‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 292 sur 296 · HENRI DE BOURBON · texte numérisé non relu

HENRI DE BOURBON

t562. Henri , fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, né, le i3 décembre t553, au château de Pau, appelé dès sa naissance prince de Viane, puis duc de Beanmont(c'estBeaumont-le-Vicomte dans le Maine), eten ensuite prince de Béarn , fut reconnu duc de Vendôme après la mort d’Antoine , son

fière. Lorsque Jeanne d’Albret fut près de le mettre au monde , e roi, père de celte princesse, exigea qu’en accouchant elle chantât un cantique béarnais , lui promettant pour sa récompense une belle boite d’or avec une chaîne pareille. La condition ayant été remplie, le roi mit la chaîne au cou de sa fille’ et lui donna la boîte en lui disant Ceci est à vous , ma fille; mais , ajouta-t-il en prenant l’enfant dans sa robe,ceci est à moi. Il l’emporta en effet dans sa chambre , où il lui frotta les lèvres avec une gousse d’ail et lui fit avaler une goutte de vin. Le jeune prince lut élevé à la manière des autres enfants du pays , vêtu simplement , nourri de gros pain et de viandes communes , marchant toujours nu - tête , et s’exerçant à gravir avec ses camarades les rochers voisins du château de Coaraze, où il passa ses premières années. Le calvinisme. fut la religion que lui inspira sa mère, dans laquelle il fut confirmé par les leçons de Florent Chrétien, qu’elle lui donna pour précepteur. Dès qu’il fut en état de porter le» armes , il s’attacha au prince de Condé , son oncle , et à l’amiral de Coligni , sous lesquels il apprit l’art militaire. Il y fit de» progrès si rapides, qu’après la mort du premier, tué, l’ar* i56p, à la bataille de Jarnac, les Huguenots le reconnurent pour leur chef. 11 combattit, le 3 octobre de la même année, avec l’amiral de Coligni à la bataille de Moncontour, gagnée par le duc d’Anjou. L’an 1^72, il devint roi de Navarre , sous le nom de Henri III , après la mort de sa mère. Pour ne point nous répéter nous nous abstiendrons de retracer ici ce que nous avons dit ailleurs de la suite des événements de sa vie jusqu’à son élévation sur le trône de France. Il nous suffira, pac rapport au. présent article, de dire qu’environ trois mois ay-gut qu’il y parvint , Maillé-Bénehardj qu’il avait établi, gou*

5l8 CHRONOLOGIE HISTORIQÜ*'

verneur de Vendôme, le trahit, l’an 1589, en livrant, Iea5 avril , à Rosne , partisan du duc de Mayenne , la ville et le grand-conseil , qui s’y était retiré pour se soustraire aux fureur* de la ligue. (Du Tillet.) La meme anne'e, la couronne de France lui fut dévolue par la mort de Henri 111, assassiné le Ier août, sans laisser de postérité. Sur la fin de cette année, Henri, après avoir pris J an ville et Châteaudun par composition, vint se présenter devant sa ville de Vendôme , dont les habitants devenus ligueurs forcenés , ont l’insolence de lui fermer les portes ainsi que celles du château. Obligé d’en former le siège, il fait approcher quelques pièces d'artillerie. Mais le courage des assiégés ne répondit pas è leur entreprise : ils lâchèrent le pied au premier feu , et le roi entra dans la ville et le château. Le gouverneur, et un cordelier dont les prédications soutenaient les rebelles , furent pendus. Ce fut toute la vengeance qu'il tira de la félonie de ses vassaux. ( Ibid. ) L’an 1698, il donna le duché de Vendôme à l'un de ses fils naturels, qui suit.

Page 1