu'il le fètT
mai* pour faire revivre la mémoire de son aïeul maternel , succéda à Baudouin 1 , son père, dans le comté de Flandre, à l'exception du comté de Cambrai , qui fut donné , comme on Ta dit, à Raoul, son frère. Toute sa conduite fait voir qu'elle avait l'intérêt pour unique mobile. L'an 8<j2 , sur le refus que fait le roi Eudes de lui donner l'abbaye de Saint- Waasl d'Àrras, il se révolte contre ce prince , et se tourne du côté de Charles le Simple. Eudes , après l'avoir fait excommunier pour ce sujet par lesévéques, suivant les Annales de St.-Waast, se met en marelle pour les réduire. Baudouin le prévient les armes à la main , et l'oblige à s en retourner sans avoir rien fait. Les évêques du concile de Reims écrivent, l'an 893, à Baudouin, pour se plaindre des déprédations qu'il exerçait sur les biens ecclésiastiques , et le menacent d'une nouvelle excommunication. L'an $q5 , il se réconcilie avec le roi Eudes, et abandonne son ri va Y*. Irrités de sa défection,, les partisans du roj Charles viennent , l'an 896 , faire le dégât sur ses terres. Il use de représailles: mais le comte Raoul son. frère est tué par Herbert , comte de Vermandois, comme il revenait du pillage de l'abbaye de Saint- Quentin. Brouillé de nouveau avec Eudes, le comte Baudouin lui enlève, l'an 8^7, la ville d'Arras et le fort de Saint Waast. L'an 898 , après la mort de. ce prince , il promet fidélité au roi Charles, parce qu'il ne voit, plus de concurrent qui lui dispute la couronne. Mais son caractère était trop violent pour en faire un vassal soumis. Dès l'année suivante, il oblige Charles à reprendre les armes contre lui , et perd le château de Saint- Waast d'Arras, dont le monarque s empare ainsi que de l'abbaye de ce nom qu'il donne à Foulques, archevêque de Reims. Celui-ci l'échangea presque aussitôt pour l'abbaye de Saint** Me dard de Soissoos avec le comte Allmar , à qui Charles avait donné le château d'Arras. (Bouquet , tom. VIII, pag. o,3.)
Baudouin était l'irréconciliable ennemi de ceux dont les intérêts croisaient les siens. L'an 900 , il fait assassiner Foulques,, archevêque de Reims, le 17 juin , pour se venger de ce que le roi lui avait ôté l'abbaye de Saint-VV aast d'Arras pour la donner a ce prélat. Il exerça deux ans après la même vengeance contre le comte de Vermandois , auteur de la mort de Raoïd , son frère. Charles lui ayant retiré, l'an 912, la ville d'Amiens pour la donner au comte Altmar, Baudouin par ressentiment embrasse le parti d'Herbert II, comte de Vermandois , fils de • celai qu'il avait fait assassiner, et le plus fatal ennemi du roi Charles. Enfin, l'an 918 (n. st.), le 2 janvier, Baudouin meurt après avoir gouverné la Flandre trente-neuf ans. La chronique de Saint- Berlin met sa mort en 9*7 , parce quelle tojxtmeucc l'année au a5 mars. Son corps fut iùbumé dau&
I abbaye de Saint-Bertin, qu'il possédait depuis dix-sept ans; mais sa femme Klstrude , fille d'Alfred, roi d'Angleterre , le fit transporter deux ans après à l'abbaye de BLandigni T onde Saint-Pierre de Gaqd , où elle fut elle-même enterrée le 7 juin 92^. (Meier.) 11 laissa deux fils, Arnoul ♦ son successeur , et AJalnlnlie , ou Adolpbe, comte de Boulogne et deTerrouènne. * t m.
L'abbaye de Berg- Saint -Winoc rapporte à Baudouin le Chauve sa fondation. Ce fut aussi lui qui, l'an 900, entourra de Émirs les villes d'Y près et de Bruges, et acheva le fort uY Saint- Orner, commencé par Foulques , archevêque de Keims.
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ARNOUL ï, dit LE VIEUX et LE GRAND, ' et BAUDOUIN 1U, dit LE JEUNE., U.;, *
918. AnNOUL I t dit le Vieux et le Grand , fils <k Baudouin le Chauve et d'Elstrotk, -, succède t l'an 918 , a son père. L'an 932, il augmenta ses domaines du château d'Arras, dont il se rendit maître par la force des armes. A cette usurpation il ajouta, vers l'an tj4— « celle du château de Montreuil, qu'il enleva à Herluin II , comte d,e Pohthieu. Guillaume Longue - épée , duc de Normandie , ayant pris la défense d'Uerluin , marche à Monlreuil avec un corps de troupes, reprend la place et la remet au légitime propriétaire. Arnoôl ne pardonna pas au duc cet acte de justice.! L'ayant invité à venir le voir , il le fait assassiner , le 17 décembre 943 , près de Pequigni sur la Somme v au sortir de la conférence qu'il avait eue avec lui (1). Cet attentat fut la source de grands malheurs. Le roi Louis d'Outremer en ayant témoigné son indignation , Arnoul tente de lui persuader qu'il n'y a eu aucune part , et loi fait passer dix mille livres d'or pour l'apaiser. Le comte Hugues le Grand parle en sa faveur, et parvient h Ite réconcilier avec le roi , qu'il accompagna ensuite avec ses troupes dans son expédition de Normandie. Arnoul, ayant répandu la terreur dans le pays par la conquête du château d Arques qu'il emporta d'assaut, disposa par là les habitants de Rouen à ouvrir leurs portes au roi dès qu'il se présenta. Louis étant maître de la personne du jeune duc Richard , Arnoul veut l'engager à lui faire brûler les jarrets et à charger les Normands
(1) Mcuir dit que cet assa&stnat fut la suite d'une ligue qu'Arhoul avait faite avec le roi Louis d'Outremer contre le duc. 4e Normandie. Cette ligue était inconnue aux auteurs contemporains, qui ne donnent na* même lieu àt U soupçonner. ( Vovez-lea dans D, l>ou.quet4 t. VU!)
d'impôts : conseil affreux que le monarque semble avoir approuvé. Toujours fidèle néanmoins à sa haine, Àrnoul , Tan 946 , entre dans la ligue du roi de France et du roi de Germanie contre Richard, et vient avec eux faire le siège de Rouen que ce dernier avait recouvré ; mais ils échouent dans cette expédition. On accuse Arnoul d'avoir décampé le premier sans mot dire. *> »
Arnoul avait toujours des vues sur le Ponthieu. Ayant échoué,' l'an 9471 à l'attaque de M on treuil, quoiqu'aidé par lejoi de France, il revient l'année suivante devant celte place, remporte, et se rend maître ensuite de presque tout le comté ; ce qui l'occupa l'espace d'environ trois ans. ( Frodoard , ad an. o,5i. ) ( Voy.sfas comtes dè Pohifiieû*')*. ?;]
Arnoul reçoit, l'art cj55 , une visite funeste à laquelle il no s'attendait pas. Les Hongrois commandés par Rulgion leur roi 9 étant venus- fondre sur la Flartdre/ pillent le Cambresis, et se retirent avec Un immense butin. L'an $58 , Arnoul , dans m* âge qui demandait du repos, s'associe Baudouin, son fils ; mais la petite vérole, suirant la chronique de Sciint-Bertin, lui enlève ce collègue Ici janvier 962 (n . st. y De Mathilde, son épouse; fille de Conrad de Pacifique, roi d'Arles, «urivafnt la généalogie de saint Arnoul , ou d'Herman Billing , duc de Saxe , selon d'autres écrivains plus anciens , Baudouin laissa un fils nommé Arnonl , qui viendra ci^-après , et une fille appelée Brrthe , qui donna sa main à Àimar 1er. comtede Genève. Mathîlde se re— nraria à Godefroi, comte de Verdun. Ce qui avait déterminé le comte Arnoul a Se donner un collègue , c était sans doute l'incommodité de la pieircdont il était tourmenté. I, es chirurgiens voulurent l'engager à souffrir l'opération de la taille ; et comme il la craignait extrêmement , ils la firent en sa présence sur dixhuit personnes attaquées de la même maladie , qui toutes à l'exception d'une seule , en furent guéries en assez peu de tems; le comte, malgré ce succès, ne put se résoudre à se faire tailler. Les douleurs à la fin étant devenues excessives , il fit venir saint Gérard , abbé de Brogne , et le pria de demander à Dieu sa goérison. Gérard, après lavoir efficacement exhorté à réparer le niai qu'il avait fait et à mener une nouvelle vie , célébra la messe devant lui, le communia , et le renvoya guéri. C'est çe qu'atteste lauteur presque contemporain de la vie de saint Gérard. ( Surius, ortoùre , pag. 5i6, et Bolland. ad diem 3 oc lob ris , pag. 3j6. ) Cette anecdote dément ceux de nos historiens modernes qui ^apportent au tems de Louis XI la première opération de la taille en Fiance. Arnoul mourut le 27 mars cjH5 ( D. Bouquet ), dans la 49e année de son gouvernement et la 92e de son âge. M ftft énterré dans f abbaye de Blandigni ou de "Gand , qu'il
avait rétablie. D'Alix ou Athele, fille d'Herbert II, comte de Vennandois , qu'il avait épousée Tan 934 , il eut cinq enfants
3 ni moururent tous avant lui, à l'exception d'Elstrude, femme eSifrid le Danois , comte de Guines, Zélé pour le bon ordre depuis sa ton version , il établit la réforme dans les monastères de ses états, par le ministère de saint Gérard ou GéraujjL C'est le plus bel endroit de sa vie , et peut-être le seul qui lui mérita le surnom de Grand qu'il prenait lui-même dans ses diplômes.
