‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 187 sur 296 · GUILLAUME ROBERT · texte numérisé non relu

GUILLAUME ROBERT

1 574. Guillaume Robert, fils et successeur de Henri Robert, né à Sedan, le 1er janvier i5Ô2 (V. S.)* commanda en chef,

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irès la bataille de Coutras , où il s’était distingue', l’armée du ii de Navarre contre celle des ligueurs. Mais se voyant aban— onne' des Suisses, qui firent leur paix sur la fin d’octobre avec roi Henri 111 , et ensuite par les Reitrcs , qui s’en retournèrent a Allemagne , il se retira lui-même à Genève , où il mourut de ia)adie ou de chagrin le 1er janvier i588, sans avoir été marié, arson testament, lait le 27 décembre, il institua Charlotte , sa, eur, qui suit , son héritière en tous ses biens, spécialement en fs terres et seigneuries souveraines de Bouillon , Sedan , Jaieis et Raucourt , lui substituant, au cas qu’elle mourut sans liants , François de Bourbon, duc de Montpensier, son oncle aaternel.

HARLOTTE DE LA MARCK, et HENRI DE LA TOUR.

i588. Charlotte de i.a Marck, née le 5 novembre 1574. érita de tous les biens de Guillaume Robert , son frère. L’an Sgi, elle épousa, le i5 octobre, Henri de laTourd’Auvergxe, icomte de Turenne , fils de François III de la Tour , vicomte de ùrcnne , et d’Eléonore de Montmorcnci. Ce fut le roi Henri IV, jiti fit cette alliance par inclination pour Henri de la Tour. 11 se endit même à Sedan pour assister au mariage. Ce prince s’étant «tiré après avoir vu coucher la mariée, et le vicomte l’ayant :onduit à son appartement, lui dit: « Sire, votre majesté m’a 1 fait aujourd’hui beaucoup d’honneur; je veux lui en témoigner ■ ma reconnaissance : je la prie de m’excuser et de 11’être pas 1 inquiète si je ne couche sous le même toit pour veiller à la sù- 1 reté de sa personne ; j’y ai mis bon ordre ». Le roi lui demanda de quoi il s’agissait. « Sire , lui répondit-il , vous le sau- > rez demain malin ; je. n’ai pas le tems de vous le dire » . Il part îussilôt avec un corps de troupes qu’il avait préparé, se rend maître de la ville de Stenai , et vient en apporter la nouvelle au foi à son lever, a Ventre-saint-gris , lui dit ce prince, je ferais » souvent de semblables mariages, et je serais bientôt maître de h mon royaume si les nouveaux mariés me faisaient de pareils » présents de noces. Mais en attendant allons à nos affaires ». Aussitôt il monte à cheval , se met à la tête de ses troupes , et va faire le siège de Rouen. ( Vie de Henri IV. 1 Charlotte apporta en dot à son époux les souverainetés de Sedan et de Raucourt, avec ses droits sur le duché de Bouillon. Le roi, l’an i5q2, le 9 mars , honora du bâton de maréchal Henri de la Tour ; et depuis ce tems il fut appelé le maréchal-duc de Bouillon. L’an •593, il défit, le 14 octobre, près de Beaumont en Argonne , le duc de Lorraine, et reçut dans le combat deux coups d’épée ,

5lO . CHRONOLOGIE HISTORIQUE

dont il fut légèrement blesse'. Il prit ensuite Dun-snr-Meuse , se trouva au siège de Laon en t5g4 , et se rendit maître d’Yvoi et d’autres places. Il perdit, le i5mai i5g4, Charlotte, sa femme, sans en avoir eu d’enfants. Par son testament, fait le 10 avril procèdent , elle avait donne' à son e'poux les terres souveraines de Bouillon , Sedan , Raucourt , et autres qu’elle posse'dait au pays de droit écrit, laissant toutes celles qu’elle posse'dait en France au comte de Maulevrier , son oncle. Cette donation souffrit de grandes difficultés de la part du duc de Montpensier et du comte de Maulevrier. Lepremier revendiquaitla successionde Charlotte en vertu de la substitution faite à son profit par le testament du duc Guillaume Robert. Le second prétendait, comme le plus proche du sang , devoir succc'der à tous les biens de sa nièce. Henri de la Tour transigea , le 24 octobre 1594* avec le duc de Montpensier , qui renonça au be'ne'fice de la substitution moyennant des terres que Henri lui céda de son patrimoine en Auvergne. Cette transaction fut suivie d’urie autre du 25 août 1601, entre le duc de Bouillon et le comte de Maulevrier , lequel, au moyen d’une pension de 5o mille livres (1 ) que lui assura le duc, transporta à celui-ci tous ses droits sur le duché' dq Bouillon et le» souverainete's de Sedan et de Raucourt. Le roi Henri IV était intervenu dans la première de ces deux transactions, et s’y était désisté de toutes les présentions qu’il pouvait avoir sur la souveraineté de Bouillon. Il avait aussi favorise' la seconde. Mais la conduite que Henri de la Tour tint depuis, ne -répondit pas aux bontés de ce prince à son égard. L’an 1602, il fut violemment soupçonné d’avoir trempé dans la conspiration du maréchal de Biron, et d’avoir excite' des mouvements dans le royaume. Henri IV eut avec lui des explications très-vives sur ce sujeti Blois et à Poitiers. Le peu de respect et de soumission qu’il montra pour lors au roi , confirma sa majesté dans ses soupçons; et le voyage que le duc fit peu de tems après dans le Limousin, ou était le foyer des conspirations, acheva d’irriter Henri IV. C* monarque cependant, qui ne pouvait s’empêcher de l’aimer malgré ses écarts , voulut bien encore le faire inviter à la cour, avre promesse de l’écouter dans ses justifications s’il en avait à produire, ou de lui pardonner s’il faisait l’aveu de ses torts. Lema-

