XII. 5a
xr-r.:- ... ■■■■ - 1 vrr::: ■ ■■■=
DES
T je Soissonnais , civitas Suessionum , aujourd’hui renfermé . dans un espace d’environ treize lieues de longueur sur huit de largeur , entre le Noyonuois , la Champagne >. le Laonnais et le Valois , avait originairement des limites beaucoup plus reculées. Borne' au Couchant par les terres des Vermandois et des Bellovaques, et par une partie de celles des Parisiens et des peuples appelés depuis Meldi (ce sont ceux du diocèse de Meaux ),il s «étendait du côté du Midi au-delà de la Marne , et touchait à 1 l’extrémité du pays des Senonais ; la cité des Rémois , dans laquelle était comprise , sinon la totalité , du moins une partie » du Laonnais, lui servait de frontière à l’Orient; et enfin du côté \ du Nord, il confinait au pays des Nerviens ; ce qui donnait 1 une longueur de vingt-quatre lieues sur neuf de largeur. Ce petit état comprenait douze villes , dont il n’est pas facile de marquer la position , pas même celle de la capitale , appelée , dans les anciens géographes , tantôt Noviodunum , tantôt Au gusta Suessionum . Les Rémois du tems de César regardaient les Soissonnais comme leurs frères , étant unis avec eux par les liens du sang , par les mêmes lois , par la même forme de gou- ! vernement. Cependant les Soissonnais avaient un roi particulier. C'était Galba , lorsque César entra daus les Gaules. Il avait succédé à Divitiac , qui avait passé en Angleterre , où il s’était établi après avoir fait la conquête de la côte méridionale dq cette île. Galba n’avait point dégénéré de la valeur de sou devancier, Résolu de maintenir la liberté de son pays , il se mit à la tête de Ja confédération que firent tous les Belges , à l’exception des Rémois , pour s’opposer à l’invasion des Romains. Bientôt il eut une armée d’environ cent soixante mille hommes, dont la cinquième partie était tirée du Soissonnais ; ce qui doit faire juger de sa population. Il s’en fallait bien que César eàt des forces aussi considérables ; mais son habileté et la discipline qui régnait dans son armée suppléèrent au nombre. Par des marches savantes et des attaques imprévues t il trompa les al-
CHR. HIST. DES COMTES DE SOISSONS- a5 1
lies, leur fit perdre beaucoup de monde , et jeta parmi eux 1 épouvanté et la désunion. Malgré les efforts que fit Galba pour les retenir sous ses drapeaux , ils abandonnèrent la campagne , retournèrent chacun chez eux , et forcèrent par leur retraite ce général d’aller se renfermer dans sa capitale. César ne tarda pas à venir l’y assiéger. La place fit d’abord une assez vigoureuse résistance ; mais lorsqu’elle vit les machines qu’on préparait pour lui donner l’assaut , elle prit le parti de se rendre , après quoi tout le reste plia devant les Romains. César , devenu maître de la Gaule belgique , réunit sous une même cité les Soissonuais aux Rémois , et les déclara également libres , c’est-àdire, exempts des impôts et de la plupart des charges publiques ; et comme Reims passait pour la métropole de la Belgique, Soissons tint le second rang dans cette partie des Gaules : de là vient en partie le titre de premier suffragant , dont jouit encore 1 évêque de Soissons dans la province ecclésiastique de Reims ; à quoi l’on peut ajouter que la lumière de l’évangile fut apportée dans l’une et l’autre villes environ le même tems , c’est-a-dirc , vers le commencement du troisième siècle. Sixte , premier évêque de Reims , ordonna Sinice premier évêque de Soissons.