ARNOUL H , dit LE JEUNE.
965. Arnoul II, dit le Jeune 9 fils de Baudouin, et Je Mat bible de Bourgogne, et petit-fils d' Arnoul le Vieux , reconnu souverain de Flandre du vivant et à la demande de son aïeul , lui succéda le 27 mars de Tan 96$, Le, roi Lotl^aire , profitant de la minorité d' Arnoul > se jeta sur la Flandre T y fit le Uégât, conquit Arras, et reprit Douai qui avait été enlevé p* Arnoul le Vieux, au roi Louis J Qutremer, Guillaume , comie de Ponthieu , qui était de cette expédition , non-seulement recouvra tout ce quWrnoul 1 lui avait oris, mais fut mis -en possession du Boulonnais par le rpi de France. l>s futeurs d1 Arnoul ne se trouvant pas en forces pour résister à de si puissants ennemis, appelèrent les Danois, à leur .'secours. ,( Vpy. h
comtes de Puntlneu . ) , ,r . ,
L'an 967, sur le refus qu'Arnoul fit de, reconnaître Hugues Capet, roi de France , celui-ci porta la guerre en Flandre, s era para d'une partie du pays r et obligea le. comte. à se réfugier auprès de Richard, duc de Normandie. Le duc reçut .généreusement le petit-fils du meurtrier de son père, vint trouver le roi de France, et fit la paix du comte avec lui. L'an 9$ ( n. st. ) , le a3 mars, Arnoul meurt dans la vingt-quatrième année d'un gouvernement faible et mou , suivant l'expressif d'un ancien auteur. De Susanne , fille deBérengeri roi d Italie, appelée Rosalie par l'auteur de la vie de saint Bertulfe^ laissa un fils , qui lui succéda. (Bouquet, t,Gm, X, pag. ifô.)
BAUDOUIN IV, dit LE BARBÛ. ' t" ô'
989. Baudouin^IV, surnommé le Barbu , en latin honeste barba , comme il signait lui-même, fils d'Aruôul le ' Jeupe ei de Susanne , succéda en bas âge à son père. Un ancien auteur remarque que , pendant sa minorité , ceux qui avaient des domaines en bénéfices du comte Arnoul se les approprièrent et les rendirent héréditaires dans leurs maisons. (Bouquet, t*> pag. c65. ) L'an 1006 , Baudouin ayant pour allié entr'iul^
DIS COMTES DE FLAMME. i9j
le comte 3e Louvain , beau-frère d'Otton , duc de la basse Lorraine , s'empara de Valenciennes sur le comte Àrnoul avec lequel il était brouillé depuis long-tems. (Bouquet, tom. X, pas* icj6. ) Meier ajoute à cette conquête ou usurpation celle ou château d'Embam et de plusieurs autres places appafte^ nantes à Godefroi d'Àrdennes, ^Juc de la basse Lorraine après Otton. Le roi de Germanie , Henri 11 , l'ayant fait citer plusieurs fois inutilement à ce sujet" , prend les armes contre lui. Le roi de France et Richard , duc de Normandie, s'étant venas joindre à Henri , ils font ensemble le siège de Valenciennes, où ils échouent par la valeur de Baudouin. ( D. Bouquet , tom. X t pag. 197 , 290 , 295 , 0*20.) Le roi de Germanie n'était pas disposé à demeurer sur ses pertes. Mais Baudouin Tétant venu trouver à Aix-la-Chapelle , fit sa paix avec lui en lui remettant Valenciennes et lui prêtant serment de fidélité. Henri, dans la suite, ayant besoin du secours de Baudouin , lui abandonne Valenciennes à titre de fief avec le château de Gand. À ce don il ajouta encore, Pan 1012, les îles de Walcheren et toute la Zéetande en-deçà de l'Escaut ; d'où naquit une longue querelle entré les Flamands et les Hollandais.
L'an 1027 * Baudouin ^ fils de nôtre comte, qui l'avait marié, l'année précédénte,' avec Adélaïde, fille du roi Robert , se révolte contre son père, le chasse de ses états, et le contraint d'aller chercher une retraite auprès de Robert* duc de Nor*. mandie. Ce prince ayant assemblé des troupes , les amène en Flandre , oblige le fil* rebelle a demander grâce à son père, qui était présent, et s'en retourne , l'an io3o, après les avoir réconciliés. ( Will Gemméi. ) L'an iô36, le comte Baudouin meurt à Gand , le '60 mai , suivant Meier. Son corps fut in- Vnaé dans l'abbaye de Blàndigni. 11 laissa d'OdVE , fille de Frédéric , comte de Luxembourg, sa première femme ( morte le' 21 février to3o ) , Baudouin , qui suit , et Hermengarde , femme d'Àdalbert, comte de Gand. ('Duchêne, Gènéalog. de h maison de Gand. , pag. 1112.) ElèojsoKE , fille de Richard if, duc de Normandie, sa seconde femme, ne lui donna point d'enfants. Ce'prince était grand et bien fait. Il fit environner Lille de murs et de fossés. (Bouquet.) Hériman de Tournai ( De restaur. S. Mart. Tornac. ) nous apprend une anecdote remarquable sur ce prince. Hardouin , evéque de Noyon , ayant fait raser une tour que le roi Robert avait à Noyon , parce que le châtelain , qui en avait là garde, voulait dominer dans la fuMe, encourut par-la l'indignation du monarque, qui le fit condamner par sa cour au bannissement. L'évêque, pour l'apaU *Çr, eut recours au comte de Flandre, promettant dé lui donner en fief, pour trois générations, douze autels qu'il possédait en
CHROÎTOLOGIE HISTORIQUE
Flandre. Baudouin réussit en effet à réconcilier Hardouin avec le monarque , et jouit en conséquence des douze autels qu'il sous-inféoda ensuite à ses barons. Ce comte est regardé comme le fondateur du commerce en Flandre. Pour le faciliter , il établit des foires dans plusieurs villes : institution qui fut bientôt imitée par les autres princes de la Belgique. . ur
BAUDOUIN V , dit DE LILLE et LE DÉBONNAIRE.
io36. Baudouin V, fils de Baudouin le Barbu et d'Ogive de Luxembourg , surnommé de Lille à cause des. embellissements qu'il fit à cette ville (i), et LE DÉBONNAIRE pour la douceur de son gouvernement , fut investi du comté de Flandre après la mort de son père. L'an io45, sur le refus que ThierrilV, comte de Hollande, fit de reconnaître sa suzeraineté sur une partie de la Zéelande , il fit une invasion dans la Frise , d'où il revint , disent les chroniques , après avoir triomphé partout. Baudouin n'était pas lui-même vassal plus soumis que le comte de Hollande. L'an 1044 1 H se ligue avec Geoffroi III , duc de Lasse Lorraine, contre l'empereur Henri III, et s'empare du pays de Waès , du comté d'Alost et du château de Garni. Il aide Godefroi , Tan 1047 1 * s'emparer de Nimègue et ensuite de. Verdun , dont ils réduisirent en cendres la cathédrale après avoir pillé la ville, (lperius. ) Mais l'empereur ayant amené sou armée en Flandre, se fait ouvrir les portés de Lille et s'en retourne. A peine eut-il repris 4a route de Germanie , qu'ils recommencèrent les hostilités. L'an 1049 , l'empereur , accompagné du pape Léon IX et du roi de Danemarck , retourne vers les Pays-Bas avec une nombreuse armée pour châtier les rebelles. Effrayé à son approche , le duc Godefroi va le trouver àr, Aix-la-Chapelle et fait sa paix avec lui. Baudouin persiste dans sa révolte ; mais voyant l'orage près de fondre sur lui , et ne se trouvant pas en état de résister, il a recours à la clémence de l'empereur, et lui donne des otages pour l'assurer de sa soumission. Mais ce ne fut qu'une paix plâtrée. L'an io53, Baudouin se ligue de nouveau contre l'empereur avec le duc Godefroi. 1U ravagent ensemblé les villes situées sur la Moselle.
