‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 175 sur 296 · SIMON · texte numérisé non relu

SIMON

i385. Simon, comte de Braine, deuxième fils de Jean V, rentra, l’an i385,pararrêt du parlement, dans le comté de Rouci. Ce seigneur s’était acquis dès-lors, par sa valeuretla sagesse desa conduite une estime universelle. Voici les principaux traits de sa vie. En i358, le dauphin Charles, pendant la captivité du roi Jean son père, ayant assemblé à Provins les députés de Cliam* pagne pour délibérer avec eux sur les besoins de l’état , le comte de Braine porta la parole au nom de la compagnie, et assura le prince de la disposition où elle était de seconder scs vues. Mais comme on ne put couvenir sur la nature des aides que les circonstances rendaient nécessaires , le comte demanda

au dauphin qu’il fût permis de tenir à Vertus une seconde assemblée sur ce sujet. Ce fut au mois de février de cette année que le fameux Marcel , prévôt des marchands , fit a.«sassiuer , dans l’appartement du dauphin et à ses yeux, Robert de Clermont, maréchal de France , et Jean de Conflans , mare'chal de Champagne. Simon , ami particulier de ce dernier, engagea dans la suite le dauphin à rendre solennellement justice à sa mémoire. Le traité de Bretigni , conclu le 8 mai i56o, portait, entre autres articles , qu’avant que le roi sortit d’Angleterre pour revenir en France , le dauphin-régent fournirait un nombre d’otages tirés de la principale noblesse du royaume. Le comte de Braine , puis de Rouci, fut de ce nombre , et partit en conséquence pour l’Angleterre , d’où il revint en 1062. L’an 1371 ( V. S.) , le roi Charles V, qui avait éprouvé la fidélité , l’intelligence et le zèle du comte de Braine en diverses rencontres , le nomma j par lettres du io janvier, conseiller-général sur le fait des aides , et l’envoya , dit un auteur du tems , en certaines parties de son royaume pour besognes sécrétés concernant son honneur , avec douze francs par jour pour ses appointements. Ce monarque , dans son testament , qu’il fit au mois d’octobre 1 choisit le comte de Braine pour* être du conseil de son fils pendant sa minorité. L’année suivante*, il assista , le 21 mai , au parlement , où Charles ratifia son ordonnance touchant la majorité des rois. L’an i58i , sous le jeune roi Charles VI, il lut député avec l’archevêque de Rouen pour aller traiter avec les Anglais à Boulogne. 11 retira , l’an i585 , le comté de Roucî des mains de Louis, duc d’Anjou. Il fut, Pan i388 , de l’expédition du roi contre le duc de Gueldre. Sa compagnie était de deux bacheliers et de quatorze écuyers. Ce comte mourut la nuit du mardi au mercredi (V. S. ), 19 février i3q2, au château du Bois-les-Rouci , et fut inhumé à Saint-Ived de Braine , laissant de Marie deChatillon, sa femme, décédée le 11 avril 1596, et enterrée auprès de lui, Hugues, qui suit; Jean de Rouci , évêque de Laou ; Simon , seigneur de Pontarci ; et deux hiles, Marie, femme de Jacques. d’Engliien , seigneur de Faignoles , et Marguerite , mariée , 1* à Gaucher, seigneur de Nanteuil-la-Fosse ; a° à Robert de Couci , seigneur de Pinon ; 3° à Hugues , seigneur de Ciari. ( Mss. de Dupuy , n*. 587. )

HUGUES IL

i3q3. Hugues II, fils et successeur de Simon aux comtés de Rouci et de Braine , ne survécut pas trois ans â son père , étant mort le 26 octobre 1395, suivant son épitaphe que l’on voit encore dans Péglise de ôaiut-lved de Braine , où il fut inhumé.

3g4 Chronologie historique

Blanche de Couci , sa femme , morte le 24 fe'vrier 1 438 (N. S.], et enterrée au même lieu , lui donna Jean, qui suit ; Hugues , seigneur de Pierre-Pont, mort le 18 août 1412, sans avoir été' marié; Marguerite, femme de Thomas III , marquis de Saluées; Blanche, femme de Louis de Bourbon , comte de Vendôme; et deux autres filles. ( JUss . de Dupuy. )

