RENAUD I
Rv’iaud est le premier comte de Clermont dont l’histoire fasse mention. Il fat, l’an io54, un des généraux de l’armée commandée en chef par Eudes , frère du roi Henri F1', contre Guillauine-le-Bâtard , duc de Normandie. Les Français ayant été mis en déroule cette même année par Guillaume , à la bataille de Mortemer, Eudes et Renaud, dit Ordéric Vital , ne trouvèrent leur salut que dans la vitesse de leurs pieds. Renaud vivait encore , suivant le même auteur, en 1084 , et il parait que ce ne fut pas la dernière année de sa vie. 11 laissa un fils, qui suit.
HUGUES
Hugués , surnommé de Monchi , Mondacensis , par Suger, parce qu’il possédait le château de ce 110m, du vivant de Renaud , son père , lui succéda au comté de Clermont. Une donation qu’il fit , l’an 1.09g » ^ l’abbaye de Flay ou de Saiut- Germer, est la première époque connue de son gouvernement. ( Carlul. Flaviac.) Mathieu, comte de Beaumont- su r-Oise , dont il était le beau-père , ayant reçu pour la dot de sa femme la moitié de la terre de Lusarclies , voulut se reudre maître du tout , et s’empara, les armes à la main, de la tour de Lusarclies. Hugues, à qui son grand âge ne permettait pas de faire tête à son gendre, implora le secours de Louis-le-Gros , roi désigné des Français. Le jeuue prince , après avoir fait inutile-
CHR. Ht ST. DES COMTES DE CI.ERM. EN BEACVAISIS. 1 7 (
ment sommer Mathieu de satisfaire son beau-père, marché contre lui , assie'ge la tour de Lusarches , la prend, non sans peine , et la remet au comte de Clermont, Delà il alla sc préicnter devant un autre château du comte Mathieu, que Super nomme Canliacum ; c’est Chanibly en Bcauvuisis. Mais des pluies abondantes «liant, survenues dans le tems qu’il dressait ses tentes et montait ses machines pour attaquer la plarc , scs troupes furent si de'concerte'es par ce contre-tems , qu’elles se debandcrcut malgré les efforts qu’il fit pour les retenir. Les assiégés s’e'tant aperçus de ce de'sordre , firent une sortie dans laquelle ils tuèrent beaucoup de monde, et firent plusieurs prisonniers démarqué. Dr ce nombre furent le comte Hugues, Gui de Senlis et llerluin de Paris. Louis le Gros, oblige' de fuir, s’en revint à Paris , le dépit dans le cœur et bien rc'solu d’effacer au plus tôt la honte de cet e'cliec. Le comte de Beaumont, apprenant qu’il se préparait à venir avec une armée triple de la première , le prévint par ses soumissions, et obtint de lui la paix, en rendant à son beau-père la liberté avec tout ce qu’il lui avait enlevé. (Suger, Vil. Lud. Gr.') On ignore l’année de la mort de ce dernier. Il avait épousé Marguerite , fille d’Hilduin , comte de P»ouci , dont il eutRenaud, qui suit; Gui, mort en prison à Rouen, l’an ing , après avoir été pris par les Anglais au combat de Brcnneville ; Raoul , chanoine de Beauvais ; Emme , femme de Mathieu dont on vient de parler; et deux autres filles, dont I une , nommée Ermcntrude , épousa Hugues d’Avreuches , que Guillaume le Conquérant fit comte de Chester; et l’autre , appelée Richilde , fut mariée à Dreux II , seigneur de Mello en Bcauvaisis.