‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 276 sur 296 · RENAUD · texte numérisé non relu

RENAUD

1013. Renaud, fils de Bouchard le Vieux , était évêque de Paris à la mort de son père , auquel il succéda dans le comté de Vendôme et la terre de Melun. Il parait que ce prélat fit de longs et fréquents séjours à Vendôme. La forêt de Gatiues occupait un grand terrain dans ce pays : il la fit défricher en grande partie , et y fonda plusieurs villages , tels que ceux de Prunai , dit autrefois Ville-l’Evêque , de Monthodon, de Villedieu, de Ferrière, etc. ( Carlul . de Vendôme , charte 44^* ) Ge prélat finit ses jours, suivant la petite chronique de Saint- Denis, le 6 janvier de l’an 1016. <.

ADÈLE, BODON, BOUCHARD II, rr FOULQUES i/OISOfv.

Adèle, seconde fille (et non pas fille unique, comme le dit Ordéric) de Foulques Nerra, comte d’Anjou, et d’Elisabeth, succéda, par le droit de sa mère , dans le comté de Vendôme, à l’évêque Renaud son oncle. Elle était mariée pour lors à Bodon , ou Eudes, fils de Landri, comte de Nevers, dont elle eut quatre fils, savoir, Bouchard, qui suit; Foulques, qui viendra ensuite ; Gui , à qui on donna pour son apanage des terres

DES COMTtSS, PUIS DÜC S, DE VENDOME. ^85

situées dans le voisinage dij Blaisois et de la Touraine ; et Hugues, surnommé- Dublellus , fondateur, à ce qu’on croit, de la ville de Montdoubleau, et tige de la maison de ce nom, laquelle s’est fondue dans celle des vicomtes de Châteaudun. Bodon étant mort avant sa femme ( on ne sait point en quelle année) , Adèle s'associa son fils aine, Bouchard II, après l’avoir fait revenir d’Angers , où il e'tait élevé sous les yeux de Foulques Nerra , son aïeul. Le décès de Bouchard II prévint encore celui d’Adèle sa mère , qui lui substitua Foulques , son second fils , de manière toutefois qu’elle retint pour elle la moitié du comté , et voulut que Foulques lui fut subordonné pour l’autre. Mais Foulques en usant mal avec sa mère, elle vendit, pour se venger, Y an io5i au plus tard, à Gcofroi Martel , son frère, non la moitié seulement du comté de Vendôme, comme le disent les modernes , mai? ce comté tout entier : Eique honorent Vindocini tolurn ex integro vendidit, {Bouquet, T. XI, p. 3i, D. )

GEOFROI MARTEL.

io3i au plus tard. Geofroi , surnommé Martel à cause de sa valeur, fils de Foulques Nerra, comte d’Anjou, et d’Hildegarde , né le 14 octobre 1006 (et non 1007 , comme le marque le cartulsfire de Saint-Aubin d’Angers) ayant acquis d’Adèle , sa sœur , le comté de Vendôme , se rendit auprès de Henri Ier, roi de France , pour eu recevoir de lui l’investiture. Foulques, son neveu , se vit ainsi dépouiller sans se mettre en devoir de défendre sou héritage , ce qui lui mérita le surnom d’Oison » Anserculus. Geofroi n’était point sans domaine avant cette acquisition- Foulques Nerra s’étant rendu maître de Saumur , l’an 1026, lui en avait fait présent ; et ce don occasiona , dit l’histoire manuscrite de Saint-Florent de Saumur, bien des. révolutions parmi les habitants de cette ville; car Geofroi dépouilla les uns pour enrichir les autres , et l’abbaye meme de Saint- Florent ne fut pas exemple de ses vexations. Geofroi fonda , Fan io32, celle de la Trinité de Vendôme avec la comtesse Agnès , sa femme , veuve de Guillaume V, duc d’Aquitaine , qu’il avait épousée le Ier de janvier de l’année précédente. Ce mariage contraire à la discipline du teins , les deux époux étant parents dans un degré prohibé pour lors , indisposa contre Geofroi le comte Foulques son père.

L’an. io54 , guerre entre Geofroi et Guillaume VI, duc d’Aquitaine. .Elle avait pour. objet la Saintonge, que Geofroi prétendait lui appartenir du chef de sou aïeul. L’évéuement n’en fut point douteux. Geofroi battit le duc d’Aquitaine près de Mpncoptour le ao septembre io54# le fit prisonnier, le U&

de chaînes , et l’enferma dans une prison , où il demeura trois ans et demi ou environ. Durant cette captivité', le comte et la comtesse de Vendôme exercèrent toute l’autorité ducale dans l’Aquitaine, commeil paraitpar divers actes. Geofroi , l’an io38, relâcha le duc , au mois de mars, moyennant une rançon considérable en argent; et la cession des comtés de Saintes et de Bordeaux. Le comte de Vendôme était pour lors brouillé à l’excès avec son père. Ce vieillard , indigné de la conduite insolente de son fils envers lui , ranima son courage et leva des troupes pour le mettre à la raison. Il le poursuivit avec tant de vigueur et de persévérance, qu’il le réduisit à venir lui demauder pardon, une selle de cheval sur le dos. Foulques , le voyant prosterné devant lui , dit, en lui mettant le pied sur le cou: 7 es vaincu, tu es donc enfin vaincu. — Oui, répondit Geofroi , je le suis par mon père ; mais pour tout autre je suis invincible. Celte repartie, également noble et respectueuse, jointe à la posture du suppliant , désarma le père et le réconcilia parfaitement avec son fils. ( TVillalm Malmesb., L. 5, p. 97.)

Geofroi Martel, l’an 1040, ayant achevé la construction de l’église de la Tiinité, en fit célébrer la dédicace avec la plus grande solennité. La charte qui fut e'xpédiée à ce sujet par ses ordres, et qu’il souscrivit avec les personnes les plus qualifiées, présentes à cette cérémonie pour en conserver lc’Souvenir, renferme aussi la fondation de ce monastère ; ce qui a fait croire faussement à plusieurs modernes qu’il n’avait été commencé qu’en 1040. Cette même année, Geofroi, de concert avec son épouse , fonda da collégiale de Saint-Georges dans l’enceinte du château de Vendôme; et depuis ce tems , le cri de guerre des comtes de Vendôme fut saint Georges. La mort du père de Geofroi Martel, arrivée dans ces entrefaites, lui ouvrit la succession au comté d’Anjou.

L’an 1046, Geofroi Martel et sa femme vont rendre visite au roi de Germanie, Henri III, et à la reine Agnès , son épouse, fille de la comtesse Agnès et de Guillaume V, duc d’Aquitaine, son premier mari. Dans cette entrevue qui se fit à GosLr en Saxe , le roi de* Germanie , à la çour duquel Foulques l’Oison s’était retiré , parla si efficacement en sa faveur à Geofroi, qu’il l’engagea à lui rendre la moitié du comté de Vendôme. De Goslar, Geofroi et sa femme accompagnèrent le roi et 1» reine dans leur voyage d’Italie , el assistèrent à leur couronnement impérial, qui se fit à Rome le jour de Noël de la même année. ■ S’étant ensuite avancés jusqu’au mont Gargan dans la Fouille, ils reprirent la route de France, rapportant de leur voyage diverses reliques dont Henri III leur avait fait présent, et enlr’autres un petit vase d’une espèce de cristal, contenant,

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