(î) L'origine de cette ville, appeîc'e dans les anciens monuments tantôt Js/at tantôt J//at et plus souvent Insula , à cause de sa situation dans un terrein marécageux , ne remonte guère au-delà du neuvième., siècle. Ce fut Baudouin le Barbu qui commença . ainsi qu'on Pa dît, à l'entourer d'un mur et d'un fossé , qui furent achevés par son suc*
uiyiiizco
L'empereur eètre, l'année suivante , dans la Flandre, où il fait le dégât à son tour et prend la ville de Tournai , où il fai$ des prisonniers de marque. L'an io55, Baudouin et Godefroi assiègent dans Anvers , Frédéric , oncle du premier , qui est délivré par les Lorrains. ( Sigebert. ) La guerre continue ; et , l'an io5(), Baudouin , attaqué par l empereur , le met en fuite , le poursuit et va brûler le palais impérial à Nimégue. Cette expédition fui, le terme des hostilités. L'an xoSti, traité de
£aix conclu à Cologne entre le nouveau roi de Germanie [eori IV , ou plutôt Agnès , s» mère , et le comte de Flandre. Ce dernier y gagna le pays situé entre la Dendrcct TTiscaut , c'est à-dire le comté d'Àlost, le château de Ga nd , avec les quatre districts, et rendit hommage du tout à l'empire. ( Meier d'après 1 péri us, ) Ce fut' pendant le cours de cette guerre (me Baudouin, |>our mettre son pays à couvert , fit faire ce fameux canal nommé le Fossé ««r/y qui répare aujourd'hui l'Artois de la Flandre. Baudouin , malgré ses fréquents démêlés avec l'empereur > fiait regarde comme le meilleur prince de son teins. L'an .1060, après la mort de Henri 1, roi de France, il fut chargé de la tutelle de Philippe , son fi ta, et de la régence du royaume. C'est l'opinion générale des historiens. Cependant nous avons une preuve .de f ut que ee roi commença de régner avec sa mère aussitôt après la mort de son père , dans un de ses diplômes , donné l'an inb'i en faveur de 1 abbaye de Saint— Germain- des- Prés : D veràUemtco obcuntc , y dit ce monarque,» dum ego Phi lippus , fi lin s ejus , regnum unà cum matre suscepissem. ( Labbe , MéL <iur. tonu 11 , p, 56o. } Le roi Philippe assurant que la reine , sa mère , avait pris avec lu4 les rênes de l'état après avoir perdu son époux, on ne peut récuser ce témoignage. Mais les deux opinions peuvent se concilier en disant que la reine eut d'abord la régence du royaume , et que lé comte de Flandre fut sous elle le premier ministre on le lieutenant-général de l'état ; ce oui dura jusqu'à ce que cette princesse , par quelque dégoût dont on ignore la cause, se retira à Seulis, où , bientôt après, elle épousa le comte de Valois. La régence, avec la tutelle du jeune monarque passa pour lors au comte de Flandre. La sagesse avec laquelle il s'ac-» quitta .de ces emplois lui mérita les applaudissements de tous les ordres de l'état. C'est ce que disent les chroniqueurs de Flandre. Mais la nation française ne lui pardonnera jamais d'avoir trahi son devoir en secondant sous main l'expédition qui mit la couronne d'Angleterre sur la tête du duc de Normandie, son gendre, et en fit, par cet agrandissement de fortunef le plus redoutable et le plus dangereux vassal de la France. Et eh effet, il est constaté que Baudouin, après avoir refusé . XIII. 37
publiquement à la t£le du conseil de son pupille les secourt que demandait Guillaume le Bâtard , fit faire pour lui des levées notr-seulement en Flandre , mais en divers lieux de la France , et qu'il engagea la noblesse à marcher sous les drapeaux de ce conquérant. Guillaume de Malmcsburi dit que le duc do Normandie avait envoyé son blanc-seing au comte de Flandre, qui le remplit d'une obligation de trois cents marcs d'argent de rente , que Guillaume contractait envers lui , et moyennant \aquelle Baudouin lui fournit de l'argent , des vaisseaux des hommes. Ce comie ne survécut pas long-tems à la conquête de son gendre, étant mort, le ier. septembre 1067, à Lille , où il est enterré dans l'église de Saint-Pierre, qu'il avait commencée en io55 et dotée pour quarante chanoines. On lui attribue aussi la construction du château de cette ville. Il est plus certain qu'il fonda celui d'Oudenarde après avoir délruit te fort d'Einham , et conquis, le ftrabant jusqu'à la Dendre. Adèle, fille de Robert, roi de France, son épouse, et qu'on appelait la comtesse -reine , lui donna au moins trois fils et deux filles, Les «fils sont Baudouin , son successeur ; Robert, auquel en mourant, ou, selon d autres, en le mariant , il donna les comtés d' A ïost et de Waê's avecb Zéelandc occidcndalc , ce qui le fit surnommé le tVisca, parce que ces pays faisaient partie de la Frise; et Henri. Les iillc9 sont Mathilde , femme de Guillaume le Conquérant, et Judith, mariée, i°. à Toston, frère de Ha raid , compétiteur de Guillaume le Conquérant pour le royaume d'Angleterre ; 20. à Welphc , duc de Bavière., morte le 4 mars 1094. ' (Bouquet v tom XI, pag. s 17G, a34, 644.) Adèle avait apporté en dot a son époux,, la ville «de Corbie. Devenue veuve, elle se rendit à Borne, où elle reçut le voile de . la religion des mains du pape Alexandre 11 ; après quoi, étant revenue en Flandre , elle se retira dans l'abbaye de Messines , qu'elle avait fondée, l'an 1060, au diocèse d'ipres. Elle y finit ses jours, non Fan 1079, comme le marque Meier , ni l'an 1.099 , comme le dit Gazet dans son histoire ecclésiastique des Paplias , mais l'an 1071 , suivant le nécrologe de la maison.
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BAUDOUIN VI, dit DE MONS et LE BON,
1067, Baudouin, fils aîné de Baudouin de Lille et d'Adèle, succède à son père dans les états de Flandre. Il fouissait déjà du -Hainant par son mariage contracté*, 1 an io5i , avec Ricïulde, héritière de ce comté, du chef de liainier V", comte <le Hainaut, son père, et veuve d'Hernian, comte en Ardennes. Kobcrt, son frère.n'élant^poiiit-satUfait^ie La part quUl oavau à la successioa
DES COMTFS 1>E FLANEUR. S$1
paternelle, alla chercher fortune sur les cotes maritimes d'Espagne,.ou il fit Je grands ravages et amasta un riche butin ; nais les Sarrasins , étant ensuite lombes sur lui , l'obligèrent a «Vn retourner en fort mauvais équipage. 11 voulut tenter une seconde expédition dans ce pays, et il équipa une flotte dans ce dessein. Mais à peine fut-il en mer, qu'une violente tempête lit périr la plus grande partie de ses vaisseaux, (.es deux expéditions , fondées sur le récit de Lambert d'Àschaffcmbourg , nous paraissent , il faut l'avouer, un peu tenir du roman, bien qu adoptées par M. Kluil. (Cod. Diplom. HolL , p. 1 1 1 , not 3. ) Quoi qu'il en soit, Robert, impatient de s'agrandir, se jeta, vers l'an 1062, sur la Hollande , nommée alors la Frise, et gouvernée par la comtesse Gertrude, mère et tutrice de Thierri V. ( Voy. les comtes de Hollande-) Gertrude, après l avoir repoussé deux fois, lui offrit sa main pour l'engager à cesser ses hostilités. Baudouin de Lille, père de Kobcrt, ne paraît point avoir pris de part à cette guerre. Le père Daniel, copié par M. Veliy, avance, d'après Lambert d'ÀsrhaMtmbouig , que Uobert ayant ensuite tourné ses armes contre Baudouin de Mons , son frère , celui-ci fut défait et tué dans un combat. Il y a là un anachronisme visible. Baudouin de Mons n'était point encore en possession de la Flandre, puisque son père était toujours vivant , et d'ailleurs tous les historiens flamands sont précis et una*ninies sur la mort tranquille de Baudouin de Mons, arrivée le J7 juillet 1070 à Oudenardc. Peu de tems auparavant ayant assemblé les grands de ses états , il avait assigné le comte de Flandre à Arnoul, son fils aîné, qui suit, et celui de Hainaut à Baudouin , son second fils, les recommandant l'un et l'autre à Robert , son frère , ,qui s'engagea par serment à gouverner en bon et fidèle tuteur, ces deux comtés, pendant leur minorité. C'est ce qu'atteste Gilbert de Mons. (Bouquet, tom. XIII, 544.) Mais Héjiman de lournai dit qu'auparavant Baudouin, dans une assemblée tenue à Oudenarde , avait obligé llobert à jurer qu'il n'inquiéterait jamais Aruoul , son neveu , ni les descendants de ce comte, dans la jouissance de la Flandre ; après quoi Robert, ajoulc-t-il , partit pour la Frise, cf'es»-àdire la Hollande. Baudouin avait mérité l'amour de ses sujets par le soin qu'il eut d'entretenir parmi eux une exacte police, *t d'assurer par ce moyen leur tranquillité : Cil quens Bai+duins , dit une ancienne chronique manuscrite , fu si doublés que nus w portoit armes en sa terre par paour d'aultruis ne son huis ne dooit par larrons, (Bift/. de Saint-Germain -des- Prés, n*. i3g. ) Baudouin de Mons eut sa sépulture dans l'abbaye de Hasnon, flu'il avait rétablie. H prend le titre de comte palatin dans ses «Wles. {Voy. les comtes de Hainaut.)
