EDOUARD II
1290. EDOüAnD II, fils d’Edouard Ie* , roi d’Angleterre, et d’Eléouore de Ponthieu, fut reconnu successeur de sa mère i ce comte' par le roi son père. En conséquence, le monarque dépêcha vers le roi Philippe le Bel, le z3 avril 1291 , Geolroi de Joinville et Gaillard de Bagueux , ses procureurs, avec plein pouvoir de prêter en son nom le serment de fide'lite' pour la terri de Ponthieu , dont le bail lui appartenait à cause de la minorité' de sou fils. Mais le comte d’Aumale , se disant le plus proche lie'ritier dans la ligne d’où proce'dait le comte' de Poethicu , intervint et forma opposition à l’hommage de l’Anglais. Le procès demeura en suspens jusqu’en 1299, qu’il fut décide par la cour des pairs en faveur d’Edouard. Durant la litispendance , le Ponthieu demeura dans la main du roi de France, qui le fit administrer par ses officiers, et en perçuf les fruits; ce qui dura jusqu’à la fête de Saint-Pierre (29 juin) 1299, que ce comte' fut rendu à Edouard , sans doute apres qu’il eut e'te' admis à l’hommage. ( Reg . de la ch. des comptes de Paris.) Ce monarque e'tant mort le 7 juillet de l’an 1307, son fils et son successeur, Edouard II ,• vint au mois de jauvier suivant à Boulogne, où il rendit hommage du Ponthieu au roi de France , et épouse, le 25 du même mois , Isabelle , fille de Philippe le Bel , à laquelle il assigna deux mille livres de pension sur le comté de Ponthiec. Les officiers anglais, qui régissaient ce comté, firent des entreprises sur la terre de Saint-Valeri , appartenante à Robert, comte de Dreux , qui , usant de représailles , en fit autant surie Ponthieu. Pour accorder les parties, on fit un compromis an mois d’aoùt i5io, entre les mains de Jean de Lannois , se'uécM du Ponthieu , et des seigneurs de Pe'quigni , de Poix et de Mareuil. Isabelle et son e'poux assistèrent an jugement de ces arbitres, et s’y soumirent. Edouard ayant fait, l’an I2i5 , s*» entrée dans Montreuil , les habitants , peu affectlonne's à la domination anglaise, lui refusèrent le serment de fidélité. Il porta ces plaintes de cette espèce de révolte au roi Philippe le Bel . son
beau-père. Philippe écrivit au bailli d’Amiens de sommer les maire et échevins de Montreuil de satisfaire sur ce point le roi d’Angleterre , à moins qu’ils n’eussent des raisons pertinentes pour s’en dispenser. {Très, des ch, lay. Ponthieu , lit. 36.)
Le Ponthieu rentra, l’an 1 3 1 9 , dans la main du roi Philippe le Long t par la saisie qu’il en fit faire , ainsi que des autres terres qu’Edouard possédait en-deçà de la mer, et cela faute de . l’hommage qu’il devait en rendre. Edouard se rendit enfin dans la ville d’Amiens, où, s’étant acquitté de ce devoir, il obtint main-lèvée de la saisie. Charles le Bel ayant succédé à Philippe le Long , envoya aussitôt des ambassadeurs à Edouard , .pour le sommer de venir lui rendre les mêmes devoirs. Hugues Spenser et le chancelier Robert de Baldocke , qui gouvernaient le royaume t voulant empêcher le roi de passer la mer, firent leurs efforts pour engager les ambassadeurs â ne point lui notifier l’objet de leur mission. Ceux-ci, en prenant congé d’Edouard, pour ne pas manquer entièrement à leur devoir, se contentèrent de lui dire, par forme de conseil, qu’il devait venir dans uu certain tems rendre hommage à leur maître , et ne laissèrent pas néanmoins de dresser un procès-verbal .de sommation; comme si elle eût été faite dans les formes. (Walsingham, adann. i323.) Le terme expiré, Charles de Valois , ennemi mortel des Anglais, alla, de l’aveu du roi, son neveu, saisir l’Agénois et le Ponthieu. Mais étant arrivé à la Réole en Guienne , il conclut avec Edmond , comte de Kent, frère du roi d’Angleterre , une trêve , en attendant que les deux rois pussent traiter de la paix. La reine Isabelle , sœur de Charles, se chargea de la négociation , et vint pour cet effet en France, l’an i325, avec des ambassa- ' deurs que le roi, son e’poux, lui avait joints. Dans le traité de paix qu’elle conclut, il fut dit que les deux rois se verraient à Beauvais dans la mi-août prochaine , que l’anglais y « rendrait l’hommage qu’il devait au roi de France, et que, jusquà ce qu’il eût rempli ce devoir, la saisie féodale de ses terres de France subsisterait. Edouard ratifia ce traité le i5 juin 5 mais ne pouvant se résoudre à prêter l’hommage en personne , il aima mieux céder toutes ses terres de France à Edouard, son fils. C’étaient les Spenser père et fils, par les conseils desquels il se gouvernait, qui lui firent prendre ce parti. N’osant ni accompagner leur maître en France à cause de la grande haine que Jfeur portait Isabelle , sa femme , ni demeurer en Angleterre sans lui , par la crainte de la vengeance du peuple et des grands dont iis étaient détestés, ils sacrifièrent à leurs intérêts ceux de cc prince, en lui conseillant de sc dépouiller d’une partie de ses domaines. Edouard fit donc expédier, le 2 septembre i325, ses lettres-patentes contenant la donation qu’il faisait à son fils de la