BOUCHARD
Bouchard Ier, dit le Vieux, fils puîné de Foulques le Bon, comte d’Anjou et de Gerbçrge , sa femme, suivant D. Bouquet ,
CHR. HfST. DES COMTES , PCIS DECS , DE TEND, /j.83
(T.Xrp. 35o, n.) reçut de son père en partage les terres de Vendôme , de Montoire , de Lavardin , et d’autres , qui formèrent depuis le comte' de Vendôme. Ce fut un des plus zélés partisans de Hugues Capet , duc et ensuite roi de France, avec lequel il avait e'te' e'Ievé. Sa probité , ses talents et ses services, lui méritèrent l’estime et la confiance de ce prince , qui le inil à la tête de son conseil Aymon , comte de Corbeil , étant venu à mourir, le monarque fit épouser Elisabeth , sa veuve , à Bouchard ; et en considération de ce mariage, il lui donna le château de Melun, et le fit comte (i) de Paris. Dom Mabillon ajoute qu’il lui conféra de plus la charge de grand-sénéchal , que le roi Lolhaire avait créée en faveur de Geofroi Grisegonelle, comte d’Anjou et frère de Bouchard. Tant d’honneurs et de richesses accumulées sur sa tète ne lui corrompirent point le coeur : il n’usa de son pouvoir et de son crédit que pour faire du bien. Voyant l’abbaye de Sainl- Maur-des-Fossés tombée dans le relâchement, il la demanda en commende au roi, dans le dessein d’y mettre la réforme. L’ayant obtenue , il y fit venir saint Mayeul , abbé de Cluni, avec -un nombre de ses religieux , qui remplirent parfaitement les intentions du comte. Saint Mayeul, après avoir rétabli le bon ordre à Saint-Maur , prit congé de sa colonie qu’il y laissa , et retourna à Cluni. Entre les biens que donna Bouchard à Saint-Maur, il faut compter la terre de Neuillt-sur-Marne. L’acte de cette donation est du xi u® des calendes de mai 998, et souscrit par Bouchard , Elisabeth sa femme , et Renaud leur fils. ( Dubois, Hist . JZccl. de Paris , T. I , p. 6?. 1 . ) Le roi Robert, fils et successeur de Hugues Càpct, hérita des sentiments de son père envers le comte Bouchard. Eudes le Champenois, depuis comte de Blois, jaloux de la faveur de ce dernier, entra sur ses terres à main armée l’au 999 , et lui euleva le château de Melun par la tralii-
(1) On a dit ci-dcvanttà l'article ite Hugnes Capet .que ce prince, à son avènement h la couronne , y réunit le comté de Paris. Cela- ne Contredit pas ce que nous avançons ici d’après I auteur de la vie du comte Bouchard ( apuJ du Chesne, Hisl. franc-, T. V , n. ti6), que Hugues Capet, lui ayant bit ëpou,ser Elisabeth , te créa comte de Melun et comte de Paris , après lui avoir iféji «tonné le comté de Corbeil: In quo coputœ lhalamo rletlit Hugo Rcx.sibi fineli comili cuslrum Uilidunuiu , alque jant diclum (J 01 ho il unie or ni f 11 tunique Parisiacœ uibis, talitcrquc re.gnlis conus efficilur. Remarquez, ces mots , regn/is cornes , qui ne peuvent tomber que sur les comtés de Paris et e Me, LUS, où l’on ne voit plus que des vicomtes depuis Hugues Capet, au lieu que ■jusqu’au douzième siècle on a des comtes de Corbeil, dont le doruotne ne lux pas un dori de Hugues Capet, mais le dodaire qu’Elisabelh avait apporté h Bouchard de son premier mariage. Ces 1 ormes regaliê cornus ne signifient donc ■proprcincnt qu’un vicomte qui exerçait comme lieutenant i’autunié ilu.cyi dam» • k Par i sis. \ ‘ '
son de Gauthier, gouverneur de la place , et de sa femme , avait corrompus par argent. ( L’abbé Velli dit que le dessein d’Eudes , en s’emparant de Melun , était de se ménager une communication entre ses états de Blois et de Champagne. Mais alors Eudes n’était pas encore comte de Blois.) Bouchard, pen de tems après , reprit Melun avec le secours du roi et du duc dç Normandie. Eudes, qui s’y était enfermé, trouva moyen de s’évader; mais Gauthier et sa femme furent pris et pendus comme traîtres. On en vitit ensuite à une bataille, où le comte de Chainpagne fut entièrement défait. Bouchard, étant parvenu à un âge fort avancé , quitta la cour, et se retira dans l’abbaye de Saint- Maur-des-Fossés , 'où il mourut l’an 1012, suivant D. Mabiilon , âgé de quatre-vingts ans. La petite chronique de* Saint-Denis met sa mort en l’an 1007, et le nécrologe de l’abbaye de Vendôme en marque le jour au 26 février. Il eut de son mariage deux fils, Bouchard /vicomte de Melun, mort sans lignée avant son père, et Renaud, qui suit; avec une fille, Elisabeth, dite aussi Adèle , femme de Foulques Nerra , comte d’Anjou. Quelques-uns lui donnent pour troisième fils Gervais , qui fut évêque du Mans ; mais il est certain que Gervais était de la maison des seigneurs du château du Loir, et non de celle des comtes de Vendôme.