‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 219 sur 296 · DE CHATILLON · texte numérisé non relu

DE CHATILLON

12o5. Élisabeth, fille aînc'e de Hugues IV et femme de Gauthier , ou Gaucher, fils de Gui II cle Châtillon-sur-Marne, qu’elle avait épousé l’an 1196 , succéda à son père avec son mari, qui comrneuça la seconde race des comtes de Saint-Pol. Gauthier était le troisième du nom de sa maison. L’an 1189, il avait pris la croix avec le roi Philippe Auguste , dont il était cousin germain par sa mère, Alix de France , fille de Robert lef, comte de Dreux , frère du roi Louis Vif. Etant parii en la compagnie du monarque, il s’était signalé au siège d’Acre, où il avait perdu Gui, son frère. A son retour il avaitété nomme', l’an 1193, sénéchal de Bourgogne par le duc Eudes itl , et peu de tems après grand - bouliliier de Champagne par le comte Thibaut. il aida Philippe Auguste, Pan i2o5etl’aii 1204, à faire la conquête de la Normandie. L’an 1209, étant à une courplénière que le roi tenait à Cornpiègne aux fêtes de la Pentecôte , il

croisa contre les Albigeois avec plusieurs autres seigneurs , ' lesquels , dit la chronique de Flandre , mirent leurs croix de vaut le pis pour la différence d' outre-mer. Après la prise de Carcassonne , événement du i5 août de cette année , les chefs de la croisade lui offrirent, au refus du duc de Bourgogne et du comte de Nevers , la seigneurie de tout le pays qu’ils avaient conquis. Mais Gauthier eut , comme ces deux princes , fa générosité de la refuser. A son retour, il reçut au roi Philippe Auguste le commandement de l’armée que ce monarque envoyait en Bretagne , ou des rebelles faisaient le dégât aux environs du château du Gùesclin , dont ils s’étaient rendus maitres. Gauthier prit cette place d’assaut, et Ia^ remit au nom du rpi à Juhel, seigneur de Mayenne,, qui I accompagnait daus cette expédition.

Le roi , l’an 1 21 5 , fit partir Gauthier de Châtillon et Gue'rin , dvêque de Senlis , avec une nouvelle armée , pour aller reprendre la ville de Tournai , que le comte de Flandre avait surprise par le conseil de Gandulfe , seigneur de Mortagne-snr- PEscaut. Les deux généraux, ayant réduit la place, firent le dégât sur les terres du traître Gandulfe , taudis que le roi Philippe , avec uue autre armée , faisait la conquête de Calais f

