MATHIEU P
Seigneurs de Marli.
1 160. Mathieu de Montmorenci , premier du nom, chevalier, seigneur de Marli , de Verncuil au pays chartrain, de Montreuil- Bonnin en Poitou, et de Picauville en Normandie, cinquième fils de Mathieu Ier, seigneur de Montmorenci, fut l’un des héros de son siècle. S’étant croisé, l’an 118g, avec le roi Philippe- Auguste, il suivit ce prince à la Terre-Sainte , et se distingua au sie'gc d’Acre , où il perdit Josselin de Montmorenci, son neveu. De retour eu France, il fut de la plupart des expéditions de ce
{Ann. de Hainaut , T. III, I. 1 8, c. 4* ) La libéralité de Bouchard envers les églises est attestée par un grand nombre de chartes que du Chesne a recueillies. I
Le roi Philippe Auguste s’étant croisé, l’an 1189, Pour 1* Tcrre-Sa’\nte , Bouchard fut du nombre des seigneurs qui s’engagèrent à le suivre. Mais la mort le surprit lorsqu’il se disposait à partir. Laurence , son épouse , l’avait précédé de quelques années au tombeau. Ils furent inhumés l’un et l’autre à l’abbaye du Yal , l’une des églises sur lesquelles ils avaient principalement versé leurs bienfaits. On peut juger de la délicatesse de la co nscience de Bouchard par l’ordre qu’il donna en mourant à ses exécuteurs testamentaires , de rechercher soigneusement les torts qu’il pourrait avoir faits h qui que ce fût, et de les réparer par une prompte et ample satisfaction. (Du Chesne, ibid. , p. 1 18.) De son mariage il eut un fils , qui suit, et deux filles : Alix, femme du fartieux Simon, comte de Montfort, le fléiu des Albigeois, morte le 22 février 1221 $ et Eve, dont on né sait què le nom.
' . MATHIEU II, dit LE GRAND.
• 1189. Mathieu, à qui sa prudence et ses exploits ont mérité
le surnom de Grand , succéda à Bouchard V, son père, dans la baronnie de Montmorenci. L’histoire ne raconte aucun fait mémorable de lui avant l’an i2o5. La guerre, cette année ( et non l’an 1202, comme du Chesne et d’autres le marquent), s’étant allumée entre la France et l’Angleterre, le roi Philippe Augustè emmena le baron de Montmorenci en Normandie, et débuta par le siège de Château-Gaillard , place très-forte alors, située au milieu de la Sciue , à sept lieues au-dessus de Rouen, et re-
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monarque et de celles de Louis VIII , son fils. Il vola , l’an 1194» avec le premier, au secours du château d’ Arques , assiégé par Richard IBr, roi d’Angleterre, et fit prisonnier, devant cette place, Robert, comte deLeycester, surnommé V Achille des Anglais . Le même succès ne couronna pas sa valeur au combat livré, le 28 septembre 1198, près de Gisors, entre les Français et les Anglais. 11 fut renversé de son cheval par le roi Richard Ier, avec jequel il avait osé se mesurer, et devint son prisonnier avec plusieurs autres barous. Il était, l’an 1202 , au tournoi donné par le comte de Champagne, près de son château d’Ecri-sur- Aisne ( c’est aujourd’hui Avaux-la-Ville) , lorsque Foulques de Neuilli vint y prêcher une nouvelle croisade. Le sire de Marli fut un» des plus empressés à s’enrôler pour cette expédition, qui, au
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jarclée comme le boulevard de la Normandie du côté de la France. Ce fut là que Mathieu fit briller sa valeur et son habileté dans l’art militaire. Pendant environ six mois qu’on fut devant celte place, il dirigea presque tous les travaux des assiégeants, sauva notre armée d’une déroute qu’elle était près d’essuyer par sa négligence , fut des premiers aux différents assauts qui se livrèrent dans le cours de trois semaines , et vit enfin les assiégés forcés de se rendre après la prise de Roger de Laci , leur commandant , que le monarque victorieux traita favorablement en considération de son mérite. La conquête de la Normandie entière suivit rapidement celle de Château-Gaillard. Simon dé BJontfort et Guillaume des Barres furent les principaux coopéra leurs du baron de Montmorenci dans cette expédition , où ils acquirent avec lui la réputation des trois plus braves de la nation. Quoique l’histoire ne reproduise point le premier dans les campagnes suivantes, où Philippe enleva au roi d’Angleterre les autres provinces qu’il possédait en France , il n’y a guère lieu de douter qu’il n'en ait partagé les fatigues et la gloire avec ce monarque. Mais c’est à la bataille de Bouvines , donnée en 1214» contre les forces réunies de l’Empire, de l’Angleterre et de la Flandre , qu’on vit paraître , dans son plus grand éclat , la valeur et l’expérience de Matthieu de Montmorenci. L’aile droite de notre armée, dont il eut le commandement avec le duc de Bourgogne et le comte de Beaumont , fut la première qui engagea le combat. Elle avait affaire au comte de Flandre , qui, dans celte occasion, se battit en homme déterminé à vaincre ou è périr. Mathieu de Montmorenci lit preuve de la même résolution. Il tenoil, dit l’ancienne chronique de Flandre, un faus sort en sa main , euen détranchoit les presses , et estoil sur un grand desttier ; et qui lors le veist , bien Veut pu remembrer
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lieu d’être dirigée, suivant sa première destination, contre les Musulmans en Palestine , se tourna f par des circonstances imprévues, contre l’empire de Constantinople. Lorsque les croisés eurent chassé l’usurpateur du trône impérial et Rétabli l’empereur Isaac l’Ange, le sire de Marli fut mis à la tête de l’ambassade qu’ils envoyèrent au jeune Alexis, fris et 'collègue d’isaàc , pour lui demander le payement de la somme qu’il leur avait promise. Le discours qu’il tint à ce prince n’ayant produit aucun effet , le siège de Constantinople fut résolu. Le sire de Marli se signala dans les assauts qui furent livrés à la place. Mais il mourut dans le sein même de la victoire , à la veille de partager avec les autres riiefs les débris de l’empire. Yillehardouin s’exprime ainsi sur ect événement : Lors avitn une moult grant mésaventure ddns
l4 • CHRONOLOGIE HISTORIQUE r
un gentil vassal. L'ennemi fit plusieurs efforts, mais vàins / '
Eôur le désarçonner. Le comte de Flandre n’eut pas le même onlieur. Renverse' de. son cheval, tout couvert de sang et de blessures , il fut contraint de se rendre , et cette capture fit perdre courage aux Flamands, qui prirent la fuite. On prétend qu’en cette journée le baron de Montmorenci gagna douze enseignes impériales , et qu'eu mémoire de cette prouesse , le roi voulut qu’au lieu de quatre aiglettes ou alérions , qu’il avait dans ses armes, il en portât désormais seize. Ce qui est certain , c’est que la branche aînée de Montmorenci n’a commencé qu’après l’an 12-1.4 “ porter ce nombre d’alérions , qui la distinguent des branches cadettes qui u’ont rien changé aux anciennes armes de leur maison.