JEAN VI

i3g5. Jean VI, fils aîné de Hugues II, né l’an i388, lui succéda dans les comtés de Rouci et de Braine , sous la tutelle de Jean de Rouci , évêque de Laon , son oncle , qui rendit hommage au roi pour lui le 22 décembre i5g5. Trois ans après , ce prélat le fiança , par contrat du 25 mai i5qS, avec Elisabeth, fille du fameux Jean de Montaigu , vidàme de Laon , grand-maître de la maison du roi et surintendant des finances. Le 14 août 1402, le comte ayant atteint l’âge de quatorze ans, ratifia ce contrat. L’an >4<>5, il accompagna le connétable d’AIbret dans la guerre de Guienne, avec le seigneur de Montaigu , son 'beaupère , dont le connétable était aussi gendre. L’an i4o5 , il obtint arrêt du 16 décembre , qui condamnait le duc d’Anjou à lui laisser la jouissance libre de Rouci , dont il s’était mis en possession. Après la disgrâce du seigneur de Montaigu , la persécution des Bourguignons s’étendit jusqu’au comte Jean , son gendre. Le bailli de Vermandois et le prévôt de Laon , à la tête de quelques paysans qu’ils avaient ramassés, assiégèrent le comte dans Rouci; et comme il n’avait pu prévoir cette insulte, il fut contraint de se rendre. On le tint prisonnier avec son frère Hugues , seigneur de Pierre Pont , dans la tour de Laon , depuis le 1 1 novembre 1411 jusqu’au 17 janvier suivant. L’an 1 4 1 -V , il accompagna le roi au siège de Laon; et , l’an 141 5 , il fut l’un des chefs de l’armée royale à la funeste bataille d’Azincourt , donnée le s5 octobre. Il y périt à la tête de cent hommes d’armes qu’il commandait. Sou corps ne put être reconnu entre les morts qu’à une cicatrice au bras gauche , qui lui tenait ce bras plus court que l’autre. 11 fut rapportera Braine et inhumé auprès de Hugues, son fils , mort en 1412. Sa veuve , dont il 11e laissa qu’une fille , qui suit, s’étant remariée à Pierre de Bourbon, seigueur de Préaux, mourut l’an 1429 , et fut enterrée à Marcoussi.

JEANNE DE ROUCI et ROBERT (III) DE SAREBRUCHE.

1 41 5. Jeanne, fille unique de Jean VI , porta lescomtésde Rouci et de Braine avec la terre de Montaigu en Laonais daus la

DES COMTES DE ROüCI. 3()5

maison Je Sarebruche ou Saarbruck , par son mariage contracté vers l’an 1417 avec Robert de Sarebruche , sire ou damoiseau deCommerci. Cette maison tirait son origine de Simon de Montbéliard , qui épousa , vers le milieu du treizième siècle, Maliaut , fille et héritière de Simon II , damoiseau de Sarebruche. Robert fut un seigneur inquiet et turbulent. De teins immémorial les fils te prêtres concubinaires appartenaient aux ducs de Lorraine, La ville de Toul ayant donné asile à quelques-uns de ces bâtards fugitifs, le duc Charles 11 , après les avoir inutilement répétés , lui déclara la guerre, et vint mettre le siège devant cette ville. Robert et plusieurs gentilshommes entrèrent dans cette querelle, et donnèreut du secours aux Toulois , qui d’abord remportèrent quelques avantages sur les Lorrains. Mais le comte de Yaudernont ayant joint ses troupes à celles du duc, les bourgeois furent obligés à demander la paix. Ceci est de l’an 1420. Robert, sept ans après, se brouilla de gaité de cœur avec cette même ville de Toul ; et par une de ces fanfaronnades fort commîmes parmi la noblesse en ces tems-là , il vint avec vingt cavaliers défier les bourgeois de Toul au combat. Ce défi lui réussit mal. Les Toulois, par stratagème, le firent prisonnier avec sa petite troupe ; puis , l’ayant mis à rebours sur son cheval, ils i’iniroduisireut dans la ville , où il fut reçu avec des buées qui le couvrirent de confusion .* il lui en coûta quinze cents livres , (io5,oi liv. 8 s. 9 d.) monnaie courante, pour sa rançon. Robert quelque tems après voulut prendre sa revanche , et il y échoua. H commanda , l’an 14^1 , l’arrière-garde du duc René à la bataille de Bullegnévillc , donnée, le 4 juillet, contre Antoine , comte de Vaudemont , qui disputait la Lorraine à René. Les plus sages de l’armée de ce dernier avaient été d’avis de ne pas hasarder le combat, attendu la difficulté qu’il y aurait à forcer l’ennemi dans ses retranchements. Mai3 Robert, ne faisaut attention qu’à la supériorité des troupes de René , soutint que la défaite d’Antoine était infaillible. Il ny en a pas pour nos pages , disait-il avec plusieurs jeunes seigneurs j nous les forcerons au premier choc. Cet avis prévalut j mais on se trouva mal de lavoir suivi. L’armée du duc fut défaite et ce prince fait prisonnier. On accusa Robert d’avoir manqué de courage en cette occasion, et, au lieu de secourir à tems l’avant-garde, d’avoir lâchement pris la fuite. (Calmet.) L’an 1454, des seigneurs de Metz revenant d’un tournoi célébré le 1 1 mai à Pont-à-Mousson, Robert s’avise de les faire arrêter par ses geus , qu’il avait placés eu embuscade dans un bois , et les retient prisonniers au nombre de treize. Ce trait de perfidie était d’autant plus noir , que Robert était pen sionnaire de la ville de Metz, et qu’t/ avait îuré , dit une ancienne chronique, et promis d'être loyaux et

