‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 293 sur 296 · CÉSAR · texte numérisé non relu

CÉSAR

1598. César , fils naturel de Henri IV, roi de France, et de Gabrielle d’JElrées , duchesse de Beaufort, né au château de Couci en Picardie dans- le mois de juin 1694* légitimé par lettres données à Paris au mois de janvier suivant , reçut du roi son père , par lettres du 5 avril 1 598 , enregistrées au parler ment le 8 juillet suivant, du très exprès commandement dudit Seigneur Roî , le duché-pairie de Veodôme avec- lè rang de la première érection faite en i5i4« ù la charge de réversion à la couronne au défaut d’héritiers descendants de lui en ligne directe. Ce qui avait arrêté l’enregistrement de ces lettres , c’était la persuasion* où le parlement était que tous les domaines qu’un prince avait* apportés en montant sur le trône , étaient irrévocablement réunis de droit et de fait au domaine de la couronne. Henri IV n’en convenait pas , et ce fut ce qui lui fit si longtems refuser son consentement à l’union de son patrimoine au fisc royal. » ' • • 1 *

Le décès de la duchesse de Beaufort, arrivé le vendredi-saint (*9 -avril) 1599, ht passer sur la tête de César, son fils, le duché dont elle portait le nom. Le roi , q>ère de ce jeune prince, lui fit épouser , au mois de juillet 1609 , Françoise de Lorraine, fille unique et héritière de Philippe-Emmanuel , duc de Mercœur, et de Marie de Luxembourg , duchesse de Penthièvre. ( Voyea les ducs de Penthièvre. ) A cette faveur le monarqne ajouta , dans le mois d’avril rôio, des lettres-patentes enregistrées la V> du même mois, par lesquelles il donnait rang à César soB

DÈS DOUTES,* POIS DUCS, DE VENDOME. $I<j

fils immédiatement après les princes du sang. L’an 1614» la reine Marie de Médicis , régente du royaume , instruite des liaison» du duc de Vendôme avec le prince de Condé , le fit arrêter prisonnier dans le Louvre , comme il était sur le point de se rendre dans son gouvernement de Bretagne pour y exciter des troubles*

Il trouva moyen bientôt après de s’évader , et se retira en Bretagne. Il se disposait à y lever des troupes ; mais le par** lement empêcha l’exe'cation de ce dessein. On négociait cependant un accommodement entre la cour et les princes. 11 fut conclu, le i3 mai de cette année 1614» à Sainte-Menebould, et le duc de Vendôme y fut compris. Mais le calme que pro-, cura cette paix ne fut point durable. L’an 1616 , le prince de Condé renouvela ses cabales à la cour. Le roi , s’étant assuré de sa personne , envoya Saint-Géran pour prendre le duc de Vendôme. Prévenu de cet ordre , il s’enfuit d’abord à Verncuil, ensuite à la Fère. La régente, voulant pousser about les factieux, fait rendre une déclaration (enregistrée le 17. janvier 1617), qui confisque et réunit au domaine les terres du duc de Vendôme avec celles des ducs de Bouillon , de Mayenne, de Nevers , et de leurs adhérents. Le duc de Vendôme devint le partisan de la reine-mère lorsqu’il n’eut plu» sujet de la redouter.. Sa haine s’étant tournée contre les ministre» » . qui l’avaient contraint de s’éloigner de la cour, il combattit t pour elle au Pont-de-Cé le 7 août 1620; mais il disparut au . milieu de l’action. Trois jours après, son duché de Vendôme: lui fut rendu par le traité que fit avec cette princesse le roi * son fils. Ce monarque s’étant mis en marche, l’an 1621, pour dompter les Huguenots, le duc de Vendôme seconda les intentions de sa majesté dans son gouvernement... Après avoir-' désarmé ceux de Vitré, disposés à se soulever, et pris des* mesures efficaces pour contenir tous les autres Protestants de . Bretagne , il alla joindre Louis XIII en Poitou, l’accompagna dans les differentes provinces méridionales du royaume, et. contribua beaucoup par sa vigilance et sa valeur à la réduction : d’un grand nombre de villes, il assista , l’an 1622 , au lit de justice, et y prit séance, comme il avait déjà fait à celui de 1619, après les princes du sang et .avant le duc d’Uzè«* Mais c’était , dit le président Hénault( sur l’an 1&98) en qualité » de duc de Penthièvre , dont la pairie était plus ancienne que celle de Beaufort et de Vendôme. Il y a dans cette opinion un petit inconvénient $ c’est qu’alors César de Vendôme n’é- . tait pas encore en possession du duché de Penthièvre 5 Marie, * sa belle-mère , qui s’en était réservé l’usufruit avec toutes les prérogatives , n’étant morte que le 6 septembre 1625. Il ne » pouvait donc, eu 1622, appuyer son rang sur. le duché de y

Pentbièvre: et en effet jamais il n’en a e'té question dans Ici contestations qui se sont élevées entre ce prince et ceux de la maison de Lorraine ou autres -princes non du sang, et notamment entre lui et le duc d’Eibeuf. Celui-ci prétendait qu’entre princes , l’ancienneté de la pairie devait prévaloir au parlement , et que le duc de Vendôme ne pouvait prendre rang que de la date de la donation du duché de Vendôme et non de celle de la première érection, parce que ce duché avait été réuni à la couronne. Mais c’était une supposition gratuite que cette réunion, que le duc de Vendôme niait , et que son adversaire ne pouvait prouver. ( Mèm . de M. Talon.)