^Cj2 CHROKOLOGIfc HISTOÎUQtfÉ
ARNOUL III 9 dit LE MALHEUREUX.
1070. Arnoul, fils aîoé de Baudouin de Mons, né Tan io54, lui succéda au comté de Flandre. Comme il était mineur, Richilde, sa mère, s'empara de sa tutelle et de la régence. Robert , oncle d'Arnoul, revendiqua ces emplois en vertu (la testament de Baudouin , son frère. Mais Richilde l'emporta par la protection de Philippe I , roi de France. Le gouvernement tyrannfque de celte oriricessc, gouvernée elle-même nar quelducs seigneurs mal-intentionnés , lassa bientôt les Flamands. Les étals et les villes résolurent de lui faire des remontrances. Elle reçut à Messines celles que lui présentèrent les députes d'Ipres; mais pour réponse, elle leur fit trancher la t^te et à leur suite, au nombre de soixante et dix personnes. Les députés de Gand et de Bruges eussent essuyé le m£me sort, si le châtelain def Lille ne les eût sauvés dans son château. Ces horreurs engagèrent la noblesse du pays à traiter secrètement, par l'entremise du comte de Guities, avec Robert. Il arrive à Gand, où plusieurs prélats, nobles et députés des villes, lui prêtent .serment de fidélité. De là s'étant rendu à Li-Ie, où était Richilde, il l'oblige à gagner en diligence la ville d'Amiens. Abandonnée de la plus grande partie de.ses sujets , la comtesse envoie son fils Arnoul à Philippe I , roi de France, pour l'engager à venir à son secours. Philippe, gagné.par les promesses que lui fait Awoul» lui amené un corps de-trounes ramassées à la hâte, dit Lambert d'Aschaffembourg. Mathilde, reine d'Angleterre, qui séjournait pour lors en Normandie, lui envoie de son côtéjjn nouveau renfort , sous la conduite de Guillaume Osberne, comte d'Héreford , mie. Richilde épousa pour s* l'attacher plus étroitement. Richilde sut aussi mettre dans ses intérêts- divers seignews, qut'vinrejU tous, bien acompagnés, grossir son armée. Avec de si grandes forces, Richilde se croyant sûre de la victoire , marche droit à, l'ennemi, campé à Bavinchovcn , près de Cassel. Le combat s'engage le jour de la chaire de saint Pierre , 22 février de l'an 1071 , et devient, de part et d'autre , également opiniâtre et sanglant. Richilde, qui faisait les fonctions de général à la téte de ses troupes de Hainant,-oblige . après bien des efforts, l'aile gauche de Robert à plier , et fait prisonnier (i) ce prince (Ckron. Ti/ro/i.), qu»
(1) Le P. Daniel et l'abbe* Velly nient que Robert ait é\é fait prisonnier dans cette bataille, sur ce que Lambert d'Aschaffembourgi auteur du tems, ne parle point de cette circonstance.
est aussitôt conduit à Saint-Omer par le comte de Boulogne, 4\m l'avait pris dans sa fuite. (Meier.) Cependant l'aile droite de Robert faisait des merveilles. Le roi de France, qu'elle mit en fuite , se retira promptement à Montreuil. Le jeune Arnoul s'efforce vainement de rétablir le combat. Après avoir eu deux chevaux lues sous lui , ce prince infortuné périt les armes à la main , avec le comte d'Héreford , son beau-père ^ qui combattait à ses côtés. On prétend que ce fut un de ses chevaliers, nottmté Gerbodon ^ qui lui porta le coup mortel, après l'avoir renversé de cheval. (Meier.) Four comble de malheur, Richilde tomba entre les mains des ennemis, et fut emmenée à Cassel f ou presque aussitôt elle fut échangée avec Robert le Frison (i). Le roi de France, instruit de cet échange, en fut si indigné, qu'ayant suçpris la ville de Saint-Omer, le 6 mars, pendant la nuit, il la pilla , la 'saccagea* puis la livra aux flammes, après *pioi if se retira. C'est ce que raconte de la vengeance de Philippe, le commun des historiens français et flamands. Mai* une ancienne chronique manuscrite porte qu'il ne prit et brûla que \ts faubourgs- de Sàint-Omer, et qu'ayant mis le siège «levant la place, un conseil perfide engagea ce prince à le lever: èvesque de Paiis\ dit-elle , qui estait frères li comte Wistasse de Bouloingne , sèjûrnoit lors à Esperleke» 11 envoya à Robert le Frison et !i manda que si il votoit li donner la for est d'Esperlcket ilferoit le roi lever dou siège et rater en France. Robert H Frison li vtiioya von lent iets* Donc manda VEtesque au roi ' privéemenl que il titoit traîs Se il ne s* eh, citait. Li roi, qûi cuida que il deist voir% & ki*a don siège et s'en ata en Francè. Robert donna la fores t devant dite à Vèvcsque , et Vèvesqué la laissa au comte de Bouloingne après son dèchief. (BibL de Sawt-Germain-des-*Près , 09,) Aruoul fût inhumé â l'ablrâye de Saini-Bertin.
ROBERT I , dit LE FRISON.
r,iô7ï. Robèht I, deuxième fils de Baudouin de Lille, après la' victoire remportée sur Richilde et la mort d'Arnoul, son vcu , demeura possesseur de la Flandre. Richilde, femme courageuse, lève de nouvelles troupes pour venger la mort de
(1) L'ancienne généalogie latine des comtes de Flandre dit ( p. 384) que Robert fut délivré de force par ses gens. Mais il n'y a guère d'apparence que Richilde ait été sitôt remise en liberté, si, pour la racheter, elle n'eût plus alors eu Robert en son pouvoir. Il vaut donc mieux s'en tenir aux récits de Sigebert et d'Àlbéric de Trois-Fontaines, qui •"estent l'échange de Richilde et de Rotért.
