FRANÇOIS DE BOURBON. L
1478. François, né l'an 1470, successeur du comte Jean son père, à l’âge de huit ans, représenta, l’an 1484» COI*de, de Toulouse au sacre de Charles VIII. Ce monarque unit en-sa laveur, cette même année , au comté de V endôme , avec exempt
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tion d’hommage envers le comte du Maine, la terre de Montdoubleau , que son aïeul , le comte Louis de Bourbon , avait acquise, en 1406, de Charles de la Rivière et de Blanche de Trie, son épouse, fille de Charles de Trie, comte de Dammartin.
Le comte de Vendôme assista, l’an 1488, an lit de justice que le roi Charles VIII tint pour faire le procès aux ducs d’Or- Je'ans et de Bretagne; et l’on doit lui reprocher comme une faiblesse de s’y être laissé précéder par deux nonces du pape.
( Mss. de Fontanieu. ) MM. de Sainte-Marthe se trompent en disant qu’il accompagna le même monarque à la conquête du royaume de Naples. Il est certain, comme l’observe Coin mi nés, que le roi le laissa en France, pour des causes qu’on ignore, en partant pour cette expédition. Mais, l’an 1495, après la bataille de Fornoue, apprenant que Charles D’atleudail qu’un renfort de Suisses pour en livrer une nouvelle, il partit en poste pour aller le joindre. 11 ne revint pas de ce voyage, etmourut de la dyssenterie à Verceil , le 60 octobre de cette année , à l’âge de vingt-cinqans. Dece trespas, ditAndréde la Vigne, leroy fut tant fasché que merveilles , ensemble toute la seigneurie de F rance , et non sans cause ; car cestoit un des beaux et des bons princes du monde. Son corps fut rapporté à Vendôme et inhumé dans la collégiale de Saint-Georges. Il avait épousé, le 8 septembre >1487, Majue de Luxembourg, veuve du comte de Romont (morte le premier avril 1546 (V. S.}, avec le glorieux titre de mère des pauvres. ) Elle lui avait apporté en dot les comtés de Saint- Pol, de Marie et de Soissons, ta vicomté de Meaux , les seigneuries de la Fère, d’Enghien , de Coudé, de Gravelines, etc. Ce fut elle qui fonda la verrerie de la Fère , qui, est devenue la plus belle du royaume, et peut-être de l’Europe. ( Voyez Marie, comtesse de Saint - Pol. ) De ce mariage sortirent quatre fil» et deux filles. Les fils sont : Charles, qui suit; Jacques, mort peu après sa naissance; François , comte de Saint - Pol , tige des ducs d’Estouteville; et Louis , cardinal-évêque à la fois de Laon, de Tréguier, et archevêque de Sens : les filles, Antoinette, femme de Claude de Lorraine , duc de Guise , puis d’Aumale; et Louise , abbesse de Fontevrault.
CHARLES DE BOURBON , premier duc de Vendôme.
149^- Charles, né le 2 juin 1489, succéda en bas âge, sou* la tutelle do sa mère , au comte François , son père , dans les comtés de Vendôme, de Soissons, de Condé, dans la seigneurie de la Flèche, etc. Il accompagna le roi Louis XII en son expédition d’Italie, assista, l’an 1507, à la prise de Gênes, combattit
DÈS COMTES, PÜIS DIC5, DE VENDOME. 5û(J
à la bataille d’Agnadel, gagnée sur les Yc'QÎtiens en i5og , et fut créé chevalier sur le champ de bataille. Au sacre de François Iar, il repre'senta le comte de Flandre. Ce monarque, en reconnaissance des services de Charles, c'rigea le comte' de Vendôme en duché-pairie, par ses lettres du mois de février 1 5 1 5- (N. S.) Charles, nommé vers le même tems, ou peu auparavant, gouverneur du Valois , suivit ce prince à la conquête de Milan, et se signala à la bataille de Marignan , où il eut son cheval tué sou$ lui de trois coups de pistolet. Nommé gouverneur de Picardie en i5i8, il rendit inutiles, par son habileté, les tentatives que le comte de Surrey, général anglais, fit sur cette province en ID22; il tint pareillement eh échec, l’année suivante, le comte de Suffoldk , obligea le comte de Nassau à lever le siège qu’il avait mis devant Mézièjres , démantela Landrecies , et prit Hesdin. Le mécontentement, la révolte et la confiscation des bien* du connétable de Bourbon, son cousin, n’ébranlèrent point sa fidélité. Elle était si connue, que le roi, se disposant à partir
Îiour l’Italie, ne fit point de difficulté de lui confier, l’an i524, a défense de Paris, de Pile de France et de la Picardie. Une puissante armée des Impériaux s’e'tant jetée dans cette dernière province , il rendit leurs efforts inutiles , et les empêcha d’y faire aucun progrès.
