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lui faire raison, ainsi qu’à Francon, e'vèque de Paris, sur les plaintes qu’ils avaient portées des usurpations qu’il faisait des biens de leurs églises. Galeran tint peu de compte de ces monitions. Francon le lit ajourner. Le comte ne parut point, sous prétexte qu’il avait donné sa parole par serment à Eudes, comte de Chartres, de se trouver avec lui précisément ce jour-là pour une expédition contre Foulques, comte d’Anjou. 11 s’agissait du siège du château appelé en latin Budelli , que Foulques avait fait bâtir près de Tours. Ou ne sait pas comment se termina l’affaire de Galeran avec les deux prélats. { Bouquet , T. X, p. 47^ et suiv.)
En l’année 1028, il souscrivit la charte de rétablissement de l’abbavede Coulombs; et cinq ans après, il ratifia, à la prière de l’abbé Bérenger, le don fait à ce monastère par sainte Hclvise, sa belle-sœur, des terres de Lainville, etc..., à la charge que l’abbé dé Coulombs viendrait tons les ans à Moulent célébrer l’ollice le jour et fête de Saiut-Nigaise. ( Tabul. Columb. ; chron. S. Nig. Melletens. ; Mabil. , Ann. S. Ben. , T. IV, p. 345. ) En to32, il affranchit un serf de main-morte et sa femme , de la paroisse de Juziers, en faveur des religieux de ce lieu. L’acte fut fait solennellement devant l’église de Saint-Nigaise, en présence des officiers du comte, qui s’y trouvent dénommés. ( Ibid Rec. de Labbe.p. 58?..) C’est en cette même année que la suzeraineté du Vcxin français fut cédée par Henri Ier au duc de Normandie, pour l’indemniser des frais de la guerre dans laquelle il avait pris son parti contre ceux qui lui disputaient la couronne. Dreux , comte du Vexin , fut fort aise de cet arrangement. Il parait que Galeran 11e le vit pas du même œil. 11 s’attira l’inimitié du Normand, qui s’empara des biens qu’il avait en Normandie. Celui-ci prit sa revanche sur les terres des religieux de Jumiége, situées à Bouafle , près Meulent. Il les restitua cependant en io3(i, lorsque sa paix fut faite avec le duc. ( Neust . pia.) Cette paix fut cimentée par l’alliance d’Adeline, sà fille, avec Roger, comte de Beaumont , l’un des seigneurs les plus puissants de Normandie et des mieux accrédités à la cour du duc.
Galeran entra, l’an 1007, dans une nouvelle ligue avec les comtes de Chartres et de Champagne contre le roi. Ils réussirent très-mal. Le roi les battit complètement , réduisit les comtes de Chartres et de Champagne à des conditions dures et honteuses, et confisqua le comté de Meulent en 1 04 1 , pour cause de félonie. ( Bouq. , T. XI, p. >59.) 11 fut réuni pour quelques instants au domaine de la couronne. Peu de teins après les choses changèrent de face; le roi fut obligé de restituer le comté de Meulent, et Galeran fut remis en possession paisible des domaines dont le sort des armes l’avait dépouillé. Il fut du nombre des seigneurs qui assistèrent à la translation des reliques de saint Denis en io5o.
ï/année suivante , il souscrivit une charte du roi en faveur de l’abbaye de Marmoutier. Hugues , son fils aine' , fut associe' à .sa dignité de comte , et, en cette qualité', donna des biens «à l’église de Jumiége , en io56, par une charte date'c du château de Meulent, et souscrite par ses officiers et par ses vassaux, des environs. [Cartul. Gemet .) Galeran accompagna le roi au 'siégé de Tilliéres en io58, et signa une charte, datée du camp devant ce château , en faveur de l’abbaye de Saint-Germain -des-Prés.