son fils. Bataille de Broqueroie, à une lieue de Mons, gagnée par Robert sur celte princesse, sur le duc de la basse Lorraine, et d'autres princes qui étaient accourus à sa défense. Le carnage y fut si grand , dit Meier, que le champ de bataille s'appelle encore aujourd'hui les Hayes de la mort. Le roi d'Angleterre, Guillaume le Conquérant, avait' gratifié Baudouin de Lille, son beau-père, d'une pension annuelle de trois, cents marri d'argent , sous la condition de l'hommage , en reconnaissance des secours qu'il lui avait fournis pour la conquête de l'Angle terre. Celte pension continuée à Baudouin de Mons , iut retirée i Robert le Frison , par le n^me monarque , en punition de la perfidie qu'il avait exerçée envers le comte Arnoul. Mais elle fut rétablie par Ouillaume le Roux. {Willem. Malmesb. de Gestis tlcgum AngL , pag. 159,)
L'an 1074 ou environ, le roi de France lui enleva la ville de Corbie , qui avait autrefois été donnée , comme on l'a dit, en dot à la princesse Adèle, femme de Baudouin V. Robert, l'an 1076 , après une bataille perdue contre Baudouin, son neveu , frère d'Arnoul et comte de Hainaut, qui lui disputait pussi la Flandre, s'accommode avec lui. Mais la paix entre eux ne fut point durable. {Voy. Baudouin 11, comte de Hainaut.) La Hollande était cependant entre les mains de Godefroi le Bossu, duc de la basse Lorraine, qui, apçès avoir aidé Guillaume, évêque d'Utrechl, à l'enlever à Thierri , beau -fils de Robert , se Tétait fait céder nar ce prélat dans l'impuissance OV il était de la conserver. Rooert, pour venger Thierri, dont il était tuteur en même tems que beau-père , fait assassiner Godefroi , le 26 février 1076, (Voy. les duçs de la basse lorraine. ) ^ »t
Can.ut, roi de Danemarck, méditant une irruption en Angleterre, fait part de son dessein au comle de Flandre , dont il avait épousé la fille. Robert, l'an io85, lui fournit des secours pour celte expédition , qui n'eut point lieu par les précautions que prit Guillaume le Conquérant pour fa prévenir. (Chron. Anglo-Saxon, apud Bouquet, tom. Xlll , pag. 5o.) Robert, l'année suivante , part pour la Terre-Sainte , avec un rorlége nombreux de seigneurs flamands , laissant Uadininistralion de ses élats à Robert son fils, qu'il s'était associé peu «le tems auparavant. 1 péri us dit qu'il se signala en Palestine par de grandes et nombreuses victoires, sans pouvoir néanmoins se rendre maître de. la cité sainte , parce que la gloire de cette conquête était réservée à son successeur. Mais comment, après ces exploits, lui permit-on l'entrée libre des lieux saints, comme s'il n'eût été qu un simple pèlerin ? Ce qui est plus certain, c'est qu'en s'en retournant il eut à Constantiuople t Tan 1088, uue
DES COMTES DE FLANDRE. lg,5
entrevue avec l'empereur Alexis Comnène, qui lui fit un accueil très-honorable , mais qui n'était pas sans des vues d'intérêt. Ce prince , voyant Robert accompagné d'une florissante noblesse ^ comprit qu'il était en étal de lui fournir du secours contre les Musulmans. Robert, sur la demande qu'Alexis lui en fit, promit de lui envoyer cinq cents cavaliers , et tint parole. Des l'année suivante, on vit arriver devant Acre, où l'empereur était alors* ce nombre de braves bien montés, qui amenaient encore cent cinquante beaux chevaux, dont le comte lui faisait présent. l\i vendirent aussi à l'empereur ceux qu'ils avaient de trop dans leurs équipages, et furent employés à la défense de Nicoroédie et du pays d'alentour, contre les entreprises du sultant de Nicée. (Le Beau, HîsL du B as-E m p. , tom. XVIII, p. 64.) L'an 1091 1 Robert, au retour de son voyage de Jérusalem, cède à Baudouin , comte de Hainaut , la ville de Douai , avec ses dépendances , au lieu du cornlé de Flandre tout entier, qu'il avait promis de lui rendre, comme au légitime héritier. Robert meurt, le 4 octobre ioo,3, à Cassel , suivant les uns, le i3 octobre, au château de Winendal , selon les antres. La chro-* nique d'Fgmond dit que son gouvernement dura vingt-trois ans, xxiii arrnis dommatur; ce qui doit s'entendre d'années incomplètes, et confirme la date de l'an 107 1 , que nous avons donnée pour celle où Robert devint possesseur du comté de, Flandre, be Gertrude de Saxe, sa deuxième épouse, veuve de Florent, comte de Hollande (morte en 1 1 13) , il eut deux fils, Robert « son successeur , et Philippe , burgrave d'ipres , qui se tua en tombant d'une fenêtre, l an 1104, et laissa un fils naturel, nommé Guillaume', dont il sera parlé dans la suite. Robert eut aussi de son mariage trois filles : Alix ou Adèle, femme , i°. de saint Canut, quatrième du nom, roi de Dancmarck; 20. de Koger, duc de Pouille; Gertrude, mariée, i°. à Henri 111, comte de Louvain; a°. à Thierri II, duc de Lorraine; et Ogive ou Marie, abbesse de Messines, près d'ipres. Robert, durant son règne , était dans l'usage de s'emparer de la dépouille des clercs après leur mort. Le concile de Reims , tenu Van 1093 , l'obligea de renoncer à cette usurpation. Vredius a fait graver , d'après une charte de 1672 , le sceau de Robert , ou l'on voit l'écu de ses armes, qui sont un lion d'or. Mais D. Mabillou (de Re. Dip/âtn. , Us>. //, chap. 18 , pag. 3), doute de l'authenticité de ce sceau , et les savants diplomatistes d'Allemagne k regardent aujourd'hui comme faux.
ROBERT II, dit LE JÉROSOLYMITAIN.
1093. Robert, fils aîné de Robert le Frison et son succès-
2Cfi CHRONOLOGIE HISTORIQUE
seur était qualifié comte du vivant de son père, avant qtTil ne lui fût associé dans le gouvernement de la Flandre. Ce qui lui donnait alors ce titre, c'était le comté de Bourbourg, dont Robert le Frison l'avait revêtu six ans au moins avant sa morU Nous en avons la preuve dans une charte de Reinard , premier abbé de Hibemont, en Picardie, datée du janvier iotty (v.st.), par laquelle il déclare qu'Anselme, seigneur de Kibemont (de Monte Ribodows) , fils d'un autre Anselme , s'est dessaisi d'une bergerie (Benjuaria) du village de Lohn (Loou), dans le comté de Brotburch (Bourbourg), entre les mains du comte Robert, fils d'un comte de même nom, duquel il la tenait en bénéfice (en fief), pour en investir l'abbaye de Ribemont , et lui en accorder la jouissance en franc- aleu. (CartuI, de Ribemont, fol. a5.)
La publication de la première croisade, décernée en 1098, au concile de Clermont, produisit, comme on sait, une in* croyable fermentation en Europe. Jamais on n'a vu d'expédition militaire où l'on se soit enrôlé avec plus d'empressement. Le comte de Flandre y prit parti avec d'autant plus de zèle , qu'il y était excité par une lettre très pressante de l'empereur Alexis Comnène ^ 1 ). Dans la description que ce prince lui fait de l'état déplorable où les Turcs^ont réduit l'empire grec , il dit que ces barbares ont étendu leurs conquêtes , depuis Jérusalem jusqu'à la Propontide , qu'ils croisent continuellement dans cette mer aveç deux cents navires, par eux enlevés aux grecs, qu'ils menacent Constantinople, et qu'elle est effectivement près de succomber , si les princes lalins ne s'arment pour sa défense. « Je fuis , ajoute-t-il , de ville en ville , et je ne reste » dans chacune que jusqu'à ce que je les voie près d'arriver. » Certes, j'aime beaucoup mieux être soumis à vous autres » Latins , que d'être le jouet des Païens. Accourez donc avant » que Constantinoplc ne, tombe en leur pouvoir, et faites tous a vos efforts pour les prévenir, et vous rendre maîtres, vous- » mêmes , de cette capitale , assurés que vous y trouverez une » ample et incroyable récompense de vos travaux ». Il fait ensuite le détail des principales /cliques qui se trouvaient à Consiantinople , et des richesses du palais impérial. (Marten.
