‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 195 sur 296 · RODOLPHE · texte numérisé non relu

RODOLPHE

855. Rodolphe , oncle maternel de Charles le Chauve, ayant succédé à Nithard au duché des côtes de Ponthieu , lui succe'da pareillement au titre d’abbé : A fralribus Centulensibus , dit Hariulfc , quorum sodalis in proposilo erat , abbas eligilur ; quique cùm hoc officia , regis precatu , functus fuisset , ejusdem regis Caroli , sui sçilicet nepotis , dono et prece comitatum maritimes provinciæ suscepit. Il mourut avant l’an 85g, le 6 janvier, suivant le nécrologe de Saint-Riquier.

HELGAÜD I".

85g au plus tard. IIf.lgaud Ier, moine de Saint-Riquier, après ayoir été marié, comme l’atteste Hariulfe, succéda à Rodolplie

DES COMTES DE PONTHIEU. 5 IC

dans toutes ses dignités* Les uns prétendent qu’il était fils de Nithard , d’autres qu’il était petit-fils d’Harnid , son frère. L’an 859, il donna aux vassaux du Ponthieu des lois qui s’observaient encore au douzième siècle, selon le témoignage d’Hariulfe. Il ne vivait plus en 864. ( Gnll . Christ. , T. IX.) Helgaud laissa un fils , qui suit ; et une fille nommée Bèrthe , femme d’IIernequin , en faveur duquel il détacha le Boulonnais du Ponthieu, pour en faire un comté particulier. ( Citron. Centul. )

HERLUJN I".

864 au plus tard. IIerluin Ier, fils d’Helgaud, eut après lui le gouvernement des cotes maritimes , mais non l’abbaye de Saint-Riquier dont ce département commença dès-lors d’être séparé. On ignore combien de tems il le garda : mais il était remplacé en 878.

HÈLGAUD II.

878 au plus tard. IIelgatjd II, successeur, et peut-être fils d’IIerluin , fit entourer de murs le bourg de Montreuil , et le rendit uue place forte , au moyen d’un château qu’il y fit bâtir. Quelques-uns le regardent comme le fondateur de l’abbnye de Saint-SaLe, ou Sauve, de Montreuil ; mais D. Mabillon pense qu’elle est beaucoup plus ancienne. Helgaud , l’an 925, se laissa entraîner par Herbert, comte de Vcrmandois, dans le parti du roi Raoul, contre le duc de Normandie. Cet engagement lui devint funeste. L’année suivante , ayant voulu forcer avec le roi et le comte Herbert un corps de Normands retranchés dans un bqis au pays d’Artois, il fut tué dans l’attaque, et le roi y avant reçu une blessure, eut peine à se sauver avec le comte de Yermandois. Helgaud laissa trois fils : Herluin , qui suit; Lambert, qui fut tué, l’an 9 , en voulant venger la mort de son frère aîné ; et Evrard , seigneur de Ham. Depuis Helgaud II , les comtes de Ponthieu sont plus ordinairement appeie's comtes de Montreuil dans les anciennes chroniques.

IlERLUIN II.

926. Herluin II, fils aîné d’Helgaud, lui succéda sous le titre de comte de Montreuil. Il était marié alors; et ayant quitté sa femme légitime pour en épouser une autre , il fut pour ce sujet excommunié. Il obtint son absolution , l’an 927 , au concile de IYôli , après avoir repris sa première femme et renvoyé la seconde. L’an 929 , il eut quelques démêles avec Hugues le Grande

comte de Paris , et Herbert, comte de Vermandois , qui vinrent assiéger le château de Montreuil. Ils firent la paix ensuite ; mais elle fut de courie dure'e. Herlniu se de'clara de nouveau l’ennemi d’Herbert à l’occasion de son frère Evrard , que celui-ci avait em-

