ANSELME
ii5o. Anselme , deuxième frère d’Ingelram, lui succédait mourut l’an 1 1 74 » laissant d’EusTACHE de Champagne, son épouse , Hugues , qui suit; Ingelram , père , suivaut quelquesuns , d’Hugues de Beauval ; Gui, sénéchal de Ponthieu, et Beatrix , femme de Jean , comte de Ponthieu. Anselme possédait héréditairement les prébendes de Saint-Gervais d’Encre. Averti de cet abus , il les remit , en 1 1 54 , à Thierri , évêque d’Amieus- (Du Chesne, ibid.\ )
HUGUES IY.
1174. Hugues IY, fils aîné d’Anselme et son successeur au comté de Saint-Pol , mérita l’estime et la reconnaissance du roi Philippe Auguste , par les services qu’U lui rendit dans les pre*
mîcres années de son règne. Nous ne les connaissons point en détail ; mais on peut juger de leur importance par la récompense que Hugues en reçut du monarque. Elle consistait dans le don que Philippe Auguste lui fit des terres de Pont-Sainte-Maxence , de Verneuil et de Pontpoint , pour lui et scs héritiers, propter fidele scryitium. La charte de cette concession est datée de Dunle-Roi l’an 1 19.4. ( Cartul . de Phil, Aug. , fol. 94, r°. ) Il avait accompagné, quatre ans auparavant, le comte de Flandre en Orient , et s’était distingué au siège d’Acre. Einnt parti au mois d’avril 1202, pour une nouvelle croisade, il se laissa engager comme les autres Croisés , par les Vénitiens , à faire le siège de Zara. Après la prise de cette place , il s’embarqua avec l'année victorieuse pour Constantinople , et paya de sa personne à l’assaut de cette ville, qui fut emportée le 12 avril de l’an 1204. Cette expédition ayant fait passer l’empire grec aux Latins Baudouin , nouvel empereur , donna l’épée de connétable au comte de Saint-Pol, qui la porta au couronnement de ce prince. Nous avons la relation qu’il envoya de cette croisade au duc de Brabant, sou ami Elle est bien circonstanciée , et finit ainsi : Si quis Deo vull.... servire et nomen hethere clarum et cOnspi cuum, tollat crucem , et sequatur Dominum , ut reniât ad torneamentum Domini ad quod ab ipso Domino invitatur, ( Du Chesne, Hisl. Fr., T. V, p. 275.) Il écrivit une autre lettre, sur le même sujet , à son ami Renaud , ou Robert de Balve , qui n’a
Iioint encore été imprimée , et dont nous avons l’original sous es yeux. L’empereur Baudouin , non content de la dignité qu’il avait conférée à Hugues , lui fit encore présent de Diditnotique, ville forte et opulente de Thrace, avec son territoire. Mais il n’en jouit pas long-tems : la goutte , à laquelle il était sujet, l’emporta sur la fin de l’an i2of>. On lui fit des obsèques magnifiques à Constantinople ; mais son corps fut rapporté en France , et inhumé dans l’abbaye de Cercamp, à la demande des religieux. Le comte Hugues était zélé pour l’observation de la justice : Villehardouin en rapporte l’exemple suivant A la prise de Constantinople , il avait défendu de rien divertir du butin que l’on ferait, mais de mettre tout en commun. Un chevalier du comté de Saint-Pol fut convaincu d’avoir contrevenu à cette défense ; Hugues le fit pendre sans miséricorde avec l’écus- Sou de ses armes attaché au cou pour plus grande ignominie. Hugues IV fut le dernier comte de la maison de Chamn-d’Avêne, n’ayant laissé de sa femme, Yolande, fille de Baudouin IV, comte de Hainaut , et veuve d’Ives , comte de Soissons , que deux filles, Elisabeth , qui suit , et Eustachie , mariée à Jean de Nesle, châtelain de Bruges , après avoir été fiancée à Arnoul II , tomte de Guignes. Roger de Hoveden donne à Hugues , pour XII. 49
première femme, Ide , fille de Mathieu d’ Alsace , comte de Bonogne , laquelle , dit-il , se se'para de lui pour épouser Renaud, comte de Dainmartin. Mais on voit ailleurs qu’Ide e'tait veuve de ikrlhold V, duc. de Zéringben , lorsqu’elle épousa Renaud.
ÉLISABETH et GAUTHIER, ou GAUCHER