d’ïprcS , de Bruges et de Gand. Gauthier, l’anode suivante , commanda l’arrière-garde de l’arniée française à la bataille de Bouvines, donnée ;Ic 27 juillet contre l’empereur Otton IV, comte de Flandre et les princes leurs confédérés. Ce n’étan pa « toutefois sans quelque défiance de sa fidélité qu’on lui avait donné ce commandement. Il savait lui-même quon avait tâché de le desservir dans Pesprit du roi. Lorsque ce fut à lui à donner, il dit au chevalier Guérin, qui faisait l’office de maréchal de bataille : On me soupçonne d'être cT intelligence avec les ennemis ; vous allez voir comme je suis bon traître . A ces mots il part de la main , et tombe avec furie sur un corps de Flamands qui était devant lui. Gauthier de Châlillon , dit une ancienne version de Rigord , tant ferit et chapela , et'lui et Jes siens à destre et à senestre , qu'il tresperça tout outre la tourbe de ses ennemis ; et puis se resery dedens d'autre part , et tes aclost comme ou milieu de la bataille . Néanmoins il pensa peVir dans la mêlée en voulant arracher un de ses chevaliers des mains des ennemis. 11 y réussit , mais ce ne fut qu’après avoir reçu douze coups de lance , qui cependant ne le porent tre bitscher ne lui ne le cheval N Toujours avide de gloire , il se croisa de nouveau , l’an 121 5 , contre les Albigeois , et accompagna le prince Louis de France dans cette expédition. Ou voit qu’il en était de retour sur la fin de cette année , par sa souscription apposée à un jugement rendu à la cour de Blanche, comtesse de Champagne , contre certaines prétentions de l’abbé de Vauluisant , au dioccse de Sens. (Turpin , p. 109. ) On le voit en 1216 , assis , quoique non pair de France , au nombre des juges assemblés pour décider la contestation entre la comtesse Blanche, mère et tutrice de Thibaut le Posthume, et Philippine, tante de ce prince, sur la propriété du comté de Champagne. Lan 1219 (N. $. ) , au mois de février, le roi Philippe Auguste récompensa libéralement ses services par le don qu’il lui fit: de la terre de Torigni en Normandie. [Ibid. p. 1 10. ) Peu de tems après , Gauthier , pour la troisième fois , se croisa contre le* Albigeois , et encore à la suite du prince Louis. 11 fit merveille au siège de Marmande en A génois. La place ayant été obligée de se rendre à discrétion , l’évêque de Saintes voulut engager je prince Louis à faire égorger la garnison ; mais le duc de Bretagne et le comte de Saint-Pol s’opposèrent à cette barbarie. Ils ne purent néanmoins empêcher que les troupes victorieuses , ékint entrées dans la ville après la retraite de la garnison , ne fusent main-basse sur les habitants. De retour chez lui, le comte Gauthier mourut au mois d’octobre de la même année , emportant dans le tombeau la gloire d’avoir etc le plus franc et le plus vaillant chevalier de son tems. De sa femme , qui se remaria,

après treize ans de viduité', à Jean de Béthune, et mourut sans enfants du second lit en 1233, avant le mois d’avril, il eut Hugues , seigneur de Troissi et de Cre'ci, se'ne'chal de Champagne et dans la suite comte de Saint-Pol et de Blois ; Gui , qui suit ; Eustachie , femme de Daniel de Be'lhune , avoue' d’Artois ; et Elisabeth , marie'e à Aubert de Hangest, seigneur de Genlis. Du Chesne ( Histoire de Chdtillon , p. 55 ) a publie' une charte de Gauthier de Châtillon de l’an 1206, laquelle est scelle'e de son sceau et de celui de sa femme. Or, on voit par le dernier que les dames prenaient alors le surnom de leurs maris , et scellaient de leurs armes.

GUI II

1219. Gui II, successeur de Gauthier de Châtillon, sou père, dans le comte' de Saint-Pol , eut de plus la ville de Pont- Sainte-Maxence et quelques autres terres qu’il 'partagea avec Hugues, son frère. Il épousa, l’an 1223, Agnes, fille de Mabaut, comtesse de Nevers , et d’Herve' IV, baron de Donzi , de Gien, de Saint-Aignan et du Perche-Gouet. Agnès avait d’abord été destiue'e au prince Philippe, fils aine de Louis de France (depuis, le roi Louis VIII): mariage qui n’eut pas lieu parla mort de Philippe, arrive'e l’an 1218. Avant d’épouser Agnès, Gui et Hugues, son frère, passèrent un traite' avec le roi Philippe Auguste , par lequel ils lui cédèrent la ville de Pont-Saiute-Maxence avec ses droits et appartenances, au moyen de quoi ce monarque leur remit le droit de rachat qui lui e'tait du pour le comté de ÎVevers. ( Du Chesne , Histoire de la maison de Châtillon , p. jo.) Gui et Hugues , dès le tems de leur père , e'taient en état de guerre avec le comte de Champagne , auquel ils refusaient le service pour les terres qu’ils tenaient de lui. Enfin l’an 1 224 , par lettres du mois de mai , ils consentirent de s’en rapporter à des arbitres touchant les dégnts qu’ils avaient faits en Champagne, reconnaissant d’avance qu’ils étaient hommes-liges de ce comté , jurant de remettre au comte Thibaut leurs forteresses à grande et à petite force, et s’obligeant à le défendre envers et contre tous, excepté le roi de France , l’évêque de Paris et le comte de IVevers ; à quoi le comte Gui ajouta qu’au cas que le comté de Nevers lui échût, il le reprendrait du comte de Champagne pour ce qui en relevait de lui. ( Liber principum , fol. 541 et 342. ) Gui se croisa , l’an 1226 , contre les Albigeois , et se trouva la même année au siège d’Avignon , où il donna des preuves éclatantes de sa valeur. Il y fut tué d’un coup de pierre lancée d’tm mangonneau vers la mi-août , emportant dans le tombeau les regrets du roi Louis Y11I , qui était à ce siège. Son corps , par

