XII
^go CHRONOLOGIE HISTORIQUE
%e!on les autres. Il eut part aux malheurs qu’elle essuya sur II route et depuis son arrivée en Palestine. Guillaume de Tyr dit qu’il iut tué à la bataille qui se donna contre les Sarrasins le 27 mai 1102. L’auteur des gestes des seigneurs d’Amboise raconte qu’il fut seulement pris à cette journée , et qu’ayant été cou» doit avec les comtes de Bourgogne et de Blois , sans qu’on les connût, dans les prisons -d’Ascàlon ,. ils'y furent tués à coups de flèches par la trahison d’un autre prisonnier qui, les ayant fait 'connaître aux Musulmans , obtint par là sa liberté. Il laissa de son mariage trois fils : Geofroi , qni suit ; Eschivard, qui continua la Branche de Preuilli ; et, si l’on en croit Maan, Angebaud , archevêque de Tours ; ce qui ne paraît pas vraisemblable à Ménage. La chronique de Saint-Martin de Tours dit que G eofroi * J ou rdain était goufalotrier de cëtte église.
. . ' » GEOFROI , dit GRISEGONELLE.
,itoa. G*o?*oi , dit GRiSBOONrtiT.E , delà couleur de sa casaque, succéda dans le comté de Vendôme à Geofroi-Jourdaiu son père. L’an 1 1 1-8 , au mois de décembre , it combattit, pour le comte d’Anjou-, à la bataille d’Alençon , gagnée par ce dernier contre le roi d’Angleterre. Après avoir battu ce prince, les vainqueurs le poursuivirent jusqu’è Séez. D’anciens monuments
Îortent que dans cette poursuite le comte Geofroi logea dans l’abaye d’Almenêohe.d’où il emporta les corps de saint Crodegran, évêque de Séei , et de sainte Opportune, sa sœur, qu’il déposa dans l’église castrale de Vendôme, Geofroi fut injuste envers l’abbaye de Marmoutier , qu’il vexa dans ses possessions situées eu comté de Vendôme. Il eut dans la suite des remords de cette conduite , et vint eu faire satisfaction , l’an 1120, dans le chapitre de Pabbaye. (Mabii. , Ann. T. VI , p. 52.) La dévotion du tems le porta , l’an 1 124 , à faire le pèlerinage de Saint-Jacques eu Galice. Le jour de son départ est marqué dans un acte du cartulaire de l’abbaye de Vendôme (fol. 217 , v°.) , à l’occasion d’une contestation qu’il eut avec i’abbé Geofroi, touchant un serf nommé Etienne Popinel , que celui-ci avait mis en liberté du consentement de son chapitre. Le comte, trouvant mauvais que cela eût été fait sans sa permission , arracha la charte de inauumissiou que Popinel portait attachée sur sa tête le jour qu’il l’obtint afin de la rende visible àt-out le monde; Mais l’abbé Geofroi lui prouva , en présence de plusieurs témoins respectables, qu’il pouvait, sans le congé de personne , affranchir ses serfs. Ce qui arriva , dit l’acte, le jeudi de la première semaine de carême (27 février) de l’an 1 124.
Geofroi , l’an 1 1 5a ou environ, recommença la guerre avec
»E9 COMTES, PUIS DUCS, DE VENDOME- /j^ït
Sulpice de Chaumont ,. seigneur d’Amboise, au sujet des Cam~. nuindïses , dont ce dernier continuait de jouir, comme ses pré-», décesseurs, dans te comte' de 'Vendôme. Bouchard de Saint-A~ mand, sénéchal du comte étant entre' à main armée sur les terres de Sulpice, donna dans une embuscade où il fut pris par. ce seigneur , qui l’emmena prisonnier avec sept chevaliers au château d’Amboise. Geofroi fit ses efforts pour avoir sa revanche. . Mais Sulpice étant venu l’attaquer dans ses propres foyers, le,
Frit lui-même dans un combat avec quelques-uns des siens , et.
envoya faire compagnie à son se'néchal dans la tour d’Amboise.;. ( Spicil . T. X, p. 5io.) Geofroi ne recouvra la liberté qu’eu, promettant à Sulpice de le laisser en paisible jouissance de ses. coraniandises.
