DES BURGRAVES DE NUREMBERG
IjE burgraviat de Nuremberg, en Franronie , lire son nom de ta capitale, appelée originairement Castrum noricum, aujourd'hui l'une des plus belles villes de l'Allemagne, sur la Pegnitz, qui la divise en deux parties, dont la jonction se fait par un pont magnifique. H est composé de la principauté de Culmbach et de Bareuth . qui forme le haut burgraviat , et du marquisat d'Onolzbach, ou d'Anspach, qui coustitue le bas burgraviat , ou le burgraviat de deçà les Monts. Plusieurs seigneurs de différentes maisons , et entr'autres les comtes de Hohenzollern , furent pourvus, au douzième siècle, par les empereurs, du gouvernement de Nuremberg , qui devint héréditaire entre leurs mains au siècle suivant.
CONRAD I
Conrad, Gis de Rudnlphe, comte de Ilolienzollern , se montre en qualité de burgrave de Nuremberg , dans une charte d'Eberhard , évéque de Bamberg, de l'an 1 il>.j. (Monum. Hoir. , t. V, pag. ibo. ) Ce fut à titre de fief masculin héréditaire , qu'il reçut ce gouvernement. Mais on voit que , dés l'an iay3, la succession en fut éventuellement accordée au» filles de Conrad. On prétend que , dans les dissensions des maisous de Guelfe et de llohenstauflen , qui agitèrent presque toute l'Allemagne, il se déclara hautement pour la dernière. 11 vivait encore en l'an 1200, s'il est le même dont la chronique des évéques de Spire , écrite au seizième siècle , dit : Anna taoo Conrudus cornes de Zolrt et Burgraeius in Nuremberg constUuli in prtzsatlia Ottoms IV Imperataris Homanontm castrum Rielpurg , quod ab ecclesia Sptrensi in feudum lenuit , in manu Conradi episcopi li&eri résignait, et i/iud ecclesia Spirensi in perptluum dimisit alsaiutum. (Eccard, Corp. Hislor., t. Il, p. aat>7 ). Ceci semble d'abord faire deux personnages de Conrad et du burgrave. Mais Jean de Mutterstatt , dans son Chrunicun Spirrnse , publié par Senelccnberg {Selecta Juris et Hist. , t. VI, p. 180), répétant la même chose et presque dans les mêmes termes , ne fait qu'un même personnage de Conrad , comte de Zolre , et du burgrave. Quoi qu'il en soit, il est certain que Conrad 1 était remplacé dans le burgraviat, soit par mort , soit par résignation , en 1191. On lui donne pour femme Marguerite DE VoHBOVItC, sœur de l'impératrice Adélaïde; c'esi la raison pour laquelle, selon M. Octter, l'empereur Frédéric avait donné le burgraviat en fiel héréditaire , a Conrad son beau-frère.
FRÉDÉRIC I
119t. Frédéric se trouve qualifié burgrave de Nuremberg dans un acte de l'an 1191 , donné a la diète de Saalfcld. (Oetter, t. 1, p. 370.) Ou dispute s'il fut le frère ou le fils
(*) Drruée arec le «courj de M. Ernit.
du précédent ; on se partage également sur la maison dont il était issu. M. Oetter, dans son Essai de P histoire des burgrades de N uremberg (p. 263), cite un diplôme de l'empereur Henri IV (VI) de l'ai) tiq3, et un autre de l'an 1199, dans lesquels Frédéric est expressément nommé comte de Zollern. On le rencontre aux diètes de l'empire, tenues en 1208 et iai4> H mourut, suivant les archives de l'abbaye d'Heilbronn, l'an tai8. De sa femme , nommée Sophie, veuve d'un prince de Bohème , nommé Udalric , il laissa Conrad et Frédéric , qui suiveut , et d'autres enfants.
CONRAD 11 et FRÉDÉRIC II.
1218. Conrad II et Frédéric 11 gouvernèrent en commun les étals de Frédéric I , leur père. Dans l'inscription du sceau attaché a la charte de quelques privilèges qu'ils accordèrent , l'an 1246, à l'abbaye d'Heilbronn, ils sont qualifies burgraves. Mais , outre cela , Conrad y est nommé comte de Zollern, et Frédéric y porte le titre de comte d'Abenberg. L'an ia:<9, Conrad 11 , avec un autre Conrad, dit le Jeune, qui sans doute était sou fils, acheta d'Albert et Louis d l flenheim la part qu'ils avaient au château de Viernsberg, dont la seigneurie avait été acquise par Conrad, l'an ia35, de Go defroi , comte de Hoheiitohe. C'est pour la dernière fois qu'on rencontre d.ms les chartes le burgrase Frédéric. Conrad, son frère , fut le conseiller de l'empereur Frédéric 11 , qui lui confia l'éducation de ses deux fils, Henri et Conrad, et lui donna ensuite le gouvernement de l'Autriche, après avoir pris possession de ce dur.hé. Ce seigneur se produit pour la dernière fois, l'an 12G0, djns une charte, où, du consentement de Conrad , son fils , il fait quelques donations à l'ablwye d'Heilbronn. Il doit tire mort peu de teins après. Sa femme, Elisabeth , sœur de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, lui donna Conrad, mort sans postérité; Frédéric, qui suit; Adélaïde , matiéc a Rapoton , comte palatin de Rivière, de la maison d'Orlenbcrg ; et une autre fille , alliée à 1111 seigneur de lie idetk, a moins, dit M. Oetter ( pag. 3i3 ), que ce ne soit la même AdtUidc , remariée à ce seigneur.
FREDERIC III
Frédéric , fils de Conrad II , suivant l'opinion la plus commune, ou, selon M. Oetter, de Frédéric I (ce qui ne paraît pas le plus vraisemblable), devint burgrave de Nuremberg, l'an ia6i au plus lard. 11 souscrivit un diplôme en celle qualité, le i5 décembre latia. (Oeffelii Script. Rer. boir. t. I , p. 71G.) 11 était alors marie depuis lotig-tems, et avait épouse, l'an 124K, Eusareth, fille d'Ot Ion le Grand, duc de Merauie, sir>ur du dernier duc de celle maison, veuve, selon les uns, de Herdge de Gruudlarh. et, selon les autres, d'un comte de TruhcnJitigeu. Après le meurtre d'Oilon , soi»