‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 282 sur 296 · BOUCHARD IV · texte numérisé non relu

BOUCHARD IV

1192. Bouchard IV prenait, comme on l’a dit , le titre Jecomte de Vendôme du vivant de Jean son père, auquel il succe'da. Dans le même tems que le père maltraitait , de la manière que nous l’avons raconte, l’abbaye de Vendôme, le fils , de sou côté , ne la ménageait pas plus , exigeant des droits de procuration ou de gîte dans les terres de ce monastère, imposant des tailles sur ses hommes, et lui* contestant une partie de sa justice criminelle. Leroi d’Angleterre, Henri II, comme suzerain du Vendômois , en qualité de comte d’Anjou, mit fin à ces entreprises par son jugement rendu la même année que le comte Jean obtint son absolution , c’est-à-dire, l’an 1180. Il y est dit que le comte Bouchard et les comtes ses successeurs ne pourront prétendre aucun droit de gite ni lever taille dans les terres de l’abbaye, moyennant la somme de trois mille sous, que les religieux seront tenus de lui payer dans les trois cas suivants ; savoir, lorsqu’il mariera sa fille aînée , lorsqu’il fera pour la première fois le voyage de la Terre-Sainte , et lorsqu’il sera pris à la guerre, soit en la faisant pour lui-même, soit en combattant pour le comte d’Anjou. A l’égard du duel judiciaire , le monarque règle que, s’il concerne des hommes du lieu qui soient de part et d’autre vassaux de l’abbé , lui seul eu connaîtra ; s’il est entre un homme du comte et un homme de l’abbé , l'affaire ressortira au jugement du comte ; et si la cause est de nature que la mort ou la mutilation des membres doive s’ensuivre, l’homme de l’abbé, succombant , sera renvoyé à la justice du comte. Si au contraire le vaincu n’encourt pas ces peines , alors la connaissance en appartiendra à la justice de l’abbé. Il est dit, à la fin de l’acte, que cette composition demeurera ferme et immuable au cas que le souverain pontife veuille l’approuver. Mais, par provision . le roi en fit jurer l’observation a Bouchard et à Geofroi son fils, qui étaient présents. ( Original du Chartrier de l’abbé de Vendôme. )

L’an 1194, Robert, comte de Moulent, ou son lieutenant, à qui Richard, roi d’Angleterre, avait confié la garde de Vendôme , ferma les portes de cette place au roi Philippe Auguste. Ce prince , venant de brûler Evreux , marchait à la poursuite du roi Richard , suivant Guillaume le Breton , ou était poursuivi par l’Anglais, suivant Roger de Hoveden. Le premier de ces deux écrivains dit que Philippe Auguste força Vendôme, malgré sa triple enceinte et sa forte garnison, et qu’il y fit prisonnier* soixante-deux chevaliers :

DES COMTES, POIS DOCS , DE VENDOME. . 4q5

ICastrurn fortè nimis populosà gente repletum....

-Coi tarnen hatul prodest quicquam munilio ducta Circuiiu iriplici, ncc taniæ copia gentis,

Quin vi cogatur libiio se dedcre Regis.

In quo K ex. Equités captos in vincula trusit Sexaginia duos , arcem inurosqnc tucnles,

Hoberli Coraitis Mellenti signa seculos.

Robert de Hoveden dit au contraire, p. 741 , que Vendôme, 'n’étant point encore ferme' de murs, reçut le roi de France dès qu’il parut. Il ajoute que, Richard, étant arrive' à son tour devant cette place, campa dans la plaine, attendant avec autant d’impatience que de sécurité' la bataille que le roi de France lui avait annonce'e j mais que , voyant qu’il la de'clinait , il alla le surprendre, le 4 juillet, à Fréteval, d’où il l’obligea de fuir jusqu’à Cbâteaudun , après lui avoir enleve' ses archives et sou bagage. Le dernier fait n’est malheureusement que trop ve'ritable, et n’est contredit par aucun écrivain français. Mais sur l’état du château de Vendôme au tems de Philippe Auguste , il semble qu’on doit plutôt s’en rapporter au témoignage d’un écrivain national et contemporain qu’à celui d’uu étranger. Le comte Bouchard mourut en 120a, suivant la chronique d’Anjou. Il eut . d’ Agathe , dame de Lavardin , qu’il avait épousée avant l’an 1 185 X morte le jour de l’Exaltation , 14 septembre-, on ne sait en quelle année , mais avant son époux) , Jean , père de Jean II, qui suit , et décédé, suivant le P. Anselme, l’an iiq5 ( Maimbourg et Ménage disent qu’il fut tué au siège d’Acre i an 1191 )$ Raoul , dont le sort est inconnu ; Geofroi , qui vivait encore en 1206; et une fille, nommée Agnès. Ces enfants sont nommés avec leur mère dans la charte , sans date, d’une donation que Bouchard fit de la terre de Varenné au prieuré de Lavardin. ( Archiy. de Marmoulier . )