(1) Gi'berf de Mons et Ipérius se trompent en disant que cette lettre était adressée à Robert te Frison; car elle fut écrite, suivant la remarque de l'éditeur, dans le même teins qu'Alexis envoyait une ambassade au pape Urbain II, pour implorer par s*n moyen le serour* des princes latins. Or, ce fut au concile de Plaisance, tenu Tau 109S, tpi'Vrbain reçut celte ambassade.
tas coïitfis de rtANmis; àgf
Àneci. tpm. I, pag. 267. ) C'est ainsi qu*Alexis aiguillon*» liait la dévotion et la cupidité des princes latins. Robert , l'an 1096 , se mit en marche , après avoir établi en Flandre un conseil de régence , à la téîe duquel il mit la comtesse sa femme. M. Velly se trompe 1, en disant qu'il se défit de ses états pour fournir aux frais de cette expédition. 11 emmena avec lui l'élite de la noblesse flamande^ et Eustache , comte de Boulogne r qui avait pris les mêmes engagements , préféra , comme vassal de la France , la compagnie de Robert, à celle de Godefroi de Bouillon, soft frère. Arrivés en Vermandois , le comte Hugues le Grand 9 frère du roi , se mit à leur tête. Plus foin , il se joignirent au duc de Normandie et au comte de Blois, aveç lesquels ils prirent >, au mois de septembre , leur route par l'Italie , où ils aidèrent Urbain II , à terrasser l'anti^pape Guibert. Mais , plus hardi que le duc de Normandie et le comte de Blois , qui n'osèrent pas se hasarder eu mer pendant la mauvaise saison , le comte de Flandro s'embarqua tout de suite pour l'Asie , et fit le trajet , dît Guillaume de Malmesburi , avec plus de bon-*» heur que de prudence. Le comte de Vermandois , qui suivit son exemple, porta la peine de sa témérité, Comme on le raconte à son article. Le comte de Flandre s'étant rendu , sans avoir éprouvé d'obstacle , à la cour de l'empereur Alexis , y fut reçu avec les mêmes témoignages d'estime et d'amitié que ce prince lui avait donnés, l'année précédente , dans sa lettre. Mats *l refusa constamment de lui faire l'hommage anticipé qu'il demandait oour les conquêtes qu'il ferait en Palestine. Les beaux faits d'armes , par lesquels il se distingua dans ce pays , lui méritèrent le surnom de Jérosofymitain , et le firent appeler , par les Musulmans , le fils de Saint- Georges. 11 revint en ses états dans l'automne de l'an 1100, après avoir refusé la couronne de Jérusalem , qui lui avait été offerte , au refus du dnc de Normandie! Le roi d'Angleterre, comme on l'a vu, payait aux comtes de Flandre , trois cents marcs d'argent de* pension annuelle , à titre de fief. Robert , à son retoilr de la Terre-Sainte , en exigea du roi Henri 1 , les arrérages d'un ton impérieux qui choqua le monarque, et lui attira un refus. L'ayant depuis regagné par ses soumissions , il obtint que sa pension lui serait non-seulement continuée, mais augmentée ïnême^ et portée à quatre cents marcs , par lettres du 17 mai de Tan 1101 ; moyennant quoi il renouvela son hommage au toi d'Angleterre , sauf la foi qu'il avait promise au roi de France ;
cette fol est bien limitée dans le traité. 11 renouvela le freme engagement, le 10 mars no3, avec cette différence, qu'au lieu de cinq cents hommes qu'il devait mener au mo- ««que anglais, en tems de guerre , il s'obligeait à loi en con-- Xlll. 33
duiré le double. ( WUlelm. Malmesb. liv. 5 , pag. 15g. Rymet} toin. 1, pag. a.)
Robert avait des vues sur le Cambresis , qu'il entreprit 'Jet fectuer Tannée qui suivit son retour. L'empereur Henri IV , apprenant qu'il fait le dégât dans ce pays , et moleste Gaucher > évèque de Cambrai , charge l'évêque de Liège et le comte de Louvain de marcher au secours du prélat , leur promettant de venir les joindre au plutôt. 11 tint parole , et l'an 1 102, étant arrivé sur les lieux , dans l'automne , il se rend maître de plusieurs châteaux dans l'Ostrevant. Mais voyant que l'hiver approche , et que l'ennemi évite une bataille , il reprend la route de l'Allemagne. (Chron. de Cambrai, Bouquet, tom. XIII, pag. 411* 4^3, 460, 4^6, 536, 58 1. ) Robert, l'an no3, étant venu trouver l'empereur à Liège , fait sa paix avec lui, le 29 juin , après lui avoir fait hommage, et s'être réconcilié avec l év^que Gaucher. ( Ibid. pag. a63 , 453, 487 , 717 , 728.) Ce prélat ayant été depuis contraint , par les traverses qu'il essuyait , d'abandonner son siège pour se retirer à Liège , l'empereur adjugea , l'an 1 io5 , à Robert, pour sa vie , les revenus de cette ville , et le chargea de mettre en possession du palais épiscopal , Odon , abbé de Saint-Martin de Tournai , que le concile de Reims avait élu et sacré , le 2 juillet no5, pour remplacer Gaucher. (G ail. Chr., tom. III, col. 26.) « Adont, a» dit la chronique de Cambrai , amena li quens Robers de- §> dens Cambray , l'évesque Oedon , et le mit el palais ; mais ,» aultre bénéfice, n'ot de tout l'evesquiet que l'ostel , et qu'il » célébroit comme évesque ». Robert regrettait toujours la ville de Douai, que son prédécesseur, Robert le Frison , avait abandonnée, comme on l'a vu , l'an îoqi à Baudoin li , comte de Hainaut. Pour l'obtenir sans violence , il propose , vers le m^rne tems, à Baudoin 111, son fils et son successeur, de prendre en mariage une des nièces de safemme ( c'était Adélaïde *le Savoie, depuis reine de France, épouse de Louis VI); .et pour sûreté de sa parole , il exige que le château de Douai lui soit livré. Le comte de Hainaut n avait pas encore vu la princesse; mais dans la suite , il ne jugea plus à propos de l'épouser, et la ville de Douai fut perdue pour fui. Ce fait est attribué par quelques historiens à Robert le Frison ; mais il s'est passé incontestablement entre Robert 11 et Baudouin III, comme nous le démontrons dans la préface du tom. XIII, des Historiens de France , pag. lvij. Gaucher cependant revendiquait toujours l'éveché de Cambrai contre Odon , protégé par le comte de Flandre. Ayant réussi à mettre dans ses intérêts le nouvel empereur Henri V, il l'engagea à venir , l'an 1 107 , en Flandre. Son arrivée répandit une telle frayeur dans le pays 9 que le
châtelain et les plus notables de Cambrai prirent la fuite. Maïs Robert , loin de suivre leur exemple , se mit en état de faire face à l'empereur. S'étant jeté dans Douai, il vit sans crainte arriver l'empereur devant cette place , à laquelle il livra , le troisième jour { ou selon d'autres , au bout de deux mois ) , un rude assaut; « et li quens merveilles se défendit, si qu'il y ot » plusieurs des chevaliers occis de la partie l'empereur , et » ainsi laissiererit l'assaut. Dont oient consel tout li grant prince » de l'ost, l'empereur ensemble; car ils veoient que riens nes » prbûtoit , et que pas ne prendraient le castiet , et li disent » qu'il rechupt à amour le comte de Flandre , et il li feroit » hommage et service par sa foi. Lors rechupt li* empereur le » comte de Flandre à homme, et furent bon amis ensemble ; et * li empereur li donna le castellerie de la cité, et la ville du » Casriel, en Cambresis, seulement à un terme, de si à tant » qu'il euist mis propre évesque à Gambray, qui fust en bonne » pais. » (Chron. de Cambrai.) Le continuateur de la chronique de Baudri nous apprend que la réconciliation de Robert avec l'empereur se fit à Mayence dans les fêtes de Noël.
L'an 1 1 10 ou environ , une grande inondation submerge une partie de la Flandre. Obligés <faller chercher ailleurs de nouvelles habitations , grand nombre de flamands passent en Angleterre, où le roi leur fait un favorable accueil*. Les ayant Sabord placés dans les pays ruinés de la province d'Yorck, il les transplanta ensuite dans les provinces conquises du pays de Galles, aux environs de Ross et de Pembrock. La postérité de ces étrangers , dit Rapin de Thoiras,. s'est; continuée jusqu'à ce jour dans ces quartiers-là , où l'on s'aperçoit encore , à son langage et à quelques coutumes différentes de celles de ses voisins % qu'elle tire son origine d'un autre pays.