DES COMTES DE SÀINT-POL. 38g

3rdre de ce prince , fut mis dans un cercueil de plomb , et porte îu prieure' de Uongueau , près de Châtillon. Il eut d’Agnès , sa femme, de'ce'de'e l’an 1224, Gaucher, baron de Donzi, de Saint- Aignan , du Perche-Gouet, etc., qui fut tue' en Egypte, l’an 1260, à l’âge de vingt-six ans , sans laisser d’enfants de sa femme, Jeanne, fille de Philippe Hurcpel , comte de Clermont ;n Beauvaisis et de Boulogne j et Yolande, mariée avec Archara- >audX, sire de Bourbon.

HUGUES V

1226. Hugues , fils aine', comme il le de'clare lui-même dans plusieurs de ses chartes , de Gauthier de Châtillon et d’Elisabeth, énéchal de Champagne et seigneur de Troissi et de Cre'ci , préendit succe'der à Gui , son frère, dans le comte' de Saint-Pol , à exclusion de Gaucher, fils de ce dernier. La raison sur laquelle l fondait cette exclusion , e'tait qu’EIisabeth , mère de Gui et ta Hugues , vivait encore , et que la représentation n’a point ieu dans la coutume d’Artois , qui régit le comté de Saint-Pol. affaire demeura en souffrance l’espace d’environ deux ans , •endant lesquels Hugues s’abstint de prendre le titre de comte le Saint-Pol. C’est ce que l’on voit par ses chartes , et spe'ciaemeut par celle qu’il donna, au mois de juillet 1227 , pour conter la commune de Saint-Pol , accordée par son aïeul : Ego, lit-il en tête , Hugo de Castellione , filius comitis S. Pauli . Turpin , p. 122.) Enfin, l’an 1228, son droit étant éclairci , lugues commença à se qualifier comte de Saint-Pol. Le roi ^ouis VIII ayant laissé en mourant l’héritier du trône en bas ge» Hugues entra dans la confédération de plusieurs grands ju royaume contre la régence de la reine Blanche. Il assista , an 122g, Philippe , comte de Boulogne , dans l’irruption qu’il sur les terres de Thibaut , comte de Champagne , partisan ‘e cette princesse. Mais Thibaut et Ferrand , comte de Flandre , 0Q ajlié , vinrent par représailles faire le dégât dans le comté c Saint-Pol. Ils ne le firent pas néanmoins impunément ; car la nronique d’André rapporte que Ferrand étant venu attaquer le hateau de Frevanche dans le Ternois , fut si bien reçu , que •cesqae toute sa troupe fut taillée en pièces , et lui-même n’éhaPpa que par la fuite. Hugues cependant fut obligé, l’année vivante , de faire sa paix avec la régente. L’an 123o , il devint omie de Blois par son mariage avec Marie , fille de Gauthier • Avêne et de Marguerite , comtesse de Blois. Il fut , l’an 1234 » e I expédition du roi saint Louis en Bretagne. L’an 1235, il eÇutde l’empereur Frédéric II une lettre par laquelle ce prince Xl maodait de venir le trouver au jour et au lieu que ses mes*

Sga CHRONOLOGIE HISTORIQUE

sage* lut indiqueraient , pour lut faire cortège à son entrée à Lyon , où nous sommes résolus , disait-il , de nous rendre , afin •le nous laver T devant le concile , des infamies que le pape noos impute. ( Turpin , ibid. p. i5o. ) On ignore de quel droit l’empereur citait auprès de sa personne le comte de SaintrPol , qui u’était nullement son vassal. Quoi qu’il en soit, le voyage n’ent point lieu et l’empereur ne comparut point au concile. Le sire ♦le Joinville , parlant des seigneurs qui accompagnèrent , en *04’ * 'e roi saint Louis dans son expédition contre les comtes de la Marche , met de ce nombre le comte de Saint-Pol , et dit qu’il fut du grand festin que ce monarque donna en passant à

Sanmur : Et si servait à la Royne le conte de Bouloigne

et le bon conte de Saint-Pol.

