ROBERT II
Robert II jouissait du comte de Meulent en 990. II épousai Alix de Vexin , fille de Gauthier II, dit le Blanc, comte du Vexin. Ce mariage est prouvé par une lettre qu’Yves de Chartres écrivit à l’occasion de celui de Robert III , dans laquelle il rappelle leur ge'uéalogie. I-e pre'lat désigne les personnages par leurs qualités de comtes de Meulent, sans nommer Robert ni Alixj mais leurs noms sont transmis par d’autres monuments. Cette alliance unit étroitement les maisons de Meulent et du Vexin. II est très-vraisemblable que c’est Alix qui apporta en dot à Robert la portion dn comté de Meulent qni s’étend sur le Vexin," et que de son chef il n’avait auparavant que la portion chartraine du Pincerais. Ils laissèrent trois fils , Hugues et Galcran , successivement comtes de Meulent, et Richard de Néaufle.
HUGUES Ier.
997. Hugues Ier , dit Tête d’Ourse , caput ursce , était comte de Meulent en 997. U souscrivit , cette année-là, avec Bouchard (comte de Corheil) et Anseau (de Paris, seigneur de Moule)» une charte du roi Robert, par laquelle ce monarque donnait à l’église de Saint-Magloire, entr’autres choses, la dime et le panage de la forêt d’Yveline. (Bouquet , T. X, p. 574 hist. de l'église de Paris , p. 63o. ) 11 en souscrivit une autre la meme aimée avec ce monarque, plusieurs évêques et seigneurs, par laquelle Bouchard , comte de Vendôme, donne au monastère de Saiut-Valeri des biens situés dans le Ponlhieu. Sa signature se trouve placée dans cet acte immédiatement après celle de Gauthier Il dit le Blanc , sou aïeul maternel. (Mabii. , Ann. , S. Ben. , T. IV, p. 132.)
Hugues, en même tems qu’il possédait le comté de Meulent, était vicomte-général du Vexin, et tenait des objets en fief du comte Dreux, son oncle. Il voulut, à ce dernier titre , exercer certains droits, Vicnriam , sur les terres de Saiut-Cyr, Urocourt etCliaudri, dépendantes de celles de Eontenai-Saint-Père et de Juziers. Mais les deux comtes renoncèrent authentiquement à leurs prétentions en faveur des religieux de Saint-Père-en- Valle'c de Chartres par un acte passé à Juziers, près de Meulent, vers l’an ioi5, en présence des principaux seigneurs des envitons de Meulent et de Mantes , à la tête desquels on voit Galeran et Richard de Ne'guflc, frères de Hugues. ( Tabular. S. Pétri
1 44 .chronologie historique
Carnot bibl. du roi , ms*. , p. ; ct alliances chron . Labbe , p. 683. )
Le comte Hugues recouvra une partie des reliques de saint Nigaise, qui avaient été dispersées pendant les guerres, et les réunit à celles qui étaient à Meulent. Il mourut au plus lard Tan loi5. ( Cartul . S. Nigas . Melletens, , p. 53.)
Hugues avait épousé Elvise, ou Helvise , qu’on croit sœur d’IIerluin de Contevilie , seigneur normand. Il donna en douaire à sa femme les terres de Lainville , Lesseville, Montallet-le-Bois, Mégrimont et Jambëville , dans la partie du comté de Meulent située sur le Vexin. ( Cartul . Columbens.) Helvise avait de son chef la terre des Autels ou Autieux , Altnrium. Après la mort de son mari elle épousa en secondes noces .Alexandre, surnommé Azzolin , dont elle eut plusieurs enfants, entr’autres Godefroi , abbé de Coulombs. Veuve pour la seconde fois, elle se retira près de ce monastère, et lui conféra les terres que le comte de Meulent lui avait données en douaire, et les siennes.
( Cartul . Columbens . ) Elle vécut pieusement dans sa retraite, et y mourut en odeur de sainteté l’an io32. ( Act. SS. Ben . sæcuL o part . i , p. 365 et suiv.j et Ann. S. Ben . , T. IV, p. 385.) On la connaît , à Coulombs , sous le nom de sainte Helvise , comtesse de Meulent; et il y a toute apparence que c’est elle qu’on révère encore à Meulent sous le nom de sainte Avoye: Helvise, ou Avoye, en latin Helvisa , Alvisa , ou Avia , étant un seul et même nom.
