‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 10 sur 296 · BOUCHARD I · texte numérisé non relu

BOUCHARD I

1224. Bouchard I", chevalier, seigneur de Marli, de Montreuil-Romain , de Saissac , de Saint-Martin en Languedoc , de

l6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

l’Europe, fut contraint de rendre après divers assauts. Saint- Jeau-d’Angeli, où il s’achemina ensuite, lui ouvrit ses porles dès qu’il parut. De là, s’e'tant rendu, au mois de juillet, devant lu Rochelle, il eul encore en tête le même Savari, qui s’e'tait enferme dans la place avec trois cents chevaliers et une forte garnison. La résistance que ht ce commandant, fut encore plus vigoureuse qu’à Niort ; mais elle ne put soustraire la Rochelle au joug des Français. Savari, indigné qu’au lieu d’argent dont il avait un besoin pressant , la cour d’Angleterre lui eût envoyé des coffres remplis de pierres et de son , prit le parti de capituler, le 5 d’août , après trois semaines de siège. ( Gestn Ludov. VIII , apud. du Chesne , T. V, p. )86.) La prise de la Rochelle entraîna sans effort la soumission de toutes les provinces de la domination anglaise jusqu’à Bordeaux. Cette campagne glorieusement achevée , le connétable ramena le roi triomphant à Paris. L’année suivante , ils passèrent une seconde foU la Loire sur la nouvelle d’une descente des Anglais en Guienne. Celui-ci ayant à leur tête le prince Richard , frère du roi, n’attendirent pas notre armée pour regagner leurs vaisseaux et cingler vers leur ile.

Les sollicitations du pape et des évêques ayant déterminé Louis VIII à se croiser de nouveau contre les Albigeois , les princes du sang et la plupart des grands vassaux du royaume suivirent l’exemple du monarque. On fait monter à cent cinquante mille hommes de cheval et à un plus grand nombre de gens de pied l’armée qu’il rassembla pour cette expédition. Le connétable Mathieu fut celui qui en eut le commandement sous ses ordres. Avignon était depuis douze ans sous l’anathème. Ce fut contre cette ville que les croisés commencèrent leurs hostilités. Leur intention n’avait d’abord été que de la traverser pour entrer en Languedoc; mais sur le refus qu’elle fit de livrer le

Seigneurs de Marti.

Picauville, etc. , fut au secours de l’armée chrétienne en Languedoc , où Simon de Montfort, qui en était le chef, lui donna les châteaux de Saissac et de Saint-Martin , au diocèse de Carcassonne. Il se signala dans les guerres que ce comte eut contre les Albigeois; mais, l’an ,1210, comme il poursuivait l’ennemi avec trop d’ardeur , il fut fait prisonnier, et détenu seize mois au château de Cabaret. L’an 1212 , il revint en France ; trois ans après il retourna en Languedoc , et était à Montauban le 12 juin i2i5 ; il était de retour de celte expédition avant le mois de novembre 1221. Il céda au roi Louis VIII, père de saint Louis, le droit qu’il avait de chasser dans la forêt de Cruye , et fut un des barons

3ui conseillèrent au roi d’entreprendre un voyage sur les terres

es Albigeois £ accompagnai ce monarque au siège devant A.vi-

passage qu’on lui demandait, le siégé en fut résolu. Les maladies que la t'amiue causa dans notre armee , le firent durer l’espace de cinq mois. Louis, e'tant entre' victorieux dans Avignon le 12 septembre 1226, passa de là en Languedoc, où la terreur de son nom lui soumit presque toute la noblesse et le peuple de cette grande province. S’étant mis en marche au commencement d’octobre suivant pour rctourr&r à Paris, une maladie aiguë J'arreta, le 25 du même mois, à Montpensier. Prévoyant bientôt qu’il n’eu reviendrait pas, il appelle dans sa chambre les princes, les prélats et les barons qui l’avaient accompagne'; et, en leur présence , jetant les yeux sur Mathieu de Montmorenci, il le conjure, dans les termes les plus touchants , de prendre sous sa • garde son fils aine'. Le conne'table lui en donna l’assurance avec une voix entrecoupée de sanglots. Nous croyons devoir mettre sous les yeux de ^rios lecteurs le re'cit de cette scène attendrissante :

