ROBERT II
i346. Robert II, fils aînë de Jean V, devint comte de Rouci et seigneur de Mirebeau après la mort de son père. En >547, il eut ordre de faire le siège de Beaumont sur le seigneur de Vervins. Il fut pris en ï556 à la bataille de Poitiers , et l’année suivante il se racheta. L’an ï358, la garnison de Vailli, commandée par un capitaine anglais, nomme' Rabigeois Duri, surprend le château de Rouci pendant les fêtes de Noël , en l’absence du comte, et fait prisonnières la comtesse et sa fille. Il en coûta pour leur rançon douze mille florins d’or à Robert , qui se retira ensuite à Laon. Peu de tems après , les Anglais, qui étaient en garnison à Rouci, surprirent encore Sissonue , appartenant au comte. Ayant rassemblé quarante hommes d’armes de ses gens , auxquels ses amis en joignirent cent autres , il sortitdeLaon accompagné du comte dePorcéan et des seigneurs de Carenci et de Montigni. Un parti d’Anglais se trouve sur sa route, entre Savigni et Val-le-Roi. Il y eut alors un combat sanglant, dans lequel Robert fut blessé et fait prisonnier avec les seigneurs de Carenci et de Montigni. Jean de Craon, archevêque de Reims , touché de ce malheur , leva un corps de troupes avec lequel il vint assiéger le château de Rouci , dont il se rendit maître par composition après un siège de cinq semaines. La capitulation fut signée par les comtes de Braine et de Porcéan %y mais elle fut mal observée par la milice , qui ne put laisser impunies les cruautés que les Anglais de cette garnison avaient exercées dans le pays. L’archevêque et les comtes eurent peine à sauver la vie à Hcnnequin, gouverneur de la place , qui vil égorger tous ses soldats malgré les chefs , contre les termes de la capitulation. Sissonrie fut repris ensuite par Robert, qui avait recouvré sa liberté. Il eut la satisfaction d’y faire prisonnier son chambellan , qui avait livré cette place aux Anglais. Le traître fut écorché vif, puis décapité à Laon. (Froissart. ) L’an ^62, Robert fut chargé de conduire Isabelle de France à Gageas Visconti duc de Milan , son époux. La même année , il succéda à Jean II de Melun, seigneur de Tancarville , dans la charge de souverain maître et réformateur des eaux et forêts , dont il ne jouit que deux ans. Louis de Flandre , fils de Jean , marcpiis de Namur, lui ayant enlevé sa fille unique , Isabelle, pour l’épouser , cet événement lui causa un chagrin si vif et si profond, qu’il en mourut en i564* d’Enghien , sa
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femme, vivait encore au mois de novembre 1378. ( Hist . généalde la Maison de Rond. )
LOUIS DE FLANDRE et ISABELLE.
i364- Louis de Flandre , septième fils de Jean IÉr, marquis de Namur , ayant épousé , par contrat du 17 mars i3()4> passe' en présence du conne'tablc de Fienne , Isabelle , fille unique de Robert , comte de Rouci , après l’avoir enleve'e de son consentement, succéda avec elle à son beau-père. Mais Isabelle , après quatorze ans de mariage , s’étant dégoûtée de son époux , entreprit de faire casser cette alliance ; et pour y réussir, elle accusa Louis d’impuissance. L’affaire ayant été portée à Rome, fut renvoyée devant le cardinal de Nismes, qui , par sa sentence rendue l’an 1378, déclara le mariage bon et valide. Isabelle avait eu pour solliciteur dans celte cause Pierre de Craon , qui sans doute ne prenait pas en maiu ses intérêts sans de bonnes raisons. Ce seigneur , la voyant renvoyée à son mari , lui conseilla , pour se venger , de vendre son comté de Rouci à Louis Ier, comte d’Anjou , à la cour duquel il était très-puissant. Isabelle , avant que ses querelles n’éclatassent avec Louis de Flandre, avait déjà, de concert avec lui , aliéné à ce prince sa terre de Mirebeau en Poitou. Elle suivit le conseil du sire de Craon , et la vente du comté de Rouci se fit le 3 novembre 1.37g > Pour la somme de quarante mille francs d’or (526,095 liv. 4 s. 9 d. de notre monnaie actuelle.) Mais Simon, comte deBraioe, oncle paternel d’Isabelle , revendiqua ce comté , prétendant qu’elle n’avait pas le pouvoir d’en disposer. Nous ne voyons pas ce que devint Isabelle depuis ce tems-là. A l’égard de Louis de Flandre, il mourut en i386, avant le 18 août, jour auquel ses frères transigèrent sur sa succession. (Auselme.)