( Hist . delà Maison de Broyé , p. 8.) Henri ayant déclare' la guerre au duc de Normandie en l’année I060, fit marcher une armée considérable , dans laquelle il y avait entre autres douze comtes. Galeran se trouva l’un des six qui commandaient à l’arrière-garde. L’armée française alla camper près de la chaussée de Varaville ; le duc îa surprit, la mit en déroute , tua beaucoup: de monde, en fit prisonniers un grand nombre. ( Chron.J'ranc . de Norm. apud Bouq. , T. XI, p. 343 ; du Moulin, Hist. de Norm. , p. i540 Galeran fut de ces derniers. Le normand , poursuivant sa conquête, fit assiéger Meulent, qui fut pris ainsi que la garnison qui était dedans. (Du Ch. , Ord. Vit. , p. 586 et suiv.) Hugues, fils de Galeran, trouva moyen d’y rentrer, et gouverna pendant l’absence de son père. Galeran, livré à de tristes réflexions dans sa prison, et craignant l’esprit vindicatif du normand, fit voeu de construire une nouvelle église à son patron saint Nigaise , s’il sortait sain et sauf de sa captivité. ( Chr. S . Nig. Mell.) Il donna vers ce terns-là sa chapelle de Sainte-Iladegonde et celle de Sainte-Marguerite à l’abbaye de Préaux fondée par la famille de Iloger de Beaumont, son gendre. C’était une manière de faire sa cour au duc. Il obtint sa liberté en 1062. Revenu à Meulent, il ne s’occupa plus que de l’accomplissement de son vœu. Il fit jeter les premiers fondements de la nouvelle église de Saint-Nigaise, qui fut achevée telle qu’on la voit aujourd’hui, et consacrée en l’année 1067, le 28 octobre , fête de Saint-Simon et Saint-Jude , en présence du roi Philippe Ier , alors âgé de treize à quatorze ans, 'de Baudouin, comte de Flandre, son tuteur, de plusieurs évêques et abbés, et de beaucoup d’autres seigneurs. ( Chron : S . IS‘ig. Melletens . )
L’année précédente notre comte avait souscrit une charte portant remise , en faveur du monastère de Marmoutier, des droits seigneuriaux qui lui appartenaient à Mantes. ( Mabil. , Ann . S. Ben. , T. IV , p. 755.
Il semble que Galeran n’ait fait reconstruire l’église de Saint- Nigaise que pour lui servir de tombeau. On n’entendit plus parler de lui depuis ce moment. Il mourut le 8 octobre 1069 ou 1070, et fufcinhumé dans cette église. Son tombeau s’étant perdu , il ne fut découvert qu’en 1 590 , pendant le siège de Meulent par Par-
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mée de la ligue. Plusieurs boulets de canon entr’ouvrirent un cité de l’e'glise : en la re'parant on aperçut le cercueil dans l’e'paissenr du mur. Il fut ouvert en prc'sence de Henri IV, qui était dans la place pour la détendre. On trouva les ossements et les armures de guerre du tems , avec des inscriptions qui firent reconnaître Galeran. On le transporta ailleurs, et ce monument curieux existe encore actuellement.
Oda, sa femme, lui survécut. Elle eut une dévotion particulière pour l’église et l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, dont elle fit bâtir la nef et la tour. S’étant retirée dans une cellule près de là , elle y mourut. Oda est inhumée à côté de saint Gauthier premier abbé. Sa tombe s’y voit encore , élevée de quatre doigts au-dessus du pavé de la chapelle , et scellée par cinq clous d’airain.
Ces époux , avant leur séparation , avaient eu cinq enfants : Hugues, l’aine', qui succéda à son père j Galeran et Foulques, qui moururent sans enfants avant leur frère ; Adeline , mariée à Roger, comte de Beaumont, qui recueillit la succession de Meulent après la mort de Hugues ; et Dode , ou Deude , femme de Guillaume > sire des Moulins , seigneur puissant de Normandie.
HUGUES II
1070 au plus tard. Hugues II contiuua le gouvernement qu’il avait partagé avec son père. Une partie considérable de sa vie se trouve confondue avec celle de Galeran. On ne sera pas lâché de trouver ici tout ce qui est personnel et particulier à ce comte, réuni sons un seul point de vue.
Il fut présent, comme témoin, à une donation que fit à l’église de Préaux , Robert le Libéral , duc de Normandie. Il était si jeune alors , qu’il reçut un soufflet de la main de Humphroi, fondateur de cette église , pour lui imprimer le souvenir de cet événement. Notre jeune comte avait avec lui deux camarades du même âge, à qui l’on fit la même chose. L’un d’eux . moins endurant que les autres, fut fort mécontent de la cérémonie , et demanda à Humpliroi à quel propos on lui donnait ainsi uo soufflet. C’est , lui répondit-i! , parce que vous êtes plus jeune que moi , et que vous vivrez plus long-tcms , et afin que vous puissiez vous souvenir de ce que vous venez de voir, quelque jour quand il en sera besoin. ( Mabil. , Ann. Ben. , T. IV, p. 3çf>. ) Il y a toute apparence que l’enfant, occupé uniquement du présent, et pour qui l’avenir était très-indifferent , ne trouva pas la réponse fort satisfaisante. Hugues souscrivit , en io5a, l’acte d’affranchissement d’uu serf,