FRÉDÉRIC-MAURICE DE LA TOUR
i6ï5. Frédéric-Maurice de la Tour, ne à Sedan le 220clobre i6o5, fils aine' de Henri de la Tour et son successeur ai duché' de bouillon, principautc’s de Sedan , Jamets et Raucoar!; vicomte de Turenne , comte de Montfort, etc. , fit ses premières armes sous Maurice et Henri-Fre'de'ric de Nassau, princes d'Orange, ses oncles maternels. I! marcha sur les traces de ces grands capitaines , et acquit en peu de tems une grande réputation. Il contribua, l’an 1629, à la prise de Bois-le-Duc, et en ifijs.» celle de Maestricht, dont il fut e'tabli gouverneur. Il défendit cctie place en i634 contre les forces réunies de l’Empire et de l’Espagne. L’année suivante, Louis XIII, ayant envoyé' unepuissauic armée dans le Brabant , donna le commandement de la cavalc'ie au duc tic Bouillon. L’an 1627, il fit profession de la religiou catholique. Vers le même tems il donna retraite dans Sedan u comte de Soissons , à qui le roi permit d’y rester l’espace dt quatre ans. Il embrassa , l’an 1641 ,. le parti de ce comte, déterminé à faire la guerre à la France pour contraindre le roi à reuvoyer son minislre.il commanda avec lui à la bataille de la Marfcf, douue'e le 6 juillet de cette année, et retint sous ses drapeaux la; victoire prête à échapper après la mort de ce priuce. M.ûspe» de tems après il rentra au service de Louis XIII , qui le fit lieute- i nant-général de l’armée d’Italie. Il partit au mois de janvier 1G4I; mais, accusé d’avoir trempé dans la conspiration de Cinq-Mars. 1 fut arrêté, le 23 juin , par le comte du Plessis-Prasliu dans Casai»! d’où il fut ensuite transféré au château de Picrre-Encise. Au mai de .septembre suivant, apprenant la condamnation de Cinq-Min, et craignant un semblable sort pour lui-mèine , il fit offrir au rx sa principauté de Sedan et celle de Raucourt , par une lettre, qu’il écrivit au cardinal de Richelieu , qui était pour lors à Lyon. Richelieu, en quittant cette ville , le 1 2 septembre, jour de l’exécution de Cinq-Mars, laissa l’abbé Mazarin pour traiter avec 1* duc. L’accommodement fut conclu en trois jours. Mazarin partit ensuite pour aller au nom du roi prendre possession de Sedan, qui lui lut livré, le 29 septembre, par la duchesse, après q 1
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elle se retira avec' ses enfants à Turenne. Le duc obtint des lettres d’abolition le même jour ou le lendemain; et, le 4 octobre suivant, il sortit de prison avec espérance de rentrer dans Sedan sous un autre ministère. Il tenta en é/Tet, après la mort de Louis XIII, de recouvrer celle principauté par la voie de la négociation ; mais le cardinal Mazariu s’y opposa , et la reine régente , quoique fortement sollicitée , fut inflexible à cet égard. On ne refusa cependant point au duc les dédommagements qu’on lui avait promis ; mais il furent remis à un autre tems- L’an 1644 • ^ sc relira mécontent de la cour , et passa en Italie au service du pape , dont il commanda les troupes. De retour en France, il se juta dans le parti des princes pendant les troubles de Paris et de Bordeaux. Enfin, le iomars i65i, il fit sou accommodement avec la cour Ce fut alors que , par traité d’échangeC 1 }, le roi lui donua les comtés d’Auverçue, d’Evreux, les duchés de Château -Thierri et d’Albret, avec d autres terres d’un revenu considérable , pour la propriété de Sedan. (Voy. /afin de l' article des comtes d'Auvergne. ) Il obtint aussi rang de prince étranger à la cour tant pour lui que pour sa postérité. Le duc de Bouillon mourut à Pontoise le 9 août de l’année suivante , » au moment , dit l’au-
* leur des mémoires de la princesse Palatine, où il allait remplir k la place de surintendant des finances. Le cardinal ( Mazarin ), » ajoute-t-il, n’eu avoit aucun ombrage ; mais un esprilaussi su-
* périeur que celui du duc de Bouillon , dans un poste qui lui eût » donné autant d’autorité, joint à l’éclat de son nom et à ses » prétentions, ne pouvoit que préparer au ministre beaucoup
* d’embarras. » Ce prince fut enterré à l’abbaye de Saint-Tanriu d’Evreux. 11 avait renouvelé, dès l’an 1640 , le procès contre l’église et les états de Liège, touchant la propriété du duché de Bouillon et les créances qu’il avait à exercer contre elle et les états du pays. Enfin , le 3 septembre de l’an 1641; on fit sur le second point une transaction par laquelle on réduisit toutes ces créances à la somme de i5o,ooo florius. C’est sur ce seul objet que porte l’acte, parce que l’évêque de Liège, ni les états ne voulurent entrer dans aucune explication sur le premier point concernant la propriété du duché. Frédéric-Maurice avait épousé, Pan i634, Elisabeth -Febrome , fille de Frédéric, comte de
(1) M. Expilli prétend qne cet échange avait été conclu dès l’an 1 64? , niai, que le contrat n’en fut signé qu’en i65i. 11 y est dit que les terres d’Alùict et de Château- Thierri passèrent entre les mains du seigneur de Bouillon et de ses descendons mâles et femelles avec tous les litres et dignités.. . . pour avoir leur effet du jour de leurs premières créations.