Hugues , l’an 1247, ^ut l’®n des quatre seigneurs que la noblesse de France choisit pour chefs de la confédération qu’elle forma pour se défendre contre les atteintes que le clergé portait à sa juridiction. ( Voyez Hugues IV, duc de Bourgogne. ) La même année , Hugues prend la croix pour la Terre-Sainte avec les trois frères de saint Louis et plusieurs autres princes et grands dit royaume. Il fit pour cette expédition les plus magnifiques préparatifs , de manière qu’il • n’en parut point , suivant Ma- >» tliieu-Paris , de plus noble en toute l’armée française , ni de *■ plus puissant que lui. Car il assembla , ajoute-t-il , cinquante » chevaliers portant bannières, tous braves gens et habiles dans » l’art militaire , dont il était le chef; il fit équiper dans lé j » royaume d’Ecosse , un ttavirc admirable pour partir avec les » Boulonnais, les Flamands et ceux qu’on nomme vulgairement » d’Avaltcrre. n Mais étant sur le point de son départ , il tomba malade et mourut le q avril 1248. Un chroniqueur le confond avec Gui , son prédécesseur , eu disant qu’il fut tué d’un coup do pierre devant Avignon. Il fut enterré dans l'abbaye de Pont* anx-Dames , diocèse de Meaux, qu’il avait fondée , l’an taifF, avec sa seconde femme. Ceci est tiré de du Chesne , snivipsf le père Turpin. Cependant Joinville raconte qu’après l’affairé de la Massoure , du 8 février i25o, étant allé trouver le roi , il vif Monseigneur Jehan de TVeleti , qui vint à lî et li dit .* « Srre,

» Monseigneur de Chastillon vous prie que vous li donnés * V arriéré- garde ; et li Roy , ajoute-t-il, si fisl moult volett-,

» tiers, et puis se mist en chemin » . Si c’est de Hugnes de Chàtillon que parle Joinville, comme le pensent les derniers éditeurs de cet historien , il avait donc accompagné le monarque en F.gvpte ; et s’il est vrai qu’il fut enterré à Pont-aux-Dames, il était donc revenu de ce pays-là , oit bien son corps en fat rapporté. Quoi qu’il en soit , Hugues avait épou«é en première^ noces N. de Bar , fille de Thibaut T1', comte de Bar-le-Dirc ,

DES COMTES DE SAINT-POL. 5ÿl

«prêt le décès de laquelle il se remaria , l’an 1225 , arec Marie d’Àvf.^es , fille unique et héritière de Gauthier, seigneur d’Avêoes et d’autres lieux situe's aux Pays-Bas , et de Marguerite , comtesse de Blois. Il e'pousa en troisièmes noces , Pau 1241 au plutôt, Mahaut, fille d’Àrnoul II, comte de Guines. Du second lit (le premier et le troisième furent sle'riies) sortirent Jean de Châtillon , comte de Blois , seigneur d’Avênes et d’autres lieux; Gui, qui suit, Gauthier, quatrième du nom, seigneur de Châtillon , de Cre'ci , etc. ; Hugues de Châtillon, deuxième du nom ; Pliilippine de Châtillon , femme de Thierri de Clèves ( et non d’Otton III , comte de Gueldre ) ; et Elisabeth t femme de Ge'rard le Grand , dit le Diable. ( Du Chesne , II lu . de la M. de Châtillon , L. 5. ) À ces enfants , le père Xurpitt ajoute Be'atrix, femme de Guillaume de Dampierrc , fils aîné de Guillaume de Dampierre et Marguerite II, comtesse de Flandre- II apporte en preuve une donation de Gui , qui suit , faite l’an 1284 ad supplicalionem et requestam dilectce sororis nostrœ Beatricis Domina: de CurlraCo , dudum uxoris nobilis viri Willelmi Comitis Flundriœ* (p. r53. )