Le duc de Vendôme, l’an i525, lorsqu’on eut appris en France le malheur du roi, fait prisonnier à la bataille de Pavie, donna une marque éclatante de sa graudeur d’âme et de sou amour pour le bien de l’état. Des mécontents en graud nombre , prélats, guerriers et magistrats, imputant à la duchesse, mère du monarque les calamités qu’éprouvait la nation, souffraient impatiemment que son fils , en partant , l’eût déclarée régente du royaume jusqu’à son retour. Echauffés par l'esprit de faction, ils députèrent au duc de Vendôme pour l’engager à se saisir de* * rênes du gouvernement , comme étant le premier prince du sang capable d’agir pendant la minorité du duc d’Alençon et l’absence du connétable de Bourbon. C’était l’exhorter, sans que peut-être ils s’en doutassent, à mettre le comble aux maux de la France, en excitant une guerre civile. Sa réponse fut bien propre è confondre ceux qui s’acquittèrent de cette odieuse commission : Messieurs , leur dit-il , je vais à Lyon recevoir les ordres de madame la régente , qui m’appelle avec tous les grands du royaume pour travailler à la liberté du roi et à votre salut. La régente , admirant avec toute la nation une réponse si généreuse , nomma le duc de Vendôme chef des conseil» , et gouverna de concert avec lui. L’une de leurs premières opérations fut de racheter , aux dépens de l’état , les prisonniers qui avaient «été faits à la bataille de Pavie. Ils rendirent par là de brave* dé?-
Die
5io Chronologie historique
Censeurs â la patrie, et ranimèrent le zèle de tout le corps delà noblesse pour le service de l'état. La régeufe et le duc continuèrent d’agir avec la plus parfaite concorde; et l’on peut assurer que les démarches de la première , qui lui attirèrent le plus d’applaudissements, furent le fruit des sages conseils du second.
François Ier, de retour en France, sembla méconnaître les obligations qu’il avait au duc de Vendôme. Ce dernier avait épousé, le i8mai i5i5, .Françoise, fille de René, duc d’Alençon. Le duc Charles, frère de cette princesse, étant mort sans postérité l’an 15^5 , de regret d’avoir pris la fuite à la bataille de Pavie, Françoise et Anne , sa sœur, réclamèrent son immense succession , qui , indépendamment des biens patrimoniaux , comprenait les riches possessions» de la maison d’Armagnac, dont il avait hérité. « Il ne fallait en distraire que le duché' » d’Alençon et le comté du Perche, réputés apanages de la couy> ronue : encore même les deux princesses les répétèrent d’a- » bord, en prouvant que ces fîcfs n’avaient jamais été réunis à % la couronne, et que par conséquent ils ne devaient pas subir « la loi des apanages. Mais on n’eut aucun égard à leur de- » mande; et par un arrêt du parlement, rendu en 1326, la duj» chcsse de Vendôme , principale héritière , n’obtint que la 9 vicomté de Beaumont, les baronnies de la Flèche, de Sonnois, ® de Frênai , de Sainte- Susanne et de Château- Gonthier. » ( Ame des Bourbons , T. I, p. 319.)
Le duc de Vendôme , l’an 1627, après la mort du connétable de Bourbon , et tandis qu’on instruisait son procès , forma des demandes non moins justes , comme aîné de sa maison , pour être mis en possession du comté de Clermont en Beauvaisis , de celui de la Marche et de la seigneurie de Montaigut en Combraille. Mais à peine l’arrêt qui confisquait tous les biens du connétable eut-il été rendu, que le roi réunit à la couronne ceux que le duc revendiquait. La magnanimité avec laquelle il se vit évincé , ne lui permit pas de laisser échapper aucun murmure , ni de rien rabattre de son dévouement au bien de l’état. Il le fit bien paraître l’année suivante , lorsque , présidant à la fameuse assemblée tenue à Paris dans la grand’sallc dii palais , il porta la
parole sur la somme énorme de deux millions d’écus d’or (1),
( 1) Deux millions d’écus d’or au soleil : lVcu au soleil était h o3 carats et du poids de 64 grains trois cent vingt quatre cent vingt-septièmes; ainsi cet êca vaudrait présentement, à peu de chose près, 1 1 livres 3 sous 1 den. cent dix- . sept cent vingt -huitièmes ; par conséquent les deux millions d’ecus équivalent à u a , 3)5, q5o hv. 10 sous 5 den. de notre monnaie courante. Par te traité signé à Cambrai le 3 août 15*29, François 1er devait payer et paya effectivement celte même somme de deux millioas dvécus pour la rançon de ses deux fils. * ‘
. .. des Comtes, puis dccs. de tendqme* 5ii
qûc le roi demandait pour être donnée à Charles - Quint au lieu de la province de Bourgogne, qu’il avait promis de lui céder par le traité de Madrid. Sire , dit-il au roi, la noblesse vous offre la moitié de ses biens ; si la moitié ne suffit pas , la totalité y avec nos épées et tout notre sang jusqu* à la dernière goutte : mais je ne puis m'engager que pour les gentilshommes qui sont ici et qui environnent votre trône , Qu'il plaise donc à Votre Majesté d'ordonner aux baillifs d'assembler la noblesse de leurs districts ; et jf ose lui répondre qu'il n'jr a pas un seul Français , honoré du titre de gentilhomme , qui ne se fasse un > devoir sacré de suivre notre exemple . Il était bien sûr de n’être pas démenti. Le cardinal de Bourbon, frère du duc de Vendôme, donna les mêmes assurances au nom du clergé.