Robert, Tan 1 1 1 1 , épouse la querelle du roi Louis le Gros, îvec Henri 1-, roi d'Angleterre , au sujet du château de Gisors % que ce dernier refusait de démolir contre la promesse qu'il ea avait faite au roi de France. Après avoir aidé le roi de France àniette en fuite les Anglais devant Gisors, Robert l'accompagnav au siège de la ville de Meaux , dont le comte Thibaut était dans, k parti de l'Angleterre. Les habitants font une sortie , et sont repoussés dans leurs murs. Mais tandis que Robert les poursuit son cheval, abattu d'un coup de lance à la porte de la ville, le froisse en tombant , de manière qu'il eu meurt au bout de trois jours. C'est ainsi que Meier, d'après les auteurs flamands, raconte cet événement. Ordéric Vital et les auteurs anglais disent au contraire que Robert, fuyant avec les Français devant les troupes du comte de Champagne qui les poursuivaient , tomba* de cheval dans, un chemin étroit , et fut foulé aux pieds par h»
Soo CHRONOLOGIE HISTORIE
cavalerie qui le suivait. Enfin Stige, qui semble plus digne de foi , rapporte que le pont de Meaux , sur lequel Hoberl combattait, étant effondré, il tomba avec beaucoup d'autres ihnsla Marne, et se noya. Quoi qu'il en soit, le jour de «sa mort est
S lacé, par les uns au 6 octobre, et par les* autres au 4 décembre b Tan 1 1 1 1. Son corps fui porté à Sâint-Waatt ù7Àrras , et Louis le Gros accompagna le coavdi. De GLfi&tefeca, fiMé de Guillaume le Grand , comte de IkHtrgogne,, et < see*r du pai* Calliste Ityson épèese, Robert laiss* un fils, qui lu» .succéda. 11 avait eut de Cléwience. deux autres fils , ; Guillaume et Philippe, morts en ^ bas a\ge avant lui. Cette princesse, après la inort de Robért , se remaria à Gode/re* V41 , dU le Grand, foc de Lothier. Nous avons deux lettre» de saint Anselme à la comtesse Clémence, écrites du vivant dé son premier époux , Une par laquelle il la remercie du bon* accueil qu'elle avait fait aux députés qu'il envoyait à Rome iow de leur passage par la Flandre , Vautre pour la féliciter de ce qoe son époux s'abstenait f conformément à la- défense du pape, de donner l'ix>vestittire aux abbés de ses états nouvellement éinsvCe prélat écrivit aussi' à Robert lui-môme pour lui* faire compliment sur ra conduite qu'il tendit à cet égard. Ce fut Robert qui régla, suivant Ipérius, tjue le prévôt de Sainte Donatien ae Bruges serait à perpétuité son arcbi^cbapelatn et graud-chanceKer de Flandre. Ce règlement est de io8u> {Mùwii> epp, tome ÏU, jpage 566*} *t* ^
BAUDOUIN VII , dit A LA HACHE » HAPKiN.
-in f • Baudouin VIL y (ils de Robert M et de Clémence , fut reconnu comte de Flandre après la mort dé son père, dans rassemblée des états du* pays, à. laquelle présidait le roi Lséû le Gros. U rendit hommage, dans le même tems y au monarque, el reçut ensuite le serment de fidélité des Flamands. Zélé pour la justice , il donna ses soins pour faire- exécuter une loi du comte Baudouin V, renouvelée le. 7 mat die Tan un, par Robert II t son père, contre les voleurs: et les assassins. L'impunité dont ilsi avaient joui jusqu'alors , les avait multipliés au point qu'il n'y avait aucunesiïi été en Flandre. La sévérité avec Laquelle Baudouin les punit, en purgea le pays et y rétablit l'ordre et la tranquillité. IL fut surnommé à la Hache, parce
Ki'il portait ordinairement cette arme avec lui. On raconte de i des traits de rigueur qui semblent approcher de la cruauté. Une pauvre femme s'étant venue plaindre à lui d'un chevalier qui lui avait volé deux vaches, Baudouin monte aussitôt a ikeval, el, Tayaut atteint r il l'amène* pieds et poings lies,
dans Bruges, on il le fait jeter dans une chaudière pleine d'eau bouillante , et destinée pour un faux monnayeur. Di* autres gentilshommes avaient détroussé des marchands qui allaient à la foire de Torholt, près de Bruges. Le comte en étant informé, se met à leur poursuite avec ses gens, et, prèa èe tomber sur eux, les oblige à se réfugier dans une maison isolée, où il les investit. Les parents de ces malheureux étant venu demander grâce pour eux, donnez-moi te loisir , dit-il f M tour parler. Il entre dans la maison; et adressant la parole aux coupables: que celui d'entre vous , leur dit-il, qui vent avoir la une sauçe , pende au plancher à l'instant ses camarades. Un de la bande s'étaat chargé de ce funeste Vninistère , le comte, apnèd l'exécution des neuf, lui ordonne de monter sur un banc et de s'attacher, lui-même au cou la corde qui avait étranglé les autres. Cela fait, Baudouin renverse le banc d'un coup dé pied, et laisse ce misérable ainsi supendu, à deux coudées de terre ; après quoi , étant sorti , il dit aux parents : Vous pouvez entrer présentement et les emmener; mah ayez soin èt les avertir de ne plus commettre désormais de semblables désor~ ires dans ma terre; et tout de suite H remonte à cheval et part» ( Spidti , t. XII , p» 38o. ) Ce fut par de pareils procédés que Baudouin réprima la licence qui régnait avant lui parmi la noblesse de Flandre. Ce comte fut inviolablement attaché aux intérêts du roi Louis le Gros, et le servit avec ardeur contre ses ennemis. 11 ne prit pas avec moins de chaleur les intérêts de Guillaume Cliton , son parent , qui s'était retiré auprès de lui, contre Henri I , roi d'Angleterre. Celui-ci ayant menacé Baudouin de le poursuivre jusque dans Bruges, le comte répondit qu'il roi épargnerait la peine du voyage, et qu'il viendrait wi-même bientôt le visiter dans Rouen. Il part en effet à latête de cinq cents chevaliers, sur la fin d'août 1 118, arrive à «ne des portes de Rouen , et, la trouvant fermée, il y enfonce sa hache pour défier le roi au combat. Henri n'ayant pas jugé à propos de sortir , te comte va faire le siège du château d'Eu, H y est blessé d'un coup de lance au visage par un gentilhomme nommé Hugues Botterel, et , s'étant fait porter au château d'Aumale, il envenima sa plaie oar son intempérance , ou ? «elon d'autres, son incontinence; de sorte qu'après avoir langui pendant près de dix mois, il mourut, le 17 juin 1 1 icr, dans, » trentième année, au château même d'Aumale, suivant Ordéric Vital ; à Rousselar , si l'on s'en rapporte à l'archidiacre Gauthier, dans la vie de Charles le Bon; à Saint- Bertin, selon Anselme de Gemblours et d'anciens monuments de Saint-Bertrq,
n portent même qu'il y passa les dix derniers mois de sa vie * l'habit et le* exercices monastiques, et qu'il y fut en*
Di
3oa CIHIONOLOGIE HISTORIQUE
terré. Ce dernier article est certain , et l'on voyait encore la tombe de ce comte du tems de l'abbé Jean d Ipres, c'est-àdire au quatorzième siècle. La comtesse Clémence, sa mère, fit, part de sa mort au pape Calixte H4, qui fit faire pour lut un service au concile de Reims qu'il tint la même année. (Ordcr. Vital ) 11 avait épousé Agnès ou Havoise , fille d'Alain Fergent, duc de Bretagne ; mais il en fut ensuite séparé par le pape Pascal II i pour cause de parenté, dont le degré se trouve démontré dans une lettre d'Ives de Chartres au légat Conon. Baudouin , a la Hache est le premier comte de Flandre qui ait eu un sceau, pendant à ses diplômes» Les sceaux de ses prédécesseurs étaient plaqués sur le parchemin. ( Vredius. )
CHARLES I, dit LE BON.
