CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES BURGRAVES DE NUREMBERG
beau-frère, dernier duc «le Méranie, il eut pour sa succession des démêlés avec l'evcque de Bamberg, frère du défunt, et de art et d'autre on se tint prêt à vider la querelle par la voie 's armes. L'évêque de Wurtzbourg s'entremit pour accommoder les parties ; mats on ignore quelle fut précisément l'issue de sa négociation. On voit uéanmoins que Frédéric recueillit l'héritage litigieux des seigneuries de Bareulh , de Cadolzbuurg et de Langenzenn , outre quelques biens situés au comté de Bourgogne, qu'il vendit , en ia5b', a Hugues, qui possédait ce comte, ne se réservant que l'avoucrie de Besançon.
Frédéric , autant par ses qualités personnelles que par son opulence, devint un personnage important dans l'empire. Conrad de Hnhenstaimen et Guillaume de Hollande, qui se disputaient le trône impérial , recherchèrent , avec un égal empressement, son amitié. Après la mort du premier, il devint le conseiller de Cooradin , son fils, dont il reçut une visite en 1367.
Dans la diète qui se tint , en 1273, pour l'élection d'un nouveau roi des Romains , Frédéric fut un des premiers qui se déclarèrent pour Rodolphe , coinle de Habsbourg. Député par cette assemblée pour lui porter la nouvelle de. son élection , il assista ensuite a son couronnement , et reçut de lui , en cette occasion, l'investiture du burgraviat de Nuremberg, romiaam burgrave in Nuremberg ; ce qui , selon M. Pauli , prouve la possession du territoire. Mais un autre savant d'Allemagne, M. Drenker, dans une dissertation latine, publiée, l'an 1784, à Erlang, en Franconic, prétend <|ue la dignité de prince et la souveraineté territoriale , ont appartenu, long-tems avant relie investiture, aux burgraves de Nuremberg. Frédéric, à l'époque dont nous parlons - n'avait que des filles, dont l'aînée, Mjrie , avait le comté d'Oëuingen. Il obtint, non-seulement pour lui-m£me , mais encore pour celte fille , et les enfants «1rs deux sexes qui naîtraient d'elle , et , à leur défaut , pour ses autres ûlles , le droit de succéder à tous ses liefs; ce qui lui fut accordé ex liberatitale et gratin speriaU, et fut confirmé , l'an 1281, par un autre diplôme de Rodolphe, où Frédéric est quali6é son parent (eonsanguineus).
Frédéric avait été choisi par Rodolphe, en 12-4, pour porter au pape , présent au concile de J.yon , la nouvelle de son élection, qu'il défendit malgré l'opposition d'Alfonse, roi de Caslille. Il accompagna Rodolphe , l'an 1 27G et l'an 1 27K , dans ses expéditions contre Otlucare , roi de Bohême , qui refusait de le reconnaître. Il augmenta ses états, l'an 1277, de plusieurs fiefs qu'il reçut de l'évêque de Frisingue. Dans la suite, >l y en ajouta d'autres, qui lui furent conférés par Févique de Bambeig.
Apres la mort de Rodolphe, Frédéric retrouva dans Adolphe, son successeur a l'empire, la même faveur dont il avait joui sous le règne précédent. Aussi, lorsqu'Albert d'Autriche commença, Fan 1297, a s'élever contre Adolphe, pour lui ravir la couronne impériale, Frédéric doniia-l-il à ce dernier des preuves éclatantes de sa fidélité. Mais la mort l'enleva, cette même année , dans les premiers mouvements de s«m zèle. H fut inhumé au monastère d'Hcilbronn. C'est de lui que desrend La maison royale et princiere de Brandebourg , aujourd'hui subsistante. De sa première femme, nommée ci-dessus, et morte en 127a, il eut, 1°. deux fils, Jean et Sigismond , tués par les maréchaux de Nuremberg, le 1". septembre 12G1, parce qu'étant a la chasse, leurs chiens , lâchés p3r l'inattention de leurs valets , avaient mis en pièces l'enfant de l'un de ces maréchaux ; a". Marie , épouse de Louis , comte d'Octtingen ; 3*. Adélaïde, mariée avec. Henri, comte du Châlel ; 4*. Elisabeth , femme de Godefroi , comte de Hohenlohe ; 5». Anne , abbésse de Schlusselau. Sa seconde femme , HtLÈNK, Qu'il prit en ta 7 5, était de la maison de Saxe. Ce fut avec elle qu'il fonda le couvent de Birkenfeld , près de Neustadt sur l'Aicli. Leurs enfants furent Jean et Frédéric, qui suivent; Anne, ma.iéc à Lmicon, comte de Nassau, avaut 1297 ; lie-
Une , femme de Gérard , comte d'Hirschberg , et fondatrice du couvent de Rcbdorf , proche Aichstcdt.