gui ur.-

Gui III succéda dans le comté de Saint-Pol à Hugues son père , ainsi que dans la terre d’Encre et autres lieux , en vertu Je son testament fait en 1246 , qui portait ainsi : Guioz mes fii lura le comté de Saint-Pol et la terre d’Encre , et toute ma erre qui est entre la rivière de Somme et la mer. Jean , comte le Blois; frère aîné de Gui, retintles armes pures de sa maison, pii sont de gueules à trois pals de vair, et obligea Gui d’y ajouer un lambel d’azur à cinq échancrures ; ce qui fait encore auourd’hui les armoiries de la ville de Saint-Pol. Après la mort île lobert de France , comte d’Artois, tué, l’an iu5o , à la bataille le la Massoure , Gui épousa Mahaut de Brabant , veuve de ce >rince : mariage qui le mit en alliance avec les plus puissants ois et princes de l’Europe. Ce fut du chef de sa femme, qu’après î mort de Mahaut, comtesse de Boulogne , veuve de Philippe lurepel, comte de Clermont, et celle de Jeanne leur fille, il retendit au comté de Boulogne. Mais il fut débouté de sa deîande par arrêt de l’an 1259- ( Yoy. les comtes de Boulogne. ) l fonda , l’an 1265, de concert avec son épouse , uu riche hôpiil à Saint-Pol. L’au 1270, il fit le voyage d’oulre-mer avec le ai saint Louis, ayant à sa suite trente chevaliers , pour l’entreen desquels le roi lui fournit douze mille livres. En 1276, il fut e l’expe'dition du roi Philippe le Hardi eu Aragon. A sou retour, an 1 277 , au mois de mars , le comte de Blois , son frère , lui Et

5<)a CHRONOLOGIE historique

cession de tout ce qu’il posse'dait en Brabant. (Martenne, 7V>. Anecd. , T. i , col. n36. ) Gui marcha , l’an 1288 , au seconn de Jean I01, duc de Brabant , neveu de sa femme , contre Renaud , comte de Gueldre , sur lequel il re'pétait le duché de Limbourg. Il commanda l’armée du duc à la bataille de Voëringen, donnée le 5 juin de celte année, et lui procura une victoire complète parla mort du comte de Luxembourg, cessionnaire de Renaud, qui périt dans la mêlée, et par la prise de ce même Renaud et de l’archevcque de Cologne, qui était venu à son secourt. Lecomte Gui perdit, le 29 septembre suivant, Mahaut , son épouse, et finit lui même ses jours le 12 mars 1289. (N. S.) Le deux époux furent inhumés à l’abbaye de Cercamp. De leurmariage sortirent Hugues, qui suit j Gui, qui lui succéda ; Jacques, seigneur de Leuze et de Condé, lieuteuant-géuéral pour le roi au pays de Flandre ; Be'atrix , femme de Jean de Brieune, comte d’Eu ; et Jeanne , mariée à Guillaume de Chauvigni, seigneur de Château roux. Nicolas Spécialis , dans son histoire de Sicile, fait mourir, en ia85, le comte de Saint-Foi devant Roses ea Catalogne ; et voici en substance comme il raconte la chose. Le roi Philippe le Hardi , apprenant que l’amiral Roger Dora avait fait une descente en Catalogne et commencé le siège de Roses , envoya contre lui le comte de Saint-Fol à la tète de sir mille chevaux. Doria se servit d’un stratagème pour faire périr ces troupes. Ayant fait creuser des chaussetrapes depuis le rivage de la mer en allant vers la place , il attira au conihal les Français, qui, le voyant fuir presque aussitôt vers ses galères, le poursuivirent et tombèrent dans le piège qui leur était prépare. Alors l’ennemi, revenant sur ses pas , les massacre tous sans distinction de capitaines et de soldats- Le comte de Saint-Pol eut li main droite emportée d’un coup de sabre et en mourut. Sa famille racheta son corps dans la suite pour le prix de sept cents marci d’argent. Il est à remarquer que (’historieu ne dit pas le nomde ce comte de Saint-Pol j et il y a de l’apparence qu’il a seulement voulu parler de quelque seigneur de cette maison, auquel il aura donné improprement le titre de comte.