296 CHRONOLOGIE HISTORIQUR

fènble pour ceulx de Metz. Le duc Rene', à qui la ville de Metz porta ses plaintes de cet attentat , vint avec les Messins pour en tirer vengeance, et assiégea le château de Commerci. Robert était sur le point d’y être forcé, lorsqu’Artus de Richemont , conne'table de France , e'tant arrivé à Châlons-sur-Marne, manda le duc René et Robert pour les accommoder. Robert promit tout ce qu’on voulut; mais les assiégeants ayant mis le feu , en se retirant, à quelques maisons de la place, il refusa de signer le traité. Il fut enfin contraint de le faire peu de teins après avoir renouvelé les hostilités. Le siège avait commencé le 8 septembre , et le traité fut signé le i5 décembre suivant. L’an 1456 , Robert, en revenant de la Terre-Sainte , se rend au concile de Bâle. Mais , au sortir de cette ville, il est pris , lui cinquième , par les gens du sire de la Loupe , que son père avait fait autrefois prisonnier et couduit au château de Guiperi. Délivré au mois d’août de la même année , il est remis entre les mains du duc René, qui ne lui rend la liberté que le 23 novembre suivant , fête de Saint-Clément. ( Chronique de Metz. ) L’an 1 4^9 , après la mort de Guillaume, seigneur de Château-Villain , il s’empare , le 1 7 décembre , de cette terre , sous prétexte d’un don que le défunt lui en avait fait. Bernard , frère de Guillaume , poursuit Robert au criminel. Le procès fut de longue dure'e : on ignore quand et comment il finit. L’an 1 44 1 > Robert, dit l’ancienne chronique versifiée de Metz ,

Sans aullrc débat ny querelle,

Recommença guerre nouvelle A ceulx de Metz et du pays :

Car toujours les avait liais.

Et les Messains, pour eulx venger De leurs ennemis étrangers,

Meirent leurs soldats aux champs Qu’en brief les furent approcheans.

Sans les hommes de petit pris,

Trois Gentilshommes furent pris ,

Qu’ils amenèrent en la cité,

Par leurs beaux dicts ne lurent quittés.

Il y avoit ( chose toute certaine)

De Lorraine deux Capitaines ;

Et l’auhre qu’estoil le ticr,

C’cstoit le basiard d’Arentier.

La même année t44> » comte Robert, obtint de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, par l’entremise du roi Charles Vil, la restitution de sa terre cle Montaigu , dont il avait tâché de surprendre le château l’année précédente. Mais le dus ne rendit la place qu’après l’avoir fait démolir. Robert ayant voulu la

relever, le duc fit raser ce qui e'tait déjà sorti de terre. Robert, l’an i445 , suivit le dauphin au siège de Dieppe , où il fil preuve de valeur. L’anne'e de sa mort n’est pas certaine : tout ce qu’ou peut assurer, c’est qu’ou n’aperçoit plus de traces de son existence depuis le3o mars 1460. Son tombeau se voit encore à la collégiale de Commerci. Jeanne de Rouci , sa femme, termina se9 jours le 4 septembre 1 4^9 > laissant deux fils, Jean, qui suit, et Ame, comte de Braine, et damoiseau de Commerci , avec deux filles , Marie , femme de Charles de Melun, sire d’Aritoing , vicomte de Gand , dit le Chevalier doré (c’est ainsi qu’on nommait ceux qui avaient l’ordre du roi ) , et Jeanne , marie'e à Christophe de Barbançon.

JEAN DE SAREBRÜCHE.

1459. Jean de Sarebruche, fils aine' de Robert, succe'da à Jeanne , sa mère , au comte' de Rouci , en vertu de la donation qu’elle lui en fit le 11 mars 1 4^9 7 ** condition de porter le nom et les armes de Rouci. Ce fut un des braves qui se distinguèrent pour la défense du royaume sous le règne de Charles VII. La Guienne , où il accompagna le comte de Dunois , fut le théâtre principal de ses exploits. 11 y combattit contre les Anglais, et ne contribua pas médiocrement à les chasser de ce pays. La grand attachement qu’il avait marqué pour le roi Charles Vil , ne fut pas une recommandation pour lui auprès de Louis XI , fils et successeur de ce monarque. Des ennemis achevèrent de le perdre dans l’esprit de Louis , qui le fit enfermer dans le château de Loches, où il était encore en t477- Remis en liberté, soit avant, soit après la mort de ce prince, il assista aux états de Tours, convoqués, en 1483, par le roi Charles VIII. Il mourut au château de Montaigu en Laonois , le 19 juin 1497 , et fut inhumé à Montmirel , sans laisser d’enfants de Catherine d’Orléans , fille de Jean , bâtard d’Orléans , comte de Dunois et de Longueville, qu’il avait épousée le 16 mars 1468; mais il eut deux enfants naturels , Louis , tige des seigneurs de Sissonne , et Marguerite , femme de Jacques de l’Epine, seigneur de Vêle.

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