‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 204 sur 296 · REGNIER · texte numérisé non relu

REGNIER

882. Régnier, dit aussi Raginaire ou Vaginaiur, fils d’Herneqiiin , lui succéda au comté de Boulogne. 11 avait été clevé à la cour de Baudouin 1er, comte de Flandre j et la liberté dont il y avait joui avait dégénéré en licence. Il en revint avec des moeurs fort dépravées, que l’exemple d’ Adélaïde, dame très-vertueuse, qu’il avait c'pouse'e par les soins de Baudouin , ne put corriger. Régnier fut un prince féroce, qui ne prenait conseil que de son caprice , et rîe suivait d’autres lois que celles de son intérêt et de sa cupidité. Les seigneurs dcTournehcm, de Lcns, d’Amiens , scs vassaux , les autres nobles qui relevaient de lui r et les roturiers de ses terres, qui commençaient à réparer leur fortune après la retraite des Normands , furent les principaux objets de son avarice. Il en exigea des droits excessifs , dont il poursuivit le payement avec une telle violence , que plusieurs prirent le parti de la fuite pour mettre leur vie eu sûreté llcrfrid, baron d’Ardres , ayant voulu prendre la défense des opprimés , Régnier alla un jour chez lt*i et- l’assassina. La veuve d’Herfrid ne laissa pas impunie la mort de son mari. Ayant assemblé ses gens, elle attendit le comte dans une embuscade la veille de Kocl , comme il revenait de la chasse , et le fit poignarder au milieu de ses chiens. Cet événement est antérieur à l’an yoo.

ERKENGER.

Erkenger , que quelques-uns donnent pour fils de Rcgnier , fut son successeur au comté de Boulogne. L’historien moderne de Calais prétend qu’il ne fut que gouverneur amovible de ce pays sons la dépendance de Baudouin le Chauve , comte de Flandre , à qui le roi Charles le Simple , dit-il , avait confié lo comté de. Boulogne, après l’avoir confisqué sur le comte Itegnier, eu punition de l’assassinat du baron d’Ardres. C’est en effet ce que nous apprend Iperius dans sa chronique de Saint-Berlin. Cependant Erkenger est appelé comte de Boulogne dans la vie de saint Bertulfe de Renti, où il est dit qu’il était illustre par sou extraction et sa puissance : Bononiensium cornes fuit JSikei - Darius gencre et potentid non parinn egregius . (Bouquet, T. IX , p. 1 53. ) De son tems le Boulonnais fut exposé à de fréquentes incursions des Normands. Témoin des miracles qui s’opéraient m tombeau de saint Bertulfe à Renti , Erkenger fit transporter ton corps à Boulogne , afin que la présence d’un patron si puü-

saut servît de sauve-garde à cette ville contre les incursions des barbares. Boulogne, est-il dit dans la même vie, e'tait dès-lors une cité libre et fortifiée ÿ elle était de plus consacrée par un siège épiscopal: Sede insuper episcopali consecrata (ibid) ;ce

Îui veut dire seulement que l’évêque diocésain résidait tantôt à errouenne , tantôt à Boulogne , comme l’expliquent Bollandus et D. Mabillon. Erkenger suivit d’abord le parti du roi Charles le Simple; mais, l’an 896, Herbert, comte de Yermandois, l’entraîna avec lui dans celui d’Eudes, rival de Charles. On ignore l’année de sa mort.

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