L’an i625, César reprit, le 26 janvier , le Port-Louis , dont M.- de Soubise s’était emparé six jours auparavant. Un nouvel orage s’étant élevé, l’an 1626, à la cour , le duc de Vendôme entra dans la faction opposée au gouvernement, et y entra avec tant d’ardeur , qu’avant de partir pour la Bretagne, il osa dire publiquement qu’il ne reverrait jamais le roi qu’en peinture. Ce discours ayant été rapporté au monarque, il se rend- avec sa cour à Blois , où il fait venir le duc de Vendôme et le grand-prieur son frère. Tous deux sont arrêtés la nuit du H au 12 juin, et envoyés prisonniers au château d’Amboise , d’où ils sont transférés ensuite à Vincennes. Le gouvernement de Bretagne est ôté au duc , et donné , le 25 juin , au maréchal de Thémines. La duchesse de Vendôme reçoit ordre en même téms de se transporter de Bretagne au château d’Anet.

L’an i65o, le cardinal de Richelieu, cédant aux murmures du public, et aux sollicitations du comte de Soissons, rend la liberté au duc de Vendôme , mais à condition qu’il ira vivre hors du royaume. Il passe au service de la Hollande , et de l«x fait des voyages à Londres , où il a occasion de voir la reine-mère, Marie de Me'dicis , fugitive comme lui. Rappelé en France, il se retire dans ses terres sans paraître à la cour. Un nouvel orage s’élève contre lui eu 1641* U est accusé par un ermite d’avoir voulu l’engager à tuer le cardinal de Richelieu. Le roi , sur cette déposition , établit une commission pour faire le procès au duc de Vendôme. Le cardinal demande grâce pour le duc, et n’olitient qu’une suspension du jugement. Le duc était alors en Angleterre, où il s’était sauvé pendant l’instruction de son procès. Il revint lorsqu'il eut appris l’espèce de grâce que le roi lui avait faite, et renonça sincèrement aux cabales et aux intrigues de cour. La part que le duc de Beanfort . son fils , et le duc de Nemours , son gendre , prirent aux troubles qui durèrent depuis 1647 jnsqu’en i653 , ne lui fit rien entreprendre contre le service du roi- L’an 1 653 , il fit rentrer daVis le devoir les villes de Bordeaux et du Libourne, qui étaient révoltées. L’an 1 655,- le l*r octobre,

DES COMTES, PCIS DtlCS , DE VENDOME. 5it

ii mit en fuite la flotte d'Espagne près de Barcelonne. Il mourut * l’an i665 , le 22 octobre, dans la soixante-douzième année de sou âge. 11 avait épousé, comme on l’a dit, en 1609, Françoise,fille et unique héritière de Philippe-Emmanuel, duc de Mercœur et de Peuthièvre (1), prince de Martigues et d’Anet (morte à Paris le 8 septembre 1669, et enterrée anx Capucines), dont il eut Louis , qui suit ; François , duc de Èeaufort , né au mois de

{’anvier 1616, tué à la défense de Candie le 25 juin 1669; et Elisabeth , femme de Charles-Amédée de Savoie , duc de Nemours, tué en duel à Paris le 5o juillet i65a. ( Y oy. les ducs de Penlhièvre.) Le duc César fut inhumé chez les prêtres de l’Oratoire de Vendôme , pour lesquels il avait foudé le collège de celte ville.

Les prêtres de l’Oratoire , établis par ce prince , à Vendôme , ont succédé à une communauté ancienne de religieux , nommés les Frères Condonnés , Frntres Condonati , qui subsistait depuis plus de cinq cents ans , et dont on ne peut marquer précisément l’origine. Cette maison était exempte de la juridiction de l’Ordinaire , comme on le voit par une bulle du pape Nicolas V, de l’an i45o. La chapelle de Saint- Jacques de la Maison -Dieu de Vendôme y fut annexée l’an 1204. Les membres de cette communauté ne faisaient aucun voeu , mais ils s’engageaieut par un Serment à en observer les statuts. On érigea depuis en cette maison un collège gouverné par un principal et deux régents, à l’entretien desquels Jeanne d’Albret , reine de Navarre , affecta , l’an 1567, une prébende de la collégiale deSaint-Georges. Ce fut en 1625 que César, duc de Vendôme, leur substitua des prêtres de l’Oratoire, avec attribution de tous les fonds dont jouissaient la Maison-Dieu et le college: dotation qui depuis reçut encore de nouveaux accroissements ; ce qui a fait de ce collège un des mieux rentés comme un des plus florissants de l’Oratoire.

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