JEAN II

1202. Jean II, petit-fils de Bouchard par Jean 'son père , devint le successeur de son aïeul au comté de Vendôme. L’au 1206, au mois de septembre ( Hist. de Sablé , p. 47) > il confirma, en présence de Geofroi, son oncle, une donation de dix livres de rente, faite au monastère de ta Charité par le comte Jean Ier, qu’il appelle abavus meus , mon trisaïeul , confondant apparemment abavus avec proavus , bisaïeul, puisqu’il n’était que l’ardère -petit-fils du comte Jean. En effet , par d’autres chartes qu’il donna la même année et la suivante, en faveur de l’abbaye de Vendôme, il se dit petit-fils du comte Bouchard. II mourut san» lignée, et peut-être sans avoir été marié, l’an 1207^

4g6 * CHRONOLOGIE HlSTORÎQÜft

mu retour d’un pèlerinage qu’il avait fait à Saint-Jacques et) Galice.

JEAN III

1207. Jean III, fils de Geofroi de Lavardin, suivant une charte de Saint-Georges-des-Bois , dont nous avons la copie sous les yeux, petit-fils du comte Jean Ier, fut surnommé l’EecuÉsus* tique, parce qu’il était trésorier de la capitale d’Angers et prévôt de la collégiale de Vendôme. Comme plus proche parent du comte Jean II , il fut son successeu' au comte' de Vendôme, $t quelque tems après, il quitta le clergé pour se marier. II confirma, l’an i2t 1, les donations que ses prédécesseurs avaient faite* à l’abbaye de SaintrGeorges-des-Bois ; et voici l’ordre où il le» range dans la charte qu’il fit expédier à ce sujet : Sicttl Gofridus Grisagonella , etJoannes filius ejus et Bochardus Jilius Joannis, antecessores mei , dederuut. Jeau nous apprend encqre dans cçt acte que partie de ces donations avait été faite à la prière de Geofroi de Lavardin, son père, par le comte Bouchard : Terrçm illant , quant prœdictus Cornes Bochardus dédit ad petitionem Gofridi Laverdini patris mei. Il transigea , l’an 1 2 1 5 , au mois de septembre , avec l’église de Chartres , sur la haute justice de la prévôté de Massangis , et d’autres droits qu’elle lui contestait, et dont il se déporta, à condition qu’elle ferait à perpétuité son anniversaire, se réservant néanmoins le droit d’obliger les habitants de Massangis à venir monter la garde dans son château de Vendôme, et à le suivre dans ses expéditions militaires , pourvu qu’ils pussent revenir le soir chez enx. Cette transaction fut faite du consentement de Marie de CHATitWi», sa femme , sœur de Gauthier, comte de Saint-Pol. (Du Chesne, Hist. de la M. de Chdtillon , L. 2 , pr. , p. 29. ) L’an 121 5, il fit faire une réforme dans -le chapitre de la collégiale de Vendôme. Le P. Anselme dit qu’il fut de l’assemblée des grands du royaume , convoquée à Soissons par le roi Philippe Auguste pour délibérer sur la guerre contre l’Angleterre , et qu’il y fit serment avec les autres seigueurs , d’assister le monarque dans cette entreprise. Il mourut sans enfants, l’an 1218, suivant le même auteur.

JEAN IV, dit DE MONTOIRE.

1218. Jban IV, seigneur de Montoirc , dont il conserva le nom, fut le successeur du comte Jean III, son oncle. Il était peut-être marié dès-lors avec Eglantine , dont on ignore la naissance. Il assista , l’an 1326, à l’assemblée quç tint le roi

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