HUGUES VI

1289. HirGi’BsVI, fils aîné de Gui III et son successeur as comté de Saint-Pol , avait épousé , du vivant de son père, Bsatiux , fille de Gui de Dampicrre , comte de Flandre. U acquit, l’an 1 290 , de Jeanne de Chûtillon , sa cousine , pour la sommede neuf mille livres les terres d’ Vvêncs , de Landrécies , de Guise , de Novion en Thiérache, d’Encre et de Créci. L’an 1292 (Nau mois de janvier , il succéda à la même dans le comté de Bien*.

DES COMTES DE SA1NT-P0L. 3g3

Mais comme ses frères , Gui et Jacques, avaient aussi leur part à cct héritage, pour les de'dommager il ce'da le comte' de Saintroi au premier et les terres de Lcuae et de Condc' au second Cet accommodement fut fait à Boulogne le jour de Pâques 1292, par jugement de Robert , comte d’Auvergne et de Boulogne , comme suzerain en cette dernière qualité du comte' deSaint-Pol, dont la mouvance avait alors change'. ( Yoy. les comtes de Iilois. ) Hugues, pendant qu’il jouissait du comte' de Saiut-Pol , lit travailler à uu roman dont il existait une copie manuscrite dans la bibliotlièque de M. deThou, sous ce titre: fei encornenche li histoire de Kanoret de ses frères , liquel furent fils à noble Cassiodorus , empereur de Constantinople et de Rome , lequel fut engenré en l'empereis Fustige hi fille feu à l'empereur Phj sens. L’auteur entame ainsi son discours : Ha diev, si souffisamment ai esté requis de noble prince Huon dp Chastillion, conte de Sainl-Pol , par lequel je ne me pourroje mie tenir que , etc.

GUI IV

1292. Gui IV", seigneur d’Encrc , devenu comte de Saint - Polparla cession de Hugues VI, son frère, e’pousa, l’an 1292, M.irie , fille de Jean II , due de Bretagne. Peu de teins après , le roi Philippe le Bd, dont ile'tait proche parent, le nomma grandbouteîller de France. 11 accompagna ce prince, l’an 1297 , daus son expédition de Flandre. Il se trouva au siège de Lille , commencé le 25 juin de la même année ; et à quatre lieues de là défit les ennemis , secondé par Raoul de Nesle, connétable de France, et par Jacques , son frère, maréchal de l’armée. II aida aussi Robert II , comte d’Artois, à prendre Calais , Bergues et Bourbourg. Sur la fin de la même année , il fut du nombre des plénipotentiaires nommés par Philippe pour traiter de la paix avec le roi d’Angleterre. Le résultat des conférences tenues à ce sujet 11e fat qu’une trêve d’un an , pendant laquelle Gui fut député au papeBoniface VIII pour lui remontrer le bon droit que le roi de France avait dans sa querelle avec celui d’Angleterre. Gui, l’an 1299, chargé d’une nouvelle ambassade auprès de l’empereur Albert d’Autriche , pour conclure un traité d’alliance entre l’Empire et la France. L’an 1D02, il retourna en Flandre par ordre (lu roi, qui lui donna le commandement, d’uuc partie de ses troupes. Quelques historiens l’accusent d’avoir tourné le dos à la bataille de Courtrai , donnée le 11 juillet i5o2, et d’avoir laissé Robert d’Artois , général de notre armée , à la discrétion des ennemis. Le roi n’en était rien moins que persuadé , puisque six jours après cette malheureuse journée il lui envoya des lettres de général pour remplacer Robert d’Artois. Gui s’acquitta disgne-

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