Délivré des ennemis redoutables qui avaient osé le provoquer, Philippe Auguste tourna ses armes contre les Albigeois. Ce fut Louis , son fils, qu’il chargea , ou plutôt qui obtint de mission d’aller faire la guerre à ces hérétirjues en Lan- Mathieu de Montmorenci, grand-oncle, à la mode de Bretagne, du jeune prince, par sa femme, eut ordre de l’accompagner dans celte expédition , qui dura trois campagnes. Mathieu, à son retour, l’an 1218, se vit décoré de la charge de connétable de France, vacante par la mort de Dreux de Mello. Cette dignité n’était point alors la première de la cour. Sous les deux premières races de nos rois , le connétable n’avait que le commandement de l’écurie du roi, et c’est de là qu’il avait pris le nom de cornée de l'Étable , dont on a fait depuis celui de connétable. « Il avait sous sa charge , dit le Laboureur,
» en l’écurie le maréchal qui étoit comme son lieutenant. Le » droit de commander la milice françoise appartenoit alors au *
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Vost que Mahius de Montmorency, qui ère (était), un des meillors chevalier del royaume de France , et des plus prisiez et des plus amez fut mors , et ce fugrant diels et grant dommages uns des gregnors qui aveinst en l’ost d'un sol hom , et fu enterrez à uneyglyse de Monseigneur S. Jean de l’Ospital de Jérusalem. Mathieu dé Montmorenci avait épousé Mahaut de Garxakde, fille de Guillaume de Garlatide , seigneur de Livrv , et d’idoine de Trie. Elle mourut le 1 8 mars 1 225. Il en eut les enfants qu suivent : •
1° Bouchard Ier, qui continue la descendance ;
2° Mathieu de Marli, chevalier, seigneur de Laye, qui épousa . Mabille de Chàtcaufort sœur d.c la femme de Bouchard ,
te prince lui la pet guedoc.
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• s^ne'chal de France ». « Mathieu de Montmorenci , dit M. Ex-
• piili , est le premier conue'table qui ait couunaude' les arme'es :
» mais ce ne fut que par commission, et nullement en vertu » de sa dignité; car alors la charge de sénéchal de France,
» quoique vacante, n’étojt pas encore supprimée , puisque dans » les chartes on marquoit cette vacance par ces formules : Da- » pifero nullo , ou vacante Dapiferatu. Les successeurs de
i» Mathieu de Montmorenci continuèrent do commander les •armées de la même manière, c’est-à-dire par commission,
» à cause de la même vacance , qui dura jusqu’à 1262 , qu’on 11 cessa de faire mention de cette vacance de la dignité de sc'né- » chai. Nous pensons , ajoute le même auteur , d’après le
• P. Daniel, que , dans le tems que cette attribution se fit à la » dignité .de connétable, la charge de grand-maître de l'hôtel » fut instituée après la suppres ion expresse ou tacite de celle
• de sénéchal, qui prit l’intendance de la maison du roi aussi » bien que le commandement des armées, et qu’ainsi la charge
• de sénéchal fut séparée en deux, le commandement des aru mées avant été attribué au connétable, et l’intendance de la » maison du roi au graud-maitre de l’hotel. » La dignité de connétable devint alors la première par les honneurs, la puissance et les prérogatives que nos rois y attachèrent.
Apres la mort de Philippe Auguste, le roi Louis VIII, son fils , voulant poursuivre scs conquêtes au-delà de la Loire, se mit en route au mois de juin 1224, accompagné du connétable de Montmorenci et d’un grand nombre de prélats et de seigneurs, pour la ville de Tours, où était le rendez-vous des troupes. Le monarque, ayant donné la conduite de l’armée au connétable , alla mettre le siège devant le château de Niort , que Savari de Mauléou, réputé pour le plus grand capitaine de
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son frère. Le nécrologe do Port-Royal met sa mort au 2 avril vers l’an 1249;
5e Guillaume de Marli, chanoine de Notre-Dame de Paris, en 1 a53» 1 ;
4° Marguerite de Marli, dame de Yerncuil , mariée à Aymeri , vicomte de Narbonne, lits de don'Pèdre de Lara, comte de Molina en Espagne, et de Sanche, fille de Garcie, roi de Navarre.