‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 209 sur 296 · EUSTACHE III · texte numérisé non relu

EUSTACHE III

1093 au plus tôt. Eustache III, fils d’Eustache II , lui succéda au comté de Boulogne. L’an 1096, il accompagna à la première croisade , non pas Godefroi son frère , mais , selon les annales de Wavelai , Robert , comte de Flandre , avec lequel il prit sa route par l’Italie après avoir joint Hugues le Grand, frère du roi

de France) Robert, duc de Normandie, et Etienne, comte de Blois j ils passèrent ensemble dans la Pouiile , et de ià se rendirent à îa Terre-Sainte. De retour dans l'automne de Tan noo, le comte , de Boulogne embrassa le parti du duc de Normandie contre le roi Henri son frère , auquel il redemandait la couronne d’Angleterre, La paix s’étant faite , l’année suivante , entre ces deux princes , Eustache fut rétabli dans ses domaines d’Angleterre , dont Henri l’avait dépouillé. ( Chron . Saxon.) Eustache n'c'tait point encore marié. L’an 1102, il épousa Marie, fille de Malcome 111 j roi d’Ecosse , et sœur de Mathilde , femme du monarque anglais. Le pape Pascal lui écrivit de Terraciue (le 27 février uo3), pour le prier de laisser Lambert, évêque d’Arras, eu pleine jouissance de quelques églises qu’il ne lui avait restituées qu’à certaines conditions. L’an iio5, de concert avec sa femme et Idc , sa mère , il signala sa libéralité envers l’abbaye de Cluni ) par le don qu’il lui fit de tout ce qui lui appartenait aux villages de Rumilli et de Bierdcs , comme il en avait joui ou dù jouir , autorisant ses chevaliers à disposer au profit de cette abbaye de tout ou partie des bénéfices qu’ils tenaient de lui. Pour cimenter cette donation , il eut soin de îa faire confirmer par Jean , évêque de Terrouenne. ( Archiv . de Cluni.) Ce ne fut pas la seule église qui eut part à sa munificence. Il fit aussi , l’année suivante , à la collégiale de Lens, des dons considérables , qu’il eut également soin de faire confirmer par l’évêque d’Arras. Il est remarqüabie que dans la charte de confirmation il est nommé comte de Lens ainsi que de Boulogne. Il eut guerre, l an 1114 ou environ , avec le seigneur de Nesle, qu’il prit dans un combat et mit en prison. Celui-ci , ayant trouvé moyen de s’évader, se réfugia dans l’église cathédrale d’Arras, dont l’évêque Lambert écrivit en sa faveur une lettre commune au comte de Boulogne et au comte de Flandre, qui se trouvaient pour lors ensemble à Lens. Il demandait au premier la liberté du fugitif, et au second la sûreté pour le même en passant sur ses terres. Nous avons celte lettre ( Baluze , Miscell. , T. V, p-35o) mais nous ignorons l’effet qu’elle produisit.

L’an mi 5, selon Mathieu de Westminster , Eustache perd Marie sa femme. Après la mort de Baudouin , son frère, il (ut mis, fan 1 1 18, sur les rangs pour lui succéder au royaume de Jérusalem. L’ayant appris à Boulogne par des députés que ses partisans lui envoyèrent , il partit aussitôt pour la Terre-Sainte. Mais la longueur du chemin qu’il lui fallut faire pour y arriver, fit qu«? les seigneurs de la Palestine , impatients d’avoir un chef qui remédiât aux besoins pressants du pays , en choisirent un autre , <pii fut Baudoin du Bourg. Eustache était en Calabre lorsqu’il apprit celte nouvelle. Ses amis lui conseillant de continuer sa

Page 1