‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 126 sur 296 · ROBERT DE FRANCE · texte numérisé non relu

ROBERT DE FRANCE

L’an 126g ( N. S. ) , le roi saint Louis , par lettres du mois de mars, donna à Robert, son sixième fils, dans le comté de Clermont ce qui suit : O est à scavoir , dit le monarque, nostre chastel de Clermont avec toutes ses appartenances , la Neuville en- H es , la forest et les appartenances d} icelle , Creicy avec toutes ses appartenances , Sachy avec toutes ses appartenances, et tout ce (pie nous avons à Gournai-suv-Arotidc, et que leur fies autres choses que nous avons et possessons en la comté de Clermont et Mon , avec les appartenances , fiefs et domaines et quelconques autres choses que nous avons illeuc . Et toutes ces choses devant dites ycil Robers et si hoirs tenu en fié et hommage-lige de nous Roy de France Et de ce seront tenu rendre service de huz àyceux ; des choses toutes voyes çuc U Comte de Clermont ont tenu ou devront tenir des Eves- Ques de Biauvais et de V Abbé de S • Denis , sont tenu y deux nostre fieux comme le hoir faire hommage à V Evesque et à UAbbé qui aront esté pour le tems. ( Martenne , rfhes . AneccL T. Ier , col. 1125 ) Ord. du Louvre , T. XI , p. 542. ) Robert , né , suivant la chronique de Saint-Etienne de Limoges , l’an 1256, avait été baptisé par Philippe , archevêque de Bourges, et avait eu pour parrain Humbert, général des Dominicains,

(jae le roi son père avait fait venir exprès de Rome pour cette cérémonie. Dans son enfance, il avait été fiancé , selon la même chronique , avec Marie , fille, de Gui VI , vicomte de Limoges , pour l’épouser, lorsqu’elle serait parvenue à l’âge nubile, si cela «ri plaisait et au roi son père : Huic fuit desponsata filia viceco - * ntitis Lcmovicensis , si sibi placerct ac régi cimi nubiles essent. (Labbe, Alliances Chron T. II, p. 660.) Mais cette alliance n’eul point lieu , comme on l’a remarqué ci-dessus.

Robert accompagna, l’an 1272, le roi Philippe le Hardi, son frère , dans son expédition contre Roger-Bernard , comte de Foix. La même aunée , et peut-être avant son départ, il épousa Beatrix, fille de Jean de Bourgogne , seigneur de Charolais , et d'Agnès , dame de Bourbon. C’était une châtellenie que Hu* gués IV, duc de Bourgogne, aïeul de Beatrix, avait démembrée du comté de Cbâlons, et donnée par sou testament , eu 1272 ,

1 JÔ CnR. HiST. DES COMTES DE CEE RM. EN BEAüVAIStS*

à sa petite-fille. Cette disposition fut ratifie'e en 1277 , au mois d’avril , par transaction passée entre le duc de Bourgogne, Robert II, et la même Beatrix, sa nièce, assiste'e de son epoux, ( Pérard , p. 544 ) » Pu's confirmée deux ans après, par traité conclu au mois d’août entre les mêmes parties , sous la médiation du roi de France. L’an 127g (N. S. ), le comte de Clermont fut fait chevalier à Paris. Cette ce're'monie occasiona un tournoi où Robert jouta avec une adresse qui le fit admirer. Le prince de Salerne e'tant arrive' quelque tcms après , on fit à sou honneur un nouveau tournoi, qui fut aussi funeste à Robert, que le premier avait été glorieux pour lui ; car il eut le malheur d’y recevoir des coups à la tête, dont son esprit se ressentit le reste de ses jours. Mais il n’est pas vrai qu’ils lui firent perdre la rai» son , comme le prétend M. Velli : la suite de sa vie de'ment cette assertion. Robert succéda , l’an 1283, avec sa femme, à sa bellemère Agnès, dans la sirerie de Bourbon , dont il prit alors le nom , mais en retenant toujours les armes de France. Celte sage précaution , dit M. de Pcrefixe(Vie de Henri IV ) a beaucoup servi à ses descendants pour se maintenir dans le rang de jirinces du sang, que ceux de Courtenai ont perdu pour n’en avoir pas usé de la sorte. Robert, l’an 1297, fut un des quatre princes qui reportèrent sur leurs épaules à Saint-Denis les ossements de saint Louis , qu’on avait levés de terre lors de sa canonisation, et apportés à la Sainte-Chapelle de Paris pour être exposés à la vénération des fidèles. L’an i5io , il fut député avec Louis Hulin , alors roi de Navarre et depuis roi de France, pour conclure un traité d’alliance entre le roi Philippe le Bel et Henri Vil , roi des Romains. Robert mourut le 7 février i5i8 (N. S. ) , et fut enterré aux Dominicains de Paris , dans la chapelle de Saint-Thomas d’Aquin , où l’on voit son tombeau de marbre noir. 11 eut de son mariage Louis , qui lui succéda dans le comté dè Clermont, et à sa mère dans la sirerie de Bourbon , laquelle en sa considération fut érigée en duché; Jean, qui fut baron de Charolais, et ne laissa, l’an i5i6, à sa mort qu’ude fille, Béatrix 11, en faveur de laquelle le Charolais lut érigé eu comté parle roi Philippe le Hardi, lorsqu’elle eut épouse'Jcan Ier, comte d’Armagnac ; Pierre , grand-arcludiacrc de Paris ; Blanche , mariée à Robert Vil, comte d’Auvergne ; Marie, morte religieuse à Poissi en 1572; et Marguerite, femme de Jean, comte de Mamur. Robert eut pour bailli, dans son comté de Clermont, le célèbre Bcaumanoir, qui , l’an 1283, recueillit et rédigea par écrit les coutumes de Ëcauvaisis, le premier , dit Loisel, le plus grand et le plus hardjr œuvre qui ayt été composé sur les cous lûmes de France. ( Voyez pour la suite des comtes de Clermont les sires de Bourbon.)

DES

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