JEAN I et FREDERIC IV.
1297. Jean et Frédéric , fils de Frédéric III , gouvernèrent en commun les étais de leur père après sa mort. Mais Jean le suivit de près au tombeau , si l'on s'en rapporte à l'epiiaphe gravée sur sa tombe sépulcrale à Hcilbronn. Cette inscription porte : Anno Domini 1 208 Cal. Sept, obut Dom. Johannes filius senior Friderici Burgram de Nuremberg. ( Menkcn , Script. Her. Gcrm., tom. II) , pag. G60. ) La chronique de Hoff. , qui l'a transcrite, nomme, sur l'an 1^07 , pag. 663 , Frédéric et Conrad, son frère, burgraves de Nuremberg , comme ayant acquis plusieurs fonds du comte d'Orlamunde; ce qui porte il croire que ces deux frères étaient fils et successeurs du bure rave Jean I. A l'égard de Frédéric , frère de ce dernier, après la mort d'Adolphe de Nassau, il reconnut pour roi des Romains Albert d'Autriche, dont il reçut l'investiture en i3oo. Henri de Luxembourg , étant parvenu , en i3<>8 , au trône impérial , eut un zélé partisan dans le burgrave Frédéric , qui aida, l'an i.'ioç) , Jean, fils de ce prince , à se mettre en possession du royaume de Bohême. Frédéric , l'année suivante , accompagna le mCme empereur dans son expédition d'Italie. La mort de Henri ayant encore fait vaquer l'empire en i3i3 , mit aux prises deux concurrents pour le remplir, Louis de Bavière et Frédéric d'Autriche. Le burgrave Frédéric se déclara pour le premier, dont il fit prisonnier le rival, en 1.^22, a la bataille de Muldorf. L'usage était alors établi dans l'empire que lorsqu'une téte couronnée claii prise a la guerre , elle fût remisa entre les mains de l'empereur , ou de celui qui en exerçait les droits. En conséquence, le burgrave fit conduire le duc d'Autriche à Louis de Ravière. Celui-ci , par reconnaissance, lui abandonna tous les prisonniers faits sur les Autrichiens. Mais, par une générosité peu commune , le burgrave les mit tous en liberlé sans exiger de rançon , a condition néanmoins qu'ils mettraient tous leurs biens nobles dans sa mouvance. Telle est , suivant M. Pauli, l'origine de la cour féodale des burgraves de Nuremberg , en Autriche , dont relèvent jusqu'à trente-deux tant comtes que simples seigneuries et autres biens considérables. La possession de ce droit ayant été troublée par les Impériaux , les burgraves en firent leurs plaintes en différentes occasions, et surtout au congrès tenu, l'an 1G48, pour la paix de Westphalie. Enfin , le droit qu'ils réclamaient leur fut assuré , l'an 16S4, par le traite de Nuremberg , lait en conséquence de la paix dont on vient de parler.
Le burgrave Frédéric suivit, l'an i3a7 , le roi des Romains en Italie, et continua de le servir jusqu'à sa mort, arrivée le; 20 mai 16 ii. L'église d'IIeilbronn fut le lieu de sa sépulture comme elle l'était de ses ancêtres. De Mabgiteritf. , son épouse , qui lui survécut long-tcms, il doit avoir laisse les enfants qui suivent, savoir : Jean et Albert, dont il sera parlé ciaprès ; Conrad , mort sans lignée en 1 334 , ou le 3 avril 1 :^.H5 , suivant la chronique de Regmtzhof ; Frédéric, chanoine d'Aichslet , puis évéque de Ratisboone , mais dépouillé de cette dignité, en i34t, par son chapitre, pour avoir vendu a son insu Doiinusauf à Charles IV, roi des Romains; Berthold , chevalier teutonique , commandeur de l'ordre à Vurnsberg , puis chancelier de l'empereur Louis de Bavière , nommé par pape , en i35i , à l'éveché d'Aichstet , dont il ne prit possion qu'en i355; Catherine, femme d'Kberliard , comte de YVerlheim ; Agnès, femme de Berthold, comte de (ireisbarh ; Marguerite , épouse d'Adolphe , comte de Nassau ; Anne , mariée , dit-on , a un landgrave de Hcssc , dont on ne marque point le nom; et Béatrix, mariée, en i5-]â, à Albert III , archiduc d'Autriche, morte en 1404.