Le comte de Vendôme fut, l’àn ii36, de l’expédition que fit. Geofroi Plantagenet en Normandie. Dans la même armée se, trouvaient les comtes de Poitiers , de Ponthieu , et Guillaume , fils du comte de Nevers. Ordéric Vital dit que tous ces chefs commirent de si horribles dégâts dans la province , qu’on les. appela , ainsi que leurs soldats , par mépris , Hilli-becci. Au retour de cette campague , le comte de Vendôme entreprit le voyage de la Terre-Sainte. Mais s’étant mis en route, la mort le surprit à Saint-Gilles en Languedoc, comme il était sur le point de s’embarquer. Il avait épousé, l’an i io5 , Mahaut , fille de. Hugues , vicomte de Châteaudun, et veuve de Robert , vicomte, de Blois : mariage dout Ives , évêque de Chartres. , tâcha de le, détourner, comme on le voit par sa lettre 129, sur une fausse, généalogie par laquelle il voulait lui prouver qu’il était proche, parent du premier mari de Mahaut. Mais Geofroi , mieux instruit de sa parenté , ne tint compte des semonces ni des menaces du prélat. De cette alliance sortirent deux fils , Jean , qui suit ; Geofroi qui accompagna sou père dans l’expédition dç Normandie , dont on vient de parler j et une fille, Marie, femmç d’un seigneur de Fréteval.
JEAN Ier.
• 1 1 36 au plus tôt. Jean I*r , fils et successeur de Geofroi Grisegonelle , commença son gouvernement par reprendre U guerre
3ue son père avait eue avec Sulpice de Chaumont , seigneur ’Amboise ; en quoi il fut aidé par Renaud , seigneur de Château-Renaud. Celui-ci avait un grief personnel contre Sulpice , en ce cpi’il l’avait contraint de donner une portion de sa terre à Geofroi, son frère. Sulpice fit face à ces deux confédérés : dans un combat qu’il leur livra, il les mit eu déroute , et fit prisoaaier le comte de Vendôme, qu’il renferma dans le château dfe
Chaumont. ÇSpicil. T X , pp, 372 et 375.) L’histoire ne dit pas £n quel terris il le relâcha. Jean, depuis sa délivrance , fit de grands biens a 1 église collégiale de Vendôme, et donna , l’an 1147, une partie de la fotêt de G^tinea l’abbaye de la Trinité. L an 1 161 , il défendit vigoureusement , avec ses deux fils, Bouchard et Laricelm , son château de Vendôme , attaqué par Thibaut, comte de Blois , qui avait promis d’avance à ses soldats de leur distribuer le trésor de l’abbaye. ( Chronologie Fin docin.)
Le comte Jean reçut à Vendôme, l’an 1170, les rois de France et d Angleterre, qui s’y étaient rendus pour traiter de la paix.^( Bened. Peiroburg.') Il se déclara, l’an 1173, pour le Toi d Angleterre, Henri II , contre ses fils rebelles , appuye’s du roi de France , et amena du secours au premier dans la Normandie , qui était devenue le théâtre de la guerre. ( Ibid. ) Peu- «uit son absence, Bouchard, son fils aiué, prit des mesures P°u.r empêcher son retour, et s’empara du comté de Vendôme. Mais il fut chassé lui-même, le 5o novembre de la même annéo. par le Roi d’Angleterre , aux enfants duquel il s’était associé. (Roger de Hovedeu. ) Le comte Jean fut alors rétabli dans les domaines dont son fils dénaturé l’avait dépouillé. Il y a bien de 1 apparence qu il rendit presque aussitôt ses bonnes grâces à Bouchard , puisqu on voit que depuis ce temps celui-ci partageait le titre de comte avec son père. Le comte Jean , après avoir été le bienfaiteur de l’abbaye de Vendôme , en devint le persécuteur, au point que les religieux furent obligés de se réfugier au prieuré de LevièreS, près d’Angers, où ils restèrent l’espace de quatorze mois. Jean de Salisbéri, évêque de Chartres, prit leur défense, ét frappa le Comte d’excominunicatiou l’an ti77. Celui-çi étant allé trouver le cardinal de Saint-Chrysogon , légat en France , lui fit des soumissions au moyen desquelles il obtint , à la recommandation du roi d’Angleterre, qui était présent , son absolution. Mais à son retour, il prétendit ne s’être point obligé à tout ce que l’évêque de Chartres exigeait de lui. Comme le légat, en l’absolvant, avait resserré les droits de l’évêque diocésain , ce dernier , au lieu d’entériner la grâce , confirma sa sentence, et tint le coupable , durant l’espace de trois ans , dans les liens de l’excommunication. Cette sévérité produisit à la fia un salutaire effet. Touché .de repentir,. le comte Jean vint se présenter nu-pieds au chapitre , demanda pardon à l’abbé et aux moines avec promesse de réparer les torts qu’il leur avait faits, et fut ensuite (l’an 1 180) absous par le prélat. ( Archiv . de Fendôme.) ....
