RENAUD II
Renaud II, comte de Clermont après Hugues , son père, fut en assez haute considération pour être jugé digne de la main d’ADÉi.AÏDF. , ou Ai.ix , fille unique d’Herbert IV, comte de Vcrmandois , et veuve de Hugues de France , fils du roi Henri Ier. Cette princesse, après la mort de son premier époux , conserva le comté de Vermandois jusque vers l’an 1 1 17, qu’elle le céda à Raoul , son fils du premier lit, après avoir reçu du roi Louis le Gros , son cousin , le comté d’Amiens , qu’il avait enlevé à la maison de Couci. Adélaïde étant morte vers l’an 1120, Renaud épousa en secondes noces Cuf-.MP.NCE , fille de Renaud Ier, comte de Bar. L’an ti 14, il accorda une foire le jour de Saint- Jean à la ville de Clermont. On ignore la durée de son gouvernement. Il eut de son premier mariage Marguerite, femme, i° de Charles le Bon , comte de. Flandre , à qui elle porta en dot le comté
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d’Amiens; 2* de Hugues II, comte de Saint-Pol; 5° de Baudouin, seigneur d’Enere, et non de Thierri d’Alsace , comte de Flandre. Du second lit sortirent Raoul, qui suit; et cinq autres fils, avec deux filles. Sa veuve Cle'mence e'pousa en secondes noces Àlbéric Ier, comte de Dammartin , et en troisièmes Thibaut 111 , seigneur de Nanteuil-Haudouiu.
RAOUL I»r.
Raoul Ier, successeur de Renaud, son père , au comte' de Clermont, fut revêtu par le roi Louis Jeune de la charge de conne'table de France. Il souscrivit en cette qualité' deux chartes , l’une de Saint-Victor de Paris en 1174» l’autre de l’abbaye de Saint-Denis ‘en France de l’an 1179. Gilbert de Mons ( Chr . Harmonies , p. 88) le met au nombre des tenants d’un fameux tournoi qui se fit , l’an 117b, entre Soissons et Braine. La chronique d’André, moine d’Anchin , le place, avec Raoul de Couci, à la tète des seigneurs qui, au commencement du règne de Philippe Auguste, troublèrent la paix du royaume en haine de Philippe d’Alsace, comte de Flandre et régent du royaume. La brouiller ie, ajoute-t-elle, dura long-tems entre les deux comtes ^ et tous les princes françois avec les évêques , excepté celui de Sentis, conseillaient au roi de répudier sa femme Isabelle. , nièce du comte de Flandre ; mais le roi , qui aimoit celte princesse , n'acquiesça pas à leur conseil. Le comte de Clermont avait un motif personne] d’exciter le roi contre le comte de Flandre. Vassal de ce dernier pour la terre de Breteuil , il refusait de lui en faire hommage , et il avait besoin d’un fort appui pour se mettre à l’abri de ses poursuites. ( Giseleberl. Mont. Chron. p. io5 ; Lewarde , Hist. de Hainaut , T. III , p. 75. ) Le comte de Hainaut étant venu au secours du comte de Flandre , son allié , tomba sur le château de Breteuil , qu’il réduisit en cendres. ( Giseleberl . , ibid. p. 107.)
L’an 1178, les chanoines de Beauvais s’étant mis en devoir de faire défricher leur forêt de Noirvaux , le comte de Clermont y forma opposition par voie de fait en chassant les ouvriers employés à ce travail : ce qui lui attira une excommunication de la part du chapitre de Beauvais ; car tel était alors le pouvoir que s’attribuaient les chanoines et les moines, d’excommunier de leur propre autorité ceux qui usaient de violence envers eux et envers leurs gens. Raoul fut effrayé du coup , et , s’étant abouché l’année suivante avec le chapitre de Beauvais , il se désista de son opposition sur l’assurance que lui donnèrent avec serment quatre chanoines qu’ils avaient le droit de faire le défrichement qu’il voulait empêcher. ( I. Cart. de Saint-Pierre de Beauvais , fol.