JEAN II et ALBERT.
i33a. Jjsas et AuEftT,son frère , surnommé le Beau, suc-
le sessi
un qu
cédèrent à Frédéric, sous la tutelle de Marguerite, leur mère; et , devenus majeurs , ils convinrent de gouverner ensemble le burgraviat pendant six ans. L'harmonie qui régna entre eus , fut si grande, qu'elle 6t prolonger ensuite ce gouvernement indivis jusqu'à la mort de Jean. Celui-ci , l'an i338, 6t un pacte do succession éventuelle avec Olton , comte d'Orlamunde, pour la ville de (.nimbai h et d'autres places appartenantes à ce deroier. (Dumont , Corpus Diplom., tom. I , pp. i i-i<>6 ; Roussct , SupftÙm. , tom. I, pp. ii-i36. ) L'empereur Louis de Bavière n'eut point de partisans plus zélés que Jean II et Albert , son frère. Le fut en vain que le pane Jean XXII, ennemi capital de ce prince , s'efforça de les soulever contre lui. Lorsque la cour de Rome eut donné a Louis un rival dans la personne de Charles IV, en i346, ils promirent au premier de le servir avec deux cents hommes armés. Louis, en retour, nomma Jean gouverneur de la Marche de Brandebourg , et rendit aux deux frères de fréquentes visites. Après sa mort, arrivée l'an i347, le burgrave Jean donne ses soins pour accorder le* Gis de ce rince sur le partage de la succession paternelle. On voit par n acte daté du jour de saint Krasme (3 juin) de l'an i3a3, u'il y avait réussi , et qu'il s'était engagé a maintenir l'arrangement auquel il les avait amenés. Les burgraves, cependaut , voyant la ville de Nuremberg menacée par le nouvel empereur, prirent le parti de céder à la force et de lui faire leurs soumissions. L'électeur de Brandebourg , Gis de Louis de Bavière , les avait prévenus, et avait su mettre Charles IV dans ses intérêts par une alliance faite avec lui dès l'an i3So. Charles désirait de joindre a ses domaines les châteaux de Flozz et de Parchstein. Les burgraves, pour cimenter la paix avec lui, se déterminèrent a les lui vendre ; ce qui fut suivi d'une alliance offensive et défensive conclue avec ce prince le i5 juillet i353. Le burgrave Jean termina ses jours le 7 octobre de l'an i357, ou i3Sg , et fut inhumé dans le caveau de ses ancêtres a Hcilbronn. D'Elisabeth, son épouse, fille de Berthold , premier prince de Hcnncberg, il eut cinq enfants : Frédéric , qui suit; Marguerite, femme d'Etienne, duc de Bavière; Elisabeth, mariée, i». a L'Iric, comte de Schauenbourg , 2". a Albert, landgrave de Leuchtcnberg ; Anne, abbesse de Birkenfeld; et Adélaïde, abbesse de Birkenfeld après sa sœur, transférée , en ii 7 o, à l'abbaye de Himelskron.
ALBERT bt FREDERIC V.
t357 ou i358. Albert continua de gouverner le burgraviat avec r hede&jc , son neveu, fils de Jean 11. L'un et l'autre vendirent , l'an i36o , à l'empereur Charles IV, la forteresse de Rotenberg , ou plutôt le droit de relief sur celte place , par acte du dimanche avant la conversion de saint Paul ( 19 janvier); mais ils acquirent , en compensation , plusieurs terres considérables. (Lunig, Cod. diplom. Gcrm., tom. I, nag. 12 15.) Albert mourut le 5 avril i36i , suivant son épitaphe. (Menkcn , tom. XI, F a «- 6 77 ) S» (emm« , Sophie , fille de Henri , comte de Henneberg, ne lui donna point d^enfants mâles. Leurs filles, Marguerite et Anne, épousèrent , la première , qu'on a dite ri-devant tille du burgrave Jean H , Balthasar , landgrave de Thuringe ; la seconde , Suantibor , duc de Pomérame.