(1) L’argent monnayé , c’est-a-dire le quart d’écu , était è 1 1 deniers d’aîoi. et do la taille de un cinquième au marc , qui valait 18 liv. 18 son»; sinn 5o, 000 liv. font a645 marcs 4 onces 13 grains, qui, h 4q liv. Il sons 11 ih» cinq sixièmes le marc, produiraient aujourd’hui 11g, 638 liv. 16 sous 3 'Ici

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réchal-duc , au lieu de se rendre à une invitation si généreuse . porta ridiculement sa cause à la chambre de Castres , tribunal établi pour les protestants, mais incompe'lent dans l'affaire dont il s’agissait. Après quoi , ne voyant plus de sûrete' pour lui dans le royaume , il prit la fuite au commencement de l’an i6o3 , et se retira d’abord à Genève ; de là il passa chez l’électeur palatin Frédéric IV, sous prétexte de rendre visite à l’électrice, sa bellesœur, qu’il n’avait jamais vue. Frédéric écrivit en sa faveur au roi , qui , par sa réponse du 1 7 mars , promit d’oublier le passé , pourvu , disait-il , que dans deux mois il se rende à la cour pour répondre devant nous aux accusations intentées contre luj. Il n'y a personne , ajoutait-il, qui s'intéresse plus à sa gloire que moy, et qui soit plus disposé à défendre son innocence contre les calomnies de ses ennemis. Mais le duc ne déféra point à ces ordres , disant qu’il ne voulait point se livrer à la merci de ses ennemis , qui prévaudraient aisément sur l’esprit du roi. Il continua de résider à Heidelberg. Son séjour y fut d’environ trois ans , pendaut lesquels l’électeur et les autres princes protestants d’Allemagne, de concert avec ses amis de France et ses parents, ne cessèrent de travaillera sa réconciliation avec le roi. Elle ne dépendait en quelque sorte que de lui-même : Henri IV 11’attendait que sa soumission pour lui pardonner. II obtint enfin ce qu’il désirait et qu’il avait droit d’attendre. Le duc vint le trouver le G avril 1606. S’étant jeté à ses pieds , il lui remit sa principauté de Sedan. Henri IV n’eut pas de peine à lui pardonner, et lui rendit même Sedan au bout d’un mois. Mais depuis ce tems , prévoyant mieux qu’auparavant l’abus qu’il pouvait faire de ses grands talents, le roi fut toujours soigneux de le tenir |en bride. Après la mort de Henri IV , le maréchal de Bouillon s’occupa des moyeus Je se rendre nécessaire, et donna de l’ombrage à la régente. Cette princesse le fit rechercher et lui donna de l’emploi , mais pas «sez , ou de trop peu d’importance , au gré de son ambition. De retour d’une ambassade extraordinaire dont il avait été chargé pour l’Angleterre, il forma un parti de mécontents, sous prétexte du mauvais gouvernement de l’état. Il ménagea cette affaire avec tant de dextérité , qu’il en fut toujours le maître et le médiateur. Il fut l’ennemi du maréchal d’Ancre , parce qu’il le trouvait trop puissant , travailla long-tems à sa ruine, et à la fin y réussit. La révolution arrivée dans le ministère n’ayant point rempli ses espérances , il se tourna du côté de la reine-mère, arrêtée à Blois , et la fit résoudre à se servir du duc d’Epernon pour sortir de esptivité. II roulait d’autres projets dans sa tête, lorsqu’il fut attaqué à Sedan d’une maladie qui l’emporta , le a5 mars de l’an 1023 , à l’âge de soixapte-sept ans et demi. Après la mort de Charlotte, sa première femme, il avait épousé en secondes noces,

3ia chronologie historique

par contrat du îG avril i5g5. Isabelle de Nassau, fille puînée de Guillaume , prince d’Orange ( morte en 1642 ) , dont il eu! Frédéric-Maurice , qui suit j Henri , dit le vicomte de Turenne, ne' le il septembre 1611 , le lie'ros de son siècle (1) ; Marie, Femme de Henri de la Trérnoillc, duc de Thouars ; et d’autres enfants. ( Voj. Henri de la Tour, vicomte de Turenne.

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