Le roi Philippe Auguste , l’an 1,188, poursuivant Richard, duc d’Aquitaine, prend sur sa route le château àe Vendôme,
DES COMTES, PUIS DüCS , DE VENDOME. 49^
où le comte de Meuîent avait mis une garnison pour le roi d'Angleterre. Ce comté, depuis Charles Martel , n’était plus qu’un arrière fief de la couronné , et relevait immmédiatement de celui d'Anjou. Philippe ne garda pas long-temps sa conquête $ car la chronique d’Anjott dit que Richard , Vers la mi-août de la même année , réduisit en cendres le château de Vendôme. Si’ cela est , il fut bientôt rebâti , comme on le verra dans la suite. • v
Philippe et Richard s’étant réconciliés , l’an 1189, polir faire la guerre au roi, père du second, attirèrent le comte de Vendôme dans leur parti , ou du moins l’engagèrent à garder la neutralité. Mais comme il cheminait un jour sans armes , le vicomte deChâteaudun , partisan du roi d’Angleterre , le surprit, et le blessa si grièvement, qu’ôn désespéra d’abord de sa vie. Néanmoins , dit Benoit de Petérborough , il gUérit parfaitement tîc sa blessure. Le roi de France fut d’autant plus irrité , ajoutet-il , de cette incartade du vicomte , qu’en passant et répassant èur ses terres, il ne lui avait fait aucun dommage.
Le comte Jean entreprit, Pan 1190 , le voyage de la Terre- Sainte. Il mourut au retour, l’an 1192, dans le prieuré de la Charité-sur- Loire , après y avoir-pris l’habit religieux , suivant tine charte de Bouchard son fils , rapportée par Ménage. ( Uist . de Sablé , p. 45*) Ainsi Roger de Hoveden se trompe en disant <pi’il moOrut au siège d’Acre l’an 1190. Il avait épousé en premières noces , Beuthe, fille et héritière de Geofroi , châtelain du Puy-du-Fou , de Podio Fagi , dans le Poitou, laquelle , dit ia chronique de Saint Maixent, ‘lùi 'apporta en dot les terres que 'Mathilde , sa mère, avait eues de Hugues de Lusignan, son rpèi*e , dans le Poitou. De ce mariage il eut Bouchard , qui suit ; 'Ijancelin , mort avant t r88 ; Geofroi et Mahatit femme de Henri, comte de Trégnier. ( Marlenne, Ampliss . Col. T. V. col. ii52. j HiCHiiiDE de Lavardin , sa secondé femme, lui donna Jean dont on a une charte de l’an i2o5 , par laquelle lui et sa mère donnent à Pabbaÿe de Vendôme tout ce qu’ils possédaieut dans le lieu et territoire de la Chartre , à condition de célébrer à perpétuité leur anniversaire ) Geofroi , seigneur de Lavardin , qui fit aussi du’ bien à la même abbaye, comme il est marqué dans une -bulle d’innocent III , confirmative du -titre de cardinal , accordé
Ear Alexandre II aux abbés de Vendôme, et datée du 23 décém* re-1204 j bulle qui n’a pas encoTe vu le jour. Barthélemi , • doyen , puis archevêque de Tours , était , suivant D. Liron , tin troisième fils du comte Jean et de Rrchilde. De ce mariage vint aussi une fille, Agnès , femme de Sulpice d’Amboise.
Chronologie historique