FRÉDÉRIC V, sec
i36i. Frédéric, après la mort d'Albert , son oncle , se trouva charge seul du burgraviat de Nuremberg. Du vivant de son père il avait été gratifie de plusieurs Gcfs importants par l'empereur Charles IV , dont il avait acquis la faveur. Ce prince ajouta , l'an »3l>a , à ces dons, une imposition à percevoir sur les monastères tl.s évéchés de Bamberg, de Wurtzbourg et d'Aichslet. Frédéric n'était pas un favori sans mérite. Charles, connaissant sa valeur et son expérience, le déclara général des troupes impériales en Bohême pendant son absence. Quelques écrivains ont avancé que Charles IV fut le premier qui décora du titre de prince les
burgraves de Nuremberg. C'est une erreur que Charles réfute lui-même dans un diplôme donné l'an i30a , avec l'intervention des électeurs , cl rapporté par M. Pauli (tom. VI , pp. 46-4^). On y voit que relie qualité cnmpétait anciennement, ab antit/uo lempore , aux burgiaves, mais que plusieurs des prédécesseurs de Frédéric l'avaient négligée a certains égards. C est pourquoi Charles réhabilite Frédéric dans cette dignité, en vertu de laquelle il souscrivit , l'an 1H76, un diplôme impérial immédiatement après les ducs et avant les comtes. ( Oeflel , Script. Rer. buir. , tom. I, p. 717. ) Celle même année, les habitants de Nuremberg, pendant l'absence de Frédéric, portèrent l'audace jusqu'à élever un mur autour de son chileau pour le séparer entièrement de la ville. Le burgrave voulut se venger de cet outrage par la voie des armes. Mais comptant sur la protection de l'empereur et l'équité des princes , il aima mieux en porter ses plaintes a la première diète prochaine. Le procès ne fut néanmoins terminé que dans une seconde, où l'empereur condamna la ville de Nuremberg à payer une somme de cinq mille florins a Frédéric, avec défense d'élever la muraille p'us haut qu'elle n'était, et ordre de laisser toujours une porte ouverte tant que la ville ne serait pas eu guerre avec le burgrave. L'ancienne chronique de Nuremberg, publiée par Oeffel ( AVrip/. Rer. bou. tom. I , pag. 3a5 ) , place ceci en âiij , par une faute visible.
Après la mort de Charles IV, la guerre se ralluma entre le burgrave et la ville de Nuremberg. Dans la guerre qu'elle occasions l'an i388 , Frédéric eut pour alliés deux comtes de Schuarzbourg , le comte de Iteincck, le prince de Henneberg, et d'autres puissants seigneurs. Les Norimhcrgeois, de leur côté , s'étayèrent de l'alliance de plusieurs villes. Mais l'empereur WcncesUs, qui s'était d'abord déclaré pour la ville de Nuremberg, arrêta toutes les hostilités par son édit de pacification générale, publié le 5 mai i33g. Frédéric abdiqua sur la fin de «•a jours , ue se réservant que la forteresse de Plessenboure , oit il termina ses jours au mois de janvier De sa femme Elisabeth , de la maison de Misnie , morte le 30 août i3yo , il laissa deux Gis , qui suivent ; et neuf filles , qui sont , Elisa-
beth , mariée à Kupert , comte palatin , puis roi des Romains ; Béatrix , femme d'Albert , duc d'Autriche ; Marguerite , épouse d'Herman, landgrave de H esse ; Catherine, fiancée à Sigismond, prince royal de Bohême, puis empereur, qui lui préféra , par intérêt, Marie, princesse royale de Hongrie (Catherine , après cet affront , se fit religieuse , et devint abbesse de Regnit&hof , où elle mourut l'an 1409); Véronique, femme de liaruime VI, duc de Wolgasl; et quatre autres, religieuses.
JEAN III bt FRÉDÉRIC VI.
i3gy. En quittant le gouvernement de ses états, le burgrave Frédéric V les partagea entre ses deux fils, Jean III et Frfdéric VI. Le premier eut les terres qui forment le haut burgraviat, et le second reçut pour son lot le bas burgraviat. Jean fixa sa résidence à Plessenbourg. Dans les dissensions oui troublèrent la maison de Luxembourg, il prit la défense de Siçismond, roi de Hongrie, contre les rebelles de ses états , ainsi que contre les Turcs. Ce fut lui qui lui sauva la vie dans la fameuse Italaille donnée contre ces derniers , l'an i3^(> , à Mcopoli. L'ayant soustrait aux poursuites des ennemis , il l'em • mené sur un bateau, par le Danube, jusqu'à f onstantinople. Ile retour en ses états, l'an i4°3, il y maintint la paix et y rendit le commerce florissant. Etant parti , l'an 141 S , pour le conol ■ de Constance avec une suite de cent vingt chevaux, il eut \» satisfaction d'y voir investir son frère de 1 électoral de llramjf l*ourg. 11 mourut le 1 1 juin 1 420 , sans avoir eu d'enfants main de sa femme, MaRgDIiRITE , fille de l'empereur Charles I\ , morte en i^io, aprvs lui avoir donné Elisabeth, mariée en • 4ut; à hberhard le Don x. , romte de Wurtemberg. Apres i.i mort de Jean III, tout le burgraviat fut réuni dans la main Jt l'électeur Frédéric , sou frère.
UlyllIZ&Q
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