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vante entre la maison d’Autriche et les Bernois assura la possession deBurenet de Nidau à ces derniers.
Enguerand ayant accompagné , l’aiii58c), le' roi Charles VI dans son voyage d’Avignon, fut engagé par la veuve du duc d’Anjou à conduire son fils en Espagne, où il allait e'pouser une des filles de Jean I*' , roi d’Aragon. L’anne'e suivante, il fut nomme’ pour marcher à la suite du duc de Bourbon au secours des Ge'nois çontre les Mahométans d’Afrique. Celte expédition, fut assez heureuse : elle l’eût élé encore davantage , selon Froissart, si le sire de Couci avait en le commandement de l’armée.
( Voy. Louis II , duc de Bourbon. ) Le même Froissart parlant de celte expédition rapporte un trait qui montre le bon sens d’Engnerand , et pein^bien en même tems le caractère de nos anciens preux. Pendant que notre armée faisait le siège d’une ville, que cet écrivait! nomme Africa , il arriva qu’un sarrasin , qu’il appelle Agadinquor , accompagné d’un truchement, s’approcha du. quartier où campait un écuyer nommé Affrenal. Après avoir disputé quelque tems sur la religion sans pouvoir s’accorder , les deux championsconvinrentde remettre la décision de celte affaire au combat de vingt chevaliers choisis dans les deux armées, dix sarrasins et dix chrétiens , combat qui devait se donner quatre heures après. Affrenal revient en diligence au camp , et ayant rencontré d’abord Gui et Guillaume de la Trémoïllc, il leur raconte le défi du sarraSin. Dirent les deux frères , de grand vouionté. Affrenal parlés aux autres , car nous serons du nombre des dix. L’écuyer eut bientôt complété les huit autres , au grand déplaisir de ceux qui n’en entendirent parler qu’après. Plust à Dieu , fais oient plusieurs , que je J tisse du nombre des dix. Toute manière de gens dedans V os t s'en lenoient réjouis. 11 n’y eut que le sire de Couci qui osa blâmer l’entreprise. Il apporta beaucoup de raisons pour la dissuader , et sf éleva surtout contre le défaut de subordination qui régnait dans nos armées , comme s’il étaitdibre, disait il r à des particuliers d’accepter de pareils déffs, où l’honneur de la nation pouvait être compromis. Affrenal, ajoutait-il , devait répondre au sarrasin qui le défiait d’armes : Je ne suis pas chef de l'ost , mais je suis le moindre. Venez, sous mon faif-conduit j je vous mènerai vers monseigneur le duc de Bourbon et les seigneurs du conse l de l'ost où l’on vous écoutera avec plaisir. Telle défiance d’ armas , adjouta Couci , ne se doit point passerfors par grands traités et délibération de bon conseil ; et quand les armes eussent esté accordées des nôtres, on eût sçu véritablement quels gens se fussent combattus , par nom et par surnom , de nom et d'armes ; et aussi nous eussions advisé les nostres A notre entente pour nostre honneur et prottfi. Ce discours du sire de Couci fit impression , et plusieurs
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du conseil se rangèrent à son avis. Mais Philippe d’Artois et Philippe de Bar remontrèrent que puisque les armes étaient entre prises , trop grand blasme seroit de les briser , et que au nom de Dieu et de Rostre- Dame on laissast convenir les chevaliers et les écuyers- Cet avis fut suivi, et les dix champions, bien appareillés , ayant messire Guy de la Trémouille en chef tout devant , se rendirent à l’heure convenue au lieu indique'. Mais aucun sarrasin ne comparut.
L’an i5y5, sur la re'solution que les Ge'nois avaient prise de se donner au roi ou à quelque prince du sang , Enguerand se rendit à Gênes pour ménager les intérêts du duc d’Orléans , prit possession de savone au nom de ce prince , et fit rentrer la ville d’Asti dans le devoir. A peine fut-il de retour , qu’il ftdlut se préparera une aulre expédition. Philippe le Hardi, duc de Bourgogne , voulant envoyer en Hongrie , Jean , comte de Nevers , son fils, à la têle d’une armée considérable contre les Turcs , crut ne pouvoir mieux faire que de confier ce jeune prince au sire de Çouci. Sur la proposition qu’il lui en fit , Enguerand , aussi . modeste que brave , s’excusa d’abord en disant que l’armée ayant à sa tête le comte d’Eu , connétable , et Jacques de Bourbon , comte de la Marche , n’avait pas besoin d’autres chefs. A donc, respondit le duc , et dist : sire de Coucy , vous avez trop plus vu que ces deux n'ont , et sçavez trop mieux où C on doit aller par le pays , que nos cousins d’Eu et de la Marche ne font. Chargez-vous donc de ce dont vous estes requis et nous vous en prions. Monseigneur, respondit le sire Coucy , vostre prière m'est commandement j et je le feray, puisqu'il vous plais t, à Vayde et conduite de messire Guy delà Trémoille et de messire Guillaume, son frère , et de l’admirai de France, messire Jehan de Vienne. De cette response eurent le duc et la duchesse grand joye.