La France, en i<556, se trouva dans une nouvelle crise qui • l’exposait à être envahie de tous eûtes par ses ennemis. Le danger le plus éminent était en Picardie, ou les Impériaux, commandés par les comtes de Nassau et deRœux, exerçaient les plus affreux ravages. Le duc de Vendôme , envoyé pour défendre cette frontière, dout il était gouverneur , avec une seule légion ( six mille hommes ) , et trois cents hommes d’armes qui n’avaient jamais fait la guerre , fit lever aux Impe'riaux le siège ,-de Péronne défendue par le maréchal de Fleurange , reprit Guise dont ils s’étaient emparés , et fit échouer tous leurs projets en Picardie , quoiqu’ils fussent très-supérieurs en nombre. Il se disposait à porter la guerre , Pennée suivante , dans les Pays- Bas. Mais une fièvre maligne , Payant surpris dans Amiens , :1e conduisit au tombeau le jour des Rameaux, a5 mars i557 ••(N.S.), àl ’âge de quarante-neuf aus. Son corps fut transporté -à Vendôme et enterré dans la collégiale devant le grand auteL
• * Si l’histoire de France , dit l’historien de la maison de Bour- -» bon , offre des généraux plus brillants , plus habiles même que
• » Vendôme, elle ne présente pas de plus graud citoyen. L?a- » tnour de l’État étant sa passion dominante , biens, santé, vie, » jalousie et autorité du commandement , il était toujours prêt à
• » tout sacrifier lorsqu’il s’agissait de le défeudre ».
Ce prince avait fixé son séjour à la Fère-sur-Oise , oô naqui-
• rent tous ses enfants , qui furent au nombre de treize, sept princes et six princesses. Les fils sont, Louis , mort dans l’enfance , An-
• Toi ne , qui suitj François, comte d’Enghien , le vainqueur de
Cérisoles en 1 544 > à la Rochc-Guion de la chute d’un coffre que les princes ’bn jouant lui laissèrent tomber sur la tête le zl*) février Charles, dit le cardinal de Bourbon, arche-
vêque de Rouen , créé roi de France par la ligue, eu i58<), sous
-Je uom de Charles X; Jean, comte de SoissQOs; Louis , qui
5l2 chronologie Aistoriqob
a donné l’origine aux princes de Coude' : voyez à la suite delà maison de France , où la filiation en a été rapporte'e ; les filles , Marie , morte de regr.et , dit-on , de ce que Jacques Stuard , cinquième du nom, roi d’Ecosse, à qui elle avait e'te' fiance'e , lui avait préféré Madeleine de France , fille du roi François I" ; Marguerite, femme de François de Clèves , duc de Nevers; Madeleine, abbesse de Sainte -Croix de Poitiers; Catherine, abbesse de Notre-Dame de Soissons ; Rende , abbesse de Chelles ; Eléonore , abbesse de Fontevrault. Le duc de Vendôme eut aussi d’une demoiselle de Gaud , nomme'e Nicole de Board , un fils naturel, connu sous le nom de Nicolas de Bourbon- Board, dont la postérité est éteinte. La duchesse Françoise , veuve du duc Charles , lui surve'cut jusqu’au i5 septembre i55o : elle eut pour son douaire la seigneurie de la Flèche avec celle de Beaumout-Ie-Vicomle , que le roi Frauçois I*r, en sa conside'ration , érigea, l’an i543, en duché; premier exemple d’uue pareille faveur accordée aux femmes. Ce fut elle qui fit bâtir, en i54°i le château neuf de la Flèche, qui fait aujourd’hui la face de la grande cour et un des corps de logis du college.
Le duc de Vendôme, Charles de Bourbon, devenu, l’an 1527, par la mort du connétable de Bourbon, le chef de sa maison , commença dès-lors à en porter les armes pleines , en supprimant trois lionceaux que la branche de Vendôme y avait ajoutés pour sa distinction.