‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 151 sur 296 · DES SIRES, OD BARONS, DF. COLCI · texte numérisé non relu

DES SIRES, OD BARONS, DF. COLCI

queste loucha s t sa personne , s’enneuret son héritage , et que il esloitprest de défendre soi par bataille ; et noia ( nia ) plainemenl que il n’avoit mie pendu ni commandé à pendre les Jouvenciat desus diz. Et lidiz et lesdites femmes ctoient illecqties.. qui requeroient justice. Et comme ti benoiez rois ot entendu diligaument le conseil dudit monseigneur Enjorran... >1 respondi que ès fez des poures , des églises , ne des personnes dont on doit avoir pitié , l’en ne devait pas einsi a! er avant par loy de balai lie... Et tout fusl-il einsi que plusieurs proiassent le benoiez roy pour ledit monseigneur de Coud : non pourqueant oneques pour ce li suiez roys ne volt leurs prières oir... Et à la parfin par le conseil de ces conseilliers condempna ledit' monseigneur de Couci en douze mille livres parisis (i) , lat/uelle somme d’argent il envoya en Acre pour despendre en l’aide de J a Terre- Sainte^). Et pour cene laissa il pas que il lena condempnast à ce que il perdis! le bois elquel iesdizjouvenciax avaient esté penduz.. Avecques ce il le condempna que il feist fère trois chapellenies perpetueles et les dounst , pour les âmes des penduz Et h osta encore toutehauie justice de bois et de viviers. ( Vie de saint Louis , édition du Louvre , pp. 579-580. ) Telle est eu précis la relation que le coufesscur de la reine Marguerite fait de cet e've'neraent. Il en est peu de plus inte'ressants , puisque ce fut l’un des premiers cou ps.porles à l’usage atroce du combat judiciaire. Saint Louis, maître de la personne tl’Eugtterand , mais contrarié par l’opposition des pairs qui ne voulurent point juger sur l’enquête , y déploya une fermeté qui , jointe à l’importance de la cause , rendit cette action très frappante dans la vie de ce prince ; en conséquence elle fut l’un des objets de la procédure faite en 128a et 12o5 pour sa canonisation. Or, ce sont les actes de celte procédure que le confesseur dit (p. aqa ) lui avoir e'tc remis; qu’il a transcrits et publie's à la prière du madame Blanche, (il le du saint roi. ]1 est donc préférable à Guillaume de Nangis , (jni , dans ses annales du règne de saint Louis (p.a34)> dit qtt Engueratid , dans le procès dont il s’agit , ayant demande' à estre jugiée par les per s deF rance, sclqnc la constante de baionic, ilfu prouvé...

(1) La livre numéraire , du terns de saint Louis, reviendrait aujourd’hui a 17 liv. i3 s. 3 d. car le marc d'argent monnayé valait 58 ■>. , et élait à 11 deniers m grains d’aloi : ainsi 12 mille livres parisis, ou i5 mille livres tournois, sont égales H 06.1,987 liv. 8 s. 6d.

f») Nangis dit ati contraire que celte amende, qu’il n’évalue qn’î» dix mille livres, tut employée à [aire ht Maison- Dieu de Pantoise , Lsrscntes tt te dortouer aux t reres prescheuis de Paris, et tout le i/ionsti r entièrement aux Frcrcs Mineurs.

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par le registre de la court de France , que li sire de Coucj ne tenoit pas sa terre en barohie ; car la terre de Bove, ajoute-t-il, et la terre de Gournay , qui etnporloient la seignourie et la dignité de baronic , furent desseurés (démembrés ) des parties de la terre de Coucy par partie ( partage) de fraternité \ et pour ce Ju dit (tu signieur de Coucy que il ne tenoit pas en baronie sa terre . Ainsi comme ces chouses estoienten tele manière allcguièes devant te roy Loys , il ft prendre et saisir le segnieur de Couky, non par ses barons ne par ses chevaliers , mais par ses serjans d'armes, et le fit mes ire en prison en la tour dou Louvre. Le partage cjont parle ici Nangis est celui que firent , vers l’an 1 i5o, Enguerand II, sire de Couci, Robert, auteur de la branche de Boves , son frère puîné, et leur sœur , des biens de la succession de Thomas de Marie, leur père. Or il est faux que la baronnie de Boves, qui était elle-même avant ce partage une pairie séparée, eût jamais fait partie de la terre de Couci , non plus que Marie, autre baronnie venue par alliance dans cette maison. Il est également faux que la terre de Boves ait emporté la seigneurie sur celle de Couci , dont elle relève encore aujourd’hui en vertu du même partage, qui, loin de rien ôter à la baronnie de Couci, y ajouta cette mouvance de plus. A ces preuves incontestables et à celles que nous avons déjà données sur ce droit de pairie, nous enjoignons une dernière qui prouve que le procès de 1256 ne changea rien à cet égard; C’est une déclaration du roi Philippe le Bel, confirmative de celle qu’il avait rendue en 1291, sur le croit d’amortir, dans laquelle est une liste des pairs désignés tels, auxquels ce droit appartient ,‘%t le sire de Couci y est compris. (Brusscl , p. 668. ) j

• Enguerand , quelque tems après le jugement de cette affaire, en eut encore une autre du même genre avec la même abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois. Deux domestiques dé ce monastère , qui avaient le plus crié contre lui dans celle des trois gentilshommes, furent assassinés par ses gens. L’Abbé s’en prit à lui et voulut avoir justice de ce nouvel attentat. Pour se tirer de ce mauvais

Î>as , il céda un canton de bois, l’an isfir , aux religieux, et ’affaire fut assoupie. ( Duplessis , Hist. de Couci , p. 71, ) L’au 1265 ou environ, il lut dédommagé de ces pertes par la riche succession que Marie de Montmirel , sa mère , lui laissa en mourant, j Il en vendit une partie , en 1 272 , à Gui de Dampierre , comte de Flandre, savoir , Crevecœur , Arlieux, et la châtellenie de Cambrai , qui passèrent depuis au roi par acquisition. Enguerand était alors marié avec Marguerite , fille d’Otton III , comte de Gueldre. L’ayant perdue sans en avoir eu d’enfants, il se remaria, l’an 1288, avec Jeanne, fille aînée de Robert de Béthune, comte de Flandre ; et cette alliance ayant été stérile } se$ neyeux fureut

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