GALERAN I", ou WALERAN II.
ioi5 au plus tard. Galeran Ier, ou Waleran II, recueillit, l’an i o 1 5 au plus tard , la succession de Hugues , son frère , mort sans enfants. Il était déjà marié , ou il le fut très-peu dè lems après , puisqu’on io52 il avait un fils qui l’était déjà. Sa femme se nommait Ode, ou Oda, sœur, à ce qu’on croit, de saiute Helvise, comtesse de Meulent, et d’Herluiu de Contevilie.
Le roi Robert s’e'tant rendu maître de Sens, l’an ioi5 , pour venger l’archevêque Léothéric des outrages que lui faisait Renaud , comte de cette ville, Galeran et Gauthier, comte du •Vexin, traitèrent d’usurpation la conduite du nxouarque en ce point, et menacèrent de rétablir Renaud les armes à la main. Fulbert évêque de Chartres, leur écrivit pour les calmer, avouant que c’était lui qui avait porté l’arebevêque à livrer sa ville au roi , et justifia ce conseil en peignant Renaud comme un hérétique et un persécuteur de l’église. Beaucoup d’autres seigneurs étaient dans les mêmes dispositions que ces deux comtes,
DES COMTES DE MEüLENT» lq5
parce qu’ils ignoraient les crimes de Renaud. 11 paraît que Gauthier faisait sa re'sidence , ainsi que Galerau , dans le Pincerais , qui est du diocèse de Chartres, puisque Fulbert les appelle l’un et l’autre ses enfants, et les prie de le de'fendre comme leur père spirituel : Ut me tanquam patrem vestrum spirilualem dé/endatis. (Bouquet , T. X , p. 4G2. )
Galeran se trouva , l’an 1 020 , avec Eudes , comte de Chartres, et Hugues, comte du Mans, au siège de Tillières. Ils fuient battus dans une sortie que tirent les Normands assiégés. L’un et l’autre se retirèrent à Dreux; mais le comte du Mans s’enfuit et se cdcha honteusement.
Du vivant de sa femme, Galeran voulut passer à de nouvelles noces, qn 11e sait pour quelles raisons; il n’en fallait que de fort légères dans ce siècle, où le divorce était très-fréquent. Fulbert , qu’il sollicita de lui en accorder la dispense , la refusa. La comtesse ayant déserté la inaisou et quitté son mari, Galeran saisit cette occasion pour faire de nouvelles instances à Fulbert. 11 lui écrivit d’une manière très-pressante , pour lui faire sentir qu’il fallait qu’il obligeât sa femme de revenir avec lui, ou qu’il lui accordât la permission d’en prendre une autre : saris quoi, disait-il, attendu qu’il lui en fallait une absolument, le prélat, par son refus, deviendrait cause de ses désordres , et le réduiiait à la nécessité de l’adultère. Fulbert fit tout ce qu’un père spirituel
iiouvait faire pour réunir les époux divisés. La comtesse ne vouut jamais promettre de retourner avec son mari, dont l’humeur était incompatible avec la sienne, et préférait de faire des vœux dans un monastère : elle promit même de s’y rendre , si Galeran voulait donner cent écus chartrains au couvent qu’elle choisirait. Galeran répondit que cette proposition n’était qu’une feinte de la part de sa femme, qui, selon lui, n’avait déjà reçu que trop d’argent. Fulbert ne voulut pas décider formellement la question; il se contenta de répondre aux sollicitations réitérées de Galeran, qu’il ne lui était pas permis d’avoir une autre femme tant que la sienne vivrait, ou qu’elle ne serait pas en rcligiou. (Bouquet, T. X, p. 459.) Galeran, ne pouvant rien obtenir de son évêque diocésain, se retourna du côté de Robert, archevêque de Rouen , diocésain de sa femme. Il ne réussit pas mieux. L’archevêque ne voulut rien faire sans la participation de Fulbert. Ils s’en écrivirent mutuellement, et firent cause 'commune. Il parait que l'affaire eu resta là. Les époux ne se réunirent point, et c’est alors qu’Ode se retira à Pontoise, comme on va le voir.
Fulbert écrivit, l’an 1025, à Galeran, pour l’exhorter à se convertir, et pour l’avertir, sous peine d'excommunication , de