LesSoissonnais demeurèrent constammentfidèlesaux Romains parmi les révolutions que l’empire de ces maîtres du monde éprouva dans les Gaules. Classicus et Civilis , qui firent soulever une grande partie des Belges , tandis que Galba , Otton et Vitellius se disputaient l’empire, ne purent entraîner les Soissontais dans leur révolte. Lors même que les Barbares vinrent de toutes parts inonder les Gaules, Soissons conserva le même attachement pour les Romains. Elle tint ses portes fermées aux Vandales et aux Huns , qui n’osèrent entreprendre de les forcer. Lorsque ces deux torrents furent passés , elle reprit un nouveau lustre en devenant la résidence du préfet des Gaules. Ce fut Egidius ou Gilon , successeur du patrice Aètius , qui eu fit le chef- lieu de son département. Il fortifia cette ville de manière que ni Clodion ni Childéric , rois des Francs , n’osèrent l’attaquer. Grégoire de Tours donne à Egidius le titre de roi. Il en exerçait en effet l’autorité sur les Gaulois, qui n’avaient point encore subi le joug des Barbares : les Francs euxmêmes lui déférèrent ce titre en le substituant à’ieur roi Childéric , qu’ils avaient chassé. Egidius, à la vérité , ne mit pas assez de modération dans son gouvernement pour faire oublier leprince qu’il remplaçait : les Francs , bientôt las de son despotisme , rappelèrent Childéric ; mais Egidius resta maître , comme au-
Îwravant, des Gaulois-Romains , et suspendit par son habileté, . a ruine entière de l’Empire romain dans les Gaules. Son fils , Siagrius, qui lui succéda vers l’an 463 , marcha sur ses traces..
Il arrêta les progrès de Childe'ric ; mais sa valeur échoua contre celle de Clovis , qui remplaça Childéric , son père , sur le trône des Francs, Battu par ce prince en bataille rangée , l’an üj8i , près de Soissons , et obligé d’aller chercher une retraite chez les Visigoths , il laissa le sort des Gaulois-Romains à la merci du vainqueur , qui , l’ayant redemande' lui-même au roi des Visigoths, éteignit dans son sang la domination des Romains dans les Gaules.
“ Dans le partage que Clovis fit de sa monarchie à ses enfants, Soissons devint la capitale du royaume de Clotaire; çelni-ci ayant ensuite recueilli toute la succession de Clovis, fit en faveur de ses enfants une nouvelle division des Gaules , et assigna le royaume de Soissons a Chilpéric. Clotaire II, fils de ce dernier, hérita de lui , et régna ensuite sur toute la France après la défaite des rois d’Austrasie et de Bourgogne.
L’an 752 , le maire Pépin le Bref fut sacré roi de France, au mois de mars , à Soissons par saint Boniface , archevêque de Mayence. Carloman, son second fils, roi d’Austrasie, fut pareillement sacré dans cette même ville , le même jour que Charles , son aîné, roi de Neustrie , le fut à Noyon, c’est-à-dire , le 9 octobre 768.
« L’origine du comté de Soissons , dit M. d’Aguesseau , est * aussi ancienne que celle des ducs et des comtes daus le royaume ». Le Soissonnais avait été même décoré du titre de duché sous la première race de nos rois. Grégoire de Tours (I. 9, c. 9) dit en effet que Ranchin , duc de Soissons, ayant e'fé tué par ordre du roi Childebert , ce prince envoya eu sa place un seigneur , nommé Magnoald , avec la même qualité de duc: Jn locum Ranchingi Magnoaldis dirigilur dux. Il est inutile d’avertir que ces ducs et comtes étaient de simples officiers destituables au gré de leur maître : il n’y en avait pas d’antres sous
la première et la seconde races jusqu’à l’établissement des fiefs. *
GUI
Lf. premier comte feudataire de Soissons est Gui , fils d’Herbert III, comte de Vermandois, et non d’Herbert II , père d'Albert Ier. Le comté de Soissons lui échut par son mariage avec Ad kl AÏ dk , fille Ide Giselbert, gouverneur du Soissonnais. 11 fit un voyage à Rome, l’an 969, avec Adalberon , archevêque de Reims. Le roi Hugues Capet ayant offert , l’an 988, l'archevêché de Reims à Arnoul , fils naturel du roi Lothaire , pour Je détacher du parti du duc Charles son oncle , Gui se rendit caution de la fidélité d’Arnoul avec Gilbert , comte de Rouci ,et Bruno n , évêque de Langres , frère de ce dernier. Mais cet enga-
gement pensa leur être funeste à tous les trois ; Arnoul , l’anne'e suivaute, ayant violé sa parole en introduisant son oncle dans Reims , peu s’en fallut que le roi ne les fit mourir. On ignore combien de teins Gui survécut à cet éve'nement. L’obituaire de Teglise de Soissons , dont il était bienfaiteur, met sa mort au i5 juin , sans marquer l’année.
Adélaïde, après la mort de Gui, son époux, sc remariai Notcher , comte de Bar-sur- Aube , qui devint par cette alliance comte de Soissons. L’obituaire de Sâint-Jean-des-Vignes place la mort d’Adélaïde au 3i mars. De son premier mariage, elle
laissa un fils , qui suit.