firisonné. Les gens d’Arnoul, comte de Flandre , étant venus faire e de'gât , l’an gît), dans le Ponthieu, Herluin tomba sur eux et lès tailla en pièces. Arnoul , par l’ordre duquel ces de'pre'dations s’étaient faites , prit le parti de ses gens , se rendit maître du château de Montreuil par trahison, étayant fait prisonniers, la femme et les enfants d’Herluin, il les envoya en Angleterre, au roi Adelstan , son ami , pour les garder et les retenir en prison. Herluin , après avoir vainement imploré le secours de Hugues le Grand, son suzerain , et du roi Louis d’Outre-mer , s’adressa au duc de Normandie (Guillaume Longue-épée ) , lequel étant venu avec une puissante armée devant Montreuil , emporta la place d’assaut , et la rendit à Herluin. L’ang4î, le roi Louis d’Outre-mer s’étant emparé de Rouen après l’assassinat de Guillaume Longue-épée, commis par l’ordre d’Arnoul , en confia la garde au comte de Montreuil , qui l’avait accompagné dans cette expédition. Peu de tems après, Herluin livra une bataille au comte de Flandre, dont les gens ravageaient son pays , et la gagna. Parmi les prisonniers1 qu’il fit, se rencontra le meurtrier du duc de Normandie, qui est nommé Fauce dans le roman du Roq. Herluin le fit mourir; et lui ayant coupé les deux mains , il les envoya à Rouen. Les denx comtes se réconcilièrent l’année suivante (944) » par la médiation du roi. Ce monarque, voulant reconnaître les services d’Herluin, lui donna le château et lecomté d’Amiens, qu’il venait d’enleverà Eudes deVermandois. Herluin accompagna, l’an 945, le roi Louis d’Outre-mer au siège de Reims , qu’il avait entrepris pour rétablir sur son siège l’archevêque Artaut.La même année, dans l’entrevue que Louis d’Outre-mer eut avec Harald , ouAigrold, roi de Danemarck , près de Saint-Sauveur-sur-Dive en Normandie , Herluin , qui était du cortège de son prince, y fut massacré avec Lambert, son frère, et dix-huit autres comtes, par un danois qui lui reprocha d’avoir été l’occasion du meurtre de Guillaume Longue-épée, et d’avoir été ingrat envers lui en se joignant aux ennemis de son fils. Le lieu où se fit ce massacre fut nommé depuis le Gue d' Herluin. ( Vay. Arfloul le Vieux, comte de Flandre , et Guillaume Longue-épée , duc de Aormandie. )

ROGER, ou ROTGA1RE.

945. Roger ou Rotgaire , fils d’Herluin, lui succéda au comté de Montreuil, après avoir été retiré de sa prison d’Angleterre par les soins du roi Louis d’Outre-mer. L’an 947, ce prince, rnécou- .

DES COMTES DE PONTHIEU. Zll

lent de lui, pour avoir souffert que Hugues le Grand eût établi dans Amiens un évêque à sa dévotion , vint avec Arnoul , comte de Flandre, l’assiéger dans le château de Montreuil; mais ce Fut sans succès. Arnoul revint devant cette place l’an 948, et à la fin ils’en rendit maître ainsi que de tout le Ponthieu , selon la chronique de SaiutrRiquier. L’année suivante , Arnoul prit encore lè château d’Amiens, que les habitants lui livrèrent en haine de Roger et de Thibaut, leur évêque , qu’il protégeait.. Mais Hugues le Grand , étant venu au secours du priuce de Montreuil , son vassal, qu’il avait négligé jusqu’alors , l’aida à reprendre la principale tour d’Amiens. Il est vraisemblable qu’il I aida aussi à recouvrer une partie de son comté. Arnoul vint de nouveau, l’an 9f>7, assiéger te château d’Amiens , qui fut vigoureusement défendu par Roger, dont on ne sait plus rien depuis cet événement. Mais il paraît qu’il mourut dépouillé du comté d’Amieus.

GUILLAUME I«L

957 au plus tôt. Guillaume Ier, qu’on croit fils de Roger , lui mccéda au comté de Montreuil. Le désir de recouvrer sa cnpiaie , qui était entre les mains du comte de Flandre , lui mit les irmes à la main. Le roi Lothaire vint à son secours et l’aida à *eprendre Montreuil sur le comte Arnoul le jeune en 965. Ce preûieravantage fut suivi de la conquête du Boulonnais, et des terrioires de Guines et de Saint-Pol. On n’a pu découvrir jusqu'à préentra n née de la mort de Guillaume. Lambert d’Ardres , dans a chronique , lui donne quatre fils : Hilduin , qui suit ; Arnoul, u Ernicule, qui eut le comté de Boulogne ; Hugues , qui devint omtede Saint-Pol; et N., qui eut pour son partage la seigneurie Ardres : mais Sifroyy capitaine danois, la lui ayant , dit-on, ulevée, Guillaume, pour le dédommager, lui procura la terre e Saint-Valeri , en le mariant avec la fille et héritière de Berard Ier, seigneur de ce pays. Tout cela est néanmoins fort inceriin, et nous ne pouvons garantir que les deux premiers fils de uillaume. { Voy. les comtes de Saint-Pol et les comtes de ’uines . ) Guillaume laissa aussi une fille, Elisabeth, abbesse de

ainte-Austreberthe de Montreuil.

HILDÜIIST.

Hilduin, ou Haudouin, appelé aussi Gîlduin, et Gujlain , s aine de Guillaume , devint son successeur au comté de Moneuil. II ajouta â cet héritage , suivant M. Carlier , les comtés de reteuil et de Clermont en Beauvaisis ; ce qui n’est point prouvé, ’an 981 , le 5 juin , il était dans la compagnie de Hugues Capet

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