Puis apiclln ( le roi ) ses compagnons Et son clergiet et ses barons ,

Si lor feist es raniment jurer De s'aîsnct fil asseurcr,

Et de couronner à qui niai ne ,

Pour oster d’annuis et de paine Et la contrée et le pais ,

Et pour cou qu’il ne fu trais.

Et il ly ôtent en convent Plorant et receent souvent Sa vaillandisc et sa bonté.

Et sa iargaice et sa biauté.

Et le rois , ki bien les ooit ,

Les aparloil quand il pooit.

Seigneurs de Marli.

gnon, en 1226, et mourut au retour le i5 septembre de la même année. Il avait épouse' Mahaüt de Chateaufort , morte vers l’an 1260, fille du seigneur de Chateaufort, près Paris, et de

Clémence de Courtenay. Leurs eufarris furent :

i° Thibaut de Marli , qui se rendit religieux à l’abbaye de Vaux-Cernay en 1226, en devînt abbé en 1235, et mourut en odeur de sainteté le samedi 7 décembre 1247 1

2° Pierre , dont l’article suit ; \

3* Mathieu de Marli, mentionné dans une charte de 1212, mort après l’an 1254 *,

4° Bouchard II , qui viendra ci-après ;

5° N... de Marli, mariée à Guillaume TEtecdart , chevalier.

que Philippe Mouskcs fait

Et Mahiu de Montmorency Proia-il qne par sa mercy Presist en garde son enfant;

Et il l’ouroya en plorant.

Le connétable tint fidèlement la parole qu'il avait donnée au monarque expirant. La reine Blanche n’eut point de défenseur plus zélé' et plus constant que lui daus les traverses qu’elle essuya durant sa régence. Les comtes de Champagne, de la Marche et de Bretagne s’étant ligués contre elle, il entra à main armée, Pan 1227, sur les terres du premier, et le réduisit en peu de tems à implorer la clémence du roi. De là il conduisit en diligence son armée vers la Bretagne , et contraignit les comtes de Bretagne et de la Marche à venir faire satisfaction, le 16 mars 1227, au roi et à la régente dans le château de Vendôme. Une nouvelle ligue s’étant formée bientôt après , par les iutrigues du comte de Bretagne , et grossie d’un plus grand nombre de seigneurs qu’il y fit entrer, le connétable eut l’adresse d’en détacher, l’an 1229, trois des principaux tenants, les comtes de Dreux , de Nevers et de Boulogne. Cette désertion n’ébranla point l’obstination du comte de Bretagne. La régente , déterminée à le réduire par la force des armes, chargea le connétable d’aller assiéger Bellème, qui était comme la clef de ses états. Malgré la rigueur de la saison ( on était alors au fort d’un hiver très-rude ) , elle amena le roi, son fils, devant cette place, dont les portes furent ouvertes après une longue résistance. L’armée victorieuse entra , au mois de janvier 12S0, dans l’Anjou , et de là en Bretagne , où , dans une seule campague , elle triompha des forces réunies , et du comte , et du roi d’Angleterre qui était venu à son secours. (Voy. les comtes de Bretagne . ) Au retour de cette glorieuse expédition , le connétable Mathieu termina ses

Seigneurs de Marli.

PIERRE

1226. Pierre, chevalier, seigneur de Marli et de Montreuil- Bonuin , fut un des barons que saint Louis manda à Saint-Germaiu-en-Laye , eu 1236, pour le servir contre Thibaut , roi de Navarre, comte de Champagne. Il mourut peu après l’an i2aq , sans entants de Jeanne , sa femme, laissant Bouchard , sou frère , héritier de ses biens.

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