‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 24 sur 296 · HENRI I · texte numérisé non relu

HENRI I

1579. Henri , né à Chantilli le i5 juin i534j fut le successeur de François , son frère au duché de Montmorenci. Son nom lui avait été donné au baptême par le roi Henri II. Du vivant de son frère aîné, il était counu sous le nom de seigneur de Damville. C’était un des seigneurs du royaume les plus accomplis pour les

Sualités du corps et de l’esprit. Brantôme, parlant de lui et du uc de Nevers, dit qu’ils étaient les deux parangons pour lors de toute la chevalerie. Héritier de la valeur de ses ancêtres , il se signala , l’an i552, à la défense de Metz. Il combattit avec moins de succès , mais avec autant de courage , l’an i557, à la journée de Saint-Quentin, où il pcrdit^la liberté. Son père ayant été pris, l'an 1 562, à la bataille de Dreux, il le vengea en faisant prisonnier le prince de Condé, dont l’échange remit bientôt après l’un et l’autre en liberté. Nommé gouverneur de Languedoc en i5Ô5 , il trouva la province dévastée par les guerres de religion, et presque entièrement subjuguée par les protestants. Ces sectaires à son arrivée prétendirent lui faire la loi j mais bientôt ils se virent contraints à la recevoir de lui-même. Le bâton de maréchal lui fut donné le 10 février i56y (N. S. ) j et la même année il combattit à la bataille de Saint-Denis , où il eut la douleur de voir son père mortellement blessé au sein de la victoire. La reine Catherine de Médicis ne partagea point le deuil que cette perte causa parmi les bons Français. Délivrée d’un contradicteur qui gênait ses opérations, elle ne déguisa pas son aversion pour la famille du connétable. On sait que son dessein avait d’abord e'té d’envelopper les

quatre fils qu’illaissait, dans la journée de la Saint-Barthéîemi ; mais l’absence de Taine sauva la vie aux autres , dont il eut vengé la mort par des torrents de sang. Les Protestants, qu’on avait crus anéantis par ce massacre , ayant repris les armes , Damville rassembla des troupes pour réprimer ceux de Languedoc. Mais ses intentions , malgré les succès qui les justifiaient , ayant été mal interprétées à la cour, il fit la paix avec ceux qu’il poursuivait, et commença dès -lors à se comporter en souverain dans son gouvernement , qu’il était menacé de perdre. Devenu le clief du parti qu’on nommait des Politiques, il se maintint dans l’indépendance durant tout le cours du règne de Henri III. 'Il fit tête aux troupes que ce prince conduisit ou envoya pour le réduire ; il évita les pièges que Catherine de Médicis lui tendit , et fit paraître dans toute sa conduite une prudence et une fermeté dignes d’une meilleure cause. La mort de Henri 111 Fut le terme de sa révolte. Les intérêts du roi de Navarre et ceux du duc d’ Alençon en avaient été le principal motif. Le premier ayant été élevé sur le trône de France en 1589, sous le nom de Henri IV, le duc de Montmorenci fut un des grands qui le défendirent avec le plus de zèle et de succès contre les efforts de la ligue. Ce monarque reconnut son attachement et scs services par le don qu’il lui fit de l’épée de connétable le 8 décembre 1593. Il la reçut dans son gouvernement, d’ou il ne sortit qu’après y avoir presque entièrement détruit les restes de la ligue. Etant venu joindre le monarque en Bourgogne , il en fut accueilli avec les témoignages de la plus vive reconnaissance et de la plus tendre amitié. Depuis ce moment il ne quitta plus Henri IV, et le suivit dans ses expéditions* ou il commanda sous ses ordres jusqu’à la paix de Vervins. Après la mort tragique de ce prince , il paya le tribut de reconnaissance qu’il devait à sa mémoire ,’ en montrant le zèle le plu* désintéressé pour la défense de l’état pendant les troubles qui l’agitèrent durant la minorité du roi Louis XIII, son fils. Mais, l’âge l’avertissant qu’il était tems de songer à la retraite, il retourna dans son gouvernement de Languedoc, où il partagea son tems entre les affaires de la province et celles de sa conscience. La mort l’enleva le i«r ou le 2 avril de Tan 1614» à l’âge de soixantedix-neuf ans. Par son testament . fait à Paris Tan 1608, il avait choisi sa sépulture dans l’église des Capucins de N. D. de la Crau ,

Ï>rès d’Alès en Guienne , qu’il avait bâtie. Il y fut inhumé avec ’habit de capucin comme il l’avait désiré. ( Du Chesrie.) Son fils aîné du second lit lui avait fait ériger, en 1612, la statue équestre de bronze, qu’on voit sur la terrasse du château de Chantilli , avec une magnifique inscription latine gravée sur le piédestal.

Brantôme et le nouvel historien de la maison de Monlmorenci

assurent que le connétable Ilcnri ne savait ni lire ni écrire, et

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DES BARONS ET DÜCS DE MONTTVÏORENCI. 47

qn’il ne devait qu’à la nature le génie qui brilla tant en lui , sans aucune teinture des lettres, lis citent en preuve ces paroles de Henri IV : 7 'ont peut me réussir par le moyen d’un connétable qui ne sait pas écrire, et d’ un chancelier ( Silleri ), qui ignore lelatin. D’un autre côté , d’Aubi^ne' rapporte de très-beaux vers latins que le connectable e'erivit en sa pre'sence sur l’dcorce d’un arbre , près de la Droune, rivière du Périgord , et dont le sujet e'tait une dame d’Espagne qu’il aimait beaucoup. Nous laissons è nos lecteurs ce problème à résoudre. Il avait e'pouse' , i° , par contrat du 26 janvier i558’. (V. S. ) , Antoinette , fille alne'e de Robert de la Marck, prince de Sedan , morte à Péze'nas en 1 5q 1 ; 2®, l’an 1593, Louise de Budos, venve de Jacques de Grammont, seigneur de Vachères , et fille de Jacques de Budos , vicomte de Portes , morte à ChantilU le 36 septembre i5g8 ; 3° , l’an 1601 * Laurence , fille de Claude de Clermont , baron de Môntoison , avec laquelle il fit ensuite divorce. Du premier lit il eut Hercule, comte d’Offemont , mort sans alliance en lôgi ; Henri, mort en bas âge ; Charlotte , marie'e. à Chàrles de Valois , comte d’Auvergne, depuis duc d’Angoülême ; et Marguerite, femme d’Anne de Levis , duic de Ventadour. Du second lit sortirent Henri , qui sait •, Charles , mort en bas âge j et Charlotte-Marguerite, marie'e en 1609, à Henri II de Bourbon, prince de Conde' . morte le 3 décembre i65o. On donne de plus au conne'table Henri quatre fils naturels et une fille également bâtarde.

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