‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 239 sur 296 · ARNOUL IL · texte numérisé non relu

ARNOUL IL

1206* Arnoul II, baron d’Ardres, fils aîné de Baudouin et de Chrétienne, leur succéda au comté de Guines. Sou père l’avait armé lui-même chevalier à la Pentecôte de l’an 1181, après l’avoir rappelé de la Cour de Flandre , où il avait reçu sou éducation. Arnoul avait ensuite employé deux ans à parcourir les pays étrangers , afin de voir les tournois et les autres combats qui s’y faisaient. A son retour , il eut dessein d’épouser Idc , comtesse de Boulogne , et veuve pour lors de Berthold de Zérioghen, son troisième mari. Cette dame le désirait elle-même ; mais Renaud de Dammartin l’enleva dans ce teins, et, l’ayant emmenée en Lorraine, il la contraignit de lui donner sa main. Arnoul , informé secrètement par la comtesse de la violeuce qu’on lui avait faite, vint en Lorraine pour la délivrer. Mais Renaud , l’ayant fait surprendre par ses gens , le fit prisonnier, et le mit sous la garde d’Albert, évêque élu de Verdun. Arnoul , quelques mois après, recouvra sa liberté par la médiation de l’archevêque de Reims. De retour chez le comte Baudouin son père , qui vivait encore , il fiança Eustachie , filles de Hugues IV, comte de Saint-Pol , et renonça ensuite à cette alliance pour épouser Beatrix, sœur et héritière de Henri II, châtelain de Bourbourg , la personne la plus accomplie de son siècle , si l’on

en croit Lambert d’Ardres. Beatrix lui apporta aussi la tetra d’Alost, dont elle avait hérité du chef de son aieul. Arnoul, s’étant re'concilié depuis avec Renaud , entra dans la ligue que ce dernier et Baudouin, père d’ Arnoul, firent avec le comte de Flandre contre le roi de France.

L’an 1209, Arnoul, comte de Guines depuis trois ans, se brouille de nouveau avec Renaud , au sujet des limites de leurs comtés. Le roi Philippe Auguste vient an secours de celui-ci, enlève au comte de Guines diverses places, et laisse en partant des garnisons qui désolèrent le pays , dit la chronique d’André, pendant l’espace d’un an.

L’an tau , le comte Arnoul, ayant fait sa paix, avec le roi de France, lui rend hommage, ainsi qu’au prince Louis son fils , du comté de Guines. Celte démarché irrita contre lui Ferrand , comte de Flandre , qui se prétendait suzerain de (ruines, sans égard pour le traité fait à Péroune en 1 1 gg. Ferrand s’étant fortifié de l’alliance du roi d’Angleterre , d’Otton IV, roi de Germanie, du comte de Boulogne, de Simon de Dammartin son frère, et d'autres seigneurs, vint, l’an 1212, avec une partie de ses alliés dans le comté de Guines, qu’ils ravagèrent pendant un an , et d’où ils emmenèrent la comtesse Béatrix en Flandre. Les Anglais qui étaient dans lenr armée rasèrent le château de Guines, pour sc venger des droits que le comte exigeait d’eux lorsqu’ils passaient sur ses terres. Arnoul , qui s’était réfugié à la cour de France , eut la satifàction de voir tous ses ennemis défaits et pris prisonniers la plupart, Fan 1214 , à la célèbre bataille de Bouvines, où il combattit dans l’armée de Philippe Auguste. Six ans auparavant (Fan 1208), le roi d’Angleterre ayant chassé de son royaume les moines de Cantorberi , le comte de Guines était venu au-devant d’eus comme ils étaient entrés sur ses terres au nombre de quatrevingts, et après les avoir régalés dans son château de Tornehen, leur avoir fourni des chevaux pour les conduire à Saint-Omer. Arrivés en cette ville , la communauté de Saint-Berlin vint les recevoir processionnellement dans la place publique. C’était, dit la chronique d’André , un spectacle qui tirait des larmes i tous le9 assistants, que de voir un couvent venir ainsi à la rencontre d’un antre, et les cœurs, de part et d’autre, manifester leur charité réciproque par les baisers de paix les plus tendres et les plus affectueux. Après avoir emmené chez eux ces exilés, et les y âvoir gardés plusieurs jours, les religieux de Saint- Bertin voulurent les engager à y fixer leur séjour. MaisGeofiroi, prieur de Cantorberi , craignant cju’une si grande mnltitude ne fût à charge en restant dans le meme lieu , ne consentit à y demeurer que huitième, et envoya les autres en divers monastères

de France, où ils furent reçus avec joie, et traités avec toute sorte d’humanité pendant les six ans que dura leur exil.

Le comte Arnoul, l’an i2i5, suivit le prince Louis de France dans son expédition contre les Albigeois, et, l'anne'e suivante, il l’accompagna dans celle d’Angleterre. 11 obtint , l’an 1217, de gré ou de force , la délivrance de Béatrix , sa femme , que la comtesse de Flandre retenait toujours auprès d’elle. Il alla de nouveau, l’an 1219, combattre les Albigeois en Languedoc. Fiant de retour l’année suivante , il mourut et fut enterré dans l’église d’Ardres. De son mariage il eut quatre fils , qui lui survécurent, et cinq filles, dont Mabaut, la troisième, épousa Hugues de Châtillon , comte de Saint-Pol. ( V oyez Ide , comtesse de Boulogne. )

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