( Froissa rt. ) Enguerand se mit en marche dans le mois de mai 1396 avec l’armée composée de près de deux mille seigneurs, suivis presque tous de l’élite de leurs vassaux. Arrivésur les lieux, il se distingua en différentes rencontres , et surtout dans une où il tailla en pièces un corps de quinze ou vingt mille Turcs. Lors-
3 ne la bataille de Nicopolifut décidée, il appuya fortement l’avis u roi de Hongrie , qui voulait qu’on plaçât les Hongrois à l’avant-garde (c’est ainsi qu’on nommait alors la première ligue), par.ee qu’ils étaient accoutumés à la manière de combattre des Turcs. Malheureusement le plus grand nombre ne l’écouta point, et il fut obligé de céder. Sire de Coucy, lui dit l’amiral de Vienne qui pensait comme lui , là ou la vérité et la raison ne peut estre ouye , il faut qu oulre-cuidance regne ; et puisque le comte d’Eu ( connétable ) , se veut combattre , il faut que nous le suivions. L'événement fut tel que les plus sages l’avaient prévu. La
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jonrnee de Nicopoli , du 28 septembre 1596, sera mémorable à jamais par la perte que la France y fit de la fleur de sa noblesse. Enguerand fut du nombre des prisonniers , et conduit à Burse en Bithynie où il mourut le 18 février 1597. Son cœur, rapporte' en France, fut place' aux Ce'lestins deSoissons, qu’il avait fondes en * i5go (1). M. de Bclloi qualifie Enguerand VII d’homme très* éloquent, grand négociateur et grand guerrier , et tout cc qui vient d’étre dit sur son sujet , justifie parfaitement cet éloge. Isabelle, fille de Jean, duc de Lorraine, qu’il avait éppusée en secondes noces Pan i38o , lui avait donne' une fille nommée comme elle , qui fut mariée après la mort de son père à Philippe de Bourgogne, comte deNevers. La mère se remaria, l’an 1 3gq; à Etienne, doc de Bavière pèred’Isabeau, femme du roi Charles VJ, si fameuse parles maux qu’elle attira sur la France. Enguerand VII est le dernier de sa maison qui ait possédé la sirerie de Couci. Après sa mort , Marie , sa fille , veuve de Henri de Bar, fils aîné' de Robert , duc de Bar , qu’elle avait épousé en i583 , et perdu a la bataille de Nicopoli , se porta pour héritière de toutes scs terres et s’en tnit en possession. Mais Isabelle, sa sœur du second lit, lui demanda partage , et lui intenta procès à ce sujet. Cependant Louis Ier , duc d’Orléans, sollicitait et pressait Marie de Jui vendre la sirerie de Couci , devenue l’une de1 plus belles et des plus puissantes baronnies du royaume, ayant dans sa dépendance cent cinquante bourgs ou villages, outre les châteaux, les forets et les étangs qui en faisaient partie. Enfin , à force de menaces et de poursuites, le duc obtint ce qu’il demandait. Par contrat du i5 Novembre i/joo, Marie lui vendit la sirerie de Couci , c’est-à-dire Couci , Ham , Folembrai , Saint-Aubin , la Fère , Saint-Gobin, le Chastelier , Saint-Lambert, Marie , Aci et Gerci , le tout pour la somme de 4°o mille livres 5 c’était le double de ce qu’il avait acheté le comté de Blois. Marie ne toucha qu’une partie de son argent, et mourut en i4o5 (non sans quelque soupçon de poison), laissant un fils nommé Robert de Bar. Celui-ci voulant se mettre eu possession de la succession de son aïeul , fut traversé par Isabelle , sa tante , qui renouvela le procès qu’elle avait intenté à sa sœur et au duc d’Orléans. Enfin , par arrêt du 1 1 août 140S , la moitié de Couci , de Marie , de la Fère et d’Origni, avec le quart
tO II y avait fait placer h cette époque deux grands tableaux contenant son portrait et celui d’Isabelle , sa première femme, où chacun est représenté de grandeur colossale. Enguerand y est armé de toutes pièces , tenant un bâton de commandement h la main. On y voit Eécu de ses armes écartelées d’Autriche. Ces tableaux , d’un fort beau dessin et bien conservés , ont le mérite d’avoir été bits à l’époque de la. peinture b l’huile. M.de Boir'deillc, évéque de Sois60ns, les envoya à MÜd, de (juiici, lors de la suppression des Célcstins.
de Montcornet et de Pinon et la cinquième partie de Ham , fut adjugée à Isabelle. Mais cette dame étant morte l’an 1411» et Marguerite , sa fille unique , six mois après elle Ja portion de la succession d’Enguerand VII , que le duc d’Orléans n’avait point a dictée , revint toute entière à Robert de Bar. l)e celui-ci elle passa dans la maison de Luxembourg , puis dans celle de, Bourbon , et fut eufiu réunie au domaine de la couronne lorsque» Henri IV monta sur le trône. L’autre partie , celle que Marie dtr Couci avait vendue au duc d’Orléans, faisait dès-lors partie du domaine, depuis que Louis II , duc. d’Orléans avait succédé, sous le nom de Louis XII, au roi Charles VIII. Ainsi toute la succession d’Enguerand VII retourna au roi a deux différentes reprises. Depuis ce tems la si rerie de Couci n’a plus été demembrée de la couronne : elle a seulement fait quelquefois partie des ana-< nages de nos princes. C’e$.t sous ce titre qu’elle a autrefois appartenu à Claude de France , fille de Louis XII , ensuitq à François de Valois, fils de Charles, bâtard de Charles IX; enfin à Philippe* de France , duc d'Orléans , frère de Louis XIV, dont les descendants en sont demeurés possesseurs jusqu’à la révolution.