nig. Charles 1, fils de Canut IV, roi de Dauemarck, mas^ sacré, 1 an 1086, par ses sujets , et d'Adèle» fille de Robert le Frison , élevé à la cour de son aïeul maternel depuis la mort dé son père f et régent de la Flandre pendant l'absence de Baudouin V II , est reconnu comte de ce pays par les états , en vertu du testament de Baudouin. Albéric dit qu'il avait déjà les corn*» tés d'iincre et d'Amiens, que Baudouin lui avait donnés en le mariant (l'an m8 au plus tard), avec Ma w&ueiutè , fille de penaud il, comte de Ciermont en Beauvaisis. Cela n'est pas exaci. llest vrai que Charles prenait > depuis son mariage, parmi ses titres celui de comte d'Amiens , mais c'était au nom de sa femme qui tenait ce comté d'Adélaïde sa mère. ( Voyez Renaud II 7 comte de Ciermont, ) A l'égard d'Encre , Baudouin lui en avait fait présent en 1 1 1 5, après l'avoir enlevé au comte de Saint- Pol. Pendant la maladie du comte Baudouin, Charles amène des troupes au roi de France , occupé alors à faire la guerre en Normandie; mais après sa mort, Guillaume d'ipres, bâtard de Philippe, deuxième fils de Robert le Frison, appuyé de Baudouin, comte de Hainaut; de Hugues, comte de Saint-Pol, de Thomas de Couci , de Clémence, veuve de Robert 11; de Gauthier , comte d'Hesdin , et d'autres seigneurs, fait de vains efforts pour lui disputer le comté de Flandre. Char) es ayant levé promptement une armée, marche aux ennemis» les défait en différentes rencontres, les poursuit jusques dans leurs terres, confisque les seigneuries de quelques-uns, eritr'autres le comté d'Hesdin, et les oblige tous à demander la paix. L'an 1124, Charles se disposait encore à venir joindre ce monarque à la tête de dix mille hommes , pour l'aider à chasser les Impériaux de la Champagne, où ils avaient pénélré. Mais comme il était prêt à partir > il apprit leur retraite. Il fut; Tan 112S, du
DES COMTES DE tXÀNDllE. 3o1
n'ombre des quatre candidats qui furent proposés pour remplit* le trône de Germanie, vacant par la mort de l'empereur Henri Y: Le notaire Galber t, dans la vie de Charles , nous apprend même que les princes d' Allemagne lui députèrent* le comte deNamuf et le chancelier de l'archevêque de Cologne pour lui offrir cette dignité; ruais que son conseil , dans la crainte de le perdre, l'engagea à la refuser. C'était , dit un auteur contemporain , la seconde couronne qu'il refusait. L'année précédente, "Baudouin II , roi de Jérusalem, ayant été fait prisonnier par les luûdèles y les seigneurs du pays , mécontents de ce prince, l'avaient invité à venir le remplacer. Charles leur avait donné des preuves de sa. valeur et de- sa piété dans un voyage qu'il avait fait, avant d être comte, à la Terre-Sainte. Mais il pensait trop noblement pour accepter Voffce qu'ils lui firent. L'an 112S fut pour la Flandre une année de famine , où Charles fit éclater sa charité. Il accompagna , l'an 1 126, le roi Louis le Gros dans son expédition d'Auvergne. Charles fit briller dans son gouverne-* ment toutes les vertus qui frnt le saint et le héros. Son exactitude à rendre la justice, et la recherche qu'il fit parmi ses sujets de ceux qui étaient nés serfs, irritèrent contre lui plusieurs d'entre ceux-ci. Le prévôt Bertulfe, qui était de ce nombre , s étant mis à leur tête, ils l'assassinèrent dans l'église de Saint- Donatien de Bruges, le 2 mars de Tan 112.7. 11 mourut sans laisser d'enfants de son épouse, qui se remaria depuis a Hugues 11 , comte de Saint-Pol , et ensuite à Baudouin d'Encre. L'église honore le comte Charles d'un culte, public* le jour de sa mort. Le Mire (Doaal. Belg., liv. 2, chap. 35 ), rapporte un diplôme de ce prince, dans Lequel on voit qu'à la mort.de chacun de ses vassaux, il prenait la première année du revenu de ses fiels , preuve de l'antiquité de ce droit*
GUILLAUME CL1TÔN, dit àujsi LE NORMAND.
1127. Guillaume Cliton, né, Tan 1 101, de Robert Courte^ Heuse, duc dè Normandie, et de Sibylle de Conversano,fut élu comte de Flandre , à la demande du roi Louis le Gros , par les grands du pays (1) , et investi dans Arras , le 23 mars 1127 f par ce monarque , qui lui retira en même - tems le comté de vexin, qu'il lui avait donné au mois de janvier précédent. (Ordcr.
C1) Duchêne, dans ses additions à l'histoire de Bélhune, page 393, donne uoe charte par laquelle on voit que les grands de Flandre, après ^oir reçu les ordres de Louis le Gros, avaient élu pour leur comte Guillaume de Nonnandie. il n'était pas cependant le plus pr< ■entier de Charles de Danemarck. C'était Thjerri d'Alsace.
3o4 CHftOTOLOGTE HîSTORIÇU*
YàaL , Hv. îa, pag. 884,) Le premier exercice que Cliton 61 <k son pouvoir, fut un acte de reconnaissance envers Hélie de Saint-Saêns , son beau-frère et son gouverneur , qui avait sacréfié pour lui sa fortune , aimant mieux « expatrier et mener une vie errante avec lui , que de le livrer au roi d'Angleterre , son oncle. Cependant Guillaume d'Ipres, aussitôt après la mort (la comte Charles, dont il était complice suivant quelques anciens, avait fait revivre ses prétentions sur la Flandre , et a était emparé de plusieurs places. Le roi de France, va le trouver y le 9 avril, 4 Winendal, pour l'engager à se désister de ses poursuites, et ne peut ;rien obtenir» (Galberi. Vit Car. Boni r n°. 90. )• Mais le monarque étant venu avec Cliton ,: L'assiéger dans Ipres , le fait prisonnier, le a6 avril, par la connivence des habitants. ( Jàid^ n#. Oidéric Vital se trompe , >. en disant qu'il fut pris au
château de Triel , dans le Vexin, par le seul Cliton , et nus sous la garde d' Amauri de Montfort , mais nue bientôt après ses amis, l'ayant réconcilié avec son rival ; obtinrent sa délivrance. Gaibert, témoin oculaire , dit au contraire ^ dans la vie de Charles le Bon , que Guillaume d'Ipres fut envoyé* au château de Litte* d'où il fut transporté, le 8 septembre , au donjon de Bruges, pour y être gardé avec Thibaut Sorel , son frère, qui , six jours après , en fut tiré pour être mis sous la «garde d'un chevalier de Gand, nommé Evrard; qu'à l'égard de Guillaume d'Ipres, il fut ramené , le 8 octobre de la même année 1 127 , au château de Lille \ mais qu'au mois de mars «suivant, ayant fait la paix avec Cliton ,«il fut élargi sous promessse de défendre ses intérêt* contre les Flamands révoltés, promesse qu'il ne tint pas. ( Bouquet, tom. XU1, pag. 377 i 378.) Guillaume Cliton eut encore pour concurrents Arnoul de Danemarck ; Baudouin, comte de Hainaut , issu par mâles des comtes de Flandre; Etienne, comte de Boulogne , qui descendait par son aïeule du comte Baudouin le Débonnaire; et Thierri d'Alsace, petit— fils par sa mère de Robert le Frison. Le premier de ces quatre autres rivaux, tous excités par le roi d'Angleterre, ayant été forcé, le 21 mars 1 128, dans Saint-Omer , où il s'était renfermé , fut obligé de subir la conditions que lui imposa le vainqueur, et s'en retourna en Danemarck sur le même vaisseau qui l'avait amené. Baudouift et Etienne se liguèrent ensemble, et attirèrent dans leur parti Godefroi, comte de Louvain , et Thomas de Marie» Mais leurs eïïorts se bornèrent à des ravages qui les rendirent odieux au* Flamands. Thierri d'Alsace sut mieux se ménager l'affection de ceux sur lesquels il voulait dominer. La hauteur et U dureté dt Cliton , à l'égard de ses nouveaux sujets, ajoutèrent un nouveaa poids aux prétentions de cet émule, qui d'ailleurs était aussi protégé par le roi d'Angleterre. L'an na§t plusieurs villes d*
DES COMTES DE TLAftBtt. 3oS
Flandre se déclarent ouvertement en faveur de Thierrî. Oit on 4 l^yant défait en bataille rangée, 21 juin, dans la plaine de HackespoLou <de Tiled, le poursuit, et pendant six jours leurs troupes escarmouchent près*d7Orcamp. (Bouquet, tom. XI H, pg. 3^8 , 38g ) Thierri s'étant réfugié dans Aldst, y est assiégé » le 12 juillet , par Godefroi , duc de la Basse-Lorraine , que Clv* ton avait su* mettre dans ses intérêts , et auquel il vint se joindre avec quatre cents chevaliers. Mais, le 27 du même mois, Clitoa reçoit devant cette place une blessure , dont il meurt le ment* jour, et non pa* cinq jours après. Il fut inhumé à Saint-Bertih; Ce prince , élevé à la cour de Foulques le Jeune , comte d'An* joo, avait épousé, ou plutôt fiancé , l'an 1122 ou SiSTLLE, sa «edonde CHe. Le roi d'Angleterre letraversa encore dans cette rencqntre, en faisant opposition à ce mariage pour cause de parenté. Enfin il épousa, au mois de janvier 1127 , JeaTWE, fille de Rai nier, marquis de Montfcrrat , et sœur utérine d'Adélaïde, femme du roi Louis le Gros, qui lui avait donné pour dot le comté de Mantes. 11 ne paraît pas qu'il en ait eu des enfants. ( Voy* Robert II, duc de Normandie, et Foulques 1* i eune, cornte d'Anjou.